Carnac (en graphie moderne du breton : Karnag) est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.
La commune est connue pour ses alignements de . classés à l'UNESCO depuis juillet 2025, ainsi que pour sa station balnéaire qui en fait une destination prisée.
Géographie
Situation
vignette|left|La baie de Quiberon à Carnac, près de la pointe Churchill.
Carnac est située sur la limite nord de Mor braz, sur la côte atlantique, entre le golfe du Morbihan à l’est et la presqu'île de Quiberon à l’ouest. C'est une commune littorale très vaste puisqu'elle occupe une surface de . L'altitude de la commune est faible, mais on rencontre de nombreuses buttes qui ont servi de repère pour la construction de monuments mégalithiques.
Relief et hydrographie Le granite de Carnac des géologues forme l'essentiel du sous-sol. C'est une roche claire légèrement feuilletée, dans laquelle l'érosion a pu dégager des blocs tantôt massifs tantôt tabulaires, propices à la construction de monuments mégalithiques. vignette|center|650px|Le littoral nord-est de la baie de Quiberon entre, à gauche, la pointe du Pô et, à droite, la pointe de Saint-Colomban, en Carnac, vu depuis la pointe de Pen er Lé en Plouharnel. Le littoral est assez découpé, avec de l'ouest vers l'est, successivement l'Anse du Pô, la pointe du Pô (qui donnent sur la Baie de Plouharnel), la plage de Saint-Colomban, la pointe Saint-Colomban, la plage de Ty-Bihan et celle de Légénès, puis, à l'est du port (Port en Dro), la Grande Plage, la pointe Churchill, la plage de Beaumer et celle de Men Du. Le littoral de Carnac
Le risque de submersion marine
Selon un index global correspondant à l'agrégation de 5 critèresPopulation concernée, pourcentage de la population totale concernée, superficie du bâti exposé, bâti de plain-pied exposé, et part des entreprises situées en zone inondable. effectué en 2011 par l'Observatoire National des Risques NaturelsL'Observatoire National des Risques Naturels a été créé en France en 2012, à la suite des conséquences catastrophiques de la tempête Xynthia de 2010., Carnac est la commune du Morbihan et la sixième de la région Bretagne la plus exposée au risque de submersion marine avec 35,50 % de sa population totale concernée et de bâti exposé au risque de submersion..
Réseau hydrographique
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Gouyanzeur, le ruisseau de Coëtatouz., le ruisseau de Coët-cougam. et divers autres petits cours d'eau..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CarnacLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Kerloquet (), l'étang du Moulin, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang du Moulin du le lac ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Quiberon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Carnac est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de CarnacUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant cinq communes (Carnac, Crach, Plouharnel, Saint-Philibert, et La Trinité sur Mer), dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Carnac comprend trois villes-centres (Carnac, Crach et Plouharnel) et deux communes de banlieue (Saint-Philibert et La Trinité sur Mer)... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carnac, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu15,7 %530Équipements sportifs et de loisirs3,5 %119Terres arables hors périmètres d'irrigation 6,3 %213Prairies et autres surfaces toujours en herbe 14,5 %490Systèmes culturaux et parcellaires complexes 26,0 %878Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants0,5 %17Forêts de feuillus 2,3 %79Forêts de conifères 18,4 %622Forêts mélangées 6,2 %209Pelouses et pâturages naturels0,5 %18Landes et broussailles1,9 %64Forêt et végétation arbustive en mutation1,9 %64Plages, dunes et sable 0,5 %18Marais maritimes 0,1 %4Estuaires1,2 %39Mers et océans 0,5 %16Source : Corine Land Cover.
Morphologie urbaine vignette|Villas du début du le long du front de mer (plage de Légenès).
L'agglomération de Carnac est double : le village traditionnel, désormais une ville, s'est développé à l'écart du littoral; tandis qu'une autre agglomération balnéaire, Carnac-Plage, s'est développée depuis le début du , le long des plages orientées plein sud et du port.
Habitat
En 2019 on recensait à Carnac. Carnac étant un lieu de villégiature très prisé, une forte proportion des logements étaient des résidences secondaires puisqu'on en dénombrait 6 202 (71,4 %) contre 2 276 résidences principales (26,2 %), et 206 logements vacants (2,4 %). Sur ces 5 036 étaient des maisons (58,0 %) contre 3 566 des appartements (41,1 %). Le tableau ci-dessous présente la répartition en catégories et types de logements à Carnac en 2019 en comparaison avec celles du Morbihan et de la France entière.
+ Le logement à Carnac (56) en 2019. Carnac. Morbihan. France entière. Résidences principales (en %)26,274,982,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 71,4 17,99,8
Logements vacants (en %) 1,4 16,28,1
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme du moyen-breton Carnac en 1387..
Karnag en graphie moderne du bretonHervé Abalain, Noms de lieux bretons, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2000, pp. 28, 61 et 62..
Il s'agit d'un type toponymique en *-ācon (généralement latinisé en -acum., -acus, dans les textes rédigés en latin), suffixe de localisation et de propriété, d'origine celtique continentale ou gallo-romaine. Il est fréquent sous forme de terminaison -ac dans la région, comme dans le sud de la France (l'influence du breton l'a conservé à l'Est de la Bretagne, tandis qu'i passait à -é, -y ailleurs, sauf en zone sud gallo-romane), et correspond au suffixe brittonique *-ōgon qui a donné la terminaison -oc en vieux breton, puis -euc et enfin -ec (> néo-breton -eg cf. gallois -og)Léon Fleuriot, , .
Le premier élément Carn- représente le celtique et pré-celtique *karn- qui signifie « amas de pierre », dérivé de l'indo-européen *kar « pierre, rocher » (celtique cairn « tas de pierres »→« tumulus »→« lieu sacré », breton karn « tas de pierre »). Selon Léon Fleuriot, il est arrivé que les Bretons ajoutent -ac à des radicaux bien vivants dans leur langue, tels que carn- dans Carnac. Enfin, Albert Dauzat reste assez vague en employant le mot « celtique », ce peut être aussi bien du "gaulois" (langue celtique continentale) que du breton (langue celtique brittonique insulaire), car rien n'empêche en effet que Carnac constitue une remotivation par le breton d’un toponyme plus ancien comme Carnac-Rouffiac ou certains , et .
Remarque : Xavier Delamarre mentionne le gaulois carnitu, carnitus attesté dans des inscriptions qui signifirait « a placé, a érigé (une tombe) ». Il cite W. Meid, pour qui karni- est un verbe qui à l'origine voulait simplement dire « empiler des pierres » qui a pris le sens plus technique d’« ériger un tombeau ». D'un point de vue étymologique, le radical carn- est semblable au vieil irlandais carn « tas de pierre, notamment au-dessus d'une tombe » (et non pas celtique cairn comme chez Albert Dauzat) et au gallois carn « tas de pierre », carnedd « ruines », implicitement, la racine carn- est panceltique. X Delamarre ajoute que la racine *kar- « pierre » semble pré-indo-européenne, mais qu’on la retrouve en germanique : vieux norois hörgr « tas, amas » et anglo-saxon hearg « temple » (de l'indo-européen *karukos). (Mais une strate de "prè-indo-européen" peut renvoyer à un état de langue archaïque de cette langue).
Histoire
Préhistoire
Le site de Carnac a probablement été occupé sans interruption depuis le , bien que les datations précises fassent défautLionel Visset, Dominique Sellier, Jean L'Helgouach, « Le paléoenvironnement de la région de Carnac. Sondage dans le marais de Kerdual, La Trinité-sur-Mer (Morbihan) », dans Revue archéologique de l'ouest, 12, Rennes, 1995, , part. (en ligne).. La commune ne compte pas moins de cent quarante sites mégalithiques, dispersés pour la plupart sur les collines ou dans des propriétés.