Notre-Dame-de-Garaison est un sanctuaire marial et un centre de pèlerinage ainsi qu'un établissement scolaire catholique primaire et secondaire situé dans la commune française de Monléon-Magnoac dans les Hautes-Pyrénées.
Garaison, mot gascon correspondant au mot français « guérison », est ici attribué à la Vierge Marie (« Notre-Dame de Garaison ».) en raison de la grande réputation qu'avait autrefois ce sanctuaire, le plus fréquenté du sud de la France jusqu'à l'avènement de celui de Lourdes (1858).
La chapelle, qui date de 1540, est classée monument historique depuis 1924..
Histoire Origines (1515-1840) En 1515, la Vierge Marie serait apparue trois fois à la jeune bergère Anglèze de Sagazan. Elle rapporte les messages : , , . Après les apparitions de la Vierge, une petite chapelle est construite près de la source. De nombreux pèlerins viennent s'y recueillir, se faisant de plus en plus important, aussi la petite chapelle est remplacée par l'actuelle construite en 1540.
En 1905, l'écrivain et politicien anticlérical Jean de Bonnefon souligne certaines ressemblances entre les origines des sanctuaires de Garaison et celui de Lourdes : à Garaison, dans une année d'une grande stérilité, la Vierge, habillée de blanc, apparaît à une bergère pauvre, âgée de dix ou douze ans, près d'une source ombragée par une aubépine, et elle demande une chapelle ; les autorités ne croient la messagère qu'après deux autres apparitions et un miracle ; la population se rend alors en procession sur les lieux de l'apparition ; on construit la chapelle demandée et on y conduit l'eau de la source ; les miracles et les guérisons soudaines se multiplient et la voyante entre dans un monastère, les consuls de Monléon lui ayant assuré une pension viagère provenant des offrandes déposées à la chapelle. Bonnefon voyait dans ces ressemblances la preuve que .. La grande différence est que la source de Garaison existait avant l'apparition alors que Bernadette découvrit la source miraculeuse de Lourdes sur l'indication de la Vierge.
De 1600 à la Révolution française, sous l'impulsion de l'évêque d'Oloron et des religieux résidents, Notre-Dame-de-Garaison est un important lieu de pèlerinage.
Une place de chapelain était à la nomination des consuls de Monléon.
Sous l'Ancien Régime, l'enseignement est déjà un des aspects importants de l'activité du monastère. Dès l'origine, le niveau de l'école musicale attenante y est élevé, comme toujours dans ce type d'établissement alors lié à une égliseBernard Dompnier (Sous la direction de), Maîtrises & Chapelles aux . Des institutions musicales au service de Dieu, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2003.. Le célèbre baryton François Lay (ou Lays), né en 1758, est d'abord sorti de cette maîtrise de garçons, élément du chœur professionnel lié lui aussi à l'édifice. L'objectif premier de ce type d'écoles était de former les interprètes (les chantres) nécessaires à la liturgie vocale dans les différents offices. Outre le chant et plus généralement la musique (y compris la composition), on y enseignait le jeu de plusieurs instruments dont le serpent et le basson, la viole de gambe puis le violoncelle, l'orgue et le clavecin. Pour cela, il était tout aussi indispensable que les élèves apprennent pour le moins, dans le même établissement, le latin, la « grammaire », et les « comptes ».... Parmi les (les maîtres de chapelle), on relève les noms d'Antoine Faguer. ou Faguet (en place de 1753 à 1755), puis de Durand, ou Dunand (maître de Lays), de 1764 à 1790, date de la dissolution des chapitres ecclésiastiques partout en France, et donc du renvoi de tous les musiciens (membres du chœur et instrumentistes, aussi bien que maîtres et élèves).
En 1792, les pèlerinages cessent, Garaison reste fermée .
En 1836, Pierre-Michel-Marie Double, évêque de Tarbes, et Bertrand-Sévère Mascarou-Laurence, vicaire général de l'évêque de Tarbes, rachetent le sanctuaire de Notre-Dame-de-Garaison, ils envoient quatre prêtres dont Pierre Laurence (son neveu) et Jean-Louis Peydessus. thumb|La cour intérieure du sanctuaire.
Période contemporaine (depuis 1840) En 1841, Jean-Louis Peydessus fonde un collège. Son ambition y est plus vaste que dans les périodes précédentes. Le père Peydessus prend la direction de la communauté et du collège. Son action sera originale pour l’époque : il crée des conseils de professeurs, des assemblées communautaires et des rencontres avec les élèves.
En 1865, Bertrand Laurence envoie une lettre pastorale pour demander le couronnement de la Vierge de Garaison au pape Pie IX, ce qu'il accepta. Depuis 1865, le couronnement de Notre-Dame de Garaison est fêtée chaque année au mois de septembre....
De 1866 à 1903, les prêtres de Garaison, et tout particulièrement le père Pierre-Remy Sempé prend en charge le développement du sanctuaire de Lourdes que ce soit au niveau matériel ou service religieux.
En 1903, en application de la loidu qui interdit aux congrégations d'enseigner, le collège est fermé. Les religieux missionnaires de l'Immaculée Conception doivent partir. Pendant la Première Guerre mondiale, Garaison sert de camp d’internement. En 1923, les anciens élèves rachètent les bâtiments : les religieux peuvent revenir et le collège renaître.
En 2000, un incendie ravage l'établissement scolaire. Les membres de la congrégation, fidèles à leur mission, restaurent entièrement les locaux.
En , la Congrégation de Sainte-Croix prend le relais et assure désormais le bon fonctionnement du sanctuaire de Notre-Dame-de-Garaison.
L'établissement scolaire L’institution compte plus de de la maternelle à la terminale, principalement en internat dès le niveau primaire.
Son administration est impliquée dans plusieurs affaires judiciaires et condamnations depuis 1991.
Le sanctuaire Extérieur Oratoire avec la Vierge Marie à l'Enfant sur la route du sanctuaire de Notre-Dame de Garaison. Statue de Notre-Dame de Lourdes en face de l'entrée du sanctuaire de Notre-Dame de Garaison. Portail d'entrée datant de 1649, style jésuite de l'artiste Falga d'Auch. Au-dessus de l'entrée une Piétà et écrit un message en latinAD . TE . DOMINA . SVNT . OCVLI NOSTRI signifiant : . En face de l'entrée du sanctuaire, un abri du pèlerin construit en 1560 et restauré en 2004 avec l'aide de l'Union européenne.
Le cloître est accessible via une porte située dans le narthex. La fontaine est restaurée par l'Amicale des anciens à l'occasion du anniversaire du Père Yves Laguilhony, le .
La chapelle actuelle construite en 1540 est classée monument historique en 1924. Les façades et toitures des deux bâtiments en équerre au nord de la chapelle et l'actuel collège sont classés monument historique en 1983.
Façade de la chapelle La façade d'entrée de la chapelle est construite en 1620 dans le style jésuite par l'architecte Pierre II Souffron, il fit construire aussi le cloître et la sacristie.. thumb|220px|Bas-relief de la façade (), figurant la première apparition de la Vierge à Anglèse de Sagazan. De chaque côté de l'entrée, les parents de la Vierge Marie, à gauche sainte Anne tenant dans sa main gauche un livre des Psaumes de , à droite saint Joachim. Les grands-parents de Jésus. Sur le tympan de l'entrée, la Vierge Marie présente l'Enfant Jésus, de chaque côtés deux anges, un tenant une couronne royale et l'autre un sceptre royal. De chaque côté un pèlerin, un à genoux tenant un chapelet, et l'autre les mains jointes qui prie la Vierge Marie. Au centre de la façade, la Vierge Marie couronnée des 12 étoiles en référence à l’Apocalypse de saint Jean (12, 1) : . En haut de la façade est représentée la première apparition de la Vierge Marie à la jeune bergère Anglèze de Sagazan avec le message : . Au-dessus l'inscription en latin : Ecce Mater Tua signifie en français : , ce sont les paroles de Jésus à saint Jean l'Évangéliste au pied de la croix en désignant Marie. Ainsi Marie est devenue notre Mère.
Crypte Crypte de Notre-Dame de Garaison, ex-voto et accès à la source.
En 1844 est posé le haut-relief de la première apparition au-dessus de la source.
Une statue de la jeune bergère Anglèze de Sagazan a été offerte par l'Amicale des anciens de Garaison lors du jubilé en 2015 pour les de la première apparition.
Oratoires de Marie-Madeleine et de Joseph À l'intérieur la scène représente sainte Marie Madeleine au pied de la croix.
À l'intérieur la scène représente la mort de saint Joseph aux côtés de Marie et de Jésus.
Éléments de décor de la chapelle et de la sacristie Les peintures murales des chapelles intérieures datent de la seconde moitié du ..
Les fresques en haut de la nef sont réalisées par l'artiste toulousain Jean Cammerer et datent du , elles montraient les différents miracles obtenus par l'intercession de la Vierge Marie., elles réapparaissent lors de restaurations au .
Sont classés au titre d'objet des monuments historiques Les peintures murales du narthex. et des chapelles intérieur,
Sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques Une chasuble et une étole de clerc en satin grenat à broderie or., Deux grands vases vénitiens., Statue de saint Jean l'Évangéliste au pied de la croix dans la chapelle Saint-Exupère., Statue de la Vierge Marie ou de sainte Marie Madeleine au pied de la croix dans la chapelle Saint-Exupère., Statue de la Vierge Marie à l'entrée de la cage d'escalier style Louis XIII., Statue de la Vierge à l'Enfant dans la chapelle et devant la tribune., Une chasuble et une étole de clerc en soie blanche à bandes étroites à décor floral., Chape de soie et de moire blanche., Statue de la Vierge à l'Enfant dans un oratoire de la chapelle..
Narthex de la chapelle Le narthex est le porche des églises chrétiennes qui offraient un abri aux pèlerins.
Les peintures murales du narthex ont été réalisées en 1702 par le père Luc Cayre, cordelier du couvent de Mirande. En 1988, les peintures murales du narthex ont été restaurées par Mr Ecset sur la proposition de Sicre, inspecteur des monuments historiques.
Sur les 4 arcs du narthex sont peints de chaque côté des processions avec plusieurs confréries de pénitents venus en pèlerinage depuis Toulouse : Les habitants des villages alentour venus en pèlerinage (seigneur, les consuls, le peuple), Les pénitents blancs, Les pénitents bleus, Les pénitents noirs, Les pénitents gris.
Le plafond est recouvert de tableaux appelés médaillons, qui montrent les miracles ou les grâces obtenus par l'intercession de la Vierge Marie.
Petit musée à l'entrée du narthex, à gauche, où sont exposées des pièces historiques, sculptures, peintures, broderies, etc. Peintures murales du narthex
Chapelle Sainte-Anne Autel dédié à sainte Anne encadré par des fragments de peintures de Jean Cammerer () venant de la voûte de la grande nef. À droite de l'autel, un bas-relief en bois doré fait par le sculpteur toulousain Pierre Affre en 1635, il représente la troisième apparition, devant la jeune bergère et sa famille, Marie bénit le pain noir qui devient du bon pain blanc. Le bas-relief a été sauvé de l'attaque des vers à bois par un traitement chimique.
thumb|Maître-autel et retable. Les statues, les autels et les retables en bois ont été traités pour les protéger des vers à bois.
Le retable du chœur Le retable monumental a été commandé à l'atelier toulousain de Pierre Affre en .
Ce retable est transféré dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Monléon-Magnoac lors de la révolution française et est reconstitué par M. Costa, inspecteur principal des bâtiments de France. Il présente une véritable synthèse de l'histoire du salut en trois parties :