Che, : L'Argentin () est un film franco-américano-espagnol réalisé par Steven Soderbergh et sorti en 2008.

Première partie du diptyque Che, il raconte une tranche de vie de Che Guevara qui se termine avec Che, : Guerilla. Les deux parties sont tournées en simultané. La première partie se concentre sur la révolution cubaine, de 1955 à 1958, alors que la seconde se focalise sur la guérilla de Ñancahuazú en Bolivie en 1966.

Le film reçoit des critiques partagées mais plutôt positives. Benicio del Toro, qui interprète le rôle-titre, a obtenu le prix d'interprétation masculine lors du festival de Cannes 2008. Sorti en une seule fois dans certains pays, le film n'est pas un succès commercial.

Synopsis Le film alterne entre différentes lignes narrative : l'interview et la venue de Che Guevara à New York en 1964 (en noir et blanc) et ses scènes flash-back racontant les évènements évoqués durant l'interview (en couleurs).

À La Havane en mai 1964, Che Guevara est interviewé par la journaliste américaine qui lui demande si les réformes menées dans toute l'Amérique latine ne risquent pas d'atténuer le

En juillet 1955, lors d'un diner à Mexico, « l'Argentin » Ernesto Guevara fait la connaissance de Fidel Castro. Ce dernier lui raconte la pauvreté qui règne à Cuba et tous les maux de la société. Il écoute les projets de Castro puis adhère au mouvement du 26 Juillet. Ils quittent ensuite le Mexique pour Cuba en novembre 1956 avec 82 hommes ; seuls 12 survivront.

En 1964, Guevara est à New York et s’apprête à donner un discours au siège des Nations unies. Devant l'Assemblée générale des Nations unies.

En mars 1957 à Cuba, à plusieurs centaines de kilomètres de La Havane, Guevara est aux prises avec de violentes crises d'asthme. Accompagnés d'un petit groupe de révolutionnaires, il retrouve Fidel et son frère Raúl. Fidel l'implore de ne plus se sentir comme un Argentin mais bien comme un frère cubain révolutionnaire. Ils se séparent en plusieurs groupes notamment un mené par Juan Almeida Bosque. Ensemble, ils attaquent une caserne militaire dans la Sierra Maestra le 28 mai 1957. Dès lors, ils gagnent le soutien de la population paysanne cubaine et luttent contre le gouvernement et les traîtres infiltrés. Progressivement, le gouvernement du général Fulgencio Batista perd le contrôle de la majeure partie des zones rurales. Alors que Fidel et Raúl partent au front, Guevara dirige un groupe s'occupant des blessés.

Tout en écrivant son discours devant les Nations Unies, il se remémore son passage dans la jungle à soigner des Cubains. Lors de son passage à New York en 1964, Guevara rencontre par ailleurs des personnalités haut placé, comme le sénateur Eugene McCarthy. Peu à peu, le mouvement du 26 juillet s'allie à d'autres mouvements révolutionnaires cubains et lance des attaques contre les villes et les villages. La plupart tombent aux mains des rebelles sans rencontrer de résistance.

En juillet 1957, Fidel et Guevara ont quelques désaccords sur certains alliés, Guevara les jugeant trop proches des Américains. Mais Fidel lui demande de lui faire confiance et lui donne davantage de responsabilités. Il lui demande même de signe une lettre de condoléance avec la mention “Commandant”. Il est ensuite chargé de mener une colonne de soldats à l'est, avec trois capitaines , Ciro Redondo et Ramiro Valdés. Guevara donne des consignes claires à ses soldats sur le respect des paysans qu'ils croiseront sur leur chemin. Il essaie aussi de les éduquer, de leur apprendre à lire ou de leur enseigner notamment les mathématiques.

En 1964, la venue du Che à New York attire la foule, aussi bien hostile que partisane. Une alerte à la bombe perturbe le jour J mais il prononce tout de même son discours. Il pointe notamment du doigt l'impérialisme américain, tout en défendant et justifiant les exécutions commises par ses troupes à Cuba.

De retour en 1957, Guevara fait exécuter deux soldats ayant commis des crimes. Il fait ensuite de nouvelles recrues, parfois très jeunes comme Rogelio Acevedo (16 ans) et son petit frère de 14 ans. Guevara insiste beaucoup pour éduquer et instruire ces hommes et ces femmes, pour en faire des citoyens non influençables. Certains quittent cependant la troupe. Camilo Cienfuegos devient peu après le nouveau capitaine de Guevara. Ils mènent ensemble de nombreux combats.

Aux Nations Unies, plusieurs représentants des Nations Unies répondent au discours de Guevara. Plusieurs ambassadeurs comme celui du Venezuela, du Nicaragua et du Panama se désolidarisent du mouvement en cours et ne veulent pas être liés à la révolution cubaine.

En janvier 1958, les affrontements font rage et Guevara perd beaucoup d'hommes dont Ciro. Fidel retire ensuite le commandement de la quatrième colonne après un échec à El Hombrito. Guevara participe alors à l'entrainement des soldats. Fidel essaie de rassembler d'autres groupes rebelles grâce à la réforme agraire. De nombreuses rencontres ont lieu entre différentes factions. Fidel devient alors le chef de l'ensemble des armées. En mai 1958, un accord est signé entre ces différents groupes. Fidel lui demande alors de créer un nouveau front, pour prendre les villes, notamment dans la province de Las Villas, et unifier le peuple. Camilo Cienfuegos dirige l'autre colonne.

Devant les Nations Unies, Guevara se défend après les attaques verbales des délégués de plusieurs pays sud-américains comme le Nicaragua. Il critique par ailleurs l'absence d'Adlai Stevenson, ambassadeur des États-Unis aux Nations unies. Guevara demande notamment dans son discours la suppression de l'embargo des États-Unis contre Cuba, l'arrêt de l'armement des troupes de Batista et des tentatives d'attaques, le retrait des troupes américaines de la base navale de la baie de Guantánamo. Il conclut avec le mot d'ordre . Il est applaudi par une partie de l'assemblée.

Le , les guérilleros approchent de Las Villas. Guevara retrouve Camilo et sa colonne. Ils rencontrent plusieurs communistes qui sont d'accord avec la réforme agraire de Fidel. Cependant, des divergences apparaissent. Guevara prend la tête d'une armée plus vaste amenée à mener de gros combats. Guevara fait alors la connaissance d'Aleida March, ensuite chargée de collecter de l'argent pour le mouvement. Guevara et ses hommes prennent ensuite le contrôle de nombreuses villes, où ils sont accueillis en héros par le peuple. thumb|Che Guevara, en décembre 1958, lors de la bataille de Santa Clara Plus tard, les troupes de Guevara se retrouvent à Santa Clara, la dernière grande ville aux mains de l'armée avant La Havane. L'armée réplique avec force mais Guevara et ses hommes résistent malgré le manque de moyens et d'hommes. Lors de cette bataille, Guevara fait preuve d'un sens tactique, tandis que les guérilleros s'engagent dans des combats de rue et font dérailler un train transportant des soldats cubains et des armes. Certains soldats de l'armée officielle capitulent et refusent le combat. Mais les affrontements continuent. Guevara luttent après leurs moyens face aux tanks de l'armée.

Alors que Batista a fui le pays, Guevara et ses troupes remportent finalement la victoire et négocient avec l'armée. La révolution cubaine étant désormais terminée, Guevara se dirige vers La Havane. Il se souvient de sa rencontre avec Fidel en 1955. Ce dernier lui avait alors déclaré qu'après Cuba, il étendra la révolution à toute l'Amérique latine. En janvier 1959, Guevara et ses troupes se dirigent vers La Havane.

Fiche technique

Titre français : Che, : L'Argentin Titre original : Réalisation : Steven Soderbergh Scénario : Peter Buchman, d'après Souvenirs de la guerre révolutionnaire (Reminiscences of the Cuban Revolutionary War) d'Ernesto Guevara Musique : Alberto Iglesias Direction artistique : Laia Colet et María Clara Notari Décors : Antxón Gómez Costumes : Sabine Daigeler Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le pseudonyme de Peter Andrews) Montage : Pablo Zumárraga Production : Laura Bickford et Benicio del Toro Production déléguée : Alvaro Augustin, Alvaro Longoria, Belén Atienza, Frederic W. Brost et Gregory Jacobs Sociétés de production : Estudios Picasso, Morena Films, Telecinco (Espagne), Laura Bickford Productions, Section Eight (USA), Wild Bunch (France) Sociétés de distribution : Warner Bros. (France), IFC Films (États-Unis) Pays de production : , , Langues originales : anglais, espagnol Format : couleur et noir et blanc – Super 16 mm (Aäton) / – 2,35:1 – DTS / Dolby Digital / SDDS Genre : drame biographique, historique, guerre Durée : 134 minutes Dates de sortie : France : (festival de Cannes - version intégrale), (sortie nationale - partie) Espagne : États-Unis : (sortie limitée), (sortie nationale en un seul film) Classification : France : tous publics

Distribution

Benicio del Toro (VF : Pierre-François Pistorio) : Ernesto « Che » Guevara Julia Ormond : Lisa Howard Oscar Isaac : l'interprète des Nations Unies Rodrigo Santoro (VF : Axel Kiener) : Raúl Castro Demián Bichir (VF : Jérôme Pauwels) : Fidel Castro Yul Vazquez : Alejandro Ramirez Jsu Garcia : Jorge Sotús Santiago Cabrera (VF : Axel Kiener) : Camilo Cienfuegos Jorge Perugorría : Juan Vitalio Acuña Núñez Elvira Mínguez : Celia Sánchez Unax Ugalde : Roberto Rodríguez Fernández Sam Robards : Tad Szulc Elvis Nolasco : un invité à la soirée Édgar Ramírez : Ciro Redondo Monique Gabriela Curnen : la secrétaire Michael Countryman : l'ambassadeur Adlai Stevenson Victor Rasuk : Rogelio Acevedo : Dariel "Benigno" Ramírez Joe Urla : l'ambassadeur du Nicaragua Catalina Sandino Moreno : Aleida March Bruno Bichir : le colonel Rojas Jorge Alberti : Héctor

Production Genèse et développement

Le film est adapté des mémoires d'Ernesto Guevara, Souvenirs de la guerre révolutionnaire (Reminiscences of the Cuban Revolutionary War). Il devait à l'origine être basé sur la biographie Che Guevara: A Revolutionary Life (1997) écrite par Jon Lee Anderson. Benicio del Toro et Laura Bickford achètent alors les droits mais l'option expire après que le projet ne se soit concrétisé Two-Part Movie Che doesn't make Apologies for its Hero - Miami Herald.com.

Plusieurs membres de l'équipe se sont rendus plusieurs fois à Cuba pour compléter les recherches et informations, comme l'explique la productrice Laura Bickford :

La production a été retardée au profit du film Traffic (2000), que Steven Soderbergh a préféré développer avant.

Attribution des rôles Steven Soderbergh avait déjà dirigé Benicio del Toro dans Traffic (2000), pour lequel ils avaient reçu respectivement les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur acteur dans un second rôle.

Tournage Le tournage en simultané débute à l'été 2007. La première partie est tournée à Porto Rico, au Mexique (Campeche) et dans les Estudios Barajas à Madrid.

Steven Soderbergh a voulu dès le début du projet tourner le film entièrement avec la lumière naturelle. Il a utilisé pour cela la caméra RED, un tout nouveau prototype de caméra numérique haute performance. Grâce à sa légèreté (), la caméra a pu être très facilement maniée et a offert de grandes libertés à l'équipe. À noter aussi l'utilisation référencé du format Super 16 mm de chez Aäton, qui donne la particularité d'avoir un grain plus prononcé et authentique à l'image.

Cette première partie est filmée en CinemaScope (soit un ratio de 2,35:1), alors que la est tournée en panoramique (1,85:1). Steven Soderbergh explique ce choix car il voulait que la première partie montre une grande victoire, plus épique, avec une image plus large, alors qu'il souhaitait que la deuxième partie ait un aspect plus documentaire, moins raffiné, etc.