Les Boutières, Botèiras en occitan, sont une région montagneuse de France située à l'est du Massif central, dans le département de l'Ardèche.
Partie des monts du Vivarais, c'est un pays âpre, aux paysages pittoresques composés de « serres », c'est-à-dire de petites cordillères, et de vallées profondes qui ont servi de refuge aux Huguenots.
Toponymie En ancien occitan, une botèira (boutière) est une passe, littéralement ce qui se trouve au bout du chemin, ce à quoi il aboutit. Le sens était le même en ancien françaisF. Godefroy, Lexique de l'ancien français, , Honoré Champion, Paris, 1994 ..
Géographie Délimitations naturelles À l'est du massif du Mézenc, du cirque et du col « de » Boutières, les Boutières forment la partie méridionale du Haut-Vivarais mais n'ont pas de frontières bien définies. Les trois délimitations géographiques les plus fréquentes sont les suivantes.
On le situe le plus souvent comme étant le bassin versant de la rivière Eyrieux et de ses affluents principaux, la Dorne, la Dunière et la Glueyre. Administrativement, on parle des cantons du Cheylard, de Saint-Agrève et de Saint-Pierreville. Frédéric Zégierman dans son Guide des pays de FranceGuide des pays de France (Sud) Fayard 1999 décrit le pays des Boutières comme l'espace situé autour de la vallée de l'Eyrieux, de l'ouest de la région de La Voulte-sur-Rhône jusqu'à Saint-Martin-de-Valamas, et pouvant se prolonger vers la zone montagneuse comprise entre cette ville et Saint-Étienne-de-Lugdarès (Montagne ardéchoise). Il y place notamment les villages de Saint-Laurent-du-Pape, Saint-Pierreville, Saint-Sauveur-de-Montagut, Le Bouschet et Gluiras, ainsi que la petite ville du Cheylard qui en est l'agglomération principale. La Direction départementale de l'Agriculture et de la Forêt de l’Ardèche quant à elle, délimite sept régions naturelles dans le département . Dans la région centrale du Moyen-Vivarais, elle définit le sous ensemble des Boutières comme le regroupement des communes suivantes :
Dans le Canton du Cheylard Dans le Canton de Saint-Martin-de-Valamas Dans le Canton de Saint-Pierreville Dans le Canton de La Voulte-sur-Rhône Dans le Canton de Vernoux-en-Vivarais Dans le Canton de PrivasAccons Le Cheylard Dornas Jaunac Mariac Nonières Saint-Barthélemy-le-Meil Saint-Christol Saint-Cierge-sous-le-Cheylard Saint-Genest-Lachamp Saint-Julien-Labrousse Saint-Michel-d'Aurance Arcens Chaneac Intres Lachapelle-sous-Chanéac Saint-Jean-Roure Saint-Julien-Boutières Saint-Martin-de-Valamas Saint-ClémentAlbon-d'Ardèche Beauvène Gluiras Issamoulenc Marcols-les-Eaux Saint-Étienne-de-Serre Saint-Julien-du-Gua Saint-Pierreville Saint-Sauveur-de-Montagut Saint-Cierge-la-SerreSaint-Maurice-en-ChalenconAjoux Creysseilles Pourchères Pranles Saint-Vincent-de-Durfort
Géologie
Le relief est typique du Vivarais. Les vallées ont été creusées par les glaciers, qui, en emportant le calcaire, ont dégagé les sommets volcaniques.
Climat Le climat de la région présente des contrastes marqués. Dans la frange ouest des Boutières, se profile un climat montagnard, tandis que dans la basse vallée de l'Eyrieux, les traits d'un climat méditerranéen deviennent déjà perceptibles.
Histoire Période antique Si l'on en croit les limites ecclésiastiques, l'évêché médiéval de Valence débordait en Ardèche, incluant des territoires situés approximativement entre Eyrieux et Doux. Il est probable que la cité antique de Valence, et précédemment la tribu gauloise des Segovellaunes, ait possédé ce territoire. Toutefois, aucune découverte archéologique majeure n'y a jamais été faite.
La partie des Boutières située au sud de l'Eyrieux (plus quelques paroisses au nord du cours d'eau) faisant traditionnellement partie du diocèse de Viviers, il est probable que cette zone ait fait partie du territoire des Helviens au même titre que le Bas-Vivarais.
On trouve encore dans la région des restes de forteresses celtiques de l'âge du fer, comme l'Oppidum de la Fare à Saint-Andéol-de-Fourchades.
Le protestantisme Le protestantisme y est encore important. Il a fortement marqué l'histoire du pays. Au , la contrée des Boutières est entièrement huguenoteJ. L. de Laboissière, Les commentaires du soldat du Vivarais, , Privas, 1908.. Les synodes se tiennent au lieu dit Rochemaure, au-dessus du Mézayon, au moins depuis 1562.
Les guerres de Religion ravagent le pays. Le château de Rochebonne est détruit. La Contre-Réforme puis la révocation de l'édit de Nantes permettent au catholicisme de « reconquérir » de nombreux territoires. En 1629, les Réformés chassés de Privas se réfugient dans les montagnes alentour, notamment à Gluiras. C'est au « désert » de Pranles, dans les Boutières, que le , lors de la bataille de Franchassis, le mouvement des Camisards est une première fois écrasé par les Suisses de Louis XIV. À l'ouest du même bourg, entre le sommet de la Chirouze et le ru d'Eyrebonne au milieu d'orgues basaltiques, une « grotte des Camisards », aujourd'hui en partie comblée par les éboulis, conserve le souvenir de l'ultime soulèvement de 1709. Ceux qui le peuvent émigrent, souvent vers la république de Genève. Les dragonnades continuent tout au long du . Au début du mois dé , treize ans après le supplice de Pierre Durand, un pasteur de vingt neuf ans, Mathieu MajalSamuel Mours, Un jeune martyr vivarois : Désubas, pasteur du Désert, 1720-1746., Musée du Désert en Cévennes, Mialet, 1946, 32 p. est arrêté à Saint-Agrève pour être lui aussi penduD. Benoît, Désubas, son ministère, son martyre (1720-1746), Société des livres religieux, Toulouse, 1879.. Un rassemblement de protestation le 12 du même mois se termine à Vernoux par le massacre des manifestantsC. de Vic & J. Vaissète, Histoire générale de Languedoc, , , E. Privat, Toulouse, 1876..
Saint-Julien-Boutières, près de la frontière septentrionale des Boutières, est à une quinzaine de kilomètres au sud du refuge du pasteur Trocmé, qui a fonctionné durant l'Occupation.
Culture Occitan La région relève d'un parler « vivaro-alpin ». À l'heure actuelle quelques amateurs perpétuent l'utilisation de cette langue (cf. IEO). Des tournures d'occitan reviennent régulièrement dans les discussions.
Par exemple, de manière traditionnelle, un agriculteur pour vous parler de son activité, pouvait employer le mot chamba ou encore darbon (comprendre terrasse et taupe). Puis pouvait terminer son exposé par adusia qui signifie au-revoir.
Régionalismes lexicaux Quelques tournures sont particulières, comme le terme « franc » qui signifie « entièrement ». Il est communément employé dans la région.
Économie Les eaux minérales On citera plusieurs sites de productions anciens ou encore en fonction : La Châtelaine à Dornas qui débute dans les années 1920 ; Les eaux du Bois Lantal ; L'eau minérale Arcens.
Culture en terrasses L'organisation agricole des versants en culture en terrasses sont ici appelées des chambas.
La châtaigneraie L'arbre à pain est en effet une caractéristique forte de cet espace.
Annexes Bibliographie J. Delarbre, « Livre de raison de Jacques Delarbre, protestant de la vallée de l’Eyrieux entre 1739 et 1750 », in Religion et Société en Ardèche et dans l’ancien pays du Vivarais, actes du 2e colloque de M.A.T.P., Mémoire d'Ardèche et Temps Présent, Privas, 1985.
Comité d'études et de recherches historiques des Boutières, "Les Boutières en histoire", ISSN 1968-7583, Editions Dolmazon, 2008 (n°1)-....
Sources
Articles connexes Monts du Vivarais Moyen-Vivarais Le canton du Cheylard
Liens externes Musée du Vivarais protestant
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