Paul Arnault, né le à CherbourgCherbourg-Octeville en 2000, puis commune déléguée dans Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016. (Manche) et mort le à Avignon (Vaucluse), est un militaire français.

Officier de Légion étrangère, c'est un combattant de la première heure de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui vaudra d'être condamné à mort par contumace, et d'être très tôt fait Compagnon de la Libération..

Dès la fin des hostilités sur le sol de France, il enchaîne sur la guerre d'Indochine. Après avoir effectué de service, dont 20 à la Légion Étrangère, il termine sa carrière avec le grade de général de brigade. Une rue de Sorgues (Vaucluse) porte son nom.

Biographie

Formation Paul Arnault est né le à Cherbourg (Manche), d'un père aconier, qui s'occupe des chargements et déchargements de navires au port de Cherbourg, et d'une mère anglaise.

Après des études au lycée de Cherbourg et au Prytanée national militaire de La Flèche, il entre à Saint-Cyr en 1931.

Sorti sous-lieutenant deux ans plus tard dans la promotion du Tafilalet, il sert dans l'infanterie de forteresse sur la ligne Maginot, d'abord au RI, puis au RIF.

Lieutenant en 1935, il rejoint deux ans plus tard les rangs de la Légion Étrangère, tout d'abord au régiment étranger d'infanterie ( REI) en Algérie ( CP du REI/DCRE à Bedeau - Sud de Sidi Bel Abbès), puis dès fin 1937, au régiment étranger d’infanterie ( REI) au Maroc ( Cie du Bataillon, à Fez).

En , il prend le commandement du détachement d'Erfoud (Sud Marocain), avant d'être affecté l'année suivante () à l'état-major du bataillon du REI, à Tebessa (Est algérien). Il suit alors le bataillon, à Chaffar, M'Dou, et enfin Mareth (Tunisie).

Seconde Guerre mondiale

"Officier chiffre", il a la joie de lire son nom sur le message qui le désigne en pour rejoindre le "groupement de Légion type montagne", en cours de constitution pour la guerre en Finlande, pour lequel il s'est porté volontaire. Groupement qui sera en définitive dirigé sur la Norvège à la suite de l'accord intervenu entre Finlande et Russie, et qui prendra, rapidement et successivement, les noms de Demi Brigade de Montagne de la Légion Étrangère, Demi Brigade de Marche de la Légion Étrangère ( DBMLE), et de Légion étrangère ( DBLE)Elle prendra le nom de Demi Brigade de Marche de la Légion Étrangère du au 18 février 1941, le temps d'être assuré que la DBMLE, rentrée sur le Maroc avec tous ceux qui n'ont pas choisi la poursuite de la guerre sous les ordres du Général de Gaulle le , soit dissoute. Elle le sera dès le 16 juillet 1940..

Le , Paul Arnault est rappelé à Sidi Bel Abbès, et affecté à la « 13 ». Dès lors, son destin épouse celui de la DBLE, avec laquelle il prend part à tous les combats, pour ne la quitter que plus tard, après l'avoir commandée à deux reprises. vignette|upright=1.8|Octobre 1942, au sud d'El Alamein, au lieu-dit « L'enfer des Stukas ». Le capitaine Arnault et le sous-lieutenant Germain (également Compagnon de la Libération)

Il prend ainsi part à la campagne de Norvège en mai et juin 1940 comme lieutenant chef de section à la . Après le baptême du feu le à Bjervick, c'est la prise de Narvik. Il y reçoit sa citation, pour avoir fait la preuve Citation du 15/06/1940..

Débarquant victorieux de Norvège en Bretagne le , il est devancé le 18 par les troupes allemandes à hauteur de Rennes, où il était en reconnaissance. Coupé du régiment, il refuse l'armistice.

Avec 6 autres officiersSon chef de corps, le lieutenant-colonel Monclar (futur général Monclar), les capitaines Kœnig (futur maréchal de France), Amilakvari, de Knorre, les lieutenants Baudenom de Lamaze et Laborde. Sur ces 7 officiers, 6 rejoindront les FFL et 5 seront faits Compagnons de la Libération. Le lieutenant-colonel, Prince Amilakvari sera tué à l'El Himeimat le 24 octobre 42 alors qu'il commande la « 13 » ; le lieutenant de Lamaze sera tué lors de la sortie de Bir-Hacheim, dans la nuit du 10 au 11 juin 1942., ils traversent de nuit les lignes ennemies et arrivent au Guildo (Côtes d'Armor). Ils parviennent le 19 aux aurores à l'île des Ebihens grâce au maire du Guildo (M. Digonnet), à l'aubergiste (M. Lamballais) qui les conduit jusqu'à lui, et au marin-pêcheur (M. Lemasson), qui les fait traverser avec sa barque à voile.

À l'île des Ebihens, ils sont accueillis par M Causeret, qui les remet en condition, puis en relation avec le « patron David », de Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine), qui les fera embarquer sur une vedette.

De là, ils s'évadent de Francecf. Revue de la France Libre , novembre–décembre 1959, et La DBLE dans le pays de Dinan, Association Vieilles Pierres et Histoire locale de Saint-Lormel, Gérard Frostin, mai 2011 jusqu'à Jersey, où ils arrivent le 20. Ils en repartent dans la soirée par le dernier cargo en partance pour l'Angleterre. Leur but : continuer le combat, y compris sous un uniforme étranger.

À Southampton où ils débarquent le 21, ils retrouvent alors la « 13 », qui a réussi à s'échapper depuis Brest. Puis ils apprennent l'existence d'un certain général de Gaulle. Ce sera donc, dès le 22, le combat avec les Forces françaises libres (FFL), dont la « 13 » restera pendant de longs mois la seule force constituée.

Ce choix de continuer le combat entrainera sa condamnation à Jugement par contumace du 3 décembre 1941, prononcé par le tribunal militaire permanent d'Oran, annulé par un arrêt de la Cour d'Appel d'Alger le 21 octobre 1943, les deux étant portés à sa connaissance un même jour de fin novembre 1943, avec la mention « secret ».. Le vent de l'Histoire ayant tourné, il ne sera finalement pas inquiété.

Promu capitaine le , Paul Arnault commande successivement la Compagnie de Commandement, les et compagnies, puis la Compagnie antichar (CAC).

Il participe à toutes les campagnes de la de Légion étrangère en 1940 et 1941 : opération de Dakar, Cameroun, campagnes de Gabon, du Soudan, d'Érythrée, de Palestine et du Levant (Syrie). Notamment, sa participation à la prise de Massaouah (en Érythrée) a été déterminante, permettant la reddition le de 4 officiers générauxDont l'amiral commandant en chef les troupes de l'Afrique Orientale italienne, et le général commandant en chef en Érythrée., et de plus de italiens au colonel Monclar.

En janvier 1942 débute la campagne de Libye, avec l'emblématique bataille de Bir-Hakeim. Là, commandant un point d'appui, il reçoit le l'assaut d'une division italienne à laquelle, en liaison avec la compagnie du capitaine Morel et l'artillerie, il inflige des pertes sévères : elle fait demi-tour en laissant la moitié de ses chars, et plus de . Déclaré mort lors de la sortie de vive-force qui a lieu dans la nuit du 10 au , il rejoint plus tard, Cf citation à l'ordre de l'armée du 09/09/1942. un groupe d'hommes égarés. Ses lui valent une nouvelle citation, à l'ordre de l'armée.

C'est ensuite la campagne d'Égypte, avec les combats de l'El Himeimat en , lors de la bataille d'El Alamein qui marque la rupture du front en faveur des Alliés et le tournant de la guerre en Afrique.

Promu chef de bataillon le , date de création de la Division française libre à laquelle la de Légion étrangère est tout naturellement rattachée, il participe ensuite à la campagne de Tunisie (Djebel Garci), en mai 1943, qui marquera la fin des combats contre les forces de l'Axe en Afrique.

Le , tout en conservant le commandement de la CAC13, il prend le commandement du régiment de défense contre blindés de la DFL.

Du au , il effectue une mission sur Casablanca : à la tête d'un détachement, il doit reverser les véhicules anglais de la DFL, et percevoir en échange les véhicules et le matériel américains destinés à la DFL.

Le , il quitte les commandements de la CAC13 et du régiment de défense contre blindés pour prendre celui du BC13, avec lequel il débarque en Italie en avril 1944, devenant commandant major de la division le mois suivant.

Après la prise de Rome, il constitue un détachement chargé d'accueillir le général de Gaulle et de lui servir de garde d'honneur durant son séjour dans la ville éternelle. Il lui présente la de Légion étrangère à la Villa Médicis, le , avant que le chef de la France libre ne s'envole pour Naples, le 30, remettre des décorations à la DFL.

Il débarque en Provence le (Provence), et ce sont les combats de Provence, puis de la remontée du Rhône. Suivent Lyon, Autun, Dijon.

À , il prend une première fois, le , le commandement de la de Légion étrangère. Et pour compter du même jour, assume les fonctions d'adjoint au commandant de la Brigade.

Il se distingue pendant les opérations sur le Doubs (Belfort), puis dans les Vosges et en Alsace en novembre 1944, et janvier 1945. alt=28 juin 1944 - La DBLE rend les honneurs au général de Gaulle. Le Chef de Bataillon Arnault présente les troupes, en présence du général Juin.|vignette|upright=1.8|Rome - Villa Médicis - 28 juin 1944. La DBLE rend les honneurs au général de Gaulle. Le Chef de Bataillon Arnault présente les troupes. Le général Juin les accompagne.

Notamment, dans la nuit du 11 au , où, chargé de mener le combat des unités de échelon pendant les combats sur l'Ill, pris sous un feu violent, il coordonne la création d'une tête de pont et le repli des garnisons encerclées d'Herbsheim et Rossfeld, sauvant ainsi d'une destruction certaine le de Légion étrangère. À la suite de ce fait d'armes, le général Leclerc écrira au général Garbay : Résumé du journal des marches et opérations, page 136.. Quarante-cinq ans plus tard, le général Imbot estimera que, de fait, c'est la DFL qu'il a sauvéeDiscours prononcé le lors de l'inauguration de la Rue Général Paul Arnault (Compagnon de la Libération), à Sorgues dans le Vaucluse.

Ce seront ensuite les âpres combats pour la réduction de la poche de Colmar.

Le , la DBLE est réorganisée pour la dernière fois au cours de la guerre. Le chef de bataillon Arnault en redevient le commandant en second.

Il prend part aux derniers combats que mène la DFL dans le sud des Alpes, sur le massif de l'Authion, dans le but de poursuivre vers le col de Tende, puis Turin, combats qui conféreront à la France ses seuls gains territoriaux de la Deuxième Guerre mondiale.

La guerre terminée, commence alors une période de réorganisation où les combattants, officiers comme légionnaires, démobilisés de fait (« engagés pour la durée de la guerre ») ou moralement, quittent la « 13 » et se dispersent en fonction de leurs choix personnels.

C'est à cette époque que, sur sa demande, Paul Arnault fait engager Susan Travers, la conductrice du général Kœnig à Bir-Hakeim, et qui, depuis, a tenu son rang au sein de la ½ brigade. Elle reste la seule femme ayant jamais été engagée à la Légion Étrangère.

Fin juillet, il conduit la de Légion étrangère en Tunisie, où elle arrive courant août. Dans cette période difficile de l'après-guerre, seul officier supérieur présent à la « 13 » depuis ses débuts, il la reforge, jusqu'à ce que le régiment soit désigné, par télégramme du , pour rejoindre le corps expéditionnaire français en extrême Orient.

La guerre d'Indochine

Le , il débarque en Indochine, à Saïgon, où il cumule un temps les fonctions de commandant en second et de commandant du bataillon.

Commandant adjoint de la de Légion étrangère, il organise et commande toutes les opérations importantes menées dans le secteur de Gia Dinh.

Lors de l'attaque siamoise sur Siem Reap, près des ruines d'Angkor, il constitue en une nuit le groupement de secours, le conduit sur place dans les meilleurs délais, et devient l'un des principaux artisans du dégagement de la garnison, et de la reprise des ruines d'Angkor.

Le , il reçoit pour la fois, à , le commandement de la de Légion étrangère et du secteur d'Hoc–Mon. Il est nommé lieutenant-colonel le .