, né le à Atsugi dans la préfecture de Kanagawa, est un homme politique japonais, membre du Parti libéral-démocrate. Il est élu à la Chambre des représentants du Japon depuis 1983, d'abord pour l'ancien électoral de Kanagawa de 1983 à 1996 puis pour la nouvelle de cette préfecture de 2000 à 2009 et depuis 2012 ainsi que pour le bloc proportionnel du sud Kantō de 1996 à 2000 et de 2009 à 2012. Il est ministre du Travail du Cabinet Obuchi du au , puis ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie du premier Cabinet Abe puis du Cabinet Fukuda du au , ministre d'État pour la Réforme de la règlementation, administrative et du service public dans le Cabinet Asō du au et enfin ministre d'État pour la Politique économique et fiscale, pour la Renaissance économique et pour la Réforme globale de la Fiscalité et de la Sécurité sociale dans le second Cabinet Abe.

Au sein du PLD, il est proche de personnalités ayant souvent des positions opposées, dont surtout Shinzō Abe et Tarō Asō, mais aussi Shōichi Nakagawa ou Yoshihide Suga. Tous ont en commun, Amari y compris, d'être affiliés au très influent lobby révisionniste Nippon Kaigi.

Formation et carrière professionnelle Diplômé de la faculté de droit de l'Université Keiō en 1972, il rejoint dans un premier temps la Sony Corporation. Toutefois, il en démissionne dès 1974 pour se présenter en indépendant à la direction du comité Parti libéral démocrate de Kanagawa. Battu, il devient alors l'assistant parlementaire de son père, Tadashi Amari, membre de la Chambre des représentants.

Carrière politique Engagé très tôt À la suite du retrait de son père de la vie politique, il est élu pour le remplacer dans sa circonscription de la préfecture de Kanagawa à la Chambre des représentants en 1983, sous l'étiquette du Club néo-libéral, un petit parti fondé en 1976 par des dissidents du PLD. Lorsque ce mouvement se dissout au sein du PLD en 1986, il rejoint, comme de nombreuses autres figures du petit parti défunt, la faction du Premier ministre en place, Yasuhiro Nakasone, à savoir le ou Seikaken ou encore faction Nakasone.

Il obtient sa première expérience gouvernementale, quoique non membre du Cabinet, comme vice-ministre parlementaire auprès des ministres du Commerce international et de l'Industrie (MITI) successifs Kajiyama Seiroku puis Hikaru Matsunaga des Cabinets Uno et Kaifu du au . Mais ce n'est véritablement que dans les années 1990 qu'il connaît l'essentiel de son ascension politique.

Ascension jusqu'au premier plan Réélu à la Chambre des représentants en 1990, il devient rapidement l'un des spécialistes des questions économiques de la Diète et du PLD, et fait ainsi partie de la Les désignent des parlementaires japonais spécialisés dans le champ d'action d'un ministère particulier, et qui ont tissé un large réseau de relations et de connaissances avec les fonctionnaires de ce ministère et l'ensemble des organisations, associations, entreprises ou individus concernés, dont ils entendent défendre les intérêts. La notion de « zoku » est donc proche du lobby. Il existe ainsi une « tribu de l'agriculture », une « tribu du commerce et de l'industrie », une « tribu des finances », etc. Ces « tribus » sont très présentes au sein du PLD, où elles organisent, avec en parallèle la division en faction, le jeu interne du parti. Des zoku gi'in se trouvent également au Parti démocrate du Japon, notamment parmi les anciens dissidents du Parti libéral-démocrate. Cf. KIDO Hideki, « Changes of “Zoku-giin” in the LDP: The Impact of Prime Minister Koizumi’s Leadership” », Annual Meeting of Canadian Political Science Association, Session C2 : Japanese Politics, Saskatoon, 05/2007. Il devient ainsi premier directeur en puis président en de la Commission du Commerce et de l'Industrie à la Chambre, il est également directeur de la Commission sur la Réglementation et l'Administration de 1991 à 1993 et directeur de la Division du PLD chargée du Commerce international et de l'Industrie.

Lors des élections législatives d', la première faisant suite à la réforme électorale de 1994 et unissant un système uninominal de circonscriptions à un tour (contrairement au précédent système de vote unique non transférable) au scrutin proportionnel pour certains sièges, il est battu dans le électoral de Kanagawa (formé d'une partie de l'ancienne circonscription dans laquelle il était précédemment élu) mais est élu sur la liste du PLD à la proportionnelle. Un mois plus tard, il devient vice-président du très important Conseil de la recherche politique du parti et est élu secrétaire général adjoint du PLD à partir de .

Ministre du Travail Le , il fait sa première entrée au Cabinet du Japon, en tant que ministre du Travail du gouvernement alors dirigé par Keizō Obuchi. Il doit à l'époque surtout faire face à la montée du chômage due à la mauvaise situation économique née de l'éclatement de la bulle japonaise de 1989 et à la crise asiatique de 1997, le nombre de sans emploi atteignant alors son plus fort taux depuis le début des années 1960, à 4,4 % de la population active en « Japan unemployment at its peak », Reuters, Indian Express Newspaper, 26/12/1996. De plus, il avoue lui-même estimer ce taux en réalité plus élevé du fait du phénomène du chômage invisible dans le secteur privé « In Japan, From a Lifetime Job to No Job at All », S. Strom, The New York Times, 03/02/1999.

La faction Yamasaki Mais il ne reste à ce poste que jusqu'au . En effet, le , l'ancienne faction Nakasone, dont il fait partie, se disloque à la suite de la dissidence d'une trentaine de membres qui décident de soutenir la candidature de l'un des leurs, Taku Yamasaki, à l'élection du président du PLD contre donc Keizō Obuchi. Ils fondent alors leur propre faction, le ou Commission pour un futur politique, mieux connue sous le nom de faction Yamasaki. Amari adhère à cette nouvelle mouvance interne et devient en son sein l'un des principaux lieutenants de Yamasaki, en tant que président délégué. Mais ce dernier n'arrive qu'en troisième et dernière position de l'élection du président du parti, le , avec seulement 51 voix de militants et élus. Keizō Obuchi est quant-à-lui réélu et donc reconduit comme Premier ministre, et donc lors du remaniement de son Cabinet la plupart des partisans de ses adversaires lors de ce scrutin sont écartés. Akira Amari quitte donc le gouvernement mais reste toutefois secrétaire général adjoint du PLD.

Lors des élections de 2000, il est réélu à la Chambre des représentants en remportant cette fois le électoral de la préfecture de Kanagawa. Il est réélu en 2003 et en 2005. Il continue de plus à avoir une position d'importance au sein du PLD : président de la Commission de recherche sur les petites et moyennes entreprises du parti à partir de puis premier secrétaire général adjoint à partir de . Il seconde alors Taku Yamasaki, puis Shinzō Abe qui est élu secrétaire général du parti en 2003. Il en devient un proche, ainsi que l'un des piliers de sa campagne à la présidence du PLD en 2006. En remerciement, Shinzō Abe, devenu Premier ministre le , le nomme au très influent poste de ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI).

Ministre de l'Économie puis de la Réforme administrative

thumb|right|250px|Akira Amari et le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva le , à Brasilia.

Au METI, il définit l'essentiel de ses objectifs dans les domaines du droit de la propriété individuelle et de l'énergie. Il entend alors renforcer l'approvisionnement énergétique d'un Japon souffrant d'un manque de ressources en la matière sur son territoire. Ainsi, dès sa nomination, il apporte son soutien au projet russe de développement pétrolier et gazier sur l'île de Sakhaline, baptisé Sakhaline II, et qui avait provoqué de vives inquiétudes auparavant du gouvernement japonais mais aussi d'organisations écologiques pour ses répercussions environnementales H. Masaki, « Russian energy roulette spooks Japanese », Asia Times Online, 24/10/2006. Il annonce également en mars 2007 que le gouvernement japonais va commencer des négociations avec la Russie afin de renforcer la coopération entre les deux pays en matière d'enrichissement de combustible nucléaire S. Sato, « Japan, Russia to Begin Nuclear Fuel Enrichment Talks », Bloomberg, 01/03/2007. Il est également chargé de négocier avec la Chine au sujet de l'exploitation des réserves gazières et pétrolières de la mer de Chine orientale, sujet de litige important entre les deux pays, mais aussi sur les prix des terres rares (90 % des ressources utilisées par le Japon pour ces métaux étant alors contrôlés par la Chine). Sur ce dernier sujet, il mène des actions pour réduire cette dépendance en trouvant de nouveaux fournisseurs, surtout en Afrique (il se rend ainsi en Afrique du Sud et au Botswana en ) G. NISHIYAMA, « INTERVIEW-Japan urges China to ease rare metals supply », Reuters, 08/11/2007.

Après la démission de Shinzō Abe et l'élection interne au PLD pour désigner son successeur, il soutient le populiste et nationaliste ministre des Affaires étrangères sortant Tarō Asō contre le modéré Yasuo Fukuda H. Masaki, « Fukuda launches his 'do or die' cabinet », Asia Times Online, 27/09/2007. Toutefois, une fois élu, Fukuda décide de maintenir Amari au METI dans son Cabinet. Il reste à ce poste jusqu'au remaniement ministériel du , date à laquelle il doit céder sa place à un poids lourds du parti et partisan d'un plan de rigueur et d'austérité, Toshihiro Nikai. Il retourne néanmoins au gouvernement dès le , puisque, fidèle de Tarō Asō, celui-ci le nomme ministre d'État pour la Réforme de la règlementation, administrative et du service public dans son cabinet.

Lors des élections législatives du , il est l'une des victimes de la défaite du PLD puisqu'il est battu dans sa circonscription par le candidat du PDJ Hidenori Tachibana. Il reste néanmoins membre de la Chambre des représentants grâce à la proportionnelle dans le bloc du sud Kantō.

Lieutenant d'Abe

Désormais député de l'opposition, Akira Amari fonde le un club politique inter-faction au PLD, baptisé , dont le but visé est de « "repenser" les politiques menées, "restaurer" l'économie après le séisme du Tōhoku, faire du Japon "le meilleur" de la classe mondiale » « 甘利 明の活動報告 2011年 6月 », site de Akira Amari. Il comprend, en dehors d'Amari, 13 députés (dont 7 de la faction Yamasaki, 2 de la faction Machimura dont fait également partie Shinzō Abe et 4 sans faction) et 5 conseillers (dont 1 Yamasaki, 1 Machimura, 1 de la faction du pacifiste pro-Chine, mais néanmoins proche de Abe car élu dans la même préfecture que lui, Masahiko Kōmura et 2 sans faction) Membres du club « Saikō Nihon », site d'Akira Amari. Il s'oppose notamment à toute sortie du nucléaire civil, une option de plus en plus populaire au sein de l'opinion publique et de plus en plus défendu par le gouvernement en place du PDJ en raison de l'accident de Fukushima, mais qu'Akira Amari juge dangereuse car risquant, selon lui, de déstabiliser l'industrie japonaise en la rendant davantage dépendante des importations d'hydrocarbures et en la mettant à la merci de hausse des coûts de l'électricité « Abe picks pro-nuclear Amari for 'economic revival' post », The Japan Today, 20/12/2012 T. NAKAMICHI, « Abe to Give Posts to Stimulus, Nuclear Advocates », The Wall Street Journal, 20/12/2012.