La Compagnie minière de Saint-Renan (COMIREN), compagnie minière finistérienne fondée par Charles Pavot, exploita les gisements d'étain situés dans les vallées de l'ouest du Léon, en particulier dans les communes de Saint-Renan et de Bourg-Blanc, entre 1960 et 1975.

Origine

La découverte, à Saint-Renan, d'un gisement alluvionnaire de cassitérite (dioxyde d'étain) eut lieu quand Charles Pavot et Elie Helies, tous deux résidents d'Argenton en Landunvez à l'époque, faisaient de la prospection d'uranium pour la compagnie SAPEM (Société Armoricaine de Prospection et d'Exploitation Minière) de Charles Pavot.

C'est cette découverte, à la fois remarquable et inattendue, qui fut à l'origine de la création de la COMIREN. Elie Helies a été un proche collaborateur de Charles Pavot durant de très nombreuses années, à la SAPEM et ensuite, à la COMIREN. Lorsque cette dernière a fermé, Charles Pavot et son équipe l’ont reconvertie en entreprise de travaux publics, forts de leur expérience du dragage. Charles Pavot conserva l’acronyme de SAPEM mais en changea la signification, qui devint Société d'Aménagement Portuaire, d'Entreprises et de Mines.

Géologie

L'Ildut, avant d'être un aber, est une rivière qui serpente sur une vingtaine de kilomètres et arrose la basse ville de Saint-Renan, dans le lit d'un ancien fleuve, qui selon certaines hypothèses est un des anciens lits de l'Aulne, et les alluvions qui tapissent le fond de la vallée sont richement pourvus en cassitérite, un minerai riche en étain.

Histoire Si la cassitérite fut longtemps un minerai recherché, et le gisement de Saint-Renan connu depuis l'AntiquitéD'après cette page, l'étain exploité à Saint-Renan était exporté du temps des Romains via le port du Dellec, situé sur la rive nord du goulet de Brest, sur le territoire de la commune de Plouzané., l'exploitation de la deuxième moitié du résulte d'une coïncidence. Les prospecteurs, originellement, recherchaient de l'uranium. Mais ils se rendirent surtout compte que la quantité de cassitérite présente dans les filons de quartz issus du granit stannifère (riche en étain) qui tapissent le secteur pouvait fructueusement être exploitéeD'après cette page, consultée le 29 mai 2008.

Après cette campagne de prospection, est créée la compagnie minière de Saint-Renan, qui exploitera les gisements les plus riches, excavant le fond des marais tapissant la vallée sur une profondeur de à l'aide d'une drague américaine, nommée Ellicot, d'un rendement de par jour. Jusqu'à travaillent nuit et jour sur le siteD'après cette page, consultée le 29 mai 2008..

Ce haut rendement vaudra à Saint-Renan le surnom de capitale européenne de l'étain, mais épuisera le gisement dès 1975, après l'extraction de l'équivalent de de métal pur pour de minerai exploitable. Les autres matériaux extraits, environ par an, ont été diversement utilisés, surtout pour les travaux publicsD'après cette page, consultée le 29 mai 2008, la route touristique longeant la côte entre Penfoul et Trémazan, sur la commune de Landunvez, a été en grande partie construite à partir de minerai extrait par la Comiren., et cette exploitation a eu le grand mérite d'assainir un fond de vallée jusqu'alors marécageux et inculte.

De l'exploitation restent des lacs qui tapissent la vallée. Il s'agit des lacs nommés : Comiren (exploitation abandonnée en 1964) TréoualenDénommé lac de la Laverie sur la carte IGN 0417ET, le nom de Laverie étant celui de l'installation servant à nettoyer les matériaux extraits par la drague. (1965) Lannéon (1967) Poulinoc (1967) Ty Colo (1974) PontavennecDénommé lac de Trégorf selon Jean Lescop, publié sur cette page, consultée le 29 mai 2008. Le même site mentionne un lac de Mézanostis, aujourd'hui quasiment disparu.

À noter qu'outre l'Aber-Ildut à Saint-Renan, d'autres sites furent également exploités par la Comiren durant les années 1970, dont celle de l'affluent de l'Aber-Benoît qui arrose Bourg-Blanc, comme en témoignent la douzaine de lacs vestiges de l'exploitationD'après cette page, consultée le 29 mai 2008. : l'un d'entre eux constitue aujourd'hui le plan d'eau qui baigne le parc de loisirs La Récré des 3 Curés (commune de Milizac), deux autres sont le centre d'un parc aménagé par la commune de Bourg-BlancD'après les panneaux d'information situés dans ce parc..

Après 1975, la compagnie devint la Société Intermines, devenue SIMURA, et exploite désormais des carrières sur les sites de Bodonou à cheval sur Plouzané, Guilers et Brest, à quelques kilomètres en amont de Saint-Renan, mais avec l'unique vocation de produire du sable et du gravierD'après Jean Lescop, 1991, publié sur cette page, consultée le 29 mai 2008..

En 2005, Lafarge Granulats Ouest est devenu propriétaire de la sablière de Bodonou, sablière qui constitue le seul gisement d'importance de sable de qualité du Finistère, produisant .

Notes et références Bibliographie Pierre Pailler, « Saint-Renan, capitale européenne de l'étain », 1989 Le lien : http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_pavot_charles.htm

Notes

Catégorie:Entreprise minière ayant son siège en France Catégorie:Entreprise française disparue Catégorie:Industrie minière en Bretagne