Le texte massorétique (abrégé TM) est le texte biblique hébreu transmis par la Massorah, produit du travail des massorètes. Seules les consonnes des mots hébreux étant écrites, il est possible de lire plusieurs mots pour une combinaison de consonnes donnée. Les massorètes ont ajouté des symboles indiquant quelles voyelles ajouter à ces consonnes, et ont ainsi indiqué pour chaque mot quel mot il faut lire.

Présentation thumb|350px|Les principaux manuscrits du texte biblique d'après l'Encyclopaedia Biblica. Les lignes pointillées bleues indiquent les textes utilisés pour les modifications. MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. א = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus.

Le texte massorétique est le texte biblique hébreu produit par les érudits juifs de l'Antiquité puis du haut Moyen Âge appelés massorètesAdrian Schenker dans Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan, Introduction à l'Ancien Testament, 2009, p. 46. À la fin du , un texte dit « proto-massorétique » est fixéAdrian Schenker dans Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan, Introduction à l'Ancien Testament, 2009, p. 48-49. Dès le début de l'ère chrétienne, il sert de base à de nombreuses traductions, dont la Peshitta.

Comparaison avec d'autres versions Le texte massorétique comporte des différences, dont certaines significatives, avec d'autres versions ou traductions anciennes de la Bible, comme la Bible samaritaine, la Septante et les Manuscrits de Qumrân, lesquelles possèdent des similitudes entre elles à des endroits où elles divergent du texte massorétique. Cela a conduit les milieux académiques à considérer le texte massorétique comme une variante parmi d'autres, imposée comme norme après la destruction du Second Temple de Jérusalem, en 70Lane Fox, Robin, The Unauthorized Version, 1991, éditions Alfred A. Knopf, pp. 99-106, ; Tov, Emanuel, Textual Criticism of the Hebrew Bible, 1992, Fortress Press, p. 115, ..

Notation des accents et des voyelles La notation des accents et des voyelles se serait opérée au Moyen Âge, même si Johannes Buxtorf au et d'autres soutenaient que dès l'époque d'Esdras () les points-voyelles ont été introduits. Les systèmes babyloniens, plus anciens, ont laissé la place au , qui date des ou . Le Codex d'Alep, qui est peut-être la toute première copie complète du texte massorétique, date du .

Critique du texte massorétique

Jusqu'au , il était coutume de considérer le texte massorétique comme conforme à la tradition pharisienne elle-même, c'est-à-dire comme une copie de bonne qualité des écritures considérées comme Textus receptus par les Juifs, telles qu'elles auraient été reçues, ou telles qu'elles auraient été composées à partir de plusieurs sources indépendantes, selon la critique biblique.

Cependant, la découverte des manuscrits de Qumrân a considérablement modifié cette perception. Ces manuscrits datent pour l'essentiel du jusqu'au milieu du ap. J.-C. ; quelques-uns, dont des textes bibliques, sont plus anciens et datent du « Qumrân et les manuscrits de la mer Morte », André Paul, Historien, bibliste et théologien, Février 2003, reproduit sur le site de Clio.fr.. L'analyse de ces manuscrits montre que les textes de cette période ne présentent pas la scrupuleuse uniformité textuelle . D'une part, les rouleaux montrent des variantes orthographiques mineures, tant par rapport aux textes massorétiques ultérieurs qu'entre eux-mêmes. D'autre part, on découvre des variantes de versions hébraïques entre la Septante et le texte massorétique qui étaient auparavant considérées comme des amplifications et des déviations textuelles effectuées lors de la traduction de la Bible en grec. Les chercheurs en concluent à l'existence d'un ou de plusieurs textes pré-massorétiques. Selon L. Shiffman, 60 % des textes de Qumrân peuvent être considérés comme proto-massorétiques, 20 % comme typiques de Qumrân, avec toutefois des bases dans les textes proto-massorétiques, 5 % comme de type proto-samaritain, 5 % de type septantique, et 10 % non-classifiésL. Shiffman, Reclaiming the Dead Sea Scrolls: The History of Judaism, the Background of Christianity, the Lost Library of Qumran, Philadelphie: Jewish Publication Society, 1994.

Par ailleurs, des objections ont été émises afin de défendre la primauté du texte massorétique : il semble évident, d'après les notes de correction et les variantes alternatives, que les scribes des textes retrouvés à Qumrân se permettaient de choisir librement la version qu'ils jugeaient la meilleure parmi leurs diverses sourcesMenachem Cohen, The Idea of the Sanctity of the Biblical Text and the Science of Textual Criticism in HaMikrah V'anachnu, ed. Uriel Simon, HaMachon L'Yahadut U'Machshava Bat-Z'mananu and Dvir, Tel-Aviv, 1979. De plus, selon Gretchen Haas, la plupart des textes s'écartant du texte massorétique, y compris quatre manuscrits de type septuagintal, ont été retrouvés dans la grotte n° 4, où les textes n'étaient pas aussi précieusement conservés qu'ailleurs ; il est conjecturé que cette grotte était une gueniza où étaient entreposés les textes impropres à l'usage, car endommagés ou contenant des erreurs textuellesGretchen Haas, citée dans Dead Sea Scrolls.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Codex d'Alep Codex de Léningrad Grand Rouleau d'Isaïe Bible hébraïque Critique textuelle de la Bible hébraïque

Liens externes Encyclopedia Britannica, « Masoretic text » Encyclopedia Judaica, « Bible », « Text »

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