José Antonio Griñán Martínez (), né le à Madrid, est un homme politique espagnol ayant appartenu au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est ministre de la Santé entre 1992 et 1993, ministre du Travail de 1993 à 1996 et président de la Junte d'Andalousie entre 2009 et 2013.

Après une carrière de haut fonctionnaire, il est nommé en conseiller à la Santé de la Junte d'Andalousie. Il abandonne ce poste en pour devenir ministre espagnol de la Santé, puis ministre du Travail en . À ce poste, il doit affronter une grève générale contre sa réforme de marché du travail, qu'il mène à bien.

Il siège ensuite dans l'opposition au Congrès des députés de à , année où il retrouve la Junte d'Andalousie comme conseiller à l'Économie et aux Finances. Il se voit gratifier en du titre de deuxième vice-président du gouvernement andalou.

En , son ami de trente ans Manuel Chaves en fait son successeur à la présidence de la Junte d'Andalousie. Il lui cède également le secrétariat général du PSOE d'Andalousie l'année suivante, après une période de tensions qui brise leur amitié. Bien que défait par le Parti populaire aux élections andalouses de 2012, il parvient à conserver le pouvoir en formant une coalition avec la Gauche unie. En parallèle, il est porté à la présidence du PSOE national.

Il entreprend en de se mettre en retrait de la vie politique, renonçant à la direction du gouvernement autonome puis du PSOE régional au profit de Susana Díaz, dans une ambiance ternie par une affaire politico-financière de fraude aux aides publiques, « l'affaire ERE ». Élu au Sénat après avoir abandonné la présidence andalouse, il en démissionne en du fait de sa mise en cause dans l'affaire ERE.

Il quitte le PSOE en en raison de son renvoi en jugement. Il est condamné en à six ans de prison et quinze ans d'inéligibilité en première instance par l'audience provinciale de Séville, peine confirmée en cassation trois ans plus tard par le Tribunal suprême. Il révèle quelques mois plus tard souffrir d'un cancer de la prostate, ce qui motive l'audience provinciale à suspendre pour cinq ans l'exécution de sa peine en , avant qu'elle ne soit annulée en par le Tribunal constitutionnel.

Vie privée José Antonio Griñán Martínez naît le à Madrid.. Son père, Octaviano Griñán, était officier de l'état-major particulier de Francisco Franco puis a travaillé à la banque commerciale et industrielle de Séville... Son oncle Rafael Martínez Emperador a été assassiné en par ETA.

Il épouse en à Séville Teresa Caravaca, surnommée , née en dans la même ville et issue d'une famille aristocratique. Le couple a trois enfants, nés en , et ..

Formation et vie professionnelle José Antonio Griñán étudie le droit à l'université de Séville. Il y fait notamment la rencontre de Manuel Chaves, tous deux partageant des idées de gauche..

En , il passe avec succès le concours d'inspecteur technique du travail et de la Sécurité sociale, sortant à la troisième place de sa promotion. Il travaille dans la première moitié des années 1970 auprès de son oncle Rafael Martínez Emperador, directeur général de la Sécurité sociale sous le franquisme.

Entre et , il enseigne le droit du travail au sein de son université d'origine. .

Débuts en politique José Antonio Griñán adhère au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) en .

Il devient en vice-conseiller au Travail de la Junte d'Andalousie, alors présidée par le socialiste Rafael Escuredo. Quatre ans plus tard, il est nommé vice-conseiller à la Santé, la présidence relevant désormais de José Rodríguez de la Borbolla. Il intègre la haute administration de l'État en , au poste de secrétaire général technique du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, placé sous l'autorité du ministre Manuel Chaves..

Il participe en à la campagne de ce dernier aux élections au Parlement d'Andalousie, que le PSOE remporte. Bien que le futur président de la Junte d'Andalousie garde le secret absolu sur la composition de son premier gouvernement, José Antonio Griñán est fortement pressenti comme conseiller à la Présidence. . Le journal indique même qu'il travaille à des changements au sein de la direction de la Radio y Televisión de Andalucía (RTVA), qui relève du département de la Présidence. Finalement, il est nommé conseiller à la Santé.

Ministre de Felipe González De la Santé Le , José Antonio Griñán est nommé ministre de la Santé dans le troisième gouvernement de Felipe González, dont il est proche au sein du Parti socialiste. Il prend la succession de Julián García Valverde, contraint à la démission en raison d'un scandale datant de l'époque où il présidait Renfe.. Il est assermenté le jour même devant le roi ..

S'étant déclaré favorable dans le principe à la privatisation de certaines activités sanitaires lors de son mandat au conseil de gouvernement d'Andalousie., il fait adopter le en Conseil des ministres un décret opérant le déremboursement de plus de pharmaceutiques jugés peu efficaces d'un point de vue thérapeutique. .

Le secrétaire général du PSOE de la province de Cordoue, Luis Planas, annonce le son intention de proposer José Antonio Griñán comme tête de liste dans la circonscription pour les élections générales anticipées du 6 juin. Il remplace ainsi Guillermo Galeote, chef de file depuis et contraint de renoncer pour sa mise en cause dans une affaire de financement illégal du Parti socialiste. Il était également cité comme potentiel tête de liste dans la circonscription de Cadix, auquel cas Planas aurait pris la première place dans Cordoue. .

Du Travail José Antonio Griñán est nommé le ministre du Travail et de la Sécurité sociale dans le quatrième gouvernement de Felipe González, remplaçant Luis Martínez Noval et cédant ses fonctions à Ángeles Amador..

Après que le secrétaire général de l'Emploi Marcos Peña a présenté aux organisations syndicales le projet de réforme du droit du travail, qui prévoit notamment des contrats de travail plus flexible, le ., l'Union générale des travailleurs (UGT) et les Commissions ouvrières (CCOO) annoncent le la convocation d'une grève générale pour le ..

Sur proposition de José Antonio Griñán, le Conseil des ministres du adopte par décret-loi l'élargissement du recours aux apprentis à l'ensemble des entreprises et la réforme des contrats à durée déterminée. et rejette toute réforme du régime de sanction en cas de licenciement abusif, promue notamment par le vice-président du gouvernement Narcís Serra et le ministre de l'Économie et des Finances Pedro Solbes.. Le , la grève générale provoque l'arrêt quasi-total de l'industrie et d'une grande partie du secteur de la construction et des commerces, le gouvernement jugeant que 30 % des salariés ont cessé leur travail, trois fois moins que l'estimation des syndicats..

Le reste de la réforme, qui transfère de la loi à la négociation collective d'entreprise des éléments comme la composition du salaire, le temps de travail ou encore la mobilité professionnelle et qui facilite les licenciements collectifs, est approuvé sous forme de projet de loi par le Congrès des députés le suivant avec le soutien du Parti populaire (PP) et de Convergence et Union (CiU). .

À la suite de la victoire du Parti populaire (PP) aux élections générales du 3 mars 1996, il est remplacé par Javier Arenas au ministère du Travail au début du mois de mai.. Il est ensuite désigné coordonnateur des députés socialistes au sein de la commission de la Politique sociale et de l'Emploi du Congrès des députés..

Conseiller de la Junte d'Andalousie Le nom de José Antonio Griñán est cité au début du mois de au sein du PSOE de la province de Cordoue comme tête de liste aux élections régionales du 14 mars 2004 dans la circonscription électorale. , l'agence Europa Press affirmant même que cette position lui a été offerte par le président de la Junte d'Andalousie, Manuel Chaves. . Il est effectivement investi le en première position par la commission exécutive provinciale du parti. .

Le , à la suite de l'investiture de Manuel Chaves pour un nouveau mandat par le Parlement, celui-ci révèle que José Antonio Griñán intégrera le futur gouvernement d'Andalousie comme conseiller à l'Économie et aux Finances.. Avec l'ensemble de ses collègues, il est assermenté le .. Ami personnel du chef du gouvernement, il fait partie des sept nouveaux membres de l'exécutif régional..

Après les élections régionales du 9 mars 2008, il est reconduit au sein du gouvernement andalou comme conseiller à l'Économie et aux Finances, avec le titre de deuxième vice-président. La création de cette nouvelle responsabilité surprend au sein du PSOE d'Andalousie, puisque Chaves s'y était toujours refusé. Selon El País, elle est perçue comme une reconnaissance de la trajectoire politique de Griñán, sans pourtant autant en faire le successeur de Chaves quand ce dernier quittera la présidence de la communauté autonome.. Avec le reste des conseillers, il prête serment le ..

Président de la Junte d'Andalousie Successeur de Manuel Chaves Le , la presse espagnole dévoile que le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a l'intention de procéder à un important remaniement de son gouvernement et qu'il compte, à cette occasion, nommer Manuel Chaves vice-président et ministre de la Politique territoriale.. Ce dernier accepte, mais impose que José Antonio Griñán soit son successeur à la présidence de la communauté autonome., bien que Zapatero eusse préféré Mar Moreno .. Chaves avait effectivement fait cette proposition à Griñán quelques jours auparavant, alors qu'ils revenaient en AVE de Madrid..

José Antonio Griñán est formellement désigné candidat à la présidence de la Junte par le Parti socialiste le , à l'issue d'une rencontre entre Manuel Chaves et les secrétaires généraux du PSOE dans les huit provinces andalouses, puis d'une réunion officielle de la commission exécutive régionale (CER).. Le , il est effectivement investi président de la Junte d'Andalousie par le Parlement par 56 voix pour et 53 voix contre, obtenant la confiance des seuls députés du Parti socialistes.. S'il est majoritairement perçu comme le successeur idéal de Chaves en situation de crise économique et salué pour ses connaissances, sa formation académique et son ironie, plusieurs dirigeants critiquent ce choix en raison de sa méconnaissance du fonctionnement du PSOE et de son caractère irascible et arrogant.

Il dévoile dès le lendemain la composition de son gouvernement de quinze membres, neuf femmes et cinq hommes, dont le vice-secrétaire régional du PSOE Luis Pizarro, la dirigeante nationale Mar Moreno, et surtout la maire de Cordoue et membre de la Gauche unie (IULV-CA) Rosa Aguilar, ce qui constitue la principale surprise de ce nouvel exécutif.. Le nouveau gouvernement andalou prête serment et entre en fonction le ..

Secrétaire général du PSOE-A Lors de son départ pour Madrid, Manuel Chaves avait conservé le secrétariat général du PSOE d'Andalousie. Contre toute attente et en dépit de ses propres déclarations précédentes, José Antonio Griñán laisse entendre en qu'un congrès extraordinaire pourrait être convoqué, une posture critiquée par la secrétaire nationale à l'Organisation Leire Pajín et par les secrétaires généraux provinciaux.. Pourtant, lors d'une conférence de presse le , José Antonio Griñán et Manuel Chaves annoncent conjointement la tenue d'un congrès extraordinaire du PSOE-A, sans en préciser la date à ce stade, espérant en parallèle faire taire les rumeurs sur leur mésentente.. Leur amitié, longue de trois décennies, sera pourtant brisée définitivement par cet épisode.