María Soledad Becerril Bustamante est une femme politique espagnole ayant appartenu à l'Union du centre démocratique (UCD) puis au Parti populaire (PP), née le à Madrid.
Élue députée en 1977, elle intègre deux ans plus tard le bureau du Congrès des députés, puis elle est nommée ministre de la Culture entre 1981 et 1982. En 1987, elle échoue aux élections municipales à Séville, dont elle est désignée première adjointe au maire en 1991, puis maire, quatre ans plus tard.
En 1999, elle est contrainte d'abandonner son mandat municipal, mais devient, en 2000, vice-présidente du Congrès. Passée au Sénat en 2004, elle retrouve son mandat de députée en 2008, puis quitte la vie politique en 2011. Toutefois, en 2012, elle est choisie comme Défenseur du peuple.
Biographie Formation et carrière Elle est titulaire d'une licence de philosophie et de lettres, spécialisée en philologie anglaise, obtenue à l'université de Madrid. Ayant complété son cursus pendant un an à l'université Columbia, elle enseigne par la suite la langue anglaise à l'université de Séville. Dans cette même ville, elle a fondé La Ilustración Regional, une revue d'informations.
Débuts politiques sous la Transition En 1974, elle adhère à la Fédération des partis démocrates et libéraux, avant de rejoindre le Parti démocrate d'Andalousie, qui intègre l'Union du centre démocratique (UCD), sous les couleurs de laquelle est élue députée de Séville au Congrès des députés, lors des élections constituantes du . Après les élections générales du , elle est désignée troisième secrétaire du Congrès, ayant obtenu 57 suffrages lors de la session d'ouverture de la législature, le « UCD y PSOE dominan la mesa Interna del Congreso de los Diputados », El País, le .
Ministre de la Culture et cadre de l'UCD Le , alors qu'elle est fortement pressentie pour remplacer Félix Manuel Pérez Miyares à la présidence de l'UCD d'Andalousie (UCD-A) « Soledad Becerril, candidata a la presidencia de la UCD andaluza », El País, le , elle est nommée ministre de la Culture dans le gouvernement de Leopoldo Calvo-Sotelo, étant alors la première femme à intégrer le gouvernement espagnol depuis la République « Ocho personas protagonizan los únicos cambios en el Gobierno », El País, le . Sa nomination est saluée par Federica Montseny, première femme ministre en Espagne, et relativement critiquée par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et l'Alliance populaire (AP) « Soledad Becerril no introducirá cambios espectaculares en Cultura y Deportes », El País, le .
Elle est élue, le , présidente de l'UCD-A par 90,3 % des voix lors du congrès régional, organisé à Torremolinos, après un discours virulent contre l'AP, le PSOE et le Parti communiste d'Espagne « Calvo Sotelo descarta una coalición UCD-PSOE como fórmula para garantizar el equilibrio parlamentario en los próximos meses », El País, le . Dans son premier rapport au conseil des ministres, le suivant, elle demande que son budget soit accru de plus de 50 %, en expliquant que la priorité donnée à la culture doit être aussi grande que celle accordée à la défense, à l'éducation, à la santé, et que « la stabilité démocratique est impensable sans une culture solide » « Soledad Becerril pide al Consejo de Ministros que se aumente el presupuesto para Cultura en más del 50% », El País, le .
Après l'échec des centristes aux élections régionales andalouses du , elle propose sa démission de la présidence de l'UCD d'Andalousie, qui est refusée par le comité exécutif régional « Calvo Sotelo reafirma su rechazo a coaliciones electorales tras la reunión de la ejecutiva centrista de Andalucía », El País, le . Environ quatre mois plus tard, à la demande de Leopoldo Calvo-Sotelo et Landelino Lavilla, elle se présente aux élections générales anticipées du , à Séville, en deuxième position sur la liste du ministre des Finances, Jaime García Añoveros « Soledad Becerril se presentará por Sevilla, a petición de Calvo Sotelo y Lavilla », El País, le . La liste ne remporte toutefois que 3,7 % des voix et aucun siège.
Figure politique de Séville Après la disparition de l'UCD, elle n'intègre aucun parti de centre droit. Pourtant, le , l'AP annonce qu'elle sera tête de liste aux élections municipales du suivant à Séville, en tant qu'indépendante « Soledad Becerril será la candidata de AP para la alcaldía de Sevilla », El País, le . Avec 24,6 % des voix et 8 sièges sur 31, elle obtient la deuxième place, derrière le PSOE. Elle adhère finalement au Parti populaire (PP), successeur de l'AP, le « Soledad Becerril, al PP », El País, le .
Choisie, en septembre suivant, comme tête de liste dans la province de Séville pour les élections générales du « Mujeres en primera línea », El País, le , elle retrouve alors son mandat au Congrès des députés, puis est élue présidente provinciale du PP le , par 81,9 % des voix, avec le soutien actif du président national du parti, José María Aznar « Soledad Becerril, elegida presidenta del Partido Popular de Sevilla », El País, le . À nouveau tête de liste pour les municipales du « "Es muy probable que me tengan que apoyar otros para ser alcaldesa" », El País, le , elle termine troisième, ne remportant que 24,4 % des voix et 8 sièges, soit un de moins que la liste du Parti andalou, dirigée par Alejandro Rojas-Marcos. Elle propose à ce dernier un « pacte de gouvernement stable », basé sur cinq points essentiels comme l'insécurité, le logement, le métro, affirmant que 52 % des votants ont refusé la candidature du socialiste Luis Yáñez « Soledad Becerril, dispuesta a facilitar a Rojas Marcos la alcaldía de Sevilla », El País, le . Initialement, le candidat régionaliste refuse, ayant en souvenir l'effet négatif de son alliance avec l'UCD au début du processus de régionalisation « Rojas Marcos rechaza un pacto con el PP porque sería "el abrazo de la muerte" », El País, le , avant de s'y montrer « globalement » favorable et d'indiquer qu'en cas d'alliance, des membres du PP intégreraient la direction du conseil municipal « Rojas Marcos, "rotundamente" dispuesto a gobernar Sevilla con el PP », El País, le . Elle est alors investie première adjointe « Rojas-Marcos 'reina' y Soledad Becerril gobierna », El País, le , puis annonce, en , qu'elle ne se représentera pas à la présidence du PP dans la province de Séville lors du congrès, prévu au mois d'octobre suivant « Becerril deja de presidir el PP sevillano », El País, le .
Maire de Séville avec le PP Le , Soledad Becerril est de nouveau choisie comme tête de liste, pour les municipales du , alors que les analystes attendaient soit la candidature de Javier Arenas, soit le choix d'un indépendant reconnu, afin d'affronter le potentiel candidat socialiste et ancien président de la Junte d'Andalousie, José Rodríguez de la Borbolla « Seis mujeres en las candidaturas del Partido Popular a las alcaldías de las principales ciudades », El País, le . À une semaine du scrutin, les observateurs sont convaincus que, même en cas de victoire, elle va se résoudre à soutenir de nouveau Rojas-Marcos afin d'empêcher l'élection de son adversaire socialiste « La ciudad de la apariencia », El País, le , même si elle affirme le contraire « "No Pienso repetir con Rojas-Marcos" », El País, le . Cette fois-ci, avec 30,4 % des voix et 10 élus sur 33, elle arrive en tête du scrutin. Grâce à un accord avec le PA, elle est investie maire de la capitale andalouse le , son prédécesseur la remplaçant au poste de premier adjoint « Soledad Becerril logra al final un acuerdo con Rojas Marcos en Sevilla », El País, le .
Elle présente, l'année suivante, la candidature de la ville à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2004 « Sevilla presentó su candidatura para los Juegos del 2004 », El País, le . Son dossier n'est finalement pas retenu en , mais elle obtient, deux semaines plus tard, l'organisation des championnats du monde d'athlétisme de 1999, ce qui constituait son second objectif « Sevilla celebrará los Campeonatos Mundiales de Atletismo de 1999 », El País, le . En 1998, elle signe un accord avec le gouvernement régional, afin de lutter contre et supprimer les bidonvilles de Séville « La Junta estima que el chabolismo en Málaga y Sevilla acabará en tres años », El País, le . À la fin de cette même année, après un an de blocage, elle participe à la mise en place d'un groupe de travail avec le gouvernement andalou, sur la relance du projet de métro « Vallejo y Becerril crean un grupo de trabajo para desbloquear el metro », El País, le .
Désignée, le , candidate à sa propre succession par le PP de Séville « Becerril y Ricardo Tarno, candidatos a la alcaldía y Diputación de Sevilla », El País, le pour les élections du , sa liste remporte 35,9 % des suffrages et 13 sièges sur 33, soit un de plus que la liste socialiste conduite par Alfredo Sánchez Monteseirín « Soledad Becerril obtiene la lista más votada en Sevilla », El País, le . Une semaine après le scrutin, son premier adjoint et président du Parti andalou annonce qu'il négociera d'abord avec les conservateurs, car ils sont arrivés en tête « Rojas-Marcos da prioridad al Partido Popular para pactar en Sevilla por ser la lista más votada », El País, le . Toutefois, face à ce qu'ils considèrent comme de l'intransigeance, les régionalistes préfèrent s'associer au PSOE, permettant l'élection, le , de Monteseirín « El PSOE arrebata al PP el Ayuntamiento de Sevilla tras llegar a un pacto con los andalucistas », El País, le .
Retour sur la scène politique nationale À l'occasion des élections générales du , elle est placée en deuxième position sur la liste du PP dans la province de Séville, derrière le secrétaire général du parti, Javier Arenas, alors que le PSOE a choisi pour emmener sa liste l'ancien président du gouvernement, Felipe González, et son ancien vice-président, Alfonso Guerra « El PP diseña en Sevilla una campaña para Arenas con un despliegue similar al de Aznar y Martínez », El País, le . Réélue au Congrès, où elle siège depuis 1989, elle est désignée troisième vice-présidente du bureau le , sous la présidence de Luisa Fernanda Rudi « Rudi, primera mujer elegida presidenta del Congreso, sin ningún voto en contra », El País, le . Elle remet, huit jours plus tard, sa démission du conseil municipal de Séville, expliquant que « le travail au Congrès ne [lui] permettra pas de bien remplir, chaque jour, ses obligations à la mairie » « Becerril formaliza su renuncia como concejal del Ayuntamiento de Sevilla », El País, le . Aux élections générales du , elle est élue sénatrice de la province de Séville.
Refus des municipales à Séville en 2007 Décorée de la médaille d'Andalousie le , par le président socialiste, Manuel Chaves « Chaves defiende el "papel equilibrador" de Andalucía ante las reformas de los Estatutos », El País, le , elle est approchée, trois mois plus tard, par Arenas, désormais président du PP d'Andalousie (PP-A), pour se présenter de nouveau à la mairie de Séville, les conservateurs jugeant ses chances de victoire plus élevées que celles de Jaime Raynaud, candidat en 2003 et porte-parole du groupe PP au conseil municipal « Arenas sondea a Becerril para que se presente como candidata en Sevilla », El País, le . Le , Arenas annonce à Raynaud, en présence de Juan Ignacio Zoido, secrétaire général du PP-A qu'il a choisi Becerril, provoquant la démission de ce dernier, et ce alors qu'elle n'a encore donné aucune réponse « Raynaud dimite como portavoz del PP en Sevilla al optar Arenas por Becerril », El País, le . Elle fait finalement connaître son refus, amenant à la désignation de Zoido cinq jours plus tard « Arenas fracasa en el fichaje de Becerril y recurre a su 'número dos' como candidato en Sevilla », El País, le . Elle explique par la suite qu'elle a refusé cette proposition car « la rénovation est bonne, au contraire de la perpétuation » et que sa vie municipale est désormais « derrière elle » « Soledad Becerril dice que no aceptó la candidatura por ser una etapa cerrada », El País, le .