L'abbaye du Val-Saint-Lambert située à Seraing, près de Liège, en Belgique, était un monastère de tradition cistercienne fondé en 1202 et disparu lors de la Révolution française. Une cristallerie reprit les bâtiments de l'abbaye en 1825 et rendit le nom de Val-Saint-Lambert célèbre partout dans le monde comme synonyme de « verre de luxe et de qualité ».
Géographie L'abbaye du Val-Saint-Lambert est située à Seraing, c'est-à-dire à 12 km à l'Ouest de Liège, en Belgique, dans la province de LiègeÉmile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de publicité, S.A, éditeurs, Bruxelles, 1954, ..
Histoire Le Prince-évêque de Liège Hugues de Pierrepont offrit des terres et bois aux moines de Signy pour qu’ils fassent une fondation au lieu-dit « Val Saint-Lambert » près de Liège. L’ordre cistercien était alors en pleine expansion ; par Signy et Igny la filiation de Val-Saint-Lambert remonte directement à l’abbaye fondée par saint Bernard lui-même : Clairvaux. Un groupe de moines s’y installa en 1202. Les bâtiments de la « première » abbaye furent achevés avant la fin du .
On peut dire que l’abbaye fut au cours des siècles un chantier quasi permanent, tant il est vrai qu’elle subit un grand nombre de calamités, naturelles et autres : incendies, pillages et destructions. Ce qui explique sans doute que les moines du Val-Saint-Lambert, au contraire d’autres abbayes laissèrent peu de trace dans le domaine des lettres et de la science.
La « dernière » abbaye du Val-Saint-Lambert date de l’abbatiat (commendataire) de Gérard-Joseph de Harlez, élu abbé en 1748 Il était cousin de Simon de Harlez, chanoine de la cathédrale de Liège et conseiller du Prince-évêque (Marc Bouchat, À propos d'un projet de fabrique et de glacière pour le château de Deulin, Bulletin de la commission royale des monuments et des sites, t.10, 1981, p.186). Les deux personnages sont souvent confondus.. Les travaux, confiés au maitre-maçon Jean-Gille Jacob, commencèrent en 1750 et étaient terminés quand l’abbaye fut emportée dans la tourmente de la Révolution française. En 1796 les moines furent expulsés, l’église démolie et les bâtiments mis en vente comme biens publics.
Les bâtiments claustraux furent achetés en 1797 par J.F. Deneef, prête-nom de Paquô, abbé du Val Notre-Dame, qui les céda ensuite à une société verrière.
Hôtes illustres Les deux frères émigrés de Louis XVI, c'est-à-dire le comte de Provence, futur Louis XVIII, et le comte d'Artois, futur Charles X, séjournèrent en l'abbaye en .
Aujourd’hui vignette|Façade de la cristallerie installée dans le château de Val Sain-Lambert. Le , les bâtiments délabrés de l'abbaye désaffectée furent rachetés par un groupe de cinq verriers pour y installer une cristallerie. Dès la mise à feu des premiers fours (1826), le Val s'assure une renommée internationale grâce à la qualité de ses cristaux mis en œuvre par des praticiens compétents. Les cristalleries du Val-Saint-Lambert, toujours en activité, employèrent jusqu’à (au début du ). Elle est encore la cristallerie la plus importante du monde.
Patrimoine L'abbaye fut presque entièrement reconstruite par l'architecte liégeois Étienne Fayen au début du . De là, toutes les constructions ont été maintenues, sauf l'église démolie entre 1797 et 1800. L'inventaire du patrimoine se présente donc ainsi :
Du : Le portail monumental, d'époque Louis XIV, porte les armes de l’abbé de Harlez (Fortiter et candide). Il s'ouvre dans le mur d'enceinte pour accéder à l'enclos dont la superficie était de 15 hectares. Le palais abbatial, construit de 1762 à 1765, maintenant connu sous le nom de « château de Val-Saint-Lambert » (architectes Jean-Gilles Jacob et Étienne FayenJoseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel Édition, Bruxelles, 1973, .). Il se présente comme un long bâtiment à fronton central et à légères avancées terminales. Dans la partie élevée du domaine, un belvédère construit en 1789 par le dernier abbé, Grégoire Falla. Le mur d’enceinte.
Du : L’ancien quartier des hôtes datant de 1629 mais souvent transformé par après. Les soubassements d’une petite tour, dite « La Tourette ». Les fondations de l’ancienne porte, dite « de Villencourt ». Des vestiges de la ferme.
Du , il subsiste une salle voûtée d'ogives qui renferme un musée lapidaire.
Autre vestige La ville de Huy conserve la Maison Batta, qui servit de refuge aux moines de Val-Saint-Lambert.
Anciennes possessions La Cense Monfort à Ans La chapelle Notre-Dame de l'Arbre à Momalle
Galerie
Références
Annexes
Bibliographie Pierre Henrion, « Le palais abbatial du Val Saint-Lambert », dans Jean-Patrick Duchesne et Pierre Henrion (dir.), Patrimoine et réaffectation en Wallonie, Namur, Division du Patrimoine D.G.A.T.L.P., 2005, . Chokier: Reconstitution du plan de l’abbaye du Val Saint-Lambert au XIIIe Siècle par L. LEDRU
Articles connexes Liste des monastères en Belgique Liste des édifices cisterciens en Belgique
Liens externes Inventaire Régional du patrimoine: fiche 62096-INV-0058-02- Abbaye du Val Saint-Lambert
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