Sebastian Newbold Coe, baron Coe de Ranmore, né le à Chiswick, Londres, est un athlète et homme politique britannique. Il est double champion olympique du 1500 m, organisateur des Jeux olympiques de Londres 2012 et président de World Athletics à compter du .
En tant qu'athlète, il s'adjuge quatre médailles olympiques et devient le seul athlète à avoir remporté deux titres consécutifs sur 1 500 mètres, en 1980 et en 1984. Il est également sacré champion d'Europe du 800 mètres en 1986. Au cours de sa carrière, son duel avec son compatriote Steve Ovett s'inscrit dans l'histoire de l'athlétisme. En 1979, il devient le premier athlète à cumuler les records du monde du , du mile et du . Sebastian Coe entre en politique après sa carrière sportive et occupe un siège de député pour le Parti conservateur de 1992 à 1997.
En 2005, il est à la tête du comité de candidature de la ville de Londres pour l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2012. Son charisme permet de faire en partie la différence avec la candidature de Paris 2012 lors du vote final du Comité international olympique en faveur de Londres le à Singapour. Il est ensuite le Chairman (président) du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2012 (LOCOG). En , il devient le patron du Comité olympique britannique, le BOA. Le à Pékin, Sebastian Coe est élu président de l'IAAF par 115 voix contre 92 à Sergueï Bubka.
Carrière sportive
Débuts Né en 1956 dans le quartier de Chiswick à Londres, Sebastian Coe commence l'athlétisme à l'âge de 14 ans au sein du club local des Hallamshire Harriers. Entrainé par son père, Peter Coe, il remporte en 1975 son premier titre national junior sur , avant de se classer troisième des Championnats d'Europe juniors, à Athènes, en 3 min 45 s 1Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, Minerva, 2003, p.229. Auteur de 1 min 47 s 7 sur 800 mètres en 1976, il décroche son premier titre international majeur en début d'année 1977 en enlevant le des Championnats d'Europe en salle de Saint-Sébastien, en Espagne, dans le temps de 1 min 46 s 5. Il confirme son rang durant l'été 1978 en battant le record de Grande-Bretagne du 800 m en 1 min 44 s 25, puis en prenant la troisième place des Championnats d'Europe de Prague derrière l'Est-Allemand Olaf Beyer et l'autre Britannique Steve Ovett. Quelques jours plus tard, à Londres, il bat en 1 min 43 s 97 le record britannique que lui avait ravi Steve Ovett.
Premiers records du monde Poursuivant ses études d'histoire de l'économie à l'université de LoughboroughParienté et Billouin 2003, p.233, Sebastian Coe devient, durant l'été 1979, le premier athlète à cumuler les records mondiaux du 800 mètres, du mile et du 1 500 mètres. Le , lors des Bislett Games d'Oslo, il établit un nouveau record du monde du 800 m en 1 min 42 s 33, améliorant de plus d'une seconde l'ancienne meilleure marque mondiale détenue depuis la saison 1976 par le Cubain Alberto Juantorena, alors que de 1962 à 1979, le record mondial du 800 m n'avait progressé que de 9/10 de secondeParienté et Billouin 2003, p.230. Deux semaines plus tard, toujours à Oslo, le Britannique bat le record mondial du mile en 3 min 49 s 0, soit quatre centièmes de moins que le temps du Néo-Zélandais John Walker établi lors de la saison 1975. Puis, le , Coe établit sur la distance du 1 500 m son troisième record mondial en l'espace de 41 jours en signant le temps de 3 min 32 s 03 lors du meeting de Zurich. Il améliore à cette occasion de treize centièmes de seconde le record mondial du Tanzanien Filbert Bayi. Il est élu sportif britannique de l'année 1979 par la rédaction sportive de la BBC.
Titre olympique (1980) En 1980, Sebastian Coe bat le record du monde du 1 000 mètres de l'Américain Rick Wohlhuter en 2 min 13 s 40 et devient, à cette occasion, le premier athlète à détenir simultanément les records mondiaux des quatre principales épreuves de demi-fond. Aux Jeux olympiques de Moscou, auxquels il participe malgré les consignes de boycott de Margaret Thatcher, il échoue face à Steve Ovett sur le 800 mètres au terme d'une course tactique remportée en 1 min 45 s 40. Coe se classe deuxième en 1 min 45 s 85 après avoir été débordé par son compatriote à deux cent cinquante mètres de l'arrivée. Aligné cinq jours plus tard en finale du , Coe prend sa revanche en décrochant son premier titre olympique dans le temps de 3 min 38 s 40, devant l'Allemand Jurgen Straub et Steve Ovett, après avoir lancé une accélération à l'entrée de la dernière ligne droite. Fin août à Coblence, Steve Ovett reprend le record mondial du 1 500 m de Sebastian Coe en 3 min 31 s 36.
Le , à Florence, le Britannique améliore de 61/100 son propre record mondial du en parcourant la distance en 1 min 41 s 73, après être passé en 49 s 9 au 400 m. Cette performance ne sera égalée qu'en 1997 par le Danois Wilson Kipketer. Moins d'un mois plus tard, à Oslo, Coe porte le record du monde du à 2 min 12 s 18, puis celui du mile à 3 min 48 s 53. Dépossédé peu après de ce record par Ovett (3 min 48 s 40), Coe reprend son bien le au Mémorial Van Damme de Bruxelles en signant le temps de 3 min 47 s 33. Sélectionné dans l'équipe d'Europe lors de la troisième édition de la Coupe du monde des nations, à Rome, il s'impose facilement sur 800 m en 1 min 46 s 16.
Blessures et retour au sommet Mais les ennuis physiques perturbent son ascension l'année suivante. Victime d'une fracture de fatigue au pied, il ne retrouve pas son état de forme de la saison précédente en subissant une défaite sur 800 m face à l'Allemand Hans Peter Ferner lors des Championnats d'Europe d'athlétisme d'Athènes. Quelques jours plus tard, un examen médical lui révèle une mononucléoseParienté et Billouin 2003, p.236.
Il établit la troisième performance mondiale de l'année 1983 en réalisant 1 min 44 s 80 à Oslo, mais doit mettre prématurément un terme à sa saison après avoir été victime d'une nouvelle infection, la toxoplasmose, lui faisant passer plus d'un mois à l’hôpital. Il déclare forfait pour les premiers Championnats du monde d'athlétisme, à Helsinki.
Deuxième titre olympique (1984) De retour sur les pistes d'athlétisme en 1984, il se classe deuxième du 800 m, derrière Peter Elliott, lors des Championnats d'Angleterre, mais obtient néanmoins sa qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles. Participant aux deux épreuves de demi-fond, comme à Moscou quatre ans plus tôt, il est largement dominé par le Brésilien Joaquim Cruz sur 800 m (1 min 43 s 00 contre 1 min 43 s 64) mais obtient néanmoins sa deuxième médaille d'argent consécutive sur la distance. Quelques jours plus tard, Sebastian Coe remporte la finale du 1 500 m en 3 min 32 s 53, devant Steve Cram et l'Espagnol José Manuel Abascal après que l'Américain Steve Scott s'est effondré aux 1 000 m et que Steve Ovett s'est effondré sur le bord de la piste après une crise d'asthme. Auteur d'un nouveau record olympique, Coe devient le premier athlète à conserver son titre olympique dans cette épreuve. Il déclare à cette occasion : Parienté et Billouin 2003, p.202
Champion d'Europe (1986) Forfait pour les Jeux du Commonwealth de 1986, Sebastian Coe décroche lors de cette même saison son premier titre continental à l'occasion des Championnats d'Europe de Stuttgart où il s'impose en finale du 800 m en 1 min 44 s 50, devant ses deux compatriotes Tom McKean et Steve Cram. Coe se classe par ailleurs deuxième de la finale du 1 500 m, devancé au sprint par Cram. Le à Rieti, Coe établit la meilleure performance de sa carrière sur 1 500 m en 3 min 29 s 77. Il souffre d'une tendinite en 1987 et doit déclarer forfait pour les Championnats du monde de Rome. En 1988, mal remis d'une infection pulmonaire contractée lors d'un stage en altitude, il n'est pas sélectionné pour les Jeux olympiques de Séoul à la suite de son échec en séries du 800 m des championnats nationaux. Il établit néanmoins l'un des meilleurs temps de sa carrière sur la distance, quelques jours plus tard, à Coblence, en 1 min 43 s 34.
Fin de carrière Auteur de 1 min 43 s 38 en 1989 à Berne, Sebastian Coe honore son ultime sélection en équipe nationale à l'occasion de la Coupe du monde des nations de Barcelone. Il se classe deuxième de l'épreuve du 1 500 m derrière le Somalien Abdi Bile.
Après son échec aux Jeux du Commonwealth d'Auckland, il met un terme à sa carrière d'athlète en 1990 lors de son jubilé au meeting londonien de Crystal Palace.
En 2012, il est intronisé au Temple de la renommée de l'IAAF.
Scandales et controverses
Violation des normes éthiques par des accords en coulisses Sebastian Coe, ancien président du Comité de candidature de Londres pour les Jeux olympiques d'été 2012 et du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Londres, a été accusé d’avoir compromis l’intégrité de la candidature londonienne. Tout au long du processus de candidature et après celui-ci, ses détracteurs lui ont reproché d’avoir recours à des tactiques agressives et à des accords en coulisses. Ils estiment que son lobbying acharné a éclipsé la nécessité de transparence et de responsabilité, suggérant que son désir de victoire s’est fait au détriment des normes éthiques.
Corruption lors de l’élection à la présidence de World Athletics L’élection de Sebastian Coe à la présidence de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF, aujourd’hui World Athletics) a été entachée par des accusations concernant ses liens avec Papa Massata Diack, le fils de l’ancien président Lamine Diack. Ce dernier, au cœur d’un scandale majeur de corruption, d’extorsion et de dopage, a été condamné à une peine de prison. Des messages montrent que Diack Jr. aurait joué un rôle clé dans la mobilisation des votes en faveur de Coe, en fournissant des informations stratégiques et un soutien actif lors de l’élection. Diack Jr. a affirmé que Coe n’aurait pas pu devenir président sans son aide.
Politique sportive de Coe : une rupture avec le principe de neutralité du CIO Sebastian Coe a été vivement critiqué pour sa position sur les athlètes russes et biélorusses après l’invasion de l’Ukraine le . En défendant fermement l’interdiction imposée par World Athletics, Coe a déclaré qu’il ne pouvait pas rester neutre face à ce conflit, invoquant ses sentiments personnels à ce sujet. Cette prise de position a été contestée par des responsables russes, notamment Stanislav Pozdnyakov, président du Comité olympique russe, qui a accusé Coe de poursuivre un « agenda russophobe ». Coe s’est opposé aux recommandations du Comité international olympique (CIO) visant à permettre aux athlètes russes et biélorusses de participer aux compétitions en tant qu’individus neutres sous certaines conditions. En affirmant qu’il n’était « pas neutre », Coe a adopté une position qui contredit le principe de neutralité politique défendu dans la Charte olympique et le Code d’éthique du CIO.
Scandale du dopage Russe : dissimulation et accusations devant le Parlement Coe a été accusé d’avoir induit en erreur une commission parlementaire britannique concernant le moment où il avait pris connaissance des problèmes de dopage et de corruption au sein de l’IAAF. Des preuves montrent qu’il avait reçu un email détaillant les accusations de corruption et d’extorsion plusieurs mois avant qu’un documentaire allemand ne révèle le scandale. Il aurait également été impliqué dans le blocage de la publication d’un rapport réalisé par l’université de Tübingen sur l’étendue du dopage.
Les propositions controversées de Coe pour une réforme des Jeux olympiques La candidature de Sebastian Coe à la présidence du CIO est marquée par des propositions polémiques qui ont suscité un vif débat. Parmi elles figure son idée radicale de déplacer certains sports estivaux en salle aux Jeux olympiques d’hiver, une mesure considérée comme imprudente et susceptible d’entraîner un déséquilibre entre les deux événements tout en nuisant à leur crédibilité.