Aleksandar Vučić (en serbe latin, prononcé Prononciation en serbe retranscrite phonémiquement selon la norme API.La prononciation en français standard retranscrite phonémiquement peut être . ; en serbe cyrillique : ) né le à Belgrade, est un homme d'État serbe.

Membre du Parti progressiste serbe (SNS), il est président du gouvernement de la Serbie de 2014 à 2017 et président de la République de 2017 à 2026.

Biographie Jeunesse et formation Aleksandar Vučić grandit dans le Blok 45, un quartier de la municipalité de Novi Beograd.. En 1988, il termine ses études secondaires au lycée de Zemun puis étudie à la faculté de droit de l'université de Belgrade dont il sort diplômé en 1994. En 1992 et 1993, il travaille en tant que journaliste pour Kanal S à Pale, dans la république serbe de Bosnie, où il s'occupe des actualités en anglais et réalise des reportages et des entretiens..

Début de carrière politique En 1993, Aleksandar Vučić devient membre du Parti radical serbe (SRS), fondé en 1991 par l'ultranationaliste Vojislav Šešelj et, en 1995, il devient secrétaire général du parti.

Des années durant, Aleksandar Vučić défend les dirigeants serbes de Bosnie accusés d'atrocités pendant le conflit de 1992-1995. « Si vous tuez un Serbe, nous allons (tuer) cent musulmans », menace-t-il en , quelques jours après le massacre de Srebrenica, où musulmans sont tués par les forces serbes bosniennes.. En 2010, il rejette en partie ces déclarations passées, puis soutient en 2014 que ces propos ont été sortis de leur contexte..

Après la victoire du Parti radical aux élections locales à Zemun en 1996, il devient directeur du Centre culturel et sportif Pinki.

1998-2000 Le , Aleksandar Vučić est nommé ministre de l'Information dans le gouvernement d'union nationale présidé par ., auquel participent le Parti socialiste de Serbie (SPS) de Slobodan Milošević, le Parti radical serbe (SRS) et la Gauche yougoslave (JUL). Dans le cadre de ses fonctions, il fait passer une « Loi sur l'information publique » (en serbe : ) visant à limiter les propos jugés contraires aux intérêts de l'État et prévoyant des sanctions contre les contrevenants. Le , il prononce un discours devant l'assemblée de l' (en serbe : ), où il affirme que « certains médias publics sont au service de quelques puissances mondiales dans la conduite d'une guerre spéciale contre la Serbie ». La loi est adoptée en octobre et elle touche le Dnevni telegraf, Evropljanin et Naša Borba. Il bannit de Serbie les chaînes de télévision étrangères, opposées au gouvernement.. Il reconnaîtra plus tard qu'il avait tort, en affirmant : . Sa fonction de ministre cesse le , à la suite de ce que l'on appelle la « révolution des bulldozers » qui évince Milošević du pouvoir.

2000-2008 Aleksandar Vučić dirige à partir de 2003, avec Tomislav Nikolić, le Parti radical serbe (SRS), qui s'oppose à la justice internationale et à tout rapprochement avec l'Union européenne. Le parti gagne en influence alors que le pouvoir en place, enlisé dans des conflits internes et incapable de redresser rapidement la situation économique du pays, suscite une montée du mécontentement.

Aux élections législatives du , Aleksandar Vučić figure en sur la liste du SRS., qui remporte 27,61 % des suffrages et obtient 82 sièges sur 250 à l'Assemblée nationale serbe.. Il obtient alors un mandat parlementaire..

Aux élections locales de 2004, Aleksandar Vučić se porte candidat pour devenir maire de Belgrade mais il est battu par Nenad Bogdanović du Parti démocratique (DS).

Aux élections législatives du , il figure en sur la liste du SRS.. La liste remporte 28,59 % des suffrages et obtient 81 sièges à l'Assemblée., ce qui lui vaut un nouveau mandat..

L'élection de Boris Tadić à la présidence de la République, le , provoque des élections législatives anticipées qui ont lieu le en même temps que les élections locales. Aux législatives, Aleksandar Vučić figure encore une fois sur la liste du SRS., qui obtient 29,45 % des suffrages et envoie 78 représentants à l'Assemblée nationale.. Mais, simultanément, il se présente une nouvelle fois à la fonction de maire de Belgrade. Le , le Parti socialiste de Serbie (SPS) d'Ivica Dačić, le Parti démocratique de Serbie (DSS) de Vojislav Koštunica et le Parti radical serbe de Tomislav Nikolić décident de s'unir pour former une majorité à l'assemblée de la ville de Belgrade.. Un accord de coalition est signé le , ouvrant à Aleksandar Vučić la voie de la mairie. ; au dernier moment, le SPS, signataire de l'accord, change de camp et permet à Dragan Đilas, du Parti démocratique (DS) d'être élu à cette fonction.

2008-2012 vignette|gauche|Nikolić et Vučić au congrès fondateur du SNS en octobre 2008. Après les élections de 2008, le Parti radical serbe entre en crise. Le , Tomislav Nikolić, vice-président du SRS et président de facto en l'absence de Vojislav Šešelj, démissionne de ses fonctions, notamment à la suite d'un désaccord sur l'entrée de la Serbie dans l'Union européenne. Avec des membres et des députés du parti, il fonde un nouveau club parlementaire appelé (« En avant la Serbie ! »). Le , Nikolić et ses partisans sont officiellement exclus du SRS. Vučić quitte le SRS le et rejoint le Parti progressiste serbe (SNS) fondé en octobre par Nikolić ; il en devient l'un des vice-présidents.

Vice-président du gouvernement Aux élections législatives du , Aleksandar Vučić participe à la coalition Donnons de l'élan à la Serbie, emmenée par Nikolić ; il figure en seconde position sur la liste., qui obtient 24,04 % des suffrages et 73 députés.. Il obtient un mandat mais, après que Tomislav Nikolić est devenu président de la République, il y renonce le . en devenant premier vice-président du gouvernement d'Ivica Dačić et ministre de la Défense.

Il poursuit les réformes néolibérales déjà entamées par ses prédécesseurs, notamment concernant le code du travail..

Parallèlement, le , Vučić est officiellement élu président du Parti progressiste serbe en remplacement de Nikolić..

vignette|droite|Aleksandar Vučić et le secrétaire de la Défense américain Leon Panetta à Washington D.C. (décembre 2012).

Après la crise de la coalition gouvernementale de l'été 2013, il conserve son poste de vice-président, où il est chargé de la défense, de la sécurité et de la lutte contre la corruption. S'agissant du Kosovo, Vučić joue un rôle central dans les négociations avec Catherine Ashton pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne, acceptant l'idée d'un accord avec le Kosovo comme condition préalable à cette adhésion.. Dès , en visite à Mitrovicë/Kosovska Mitrovica, il engage les représentants des quatre municipalités serbes du Nord du Kosovo (Zvečan/Zveçan, Zubin Potok, Leposavić/Leposaviq et ) à accepter un accord, en affirmant : . ; il engage également les Serbes du Kosovo à ..

Face à une situation économique difficile en Serbie, les tensions au sein du gouvernement grandissent ; malgré cela, les sondages sont favorables au parti progressiste, notamment en raison de l'ouverture des négociations pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne et à la suite de succès dans la lutte contre la corruption ... Dans ce contexte, Aleksandar Vučić en appelle à des élections législatives anticipées susceptibles d'asseoir la légitimité politique de son parti.. Le Premier ministre Ivica Dačić donne son accord pour ces élections anticipées.. Le , le président Tomislav Nikolić dissout l'Assemblée et convoque des élections législatives anticipées pour le ...

Pendant la campagne, Aleksandar Vučić conduit la liste « Un avenir dans lequel nous croyons » (en serbe : ), constituée du Parti progressiste serbe, du Parti social-démocrate de Serbie, de Nouvelle Serbie, du Mouvement serbe du renouveau et du Mouvement des socialistes., qui remporte à elle seule 48,34 % des suffrages et obtient 158 députés sur 250 à l'Assemblée nationale..

Président du gouvernement Le , Aleksandar Vučić est élu par l'Assemblée nationale président du gouvernement de Serbie..

Comme vice-président de l'ancien gouvernement et comme chef de campagne, il s'était engagé à poursuivre sa politique anticorruption ; ce climat favorise l'inculpation de Miroslav Mišković, l'homme le plus riche de Serbie, pour détournement d'argent Thierry Portes, « Serbie, le théâtre des corrompus », Le Figaro, lundi 28 avril 2014, page 18..

Malgré ses débuts politiques dans les années 1990 comme , il affiche désormais des opinions pro-européennes convaincues, déclarant à ce titre : . Il se montre ainsi conciliant dans les relations de la Serbie avec le Kosovo ou encore lors de la crise migratoire de 2015-2016. Si l'opposition critique pour sa part les tendances autoritaires ou l'étroit contrôle des médias du Premier ministre, celui-ci voit sous sa gouvernance la Serbie classée comme par l'ONG Freedom House. Sa volonté d'intégrer l'Union européenne se couple en effet avec la nécessité de tenir face à la frange droitière de son électorat et de ne pas froisser le traditionnel allié de la Serbie, la RussieJulia Druelle, « Vucic, l'homme qui veut la Serbie en Europe », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 avril 2016, page 7..

Il met en œuvre des réformes économiques telles que des privatisations, afin d’attirer les investissements étrangers. Selon la RTBF, ces réformes conduisent notamment à une diminution des retraites et des salaires dans le secteur public sans avoir de conséquences sur sa cote de popularité.

Président de la République Le , Aleksandar Vučić remporte l'élection présidentielle dès le premier tour... Il prête serment et est officiellement investi président de la république de Serbie le suivant, succédant à Tomislav Nikolić.

Politique étrangère Aleksandar Vučić effectue une visite au Kosovo les 8 et , en vue de la recherche d'un accord avec Hashim Thaçi, président kosovar, sur les échanges de territoires.. Lors de ce déplacement, le président serbe tient des propos jugés nationalistes, très en retrait avec ses positions récentes : il qualifie ainsi l’ancien président Slobodan Milošević de « grand Serbe », estimant que « ses intentions étaient les meilleures, même si ses résultats ont été les pires ». En , il reçoit le Lion d'or de Venise pour la Paix, pour ses efforts d'ouverture et de réconciliation envers tous les pays voisins de la Serbie ainsi que pour sa recherche de dialogue avec les Albanais du Kosovo.... Le président serbe ne peut aller recevoir le prix en main propre car il était occupé par la crise de la taxe mise en place par le gouvernement de Pristina contre les populations serbes du Kosovo, qui étaient taxées à 100 % pour toute importation de produits de Serbie....

Il fait déplacer à la demande des États-Unis l'ambassade serbe en Israël à Jérusalem et désigne le Hezbollah libanais comme « organisation terroriste »..

Si la Serbie condamne l'invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 aux Nations unies, le président serbe refuse d'imposer des sanctions économiques et diplomatiques contrairement à l'Union européenne..

La Serbie est visée depuis août 2025 par des droits de douane américains de 35 %, parmi les plus élevés du monde, probablement liés aux liens économiques de la Serbie avec la Chine. En outre, la société NIS, l'unique raffinerie du pays, majoritairement détenue par Gazprom, est elle aussi frappée par des sanctions américaines. Dans le but de favoriser le rapprochement de la Serbie avec les États-Unis, Aleksandar Vučić a tenté de lancer des projets économiques liés à l'entourage du président américain Donald Trump. Les autorités serbes ont fait pression pour affranchir des projets de Jared Kushner, gendre du président américain, de la réglementation patrimoniale, provoquant manifestations citoyennes et enquête judiciaire.

Autoritarisme