Le charbon (ou la houille) est exploité depuis des siècles, et utilisé comme combustible et source d'énergie. thumb|Au , dans les grandes villes européenne le charbon est devenu indispensable. Il est amené par train ou voie d'eau. Ici : déchargement du charbon à dos d'homme à partir de péniches sur les quais de la Seine près du pont ferroviaire d'Asnières, peint par Claude Monet en 1875. Les Déchargeurs de charbon est conservé au musée d'Orsay. thumb|Adultes, enfants et mulets, au fond, en 1908. thumb|Entrée d'une mine de charbon, sur l'une des Îles Yaeyama, au Japon. thumb|En Asie de nombreux foyers sont alimentés (chauffage, cuisine) par des pains de charbon reconstitué à partir de poussière de charbon. Ils contribuent à la dégradation de la qualité de l'air intérieur et urbain

C'est au , en Angleterre, lors de la révolution industrielle que va se généraliser son utilisation. L’invention de la machine à vapeur est déterminante, seul le charbon, à l’époque, est capable de fournir assez de chaleur pour produire de la vapeur. À partir de ce moment-là commence l'exploitation industrielle des mines de charbon un peu partout en Europe, puis dans le monde.

Depuis les années 1970, les problèmes environnementaux sont devenus de plus en plus importants, ainsi que la santé des mineurs, la destruction des paysages, la pollution de l'air, et la contribution de la combustion du charbon au réchauffement climatique. En 2019, pour la première fois dans l'histoire minière, un tribunal a - en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, pays qui est le second exportateur de charbon au monde - interdit l'ouverture d'une nouvelle mine de charbon à ciel ouvert au motif de la contribution qu'elle aurait en termes d'émission de gaz à effet de serre et pour la contribution qu'elle aurait en termes de réchauffement de la planète..

L'histoire du charbon d'un site, d'une région minière ou d'un pays ne se conclut pas avec la cessation de l'exploitation de la dernière mine. Vient alors le temps de l'après-mine, qui est aussi celui de la gestion longue et complexe de séquelles minières, avec en particulier le drainage minier acide, les affaissements miniers, les émissions de méthane (grisou) des mines de charbon fermées., les problèmes de santé publique, etc..

Exploitation ancienne En Chine Marco Polo signalera, à son retour de Chine, que les Chinois chauffaient leurs maisons et cuisaient leurs aliments en faisant brûler d’étranges pierres noires.

En Europe La houille est utilisée depuis le comme combustible pour le chauffage et même la cuisson (ce qui peut s'avérer toxique). En Angleterre Au USA Les travailleurs n'étaient pas payés en espèces ; ils étaient plutôt payés avec des bons de crédit non transférables qui ne pouvaient être échangés que contre des marchandises vendues dans le magasin de l'entreprise. Il était donc impossible pour les travailleurs d’accumuler des économies. Les travailleurs vivaient également généralement dans des dortoirs ou des maisons appartenant à l'entreprise, dont le loyer était automatiquement déduit de leur salaire. Aux États-Unis, le système des camions et la servitude pour dettes qui y est associée ont persisté jusqu'à ce que les grèves du nouveau syndicat United Mine Workers et de ses syndicats affiliés mettent fin à ces pratiques.

En Allemagne Bassin charbonnier de la Rhur

Le Bassin minier rhénan est né au et a connu une très forte croissance à la fin du siècle.

Bassin charbonnier de la Sarre

Le développement du bassin des Houillères de la Sarre s'est fait tardivement. En 1850, 600 000 tonnes par an seulement étaient extraites dans les Houillères de la Sarre. C'est l'arrivée des chemins de fer qui alors fit bondir la production : 1855, 1,5 million de tonnes, avec 10 095 ouvriers et en 1869, 3,44 millions de tonnes. En 1949, 16,3 millions de tonnes de charbon ont été extraites par 65 000 mineurs. + Production historique (source : Maurice Baumont) Années Production (tonnes) Effectif employé 1790 50.000 300 1816 100.000 917 1830 200.000 1245 1855 1.500.000 10.095

En 1913, la production s'élève à . Les houillères de Sarre ont atteint leur maturité.

+ Production de la Saarbergwerke 1957 1975 2006 2010 Production de houille (millions de tonnes) 16,3 9 3,7 1,4 Effectif total dont : mineurs de fond

En Belgique

En 1251, l'évêque de Cambrai attribue à l'Abbaye de Lobbes la moitié du charbon (et de tout ce qui s'y rapporte) des environs de Gilly.. Mais on ne peut pas dire qu'une véritable extraction ait commencé avant le .

Francesco Guicciardini en 1567 rapporte l’existence, dans le Hainaut, à Liège et à Namur entre autres, d'exploitations ..

Peu après, Jean-Baptiste Gramaye en 1589 signale que dans la région de Namur Jean-Baptiste Gramaye, cité par Marc Ronvaux in [1589 : Namur vue par un cartographe allemand] ; Die Graafschafft Nahmen (description du comté de Namur).

À partir du , l'usage du charbon se répand chez les petites gens. L'odeur qu'il dégage le rend impopulaire jusqu'à ce que les poêles se répandent.

En France

Production française L'exploitation industrielle en France des mines de charbon n'a débuté réellement qu'au via la Compagnie des mines d'Anzin, l'une des premières grandes sociétés européennes, mais sur un territoire alors rattaché à la Flandre belge, et concurrencée très tôt par celle plus ancienne mais plus artisanale dans le Bassin houiller de la Loire où affleuraient les veines de charbon, disposées dans le sens ouest-est, en plan incliné.

Le Bassin houiller de la Loire joue un rôle-clé au tout début de la Révolution industrielle, quand les métiers de la métallurgie lourde et de la verrerie utilisent les sables du Rhône acheminés depuis Givors et le minerai de fer bourguignon. Il devient ainsi un important centre de production de houille, même s'il subit à partir des années 1840 la concurrence du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, qui le dépasse en milieu du siècle grâce au prolongement de l'extraction, également vers l'ouest, à Douai et Lens, alors qu'il était jusque-là limité au Valenciennois. Le bassin minier de Lorraine s'est développé lui plutôt dans le dernier tiers du siècle, sous administration allemande, en bénéficiant de la proximité du premier gisement européen de minerai de fer. Les autres bassins, plus petits, n'ont eu qu'un apport plus marginal, même si certains en France méridionale sont très anciens.

Dès les années 1780, la partie la plus orientale du Bassin houiller de la Loire a bénéficié du creusement d'un canal le long du Gier, le canal de Givors, ouvert en 1781, avec une production de charbon passée de en 1779 à en 1789, soit 45% de plus en dix ans..

Dans l'autre partie, plus occidentale, du Bassin houiller de la Loire, celle de Saint-Etienne, la production de charbon a progressé plus tard mais plus vite, dépassant celle du Gier en 1834 et dopant le total de celle du Bassin houiller de la Loire : en 1825 puis et , un quasi triplement en 11 ans. La Manufacture d'armes de Saint-Étienne assure alors un débouché de base, puis c'est le transport par la Loire et le Rhône qui l'augmente. Pour la seule ville de Saint-Etienne, elle était de en 1812, avec 15 puits pour la plupart de moins de 50 mètres. La population de la ville de Saint-Étienne atteint près de en 1856, après avoir quintuplé en seulement 35 ans, essor l'un des plus rapides de France. Le boom des mines de charbon stéphanoises est permis par les deux premières lignes de chemin de fer du continent européen, la Ligne de Saint-Étienne à Andrézieux et la Ligne de Saint-Étienne à Lyon, qui désenclavent une ville dont l'altitude moyenne dépasse 500 mètres au-dessus de la mer.

Pour l'ensemble du bassin de la Loire, le tonnage de charbon extrait est passé de en 1790 à en 1830 puis , soit un doublement en seulement cinq ans, les années de la voie ferrée nouvelle. Vers 1830, l'apparition des bennes montées sur roues y a contribué. Dès 1832, les mineurs du Gier se sentent concurrencés par ceux de l'ouest et en 1837, ils réagissent en formant la Compagnie des mines de la Loire, qui achète des concessions à l'ouest et devient vraiment opérationnelle en 1846 quand elle regroupe 82% de la production du département.

La Compagnie des Mines de la Loire extrait en 1844 près de 85 % du charbon de l’ensemble du Bassin houiller de la Loire et emploie mineurs, essentiellement à Rive-de-Gier, tandis que la production ne monte vers Firminy, dans l'ouest, qu'à partir du milieu du siècle.

Globalement, le charbon français connait une croissance plus tardive qu'en Angleterre et en Belgique, et beaucoup moins rapide qu'en Allemagne. La stratégie malthusienne des compagnies françaises débouche sur une pénurie de charbon dans l'hexagone, aggravée lorsque les Allemands détruisent les puits pendant la Première Guerre mondiale. Pour trouver d'autres sources d'énergie et ne pas trop importer de charbon, l'État et la Bourse favorisent la multiplication par huit de la production hydroélectrique dans les années 1920, puis l'émergence du nucléaire dans les années 1960.

Usages On lit dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1772) : .

Usages industriels En 1589, la houille keupérienne de Corcelles est utilisée pour la première fois afin d'évaporer de la saumure, à la saline de Saulnot en Haute-Saône..

Le charbon est ensuite utilisé, surtout à partir du , dans l'industrie : briqueteries, fours à chaux, brasseries, distilleries, raffineries de sucre, savonneries et sauneries, ainsi que dans les verreries. Il s'agit de processus de production où la flamme n'entre pas en contact avec le produit, ou de fabrications dans lesquelles les impuretés du charbon n'exercent pas d'effets négatifs.

Dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1772) :

Exploitation des mines thumb|Principe du « toc-feu ».

Jusqu'au la plupart des charbonnages ne sont que des modestes fossesLe patrimoine industriel et sa reconversion. Wallonie-Bruxelles. Homme et ville asbl.1987. À la fin du Moyen Âge en Belgique, les Comparchonniers, ou comparsonniers, sont des mineurs de charbon, travaillant sur des terres appartenant à des seigneurs et leur versant une redevance appelée le droit d'entrecens, ou travaillant sur leurs propres terres. Parmi les "comparchonniers", on trouve de simples mineurs, mais aussi des marchands et nobles, les "arniers", propriétaires du gisement concerné, ainsi que des apporteurs de capitaux extérieurs au chantierhttp://www.terrils.be/fr/Terrils/Histoire/liege/index.php ..

thumb|left|Un manège à chevaux dans la mine de sel de Wieliczka en Pologne.

Pour des problèmes techniques, et notamment l'exhaure, c'est-à-dire le pompage de l'eau dans les exploitations souterraines, les puits sont ouverts là où les veines de charbon affleurent. Le matériel est souvent réduit : treuil à bras ou manège à chevaux (hernaz, baritel) actionnant une machine à molette, une chaîne (la chiff) servant à la remontée des paniers de houilles, une baraque servant au maître de fosse et aux ouvriers. Le transport du charbon est réalisé par portage humain (les botteresses) jusqu'aux aires de stockage et de vente. Le puits est subdivisé en deux par une cloison de planches. Un compartiment sert à l'extraction, l'autre à l'aérage. La profondeur excède rarement 80-100 mètres. Au-dessus du compartiment de ventilation, un brasero au charbon (le toc-feu) et une cheminée de brique sert à accélérer l'extraction de l'air. L'exhaure se fait par areine : l'eau est remontée par des tonneaux ou par des pompes.

La révolution industrielle vignette|gauche|Charbonnage du Grand-Bouillon sur Wasmes et Paturages ; coupe transversale des travaux et exploitations faite pour l'an 13 (1804/5).