Anton Wilhelm von L'Estocq (né le à Celle, mort le à Berlin) est un général de cavalerie prussien, célèbre pour son action à la bataille d'Eylau.
Origine familiale Comme son nom le suggère, la famille est d'origine française. Il descend d'une famille huguenote originaire de Picardie et de Champagne. Ses parents étaient le lieutenant-colonel prussien a. D. Ludwig August L'Estocq (né le et décédé le ) et son épouse Ilse Sophie, née von Grabow, veuve Hohenhorst (née en 1700 et décédée le ).
Début militaire En 1757, Anton Wilhelm von L'Estocq devient élève officier du régiment de gendarmes de Berlin. Pendant la guerre de Sept Ans, il participe aux batailles de Zondorf, Kunesdorf, et Torgau. Après la bataille suivante près de Langensalza, il reçoit la médaille Pour le Mérite.
En 1768 il est nommé premier lieutenant et sert dans le régiment de hussards du général Von Zieten. Il est successivement promu capitaine, lieutenant-colonel et colonel. En 1790, le roi Frédéric II de Prusse le nomme commandant d'un bataillon du régiment von Eben ( de hussards).
Au cours de la Première Coalition contre la France révolutionnaire, L'Estocq participe aux batailles de Kaiserslautern, Morsbrunn, et Trippstadt. En 1794, il prend le commandement du de Hussards qui, en 1795, après de traité de Bâle, est affecté en Westphalie pour garder la frontière avec la France. En 1797, il devient chef du de hussards "". Il doit d'abord combattre des bandes de brigands dans le comté de La Marck. En , il occupe la principauté épiscopale de Paderborn et anticipe l'incorporation de la principauté par la Prusse, sanctionnée en 1803 par la décision principale de la députation impériale.
L'Estocq est promu major général en 1798 et transféré en 1803 en Nouvelle-Prusse-Orientale. Il prend le commandement des troupes prussiennes dans la région et reçut comme chef le de hussards "". En 1805, il est promu lieutenant-général.
Bataille d'Eylau Pendant la guerre de la Quatrième Coalition, L'Estocq et son chef d'état-major Gerhard von Scharnhorst, commandent quelque basés à Thorn en décembre 1806 ainsi qu'à Freystadt (Prusse Occidentale) en janvier 1807. Du 2 au , harcelé par le maréchal Ney, il s'engage avec ses hommes dans une marche forcée à travers les forêts enneigées de province de Prusse-Orientale, pour apporter du renfort au général russe Von Bennigsen, durement pressé par le maréchal Davout à la bataille d'Eylau.
Conduisant la dernière unité opérationnelle de l'armée prussienne, L'Estocq n'amène que huit bataillons, vingt-huit escadrons et deux batteries d'artillerie à cheval (environ ). À son arrivée à Preussisch Eylau, Bennigsen demande de diviser le petit contingent prussien pour renforcer ses troupes affaiblies. Cependant Scharnhorst lui conseille au contraire d'attaquer avec toute sa cavalerie devant les lignes russes. L'attaque soudaine jette le désarroi dans les rangs des Français épuisés. Après la bataille, le corps de L'Estocq se retire sur Preussisch Friedland pour maintenir les communications avec la Russie.
Honneur militaire Alors que l'armée prussienne est écrasée depuis le à la bataille d'Iéna, les troupes de L'Estocq ont restauré l'honneur militaire de la Prusse. Pour leur conduite exemplaire, L'Estocq reçoit l'Ordre de l'Aigle noir et Scharnhorst la médaille Pour le mérite. Malgré la défaite, von der Goltz attribue ce succès militaire, au plan de Scharnhorst et à l'initiative et la volonté de L'Estocq.
Après la défaite des armées de la coalition à la bataille de Friedland et l'humiliant traité de Tilsit, L'Estocq fait partie de la commission d'enquête chargée d'établir les causes de la défaite de la Prusse. Le , il est nommé gouverneur de Berlin, puis de Breslau en 1814. Après sa mort à Berlin, le de l'année suivante, L'Estocq est inhumé dans le cimetière de la garnison.
Famille L'Estocq épouse Hedwig Gottliebe Maria von Brandt (née en 1752 et morte le ) à Wredenhagen en 1775. Après le décès de celle-ci, il épouse Franziska Friederike (née le et morte le ), dame d'honneur de la princesse Wilhelmine de Prusse, le à Möllenbeck. De ces deux mariages son issus : Albertine (née le et morte le ), dame de compagnie de la princesse Frédérique de Solms-Braunfels et chanoinesse de Heiligengrabe. Friedrich Joachim Bernhard Magnus (né le et mort le ), officier de hussards prussien marié en 1809 avec Agnes Ulrike Elisabeth (né le et mort le ). Émilie (née le et morte le ), chanoinesse de Drübeck. Johann (Hans) Wilhelm (né le et mort le ), capitaine de cavalerie prussien à la retraite, marié en : 1812 avec Philippine (née le et morte en 1817) 1822 avec Emilie Henriette von Rothmaler (née le et morte le ). Ludwig Emil Karl Georg (né le et mort le ), colonel prussien ainsi que maréchal de justice à Strelitz, marié en : 1817 avec Charlotte von Wülknitz (née le et morte le ), parents d'. 1837 avec Eveline von Matuschka (née le et morte le ), sœur de . Luise (née le et morte le ), chanoinesse de Heiligengrabe.
Bibliographie Kurt von Priesdorff: Soldatisches Führertum. Band 3. Hanseatische Verlagsanstalt Hamburg, o. O. [Hamburg], o. J. , , S. 52–60, Nr. 972.
Großer Generalstab (Hrsg.): 1806 – Das Preußische Offizierkorps und die Untersuchung der Kriegsereignisse. Ernst Siegfried Mittler und Sohn, Berlin 1906. : Das gelehrte Hannover. Band 1, S. 147; Neue preußische Provinzial-Blätter, Band 10, S. 338 f. Genealogisches Taschenbuch der Ritter- u. Adels-Geschlechter, 1879, Vierter Jahrgang, S. 295
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