Hendrik Van der Haert, Henri Anne Victoria Van der Haert, Henri Vanderhaert ou encore Henri van der Haert, né en 1790 à Louvain et mort en 1846 à Gand, est un peintre, dessinateur, lithographe, graveur et sculpteur belge. Il fut directeur de l'Académie de Gand.

Biographie Henri van der Haert a été baptisé le dans l'église Sainte-Gertrude de Louvain. À sa naissance, son père Jean-Baptiste, se trouve en campagne militaire à Saint-Hubert. C'est en hommage à Henri van der Noot, tribun et meneur politique de la révolution brabançonne, et en souvenir de la victoire de Turnhout, où son père se distingua, qu'il reçoit les prénoms de Henri-Victoire..

À l'âge de neuf ans, il entre à l'académie de Louvain, qui venait d'être créée, pour y recevoir les leçons de Josse-Pieter Geedts (1770-1834). Il progresse rapidement, obtenant à l'âge de le premier prix du dessin d'après l'antique. À , il est élève du portraitiste François Xavier Joseph Jacquin (1756-1826) et peint ses premiers portraits. vignette|Victorine van der Haert, par Sophie Rude, 1818. Musée des Beaux-Arts de Dijon. Après ses études à Louvain, il va se fixer avec sa mère à Bruxelles. Il traverse la période des guerres d'empire en approfondissant ses connaissances des anciens maîtres de l'école flamande. Ses idées sur l'art, sa compréhension de Rubens qu'il comme dit Louis Alvin, datent de ces années. En 1817, il accompagne à Paris le peintre de fleurs louvaniste Frans van Dorne. Revenu à Bruxelles, il entre en relation avec deux artistes français exilés de la Restauration : Jacques-Louis David, chef de file du mouvement néo-classique pictural français, dont il fréquente l'école et François Rude, son futur beau-frère chez qui il s'exerce à l'art de la sculpture. En 1819, il décore de bas-reliefs en grisaille la salle du Concert noble à Bruxelles. Il est remarqué par Charles Van der Straeten (1771-1834), l'architecte du roi , qui lui confie des dessins d'architecture et compositions d'ornements pour le palais royal à Bruxelles. Il y entreprend aussi, pour son propre compte, des ouvrages de décoration dans plusieurs salles du palais. Il travaille ensuite au château de Tervuren, que l'on faisait construire pour le prince d'Orange. Édouard Van Even insiste sur la richesse d'invention et l'élégance qui caractérisent ses compositions.. Il exécute certains de ces travaux en compagnie de François Rude et l'épouse de celui-ci Sophie Frémiet (1797-1867), également peintre, mais aussi élève de David. Vers 1822, il exécute une copie du Chapeau de Paille de Rubens. Les péripéties au sujet de cette réalisation sont relatées par Van Even et Alvin. Il épouse à Bruxelles le Claudine-Victoire (Victorine) Frémiet. (1799-1839), sœur de Sophie. L'un de leurs témoins est François Rude. Ils auront quatre enfants, dont trois atteindrons l'âge adulte. Ces liens familiaux , la collaboration patente, ainsi que leur cohabitation, rue d'Arenberg à Bruxelles, témoignent de la proximité qui unissaient les deux couples à cette époque. vignette|Léopold I, roi des Belges, Henri van der Haert. Lithographie, 1831. Dès l'introduction de la lithographie en Belgique, Henri comprend l'intérêt de ce procédé nouveau, dans lequel il se perfectionna. Selon Alvin, . Il est le premier artiste belge pour qui pose Léopold I en 1831.. Il exécute une lithographie du jeune souverain en costume militaire d'apparat. Il collabore à la revue L'Artiste, publiée sous la direction de l'écrivain Charles Levêque, de 1833 à 1836. Cette revue signale en 1835, à la page 132, que « le modèle des brevets de la croix de fer qui seront lithographiés, a été adopté d'après les dessins de M. Vanderhaert ; on les dit pleins de mérite et de goût ». Il reproduit en lithographie une Madone attribuée à Raphaël, appartenant au comte , pour illustrer L'Artiste en 1836. Cette lithographie sera publiée, quelques années plus tard, dans la revue La Renaissance.. En 1834, il peint à l'huile le Portrait de la comtesse (Hippolyte) , née Sidonie du Bois d'Herdersem. La localisation de ce tableau demeure inconnue. Malgré tout, Henri continue à préférer le crayon au pinceau. Il fonde dans un estaminet d'Ixelles une école du soir appelée l'Académie Vander Haert. Alvin parle de la petite cour de jeunes artistes d'avenir qu'il réunissait tous les soirs autour de lui, crayonnant « ces études que les amateurs s'arrachaient et qu'ils recherchent encore aujourd'hui ».

En 1836, il est nommé premier professeur de la classe dessin. sur pierre à l'École royale de gravure de Bruxelles, dirigée par Antoine Dewasme-Pletinckx et que le gouvernement venait de fonder à Bruxelles, place du Grand-Sablon nr. 11. Il y restera en fonction jusqu'en 1841. Pour autant il n'abandonne pas la peinture à l'huile : il se voit décerner la médaille d'argent au salon de Bruxelles de 1836 avec un Portrait de famille (Le couple Hambrouck, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique). Il collabore à la rédaction du compte rendu de ce même salon, rédigé par Louis Alvin. Il y illustre avec des reproductions graphiques, exposés. Il collabore, également en 1836, à l'ouvrage d'Auguste Voisin. Il y illustre avec une très belle lithographie, le cénotaphe du comte Frédéric de Merode, héros de la révolution belge., œuvre du sculpteur Guillaume Geefs. Il voit échouer sa candidature, d'abord comme directeur de l'académie de Louvain, en 1836, puis comme professeur de dessin d'après l'antique à l'académie de Bruxelles, en 1839. Il est présent au salon de Bruxelles de 1839., avec quelques études, lithographies, une aquarelle et un dessin à la mine de plomb. Il est domicilié en 1836 et 1839, place de Louvain nr. 1 à Bruxelles. Cette même année 1839, la revue La Renaissance. lui consacre un article flatteur : « Parmi les artistes belges contemporains, voici un nom qui devrait briller d'un certain éclat, si un épais nuage de modestie, ou de peur inconcevable, ne le voilait obstinément aux yeux de la foule ; nuage que les artistes seuls peuvent percer et qui de temps en temps néanmoins s'écarte pour quelques amis des arts. Personne ne dessine avec plus de pureté, avec une plus ferme précision, avec plus de vérité, avec plus de charmes que Henri van der Haert ; personne n'enseigne mieux que lui ; et les élèves qu'il forme feront notre orgueil. Si lui-même il produit peu pour le public, s'il étouffe sans pitié des productions qui auraient nos suffrages, c'est par un sentiment que nous devons blâmer ; mais jamais van der Haert n'est content de lui-même ; lorsqu'il a fait mieux qu'un autre, il ne croit pas encore avoir assez bien fait ; il a tellement le sentiment de la perfection qu'il ne se persuade jamais qu'il l'a atteinte. Et avec cette grave sévérité pour lui-même, ce goût si sûr et si affermi, il est plein de bienveillance pour les autres, plein d'indulgence et d'enthousiasme pour les jeunes artistes. Il retourne l'adage ; il ne voit pas la poutre qui est dans l'œil de son voisin et il voit la paille qui souvent n'est pas dans le sien. Toutefois, je le répète, nous condamnons Henri van der Haert d'avoir du talent et de ne produire que de bons élèves ». vignette|Les 3 enfants de Henri van der Haert, par Charles Billoin. Lithographie d'après tableau de Henri van der Haert. vignette|Portrait de Sophie et François Rude. En retrait Martine van der Haert, par Sophie Rude, 1850. Dessin à la mine de plomb. Musée des Beaux-Arts de Dijon. C'est également en 1839, le , que son épouse Victorine meurt en couches, suivie du décès du nouveau-né quelques jours plus tard. Henri peint dans la foulée de ce drame, un tableau monumental en pied, grandeur nature, de ses trois enfants. À l'arrière plan de l'œuvre sont évoqués les parents : la défunte par un portrait au mur peint par sa sœur Sophie Rude en 1818, lui-même par un buste sur la tablette de cheminée sculpté par son ami de longue date, le sculpteur Guillaume Stas. Ce tableau, aujourd'hui non localisé, fut exposé aux salons d’Anvers et Gand de 1840 et à celui de Mons en 1841.. Charles Billoin a exécuté une reproduction lithographique quelque peu maladroite, de ce tableau. Au centre, Elise (1825-1850), l'ainée, qui épousa Michel-Edouard van der Borcht de Bruxelles, dont une fille, Mathilde. Jean-Baptiste Louis (1828-1888), à droite, qui connu une carrière militaire dans l'artillerie et qui meurt célibataire. Sa tante Sophie Rude a peint de lui un portrait en tenue de lieutenant., qui figure actuellement au catalogue du Musée des Beaux-Arts de Dijon. À gauche Martine (1833-1865)., la cadette qui fut adoptée quelque temps après la réalisation du tableau, par sa tante Sophie et son mari François Rude. Elle épousera plus tard Paul Cabet (1815-1876), sculpteur et élève de Rude, dont une fille, Françoise Cabet.

En 1841, Henri est appelé à la direction de l'Académie des Beaux-Arts de Gand, où il a notamment pour élèves Lievin De Winne, Jules Breton, Victor Lagye, Louis Crépin et Louis-Théodore Verboeckhoven.. Il participe au salon de Bruxelles de 1842 avec quelques portraits. La critique dans la revue La Renaissance. est élogieuse. Il garde à Bruxelles un logement que le duc Prosper-Louis d'Arenberg (1785-1861) lui offre gracieusement dans son hôtel. Entre 1842 et 1845, il peint les portraits des principaux membres de cette famille. Alvin précise qu'il . Il est présent au Salon de Gand de 1844 avec trois portraits.. En 1845, il fut choisi par la Questure de la Chambre des représentants, parmi tous les peintres du pays, pour exécuter les portraits en pied du roi Léopold I et de la reine Louise-Marie, destinés à orner le palais de la Nation. Malheureusement, en raison d'ennuis de santé, il n'eut le temps que de faire les esquisses, selon Alvin. vignette|Cénotaphe de Henri van der Haert, par Pierre Devigne-Guyo, 1850. Henri van der Haert meurt le à Gand à . Le surlendemain, dans le Courrier belge du , Marcelin Jobard rend un long et vibrant hommage au défunt : « M. Vanderhaert, … est un des hommes les plus distingués dans les arts qu’ait jamais possédés la Belgique moderne ; c’était sans contredit le meilleur peintre de portraits que nous ayons eu depuis Van Dyck, et le premier dessinateur du pays. … Ses portraits à l’huile les plus remarquables, mais que, fort malheureusement, peu de personnes ont été admises à voir, sont ceux de la famille du duc d’Arenberg, véritables tableaux de galerie princière, à cause de leur belle tournure, chefs-d’œuvre de ressemblance, de fini, de travail consciencieux … ». Ses obsèques eurent lieu quelques jours plus tard. Elles réunirent des personnalités de la ville, de l'université et du monde des arts, ses confrères et ses élèves. Après les différents hommages rendus, sa mémoire fut célébrée en vers par le poète flamand Prudens Van Duyse (1804-1859). Les artistes présents chargèrent Charles Billoin (1813-1869) qui avait été l'élève du maitre défunt, d'exécuter de lui un portrait lithographié.. Il existe une reproduction imprimée de ce portrait. Un cénotaphe, érigé en 1850 dans l'église Saint-Etienne à Gand est orné du buste de l'artiste, d'après un moule pris sur le défunt. Les deux figures entourant le buste sur piédestal sont des allégories de la Peinture et la Sculpture. L'ensemble est l'œuvre du sculpteur gantois Pierre De Vigne-Quyo (1812-1877).

Une vente publique de ses collections de livres, tableaux, estampes, dessins a lieu à Gand en sa maison, rue du Soleil n° 5, le mercredi . Un catalogue détaillé de ces collections avait été publié auparavant.

Mis à part les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, très peu de musées ont une œuvre du peintre Henri van der Haert dans leur inventaire. Le Cabinet des Estampes de la KBR possède une importante collection de ses lithographies et dessins (études).