Le parti national-libéral () d'Allemagne était un parti politique de l'Empire allemand. Il a été fondé en 1867 et a disparu en 1918.

Le parti national-libéral nait en 1866 de la scission du parti progressiste allemand, dont il correspondait à l'aile conservatrice. En plein conflit constitutionnel prussien, la loi sur les indemnités d'Otto von Bismarck fit voler en éclats le peu de cohésion restant. Sur l'appel de du parti progressiste et de de l'aile gauche du en , la fraction nationale-libérale fut créée le à la chambre des représentants de Prusse. Elle rassemblait , parmi eux Heinrich von Hennig, Karl Twesten, Eduard Lasker ou Friedrich Hammacher. thumb|upright=1.5|Meneurs politiques du parti, en haut : Wilhelm Wehrenpfennig, Eduard Lasker, Heinrich von Treitschke, Johannes von Miquel, en bas : Franz von Roggenbach, Karl Braun, Rudolf Gneist, Ludwig Bamberger.

Ligne idéologique La raison d'être du parti est la question de l'unité allemande.

Les libéraux, encore relativement unis en 1867, croient en la raison autonome, dans l'éducation, dans l'individu, dans la responsabilité individuelle issus d'abord du protestantisme et ensuite de Emmanuel Kant, dans le talent et le mérite. Ils sont aussi favorables à une société citoyenne plutôt qu'à une société féodale. Ils croient encore en la culture, le droit qui s'exprime au travers de la constitution, dans l'équilibre entre ordre et liberté, dans le travail et la famille, dans la nation. Ils sont anti-cléricaux, voire anti-religieux. Économiquement ils soutiennent l'économie libre, la loi du marché, la non-intervention étatique. Ils n'ont que peu de revendications sociales, incarnant en cela l'école de Manchester.. Finalement ils sont favorables aux réformes en lieu et place de la réaction ou de la révolution..

Par contre, ils s'opposent au socialisme, aux radicaux, au clergé, au catholicisme, au particularisme, aux conservateurs, aux féodaux et aux opposants de l'internationalisme.

Sur un plan plus concret, les libéraux ne veulent pas d'un régime parlementaire. Le programme de 1867, réclame une constitution, l'assurance des décisions budgétaires pour le parlement, en matière civile comme militaire, des réformes en matière administrative et une réforme de la chambre des seigneurs de Prusse.

Le parti est notamment soutenu par la haute bourgeoisie industrielle.

Histoire Soutien de Bismarck thumb|left|Rudolf von Bennigsen est le président du parti. Les libéraux considèrent que la constitution de la Confédération de l'Allemagne du Nord est une avance pour plus tard. Malgré la scission les libéraux restent dans un premier temps relativement unis : que ce soit sur la question du ou en matière économique ou contre la limitation du pouvoir parlementaire.

En 1871, les libéraux ont atteint un de leurs principaux objectifs : l'unité allemande. Le parti soutient le chancelier Bismarck dans sa politique afin d'obtenir la liberté et l'unité. Il espère influencer progressivement la ligne du chancelier afin d'imposer de construire un État de droit. Ils obtiennent un certain succès dans l'hémicycle en parvenant à imposer la liberté de circulation, économique, leur vision de la justice, dans l'organisation de l'administration fédérale et sur le ..

Les libéraux étant opposé aux catholiques, leur soutien au est logique. Il a également pour objectif stratégique de séparer Bismarck du et des conservateurs.

En 1872, les libéraux obtiennent une importante réforme de la carte électorale qui met fin au féodalisme administratif, toutefois les résultats ne sont pas au rendez-vous. Ils sont par contre contraint au compromis sur les questions militaires et notamment celle du septennat, c'est-à-dire que le budget de l'armée n'est voté que tous les . Les libéraux ne veulent pas intervenir en matière de politique étrangère.

La coopération avec Bismarck n'est cependant pas sans conséquence pour le parti. Tout d'abord elle creuse le fossé avec le parti progressiste qui lui reproche le manque de progrès en matière constitutionnelle, que Bismarck refuse en bloc, et ses autres compromis contraire à l'idéologie libérale. Elle n'a plus l'avantage d'être dans l'opposition les insatisfaits se retournent donc contre le parti.

Prise de distance du chancelier thumb|Johannes von Miquel. La grande dépression économique qui débute en 1873, met les intérêts corporatistes au premier plan. Certains réclament la mise en place de barrières douanières protectrices, contraire à la logique de libre-échange défendu par le parti. Non pas d'ailleurs pour des raisons économiques mais idéologiques. Ensuite la dégradation de la situation économique remit en question son modèle libéral..

Bismarck qui souhaite alors se rapprocher des conservateurs, décide d'affaiblir ses anciens alliés ce à quoi ces derniers ne s'attendent pas. En effet, en 1877 Rudolf von Bennigsen, le président du parti, se voit proposer un poste de ministre et de vice-chancelier officieux par le chancelier impérial. Celui-ci refuse. Les libéraux sont déboussolés par la fin du qu'a décidé Bismarck. Ce dernier utilise les lois antisocialistes dirigées contre les mouvements ouvriers, que les libéraux ont refusé de voter en première lecture pour influencer l'électorat lors de la campagne électorale. L'empereur a été victime peu après d'attentats. Les libéraux subissent une cuisante défaite, le parti libéral-national doit voter les lois antisocialistes, le parti progressiste ne le fait pas. Le chancelier assène un second coup en mettant la question des tarifs douaniers à l'ordre du jour du parlement.

Benningsen, qui veut rester allié au chancelier, parvient à convaincre son parti de voter en faveur des nouveaux tarifs douaniers sous condition que le parlement ait un droit de regard sur les recettes. Bismarck refuse cette offre et fait passer la réforme avec l'aide du . Sa volonté de diviser le parti est claire. Un petit groupe de l'aile gauche fait scission et forme l'union libérale.. Après cet événement, les nationaux-libéraux se rapprochent des conservateurs, restant nationaliste, anti-socialiste surtout et un peu anti-clérical et anti-féodal..

Retrait de Benningsen En 1883, Benningsen, rencontrant peu de succès dans sa tentative d'arbitrer les échanges entre Bismarck et son opposition, décide démissionner de son poste de président du parti. En 1884, Johannes von Miquel écrit la déclaration d'Heidelberg qui sert de ligne directrice au parti. Elle approuve la politique de Bismarck en matière militaire, coloniale, anti-socialiste, douanière, pour la protection de l'agriculture et des entreprises de taille moyenne, ainsi que pour la suprématie de l'État par rapport aux partis politiques. Elle renonce à tout programme à la Gladstone, comme le soutient le Parti radical allemand. Si les provinces de l'est de la Prusse sont tout d'abord réticente, rapidement tout le parti suit cette ligne..

De manière étonnante, le parti incorpore aussi une partie sociale à son programme, en soutenant la création d'une sécurité sociale, contrairement aux conservateurs et aux partis dit libéraux censés être plus à gauche. Miquel est un ferme défenseur de la politique sociale qu'il considère comme une des questions politiques les plus importantes pour le futur. Il est favorable à une politique du logement, pour la propriété, la politique défensive et la reconnaissance des syndicats.

Dans la lignée de ce rapprochement avec le chancelier, lors de la campagne électorale de 1887 se forme le cartel, une alliance, entre les réactionnaires et les deux partis conservateurs : libre et ancien. Il soutient le septennat promu par le chancelier.

Changement de ligne politique Les idéaux libéraux sont en crise : le renforcement du pouvoir parlementaire et la réorganisation de l'Empire pour lui donner plus de pouvoir ne font plus recette. Face à ce constat, plusieurs remèdes sont tentés : le premier consiste à adopter une posture défensive contre les tentatives de réduction de la liberté comme la dans les années 1890. La seconde consiste à renforcer la structure du parti et la fidélité des militants. Les groupes d'intérêt, comme la ligue pangermaniste. et la se rapprochent également du parti. Même si leur influence électorale est faible, elles permettent de financer le parti. La dernière solution est de changer le programme politique. Refusant de devenir un parti de classe, le choix d'un programme plus nationaliste et impérialiste semble judicieux alors que ce dernier courant politique gagne du terrain partout. Ce n'est cependant pas le seul parti à occuper le créneau..

Dans les années 1890, le parti refuse de voter des lois anti-socialistes. Cependant les idées sociales de Miquel ne s'imposent pas vraiment au sein du parti. Le social-libéralisme est laissé aux autres partis libéraux allemands plus à gauche..

Le parti devient relativement conservateur, même s'il s'oppose à ces derniers sur les questions de l'école, la politique répressive et les intérêts agricoles que représentent le parti conservateur influencé en cela par la Fédération des agriculteurs. Il soutient la politique de flotte, la politique coloniale et le tarif douanier de 1902. Le parti politique dominant à l'époque reste toutefois le ..

En , politiques majeurs quittèrent le parti, étant en désaccord avec sa politique et en particulier avec le nouveau tarif douanier.

À partir de 1901 eut lieu un rapprochement avec les libéraux de gauche rassemblés dans les partis (Parti populaire radical et Union radicale). Cependant la volonté de reconstituer une grande force libérale portée par les jeunes membres échoue face à la résistance des dirigeants des partis.

Bloc Bülow

En 1906, le chancelier Bernhard von Bülow parvient pour les élections législatives à rassembler sur son nom les forces des partis conservateurs, du parti national-libéral et libéraux de gauche. Cette coalition est connue comme le et remporte la majorité aux élections. Une loi sur les associations progressistes est votée. Toutefois au bout de deux ans et demi les conservateurs brisent l'alliance de peur de voir les libéraux réclamer la levée d'impôts directs..

Tiraillements Une aile du parti est contre l'alignement avec les conservateurs sur les questions douanières, la politique sociale. Elle est également pour un rapprochement avec les libéraux de gauche et peut-être même favorable à une réforme du droit de vote en Prusse. Elle supporte Gustav Stresemann. Toutefois le parti tente de rester uni, ce qui lui ôte une grande partie de sa liberté d'action. Il reste donc relativement faible.

Première Guerre mondiale

Les nationaux-libéraux apportèrent un soutien appuyé aux militaires lors de la guerre. Favorables à l'offensive, aussi bien au niveau terrestre, que maritime ou colonial, ils voulaient de larges annexions territoriales et soutenaient la guerre sous-marine sans limite.

Le parti rejeta la résolution demandant la paix du proposée par le Parti social-démocrate d'Allemagne, le et le parti populaire progressiste. Par la suite son aile gauche céda devant les développements peu favorables de la guerre.

Après la révolution allemande de 1918 le parti est dissous. Son aile gauche rallie le parti démocrate allemand (DDP) et son aile droite le parti national du peuple allemand (DNVP). La majorité des membres forma toutefois le Parti populaire allemand (DVP), mené par Gustav Stresemann. Le DVP était un parti souvent au gouvernement pendant la période de la république de Weimar.

Résultats électoraux + Résultats électoraux de 1871 à 1912. Année % Sièges 1871 30,1 1874 29,7 1877 27,2 1878 23,1 1881 14,7 1884 17,6 1887 22,2 1890 16,3 1893 13,0 1898 12,5 1903 13,9 1907 14,5 1912 13,6 Électeurs