Julien Dillens, né le à Anvers et mort le à Saint-Gilles, est un sculpteur belge.

Biographie Famille Julien (Julianus Henricus) Dillens, né à Anvers le , est le fils du peintre Henri Joseph Dillens (1812-1872), et de Marie Catherine De Rudder (1815-1866). Ses frères sont le peintre Albert Dillens (1844-1915), l'architecte Frédéric Dillens (1846-1891), ainsi que le sculpteur Gustave Dillens (1852). Le poète Theophiel Coopman, par son mariage avec Marie Louise Dillens, est le beau-frère de Julien Dillens..

Le , Julien Dillens épouse à Saint-Gilles Clémence Joséphine Françoise Dries (née en 1846). Parmi les témoins des noces figurent Léon Frédéric, Jules Lagae et Léon Herbo. Le couple n'a pas d'enfant..

Formation Dès son plus jeune âge, Julien Dillens fréquente les milieux artistiques bruxellois, grâce à son père Henri Joseph Dillens, peintre, établi à Schaerbeek en 1854, puis à Ixelles en 1867, et à son oncle Adolphe-Alexandre DillensEdmond Marchal, « Julien Henri Dillens », in : Annuaire de l'Académie royale de Belgique, t. 78, 1912, ( en ligne..

À partir de 1861, Julien Dillens est élève à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, où il commence par suivre les cours de dessin appliqué à l'industrie, puis, en 1864, il fait partie de la classe de fleurs et fruits jusqu'en 1867. Il bénéficie de l'enseignement d’Eugène Simonis, mais il ne se laisse pas influencer par les goûts gréco-romains de son professeur qu'il estime surannés. À partir de 1870, il travaille durant plusieurs années sous les ordres d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse à l'ornementation du Palais de la Bourse de Bruxelles. Durant quelque temps, dans le cadre de ce chantier, il sculpte en compagnie Auguste Rodin, qui devient son ami. Julien Dillens réalise diverses sculptures, comme la frise représentant les corps de métiers bruxellois, des bas-reliefs, des mascarons et des médaillons.

Concomitamment à ses activités statuaires dans l'espace urbain, Julien Dillens commence à exposer aux salons triennaux belges : Un buste d'enfant au Salon d'Anvers de 1870.. Il envoie un buste en marbre, Un gamin, accueilli favorablement par la critique qui estime l'œuvre charmante et empreinte de nature, au Salon de Bruxelles de 1872.. Paradoxalement, c'est un prix spécial de peinture que le sculpteur reçoit pour sa peinture murale Donnez à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif exposée au Palais des Académies lors des fêtes de septembre de 1874. Sa première œuvre, à caractère plus personnel, est L'Énigme exposée au Salon de Bruxelles de 1875 qui suscite dans certains journaux, comme La Flandre libérale, une critique sévère, jugeant hideuse la femme représentée en plâtre dans une composition malsaine., tandis que L'Écho du Parlement y voit une « grenouille rampante »..

Lauréat du prix de Rome belge de sculpture en 1877, grâce à son œuvre Un chef gaulois fait prisonnier des Romains., il se rend, conformément au règlement, en Italie, afin de s'y perfectionner durant quatre ans. Il demeure durant deux ans à Florence.

Carrière vignette|Léon Herbo, Portrait de Julien Dillens, 1877,localisation inconnue. En 1881, Julien Dillens rejoint le cercle artistique L'Essor, dont il devient peu après le président.. Au Salon de Bruxelles de 1884, il présente un envoi considérable, dont l'œuvre la plus importante est un Modèle du bas-relief pour le fronton sud de l'hospice des Deux-Alice à Uccle. Il obtient l'une des deux médailles d'or récompensant la sculpture..

Auteur, entre autres, du Monument à Éverard t'Serclaes et de La Porteuse d'eau, il est considéré comme le grand maître de la sculpture belge par ses contemporains. Il bénéficie de nombreuses commandes officielles et une partie importante de son œuvre reste visible dans l'espace public de Bruxelles. Le , Julien Dillens devient professeur à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, où il forme notamment Eugène Jean de Bremaecker, Jules Jourdain et Louis Van den Eynde.

Franc-maçon, il est membre de la loge des Vrais Amis de l'union et du progrès réunis du Grand Orient de Belgique. Il est l'auteur de la médaille commémorant le centenaire des Chapitres des vrais amis de l'Union et du Progrès réunis et des Amis philanthropes (1900).

Atteint d'un cancer, Julien Dillens meurt, à l'âge de , rue Saint-Bernard , à Saint-Gilles, le . Ses funérailles civiles ont lieu, quatre jours plus tard, en présence de nombreux artistes, des autorités civiles, dont le bourgmestre de Bruxelles et des membres des académiques et maçonniques. Après que onze discours sont prononcés, il est inhumé au cimetière de Saint-Gilles...

Sélection d'œuvres

Bruxelles. : Monument à Éverard t'Serclaes, 1902 ; Justice entre la Clémence et le Droit, 1881, Palais de Justice ; Quatre statues allégoriques représentant les continents en façade de la Maison du Renard, Grand-Place de Bruxelles (1884) ; La Magistrature communale et La Ville de Bruxelles reconnaissante, 1897, statues en bronze ornant la fontaine Anspach, place de Brouckère ; L'Architecture et Neptune sortant des eaux, sgraffites sur la façade de l'hôtel Goblet d'Avillia (Octave Van Rysselberghe, 1882 ; Persée, 1894, aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ; Bernard Van Orley aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ; Bourse, figure tombale au Musée de la ville de Bruxelles ; Georges Brugmann, vers 1900, Square Van Gehuchte (Hôpital Brugmann) ; Louis Lepoutre, cimetière d'Ixelles ; La Porteuse d'eau, 1900, Barrière de Saint-Gilles ; Le Droit, Le Travail, hôtel de ville de Saint-Gilles ; Fronton de l’orphelinat d’Uccle ; Figure à genoux, Galerie de Bruxelles ; Deux frontons de l'hôpital des Deux-Alice à Uccle, préservés lors de la démolition de l'ancienne clinique ; La Source, Le Laurier, Jardin botanique de Bruxelles. Gand, statue l'avocat du fronton du palais de Justice ; Nivelles, Jean de Nivelles, 1889, palais de justice de Nivelles. Uccle, Le Silence de la tombe, 1897 cimetière ; Wavre, Buste d'Alexandre Houbotte, gare de Wavre.

Hommages vignette|redresse|Jules Lagae, Monument Julien Dillens, 1909, Bruxelles, square de Meeûs. En 1909, un monument du sculpteur Jules Lagae (1862-1931) est élevé à sa mémoire au square de Meeûs. Une médaille a été frappée pour le de sa mort.

On trouve une « Julien Dillenslaan » (avenue Julien Dillens) à Coxyde et une « Place Julien Dillens » à Saint-Gilles.

Distinctions

Les distinctions suivantes lui ont été décernées : ().. . (). .. 50px|BAV Order of Saint Michael ribbon Grand-croix de l'ordre de Saint-Michel, Royaume de Bavière.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Edmond Marchal, « Julien Henri Dillens », in : Annuaire de l'Académie royale de Belgique, t. 78, 1912, ( en ligne. Georges-Marie Matthys, « Julien Henri Dillens », in : Biographie nationale, t. XLIII, col. 334 ( en ligne). Georges-Marie Matthys, « Julien Dillens, sculpteur », Mémoires de la Classe des Beaux-Arts, Coll. in-8°, Série 2, t. VIII, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1955, .

Articles connexes

Liste de sculpteurs belges

Liens externes

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