thumb|Klausjagen à Küssnacht Les fêtes, coutumes et jours fériés en Suisse ont des racines variées, en raison de la diversité linguistique et religieuse ainsi que de l'organisation territoriale de ce pays multiculturel.

La plupart des fêtes historiques et sociales suivent un cycle annuel en rapport avec les saisons et les travaux agricoles, tandis que les célébrations religieuses sont rythmées par l'année liturgique. Au bas Moyen Âge et au début de l'époque moderne, on comptait plus de cent jours fériés en Suisse. Ce nombre s'est considérablement réduit avec la Réforme puis les Lumières catholiques et l'industrialisation. Les rites et fêtes qui accompagnent l'individu dans ses changements de statut social tel que baptême, confirmation et mariage – qui définissaient autrefois le rôle de l'individu dans la communauté –, ont maintenant lieu dans le seul cercle privé où le public est éventuellement admis en tant que simple spectateur. Au apparaissent des motivations commerciales, comme celles de la fête des Mères .

Les fêtes sont surtout locales ou régionales mais certaines sont célébrées dans toute la Suisse comme la fête nationale suisse, le jeûne – qui est fédéral, excepté à Genève –, ou les principales fêtes religieuses. À part la fête nationale suisse, d'autres fêtes ont un caractère de cohésion nationale. Les expositions nationales suisses qui ont lieu tous les vingt-cinq ans environ, les fêtes fédérales de tir, de chant, de gymnastique, de lutte et de yodel, entre autres, qui ont lieu tous les trois ans environ et à chaque fois dans un lieu différent. Il se pratique des jeux nationaux ayant des composantes sportives et traditionnelles : la lutte suisse et du lancer de la pierre. Le Hornuss est un autre jeu national et la pratique du tir est élevée au rang de sport national. En plus des obligations de tir prévues dans le cadre du service militaire, on trouve donc de nombreuses fêtes de tir lors de fêtes locales liées à des commémorations de batailles – organisées par des sociétés patriotiques – et lors des fêtes cantonales et fédérales.

La musique folklorique jouée lors de fêtes comprend notamment le yodel, qui est une technique de chant. Les carnavals ont leurs propres styles musicaux : les cliques et les groupes de Guggenmusik. Des fêtes mettent en scène le règne animal, comme les combats de reines en valais, la Poya en Gruyère et le Marché-concours de Saignelégier dans le canton du Jura.

Les jours fériés relèvent de la compétence des cantons, qui peuvent déterminer les leursLes cantons peuvent assimiler au dimanche huit autres jours fériés par an au plus et les fixer différemment selon les régions. Selon l'article 20a de la RS 822.11 Loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce. Ainsi, à côté des principales fêtes communes à l'ensemble de la Suisse, certains jours fériés diffèrent entre cantons, voire parfois entre communes d'un même canton.

Un grand nombre des fêtes et coutumes traditionnelles figurent sur la liste des traditions vivantes de Suisse, sélection de la Suisse publiée par l'office fédéral de la Culture le . Cette liste est le préliminaire exigé par l'UNESCO pour l'inscription de traditions au patrimoine culturel immatériel de l'humanitéLes 167 traditions qui font la Suisse article du Temps du 7 octobre 2011, consulté le 7 octobre 2011.

thumb|Défilé aux lampions lors du carnaval de Bâle thumb|Expo.02 à Neuchâtel thumb|Cors des Alpes à Vals

Historique thumb|Amphithéâtre romain à Avenches Dans l'Antiquité, bien que l'on ignore quelles fêtes publiques et privées étaient célébrées sur le territoire de la Suisse à l'époque romaine (), les saturnales (17-), qui clôturaient les travaux des champs étaient certainement célébrées de même que l'existence d'amphithéâtres (Augusta Raurica et Aventicum par exemple) laisse supposer que des jeux publics et des spectacles avaient lieu. Des fêtes privées comme la première taille de la barbe, l'anniversaire des divinités protectrices des corporations, les vinalia (en l'honneur de Vénus) et floralia (en l'honneur de Flore, la déesse du printemps) par exemple.

Au bas Moyen Âge, la religion était primordiale et se manifestait notamment par la présence de nombreux cultes des saints et pèlerinages. Le peuple se divertissait lors des foires annuelles.

Dès le apparurent les fêtes des sociétés de tir. En ville, les fêtes des corporations et des confréries contribuaient à l'affirmation du pouvoir local. À la campagne, les veillées offraient aux jeunes gens des occasions de se rencontrer et de courtiser les jeunes filles. Dans les villages, les fêtes étaient souvent organisées par les sociétés de jeunesse.

Au début du apparaissent des fêtes s'inspirant des célébrations révolutionnaires françaises (Arbres de la liberté, Banquets). On entreprit aussi de sauver d'anciennes coutumes menacées, par exemple en organisant, dans un esprit folkloriste et déjà touristique, les fêtes de bergers d'Unspunnen de 1805 et 1808, avec lancers de pierre, lutte, cor des Alpes, yodel et chansons populaires.

Les fêtes patriotiques apparaissent au : on célèbre les héros de la Suisse primitive (Guillaume Tell par exemple) et des commémorations de batailles accompagnées de spectacles populaires (Festspiel) qui bâtirent un mythe historique contribuant à l'édification d'une identité nationale moderne. Par exemple le demi-millénaire de la commémoration de la bataille de Sempach, en 1886, fut une grande fête nationale comprenant un énorme spectacle historique. Cette commémoration fut un modèle pour la future première fête nationale du instituée en 1891pp. 26 - 27.

Au d'autres groupes sociaux se renforcent, comme le mouvement ouvrier, qui instaure la fête du Premier mai après 1889. Durant les années 1920 apparaissent des musiques et des danses venues des États-Unis. La période de crise et de la Deuxième Guerre mondiale qui suivra se place sous le signe de l'Exposition nationale de 1939 avec le souhait d'un ancrage idéologique solide. Des fêtes confessionnelles comme les Journées catholiques (1903-1954) virent le jour. L'essor économique des années 1950 et 1960 permit le développement de fêtes de village et de quartier. À partir des années 1960 apparaissent les grands concerts des festivals en plein air. La Street Parade de Zurich (dès 1992) attire des centaines de milliers de participants.

Fête nationale

thumb|Feu de la fête nationale suisse à Reinach en 2005 La fête nationale suisse se réfère à l'acte fondateur de la Confédération de 1291L'acte fondateur de la Confédération de 1291 ne correspond pas à l'indépendance de la Confédération suisse qui continue de faire partie intégrante du Saint-Empire romain germanique, de fait jusqu'au Traité de Bâle en 1499 et de droit jusqu'au Traité de Westphalie en 1648. conclu par les représentants des trois cantons primitifs : Uri, Schwytz, NidwaldPacte fédéral du août 1291 sur « vallée inférieure d'Unterwald » signifie NidwaldPacte fédéral du août 1291 sur Cliotexte (par la suite rejoint par Obwald). Ce document n'est redécouvert qu'au et la fête du n'est célébrée que depuis 1891, à l'occasion de la commémoration du du pacte de 1291 qui est alors choisi comme acte fondateur plutôt que le serment de 1307. La date du est déterminée ainsi car ce pacte qui renouvelle une alliance a été signé au début du mois d'août (date précise inconnue). La fête nationale de 1891 est initialement prévue comme événement unique. C'est sous la pression des Suisses de l'étranger que l'on commence, à partir de 1899, à la célébrer annuellement.

Le chaque commune organise à la tombée de la nuit feu de joie, cortège aux lampions et allocutions, ou éventuellement un feu d'artifice. Le feu de joie évoque les signaux utilisés autrefois comme moyen visuel de transmissionp. 76.. Il est également célébré sur la prairie du Grütli, le lieu légendaire où les premiers Confédérés se sont réunis lors de leur conjuration contre les baillis autrichiens et ont prêté le Serment du GrütliFête nationale article Swissworld.org consulté le 5 juin 2008..

Le est un jour férié officiel dans toute la Suisse depuis 1994 seulement. En effet, cette journée était alors un jour ouvrable ; seuls quelques cantons (Zurich, Schaffhouse et Tessin) le considérèrent comme fête légale, les autres cantons considérant uniquement un demi-jour férié. Une initiative populaire est lancée en 1991, lors du afin de rendre le férié dans toute la Suisse. L'initiative est acceptée le par votation.

Fêtes fédérales Historique des fêtes fédérales Dans les premiers mois de la République helvétique, en 1798, apparut l'idée d'une fête nationale suisse. Cette fête devant illustrer la république et la démocratie elle était à la fois solennelle et patriotique, concours et fête populaire.

Les fêtes fédérales du comme les fêtes fédérales de tir, les fêtes fédérales de chant et les fêtes fédérales de gymnastique devinrent de véritables fêtes nationales. Tenues à intervalles réguliers et à chaque fois dans un autre lieu, elles étaient à l'image des structures fédérales de la Suisse. Elles étaient essentiellement des manifestations de la bourgeoisie radicale, excluant largement les catholiques conservateurs qui avaient perdu la guerre du Sonderbund ainsi que les ouvriers, les femmes et dans certains cas même les Romands et les Tessinois. alt=Lithographie avec les installations du tir|gauche|vignette|300x300px|Tir fédéral de 1863 à La Chaux-de-Fonds. Le premier tir fédéral a lieu en 1824 à Aarau. Ces fêtes sont organisées ensuite tous les deux ou trois ans environ par des sociétés de tir locales. Ces fêtes se sont considérablement développées dans la Suisse de la Régénération comme des contre-manifestations libérales (puis radicales) dans une Suisse encore conservatrice.

Après la construction de l’État fédéral en 1848, le but de ces fêtes est d’amener et de consolider l’amour de la Patrie dans le cœur des diverses populations qui forment la nouvelle Confédération.

Les premières fêtes de gymnastique et de chant datent de 1832 et 1843. Comme les fêtes de tir, seuls les hommes y participaient, les femmes étaient admises en qualité de spectatrices. Ces fêtes imaginées par la société bourgeoise démocratique se tenaient dans une grande halle servant de cathédrale au culte national. Banquet, discours, chants entonnés par l'assemblée et toasts à la patrie, faisaient partie du programme.

Après 1848, dans un esprit de réconciliation nationale après la guerre du Sonderbund, les fêtes fédérales commencent à intégrer les différentes langues et confessions. Ces grandes manifestations attirent des milliers de personnes et touchent de larges couches de la population, au-delà du cercle restreint et masculin qui seul pouvait y participer activement. Les associations ouvrières appelèrent leurs fêtes « suisses » plutôt que « fédérales » afin de se démarquer des sociétés établies.

Ensuite apparut la fête de la Société fédérale de musique dès 1864, la fête de l'Association fédérale de lutte suisse (Fête fédérale de lutte suisse) de la fête de la Société des pontonniers dès 1894 et celle des joueurs de hornuss dès 1903.

Vers 1900, ces fêtes durent s'adapter à l'évolution de la société. Le côté célébration et l'aspect culte patriotique tendent à disparaître au seul profit de l'aspect concours.thumb|Lanceur de drapeau à NidwaldAprès la Seconde Guerre mondiale, la domination masculine est remise en cause. La participation féminine se fit par étapes, comme pour les droits politiques. Des femmes furent admises en 1910 aux concours de tir mais seulement en 1972 pour la journée suisse de gymnastique féminine et en 1982 pour les fêtes de chant. Cette nouvelle orientation entraîna la fusion des associations masculines et féminines.