Jean-Baptiste Chollet est un chanteur lyrique (baryténor) et musicien français, né le à Paris (anc. ) et mort le à Nemours.
Biographie Jeunesse et études Jean-Baptiste Marie Chollet naît le rue Neuve-de-l'Égalité à Paris (anc. ) de Jean-François Chollet, musicien, et Marie-Catherine Bazin..
Il fait des études au Conservatoire, où il apprend dès l'âge de 8 ans le solfège et le violon. Il en sort avec un prix de solfège en 1814. Ayant commencé à chanter dans la chorale de Saint-Eustache où son père était maître de chapelle et démontré un certain talent en la matière, il entre, en 1815, comme choriste à l'Opéra, salle Montansier, avant d'être engagé dans la troupe de l'Opéra-Comique, salle Favart puis au théâtre Feydeau.
Carrière
En 1818, il tente l'aventure avec une troupe de comédiens, sous le nom d'artiste de Dôme-Chollet. En 1823, il est au théâtre du HavreAdolphe Adam, Souvenirs d'un musicien, Michel Lévy Frères, Paris, 1857 ( ) p 105-123., puis, en 1825, au théâtre de La Monnaie à Bruxelles où cette fois il reste un an. Il y remporte le succès dans La Fête au village voisin de François-Adrien Boieldieu Frédéric Jules Faber, Histoire du théâtre français en Belgique des origines jusqu’à nos jours, 1879.. En 1826, il est de retour au théâtre Feydeau.
Après s'être fait remarquer dans divers rôles de baryton aigu, et vraisemblablement de « baryton Martin » car il avait joué au Havre, selon le tableau de la troupe, puis lors de son premier séjour à Bruxelles les rôles de Jean-Blaise Martin, François Lay et Jean-Pierre Solié, il souhaite s'approprier d'autres emplois et aborde le répertoire de ténor dans lequel il va connaître ses plus grandes réussites lyriques à commencer par Le Petit Chaperon rouge de Boieldieu. Dès lors, les compositeurs de l'époque - et notamment - écrivent pour lui. Il crée ainsi notamment les rôles de Henri dans Marie de Ferdinand Hérold (1826), La Fiancée de Hérold (1829), et les rôle-titres de Fra Diavolo d’Auber (1830) et Zampa d'Hérold (1831).
C'est durant cette période qu'il fait la connaissance de celle qui deviendra sa partenaire principale puis sa compagne jusqu'à la fin de sa vie, la jeune cantatrice Zoé Prévost (1802-1862), membre de la troupe depuis 1822.
Chollet est nommé sociétaire en 1827 mais, malgré les directions qui se succèdent, les affaires périclitent. Le 16 avril 1829, la troupe doit quitter la salle Feydeau, qui menace de s'écrouler et doit être détruite, pour s'installer dans la toute nouvelle salle Ventadour, construite spécialement pour elle. Les charges s'avèrent néanmoins trop onéreuses et les faillites s'enchaînent entre 1829 et 1832 (notamment à cause de la révolution de Juillet). Lorsque Jean-François Boursault, alors directeur de la troupe, décide de reloger celle-ci salle de la Bourse, Chollet reprend sa liberté et entreprend une tournée à travers la France. En , il se produit à Bruxelles où il a déjà fait ses preuves. Il a aussi l'occasion de chanter, toujours comme premier ténor, à La Haye. Après trois ans d’absence, il réintègre la troupe de l'Opéra-Comique où il renoue avec le succès : Le Chalet d'Adolphe Adam (1834), L'Éclair de Fromental Halévy (1835), Le Postillon de Lonjumeau d'Adam (1836), Le Perruquier de la Régence d'Ambroise Thomas (1838), Le Puits d'amour de Michael William Balfe (1843)…
Il reprend le chemin de La Haye à la fin des années 1840, cette fois avec Zoé et sa fille, la cantatrice Caroline Prévost (que Chollet adoptera.Certaines sources attribuent la paternité de Caroline Prévost à Chollet mais il n'y a jamais eu de reconnaissance officielle de la part de ce dernier, les sources d'époque parlant bien d'« adoption », et les différents actes d'état civil mentionnent Zoé Prévost comme seul parent.), où il devient un directeur du très apprécié. Il reparaît en 1854 dans Le Postillon de Lonjumeau au Théâtre-Lyrique, ouvert boulevard du Temple en 1852, mais le résultat n'est pas assez probant pour l'inciter à y continuer une carrière. Il se retire alors définitivement de la scène et ne fait plus parler de lui.
Il a également composé quelques romances et nocturnes qui ont été bien accueillis de son temps.
Jean-Baptiste Chollet meurt le , à l'âge de 93 ans..
Vie privée De son union avec Françoise Florentine Dedome le au Havre., Jean-Baptiste Chollet a eu une fille, Marie-Florentine (1816-1893)., qui fera une carrière d'actrice principalement en Belgique et épousera sur le tard l'acteur Eugène Monrose, fils de l'acteur MonroseD'où parfois la confusion avec Eugénie Monrose dite Monrose (1835-1913), petite-fille de Monrose et cantatrice à l'Opéra-Comique, bien que Marie-Florentine Chollet n'ait jamais utilisé ce pseudonyme.. N'ayant jamais divorcé bien que séparé de longue date, il est indiqué comme veuf sur son acte de décès.
Style
Selon les témoignages de ses contemporains, le timbre de Chollet était agréable, sa voix à la fois. Sans doute son chant trop racoleur, ayant sacrifié sans cesse à la facilité sans jamais se perfectionner, accusa les mêmes défauts que son modèle Jean-Blaise Martin à partir des années 1850 (abus des points d’orgue, roulades saccadées, voix tirée), ce qui peut expliquer son retrait de la scène.
Répertoire
1825 : La Fête au village voisin de François-Adrien Boieldieu, La Monnaie de Bruxelles 1826 : Le Petit Chaperon rouge de François-Adrien Boieldieu 1826 : Marie de Ferdinand Hérold, Opéra-Comique (théâtre Feydeau) : Henri 1830 : Fra Diavolo de Daniel-François-Esprit Auber, Opéra-Comique : Fra Diavolo 1831 : Zampa ou la Fiancée de marbre de Ferdinand Hérold, Opéra-Comique : Zampa 1834 : Le Chalet, Opéra-Comique (salle Ventadour) d'Adolphe Adam 1835 : L'Éclair de Fromental Halévy, Opéra-Comique 1835 : Le Portefaix de , Opéra-Comique : Gasparillo 1836 : Le Postillon de Lonjumeau d'Adolphe Adam, Opéra-Comique : Chapelou 1838 : Le Perruquier de la Régence d'Ambroise Thomas : Fléchinel 1843 : Le Puits d'amour de Michael William Balfe, Opéra-Comique : Édouard III 1853 : Le Roi des Halles d'Adolphe Adam, Théâtre-Lyrique : le duc de Beaufort 1854 : Le Postillon de Lonjumeau d'Adolphe Adam, Théâtre-Lyrique
Notes et références Notes
Références
Sources
Olivier Bara, Le Théâtre de l'Opéra-Comique sous la Restauration, 2001, p.58
Liens externes
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