La minorité nationale (nemzeti kisebbség) est un terme juridique hongrois qui désigne les groupes ethno-culturels ayant une présence historique en Hongrie et rattachés par leurs langues et leurs origines à des nations extérieures à la nation hongroise. Il existe 12 minorités nationales reconnues officiellement par la loi en Hongrie : les Bulgares, les Grecs, les Croates, les Polonais, les Allemands, les Arméniens, les Roumains, les Ruthènes, les Serbes, les Slovaques, les Slovènes et les Ukrainiens. Les Roms de Hongrie ont le statut de minorité ethnique (etnikai kisebbség).

La loi de 1993 leur donne le droit de voter à l'échelle nationale ainsi qu'à l'échelon de chaque collectivité territoriale (comitats et localités) pour leurs propres représentants. Ces collectivités de minorité (kisebbségi önkormányzat) disposent ainsi de compétences particulières pour fixer le calendrier de leurs fêtes et célébrations, contribuer à la préservation de leurs traditions et participer à l'éducation publique. Ces collectivités particulières peuvent ainsi gérer des théâtres publics, des bibliothèques, des institutions scientifiques et artistiques, attribuer des bourses d'études et dispenser des services en direction de leur communauté (aides juridiques notamment).

Les catégories

La minorité allemande

La minorité allemande (német kisebbség) représente environ 2,3 % de la population hongroise, soit (dont se sont déclarés tels au recensement de 2011 [« Population par langue maternelle, identité nationale et sexe : Identité nationale / Langue maternelle – 2011 – Ensemble (les deux sexes) »]). La grande majorité d'entre eux est issu de l'immigration des Souabes du Danube (dunai svábok en hongrois, Donauschwaben en allemand) dans la plaine des Carpates. Avant 1918, on en comptait encore dans tout le territoire du royaume de Hongrie (Hongrie, Slovaquie, Transylvanie et Voïvodine). Une grande partie d'entre eux a été chassée par les gouvernements communistes après la défaite de l'Allemagne nazie en 1945.

Les quelques communautés restées sur place ont alors été considérées comme « ennemies de l'État » et faisaient l'objet d'une forte discrimination de la part de l'administration publique (comme l'interdiction d'entrer à l'université par exemple). En 1956, beaucoup d'entre eux profitent de la brève ouverture des frontières pour gagner l'Autriche. Leur première reconnaissance officielle au cours des années 1980 se fait par l'officialisation de l'allemand comme langue minoritaire.

La minorité arménienne

Il existe environ Arméniens en Hongrie, soit 0,17 % de la population totale (dont se sont déclarés tels au recensement de 2011). Ils vivent majoritairement à Budapest, la capitale, et dans le comitat de Pest. Ils descendent pour la plupart d'entre eux de groupes ayant émigré vers le royaume de Hongrie pendant le Moyen Âge. La ville de Gherla a notamment été fondée par eux.

La minorité bulgare

La communauté bulgare de Hongrie compte (0,02 % de la population) selon le recensement officiel de 2011, mais ce nombre pourrait atteindre près de .

La minorité croate

thumb|right|Šokci en masques traditionnels célébrant la fin de l'hiver à Mohács.

On compte environ Croates en Hongrie soit 0,27 % de la population ( selon le recensement de 2011). De religion catholique, on les retrouve essentiellement à la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c'est-à-dire dans les comitats de Baranya ( soit 1,79 %), de Somogy et de Zala.

La minorité croate est constituée de deux sous-groupes ethno-linguistiques : les Šokci (Sokác en hongrois) et les Bunjevcis (Bunyevác). Ces derniers revendiquent même le statut de minorité nationale à part entière.

La minorité grecque

personnes se sont déclarées grecques au recensement de 2011.

La minorité polonaise

personnes se sont déclarées polonaises au recensement de 2011.

La minorité roumaine

personnes se sont déclarées roumaines au recensement de 2011.

La minorité ruthène

personnes se sont déclarées ruthènes au recensement de 2011.

La minorité serbe

La communauté serbe est majoritairement installée à Budapest. Elle compte entre et (soit environ 0,1 % de la population) mais seulement locuteurs ( Serbes et locuteurs selon le recensement de 2011). Les Serbes sont majoritaires dans le village de Lórév (en 2001: 180 personnes sur 307; soit 58 %) située sur l'Île de Csepel.

Ils se sont installés en Hongrie durant l'occupation ottomane à la suite de la bataille de Mohács (1526). Les forces ottomanes dans le pays étaient majoritairement des Slaves du Sud (Serbes, Bosniaques ou Croates). Au début du , les Serbes étaient ainsi majoritaires dans plusieurs villes de Hongrie dont Buda, Pécs, Szeged (1720 : 88 %) ou Baja. En 1920, les Serbes sont majoritaires dans le Baranya où une république indépendante est proclamée (14 au ). Lorsque ce comitat est partagé entre la Hongrie et la Yougoslavie, de nombreux Serbes (environ les deux tiers) décident de rejoindre le nouvel État slave. Le patrimoine serbe est très important en Hongrie : outre la ville de Szentendre qui compte de nombreuses églises orthodoxes, on dénombre également de nombreux monastères serbes dans le reste du pays.

La minorité slovaque

personnes se sont déclarées slovaques au recensement de 2011.

La minorité slovène

Les Slovènes de Hongrie vivent surtout dans le sud-ouest du pays, dans la région de Szentgotthárd et dans le comitat de Vas, près de la triple frontière avec l'Autriche et la Slovénie. Leur présence dans cette région remonte au , soit près de quatre siècles avant l'arrivée des tribus magyares (896). Après la Première Guerre mondiale, la majorité des territoires peuplés par des Slovènes est attribuée au royaume des Serbes, Croates et Slovènes, future Yougoslavie.

En 2001, on dénombre environ en Hongrie (dont se sont déclarés tels au recensement de 2011), contre en 1920. Ces Slaves de religion catholique sont souvent assimilés aux Wendes.

La minorité ukrainienne

personnes se sont déclarées ukrainiennes au recensement de 2011.

Les demandes de reconnaissance officielle

Selon la Constitution hongroise, il faut une pétition de pour obtenir le droit de consulter le Parlement afin d'obtenir le statut de minorité et constituer ainsi des collectivités. Ce statut, s'il est reconnu par les deux tiers des députés, permet d'obtenir une contribution financière de la part de l'État.

En janvier 2008, plus de ans après leur invasion de l'Europe (vers 450), une pétition est signée par environ visant à reconnaître l'existence d'une minorité hunnique dans le pays. Cette demande est rejetée en avril 2008. Ce mouvement mené par Imre Joshua Novak estime que les tribus des Huns s'étaient unifiées vers -6043 et régnaient alors sur le monde depuis l'île d'Atais, prétendument disparue en -5038. Selon ce même mouvement, ce sont les Huns qui auraient construit les pyramides d'Égypte et seraient les ascendants des Magyars.

De façon très régulière, quelques groupes juifs de Hongrie demandent également une reconnaissance officielle comme minorité nationale.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Citoyenneté hongroise

Liens externes Jacques Leclerc, L'aménagement linguistique dans le monde (2012) : Hongrie, Loi sur les droits des minorités nationales et ethniques

Hongrie