thumb|260px|Débardage câble et moteur à vapeur, dans les Cascade Mountains en 1918. thumb|260px|Une élingue est posée en boucle autour d'une grume pour la transporter sous le câble, le long de cette section de câble, grâce au fameux « moteur à vapeur donkey ». Long Bell Lumber Company, Cowlitz County, État de Washington, États-Unis, 1941. thumb|260px|Engin adapté au travail par câble en montagne. thumb|260px|right|Câble-mât Larix 3T, monté sur un tracteur agricole. 260px|thumb|right|Câble-mât Larix Lamako (2010).
Le débardage par câble, aussi appelé téléphérage ou téléférage., est une forme de débardage (c'est-à-dire d'extraction du bois coupé des parcelles forestières exploitées) qui vise à limiter les impacts sur le solFCBA, ONF, - Guide pratique ; 110 pages, , ref FCBA:L323. ou exploiter plus facilement des bois sur forte pente, pour des troncs pouvant peser jusqu'à (selon le matériel et les conditions)Laurent Renouf, La conciliation de l'exploitation forestière et du respect des sols : un exemple concret en Picardie, mémoire de fin d'étude, juin 2009 (voir )., néanmoins les très gros-bois (qui peuvent atteindre ) peuvent être préalablement sectionnés in situ, avant d'être tractés par le câble.
Au lieu d'être extrait par des engins (tracteurs débardeurs, débardeuses), le bois est tiré sur le sol ou porté, suspendu à un câble.
La méthode se développe depuis les années 1970, d'abord en zone de montagne ou escarpée, puis en forêt de plaine pour mieux en protéger les sols. En effet, pour une forêt plus productive et écologiquement plus résiliente, ou pour répondre aux exigences d'écolabels tels que le PEFC, le forestier cherche à limiter les impacts des pneus d'engins forestiers ou de tracteurs sur les sols, et en particulier sur les sols sensibles. Autrefois sur les terrains escarpés, les grumes étaient évacuées par gravité sur des arboriducs, eux-mêmes consommateur de bois.
L'augmentation des prix du pétrole pourrait aussi le rendre plus compétitif.
Principe La charge (bois) est accrochée à un chariot qui roule sur un câble fixe. Ce chariot peut être actionné par un moteur qu'il contient - chariot automoteur - (Woodliner) actionné par un câble qui le tracte à partir d'un guindeau cabestan fixe généralement mu par un moteur thermique, avec deux cas: un seul câble fait le déplacement et le retour se fait par le poids du chariot (retour pondérale). un câble de retour assure le mouvement inverse.
Pour pouvoir débarder ou pour les câbles porteurs, installations presque à plat, il faut un troisième câble qui ramènent chariot sur la coupe.
Un câble classique peut tirer des grumes de (blocage automatique de sécurité si la traction excède 6 t).
Matériel nécessaire : camion, tracteur, remorque équipé d'un mât, de pieds stabilisateurs, d'un système d'ancrage et d'un système de treuils. Chariot Blondin Il existe des chariots roulant qui fond aussi avec le même câble l'élévation verticale. C'est par exemple le chariot Blondin. Un seul et même câble assure la transmission de l'effort de roulage comme celui verticale de chargement et déchargement: Le chariot comporte une horloge purement mécanique et autonome; Il y a environ trois opérateurs en liaison radio permanente. L'horloge comptabilise dix secondes à partir du temps d'arrêt du chariot pour déclencher un verrouillage de roulage. L'actionneur de verrouillage est lui aussi purement mécanique. Le roulage accumule de l'énergie mécanique potentielle dans la compression de ressorts autant pour l'horloge que les actions. Une fois la charge en butée sur le chariot elle est verrouillée à son tour par un encliquetage verticale dé-verrouillable par une petite course de quinze centimètres qui en même temps libère le chariot de roulage. Le mouvement de remontée verticale (15 centimètres) libère le déplacement verticale vers le bas pour le déchargement. Pareil pour l'inverse mais le chariot redescend par la simple force de sa propre gravité. Exemple de chantier actuel: EIFFAGE entreprise réalise actuellement encore une succession de hauts seuils maçonnés dans le lit du torrent de Faucon de Barcelonnette; les ouvriers déclarent que c'est le seul chariot Blondin en service en France.
Machines On distingue deux types de base de machines : Les câbles longs : de longueur de , ne peuvent être utilisés qu'en pente (montagnes). Deux constructeurs en Europe, dont un en Italie. Les câbles-mâts (courts) : sont plus faciles à tirer et à utiliser quand il existe des dessertes (). Peuvent être utilisés en pente ou sur le plat. Le câble-mât est installé sur le camion (par exemple Valentini), sur le tracteur agricole (par exemple Larix), remorque, bull-doser, etc. Il existe plusieurs constructeurs en Europe centrale. Le câble-mât sur le camion : d'habitude machines très efficace, le temps de montage et démontage assez bas, grande productivité de travail. Les inconvénients en sont un besoin de desserte forestière et prix d'achat assez élevé. Le câble-mât sur le tracteur agricole : le tracteur agricole a une perméabilité de terrain assez importante. La majorité de câble-mât sur les tracteurs agricoles permet de travailler à distance jusqu'à , en plaine ou en pente ().
Liste des fabricants de câble-mât Valentini, Italie Greiferberg, Italie Câble-mât LarixCâble-mât Larix, République tchèque Mayr Melnhof ForestTechnikMayr Melnhof ForestTechnik, Autriche Wyssen, Suisse Câble-mât KollerCâble-mât KOLLER, Autriche
Installation câble long: 2 jours en moyenne pour monter les câbles et une demi-journée pour le démontage (câble long), environ 30 à 50 % du temps de travail, câble-mât: 4-6 h, ceci a un impact sur la productivité des petits chantiers, et il faut au moins 2 personnes.
Type de câbles 5 câbles sont utilisés : un câble porteur est tendu entre le mât et la parcelle, sur ce câble porteur circule un chariot qui est ramené au dépôt par un autre câble, le câble tracteur, un , le câble pêcheur est positionné sur la coupe, qui ramène le bois sous le chariot, lequel le ramène au dépôt (ce qui permet de travailler sur , c'est-à-dire de part et d'autre de la « ligne » du câble principal). Le câble tracteur joue le rôle de pêcheur pour haler les grumes, le câble retour est utilisé pour la circulation du chariot sur le câble porteur, le câble montage est utilisé pour l'installation de ligne, il s'agit de câble léger de polypropylène.
Ancrage Pour l'ancrage de câble porteur ou de hauban, il est recommandé d'utiliser des arbres sains ou des souches. Si ce n'est pas possible, il sera nécessaire de faire ce que l'on appelle un corps mort ou un ancrage. Le câble doit être positionné le plus près possible du sol et l'on doit veiller à ce que la composante verticale des forces de traction soit dirigée vers le sol.
La résistance d'un arbre d'ancrage dépend de la pente du terrain, de l'angle d'arrivée du porteur sur l'ancrage, de la qualité du sol et de l'enracinement. L'élément le plus important est l'angle d'arrivée du câble porteur sur l'ancrage par rapport au sol. Cet angle permet de déterminer les dimensions de l'arbre d'ancrage.
Pylônes 240px|thumb|right|Pylônes intermédiaires permettant de rehausser le câble porteur (2006).
Les pylônes intermédiaires permettent de rehausser le câble porteur pour pouvoir obtenir suffisamment de garde au sol et de flèche en terrain convexe. L'emplacement du pylône doit être judicieusement choisi pour éviter un angle de rupture trop important (moins de ). En effet, un angle supérieur empêcherait le chariot de passer convenablement. Ainsi la vitesse de déplacement du chariot doit toujours être ralentie lors du passage de l'étrier.
Productivité On estime en moyenne que de grumes sont traités par mètre linéaire de câble (IPC). Les câbles-mâts modernes permettent d'atteindre la productivité annuelle de , ou environ par jourhttp://www.mobipe.fr/Fla_sd32.pdf FCBA. . Comparaison d'un débardage au câble mât à la montée et à la descente, Chantier de Tréminis..
Rentabilité Pour une bonne rentabilité, il faut faire: environ /an éviter les lignes avec moins que , qui présent la nécessité d'installation de plus que 50 lignes/an éviter les lignes avec IPC<
Organisation de chantier Un projet de débardage par câble contient les informations suivantesFormation professionnelle aux métiers du câble, Lycée Agricole et forestier de Poisy-Annecy.: Nombre de supports et leur emplacement Hauteur des supports et leur genre Emplacement du câble-mât Présence ou non d'ancrage naturel Tension du câble porteur et charge totale Longueur utile du câble porteur Poids à l'étrier Liste de matériel et d'outillage Longueur maximum du bois lors de câblage aval Dimensions des supports, etc.
Avantages et intérêts sylvicoles et écologiques Le téléphérage est couramment utilisé pour le débardage en montagne, depuis les années 1990 en France, et il y a largement fait la preuve de son intérêt.
En plaine, les expériences sont plus récentes, les bilans tirés mettent en avant les bénéfices suivants : protection des sols (limoneux argileux très sensible), nécessaire à gestion durable, puisque le sol est le capital de la forêt (restauration des zones humides, Mont Mezenc) protection de l'eau, protection des paysages (le public est sensible à l'absence d'orniérage), moins de bruit et dérangement, moins de semis et arbres abîmés, pas de pistes forestières à refaire. moindre consommation de carburants (pas d'accélération et décélération comme celles des tracteurs, frottements faibles grâce au câble, environ ) le matériel est coûteux, mais l'exploitation est rapide (/jour soit autant qu'un tracteur une fois le chantier installé). En chantier « terrestre, » il y a des arrêts logistiques d'exploitation liés à la météo, tandis que le débardage par câble permet de travailler sous toutes conditions climatiques (les chantiers tiennent alors mieux leurs délais).
Les entreprises, par exemple en Alsace, souhaitent cependant aussi travailler au câble en plaine, car en montagne elles ne peuvent travailler toute l'année.
Inconvénients Coût encore supérieur, mais qui en coût relatif devrait diminuer par rapport aux autres solutions consommant plus de pétrole. Le tracteur ne nécessite qu'une seule personne. En 2008, dans certains pays l'offre en matériel et en technicité est encore faible. Par exemple, en 2006-2007, il n'existait en France qu'une douzaine d'entreprises de cabliste, contre 150 en Suisse et beaucoup en Autriche. En Suisse, la vente du bois se fait en bord de route et non sur pied, le forestier ou l'exploitant peuvent donc s'ils le veulent exiger un débardage par câble (dans le cadre de l'écocertification volontaire il a souvent volontairement choisi ce mode plus doux de débardage). En France, le bois est acheté sur pied, et les entreprises sont payées au nombre de m³ sortis, ce qui encourage un débardage « au plus rapide, et au moins coûteux »... mais dont les impacts sur les sols peuvent être importants. Un inconvénient d'ordre écologique est également à noter. Le développement du débardage par câble permet d'exploiter des zones très difficiles d'accès et donc historiquement peu ou pas exploitées. Ces zones présentent un grand intérêt écologique. car le couvert forestier est ancien et la richesse en vieux et gros bois est importante. La mise en exploitation de ces zones menace la pérennité de certaines espèces strictement forestières (insectes saproxyliques, oiseaux nichant dans les arbres morts, chiroptères, etc.).
Coûts et développement du débardage par câble Sauf en zone très escarpée ou pleine de trous d'eau et dépourvue de routes, le débardage par câble a un coût généralement supérieur ou légèrement supérieur à celui des autres méthodes mécanisées de débardage, mais ces dernières ne tiennent pas compte dans leurs évaluations de coûts du coût de construction et d'entretien des réseaux routiers et de pistes forestières.