Marcial Maciel Degollado, né le à Cotija de la Paz, dans l'État de Michoacan, au Mexique, et mort le à Jacksonville, en Floride, aux États-Unis, est un prêtre mexicain, fondateur de la Légion du Christ en 1941, et supérieur général de la congrégation des légionnaires du Christ, qui revendique plus de 700 prêtres et séminaristes. Il fonda aussi Regnum Christi, une association de laïcs ayant pour vocation l'évangélisation qui revendique plusieurs dizaines de milliers de membres.

Proche des papes et notamment de , il participa à plusieurs synodes, et devint consultant permanent de la Congrégation pour le clergé.

Il a été publiquement accusé d'actes de pédophilie sur leurs personnes par d'anciens séminaristes, en 1956 et 1997 Head of Worldwide Catholic Order Accused of History of Abuse, By Gerald Renner and Jason Berry, The Hartford Courant, February 23, 1997, résumé seulement, accès payant pour l'article ; article complet., actes pour lesquels il a toujours clamé son innocence. Il s'est retiré de la direction de la Légion du Christ en 2005, à , et s'est retiré de toute vie publique en 2006, à la demande du Vatican.. Mort aux États-Unis en 2008, il est enterré à Cotija de la Paz.

Après avoir longtemps soutenu l'innocence de son fondateurCommuniqué de la Légion du Christ à la suite de la réaction du Saint-Siège du 19 mai 2006., la Légion du Christ a reconnu en 2009 que Marcial Maciel avait eu une relation stable avec une femme dont il avait eu une filleZF09020603 « La Légion du Christ regrette la conduite de son fondateur », communiqué du . et, en 2010, la véracité des accusations de pédophilie qui pesaient sur son fondateur« Communiqué du Saint Siège sur la Congrégation des Légionnaires du Christ » du .. Le , le Saint-Siège dénonce explicitement les délits de Marcial Maciel Degollado, le rapport le concernant faisant état de comportements très graves et objectivement immoraux, confirmés par des témoignages incontestables. Les actes commis par lui démontrent, selon le Saint-Siège, une vie sans scrupules et une absence de sentiment religieux authentique..

En , son nom et sa fondation sont cités dans les révélations des Paradise Papers..

Jeunesse de Marcial Maciel Degollado Enfance vignette|Un groupe de Cristeros en 1928, photographie anonyme, Encarnación de Díaz, Museo Nacional Cristero. Marcial Maciel Degollado est né en 1920, dans une famille de grande tradition catholique : sa grand-mère maternelle est la sœur du saint Raphaël Guízar Valencia, et il compte plusieurs évêques parmi ses parents proches. Il a six frères et quatre sœurs...

Sa mère, Maura Degollado Guízar, étant la sœur de l'un des derniers généraux des Cristeros, sa famille est conduite à quitter Cotija pour se réfugier dans les villes de Zamora et de Jamay. Marcial Maciel Degollado est alors confronté à la pauvreté et à la guerre. Il a durant cette période côtoyé José Luis Sanchez del Rio, futur saint.Béatification de José Luis Sanchez del Rio sur le site officiel du Vatican. qui, à l'âge de , suivit les Cristeros et fut assassiné pour avoir refusé d'apostasierEntretien du père Maciel à l'agence ZENIT..

Vocation

Marcial Maciel Degollado affirme avoir eu la vocation au sacerdoce lors d'une conversation tenue au mois de , à l'âge de , avec des religieuses réfugiées à Cotija en raison de persécutions religieuses. Elles lui demandèrent pourquoi il n'était pas resté au séminaire avec l'évêque de Veracruz, Rafael Guízar Valencia. Degollado éprouva à cet instant la « certitude morale que la volonté de Dieu était qu['il ait] une vie sacerdotale ».. Il demanda alors à ses parents d'entrer au séminaire, mais son père voulait qu'il mûrisse encore avant de partir, le considérant comme trop jeune, il partit donc un an plus tard..

Le , Marcial Maciel Degollado part de chez lui, avec l'autorisation de ses parents d'entrer au séminaire, les pères carmes l'ayant accepté dans leur séminaire à Puebla.. Le , en arrivant à Mexico, Marcial Maciel Degollado rend visite à son grand-oncle, l'évêque de Veracruz Rafael Guízar Valencia qui lui demande de rester dans un séminaire, ce qu'il fit à celui de Véracruz dont le siège était à Atzacapoptzalco.. Les séminaires étant interdits celui-ci était clandestin, contraignant les séminaristes à une grande discrétion sous peine d'être dénoncés.. Très tôt il commence les missions d'évangélisation en partant dans des communautés indigènes, au cours de ses vacances.

Le , en priant lors de la fête du Sacré-Cœur« Biographie du père Marcial Maciel faisant état de la fête du Sacré-Cœur »., il eut l'inspiration de fonder une communauté de prêtres missionnaires, qui évangéliseraient en prenant le Christ pour modèle... Degollado poursuit cependant ses études, et accompagne parfois des prêtres dans leurs missions dans l'État de Veracruz.

Durant cette période, le gouverneur de Veracruz décide d'interdire les églises et demande de les fermer au public en 1937, créant des affrontements entre forces gouvernementales et catholiques, conduisant à la mort de Léonor Sánchez. Une grande manifestation eut lieu à Orizaba, et Marcial Maciel Degollado fut amené à négocier avec l'armée et permit d'éviter une répression. Quelques jours plus tard les églises n'étant pas ouvertes, de nouvelles manifestations eurent lieu dont Degollado fut l'un des leaders; il affirma à la foule que les églises étaient de nouveau ouvertes, alors même que l'autorisation du gouvernement n'était pas encore arrivée., contribuant ainsi à la réouverture des églises de manière pacifique.

En à la mort de son grand-oncle, le saint Rafael Guizar Valencia, les supérieurs de Marcial Maciel Degollado étant contre son projet de fondation d'une nouvelle congrégation religieuse, il est exclu du séminaire de Veracruz et arrive à poursuivre ses études dans le séminaire de Montezuma, l'évêque de Chihuahua envoyant ses séminaristes au Nouveau-Mexique (États-Unis). afin d'éviter les persécutions religieuses au Mexique. Là encore, très vite, son idée de fonder une congrégation contribue à lui faire abandonner le séminaire à Noël 1939, du fait de l'opposition de ses supérieurs et de l'évêque de Chihuahua. Marcial Maciel Degollado est finalement accepté par l'évêque de Cuernavaca, avec Francisco González Arias, qui l'envoie dans le séminaire du Nouveau-Mexique, mais pour y être de nouveau exclu en ..

Fondation de la Légion du Christ Création de la fondation

vignette|La basilique Notre-Dame-de-Guadalupe de Mexico où fut ordonné Marcial Maciel Degollado. L'évêque de Cuernavaca demanda à Marcial Maciel Degollado de continuer ses études afin d'être prêtre avant de lancer sa fondation. Son évêque lui propose la création d'une extension du séminaire de Cuernavaca, qui pourrait être le futur centre des Missionnaires du Sacré-Cœur, nom d'origine de la Légion du Christ. Le , l'évêque propose à Degollado de lancer une fondation. Plusieurs jeunes rejoignent Degollado afin de fonder la congrégation avec l'aide d'un chapelain. Le vendredi Site officiel des légionnaires du Christ affirmant la date du comme fondateur., la congrégation est fondée sans grands moyens financiers. Pendant la journée, Marcial Maciel Degollado s'occupe des séminaristes et, la nuit, il continue ses études avec des professeurs.. Le , Marcial Maciel Degollado est ordonné prêtre dans la basilique Notre-Dame-de-Guadalupe de MexicoBiographie du fondateur sur le site de la Légion du Christ..

Rencontre avec le pape et début de reconnaissance Afin de pouvoir poursuivre son œuvre, Marcial Maciel Degollado avait besoin de l'approbation diocésaine, mais aussi du Nihil obstat du Vatican. En 1946, Degollado part avec ses séminaristes pour Rome afin de rencontrer le pape. En 1946 le pape citant le pape . semble intéressé par la fondation de Degollado, la Légion devant être ut castrorum acies ordinataExtrait latine du Cantique des cantiques 6, 4 comme des troupes sous leurs bannières. et le pape insiste pour que cette communauté s'attache à la formation des leaders catholiques.. C'est à ce moment que Marcial Maciel Degollado présente la constitution des légionnaires du Christ à la Sacré Congrégation pour les religieux.

De retour au Mexique Degollado obtient l'accord de l'évêque de Cuernavaca afin d'emmener tous les séminaristes faire leurs études en Espagne, à l'université pontificale de Comillas, en Cantabrie, vivant dans la maison offerte par le marquis de Comillas. Les premiers séminaristes espagnols intègrent la Légion du Christ. Le , la congrégation des légionnaires du Christ reçoit le Nihil obstat, ainsi que l'érection canonique., le .

Accusations contre Marcial Maciel Degollado Le , à la suite de premières accusations graves portées contre Marcial Maciel Degollado, le Vatican demande que l'on n'érige pas canoniquement la congrégation. On accuse ainsi Degollado de 18 chefs d'accusation, dont mensonges, alcoolisme, séquestration de jeunes séminaristes qui auraient l'interdiction de se confesser à un autre prêtre'., trafic de drogue, et manque d'attention à la formation des séminaristes… Les accusations continuent pendant plusieurs années, au point que le Vatican demande à l'évêque du lieu de dissoudre la congrégation. Marcial Maciel Degollado voit alors le cardinal de la Congrégation pour les religieux, qui affirme l'invalidité de cette annulation, le cardinal n'ayant pas signé l'acte de dissolution.

Nullement freiné, Maciel va ensuite fonder à la demande du cardinal de la Congrégation pour les religieux, un collège et un séminaire pour les légionnaires du Christ à Rome, pour la formation des séminaristes, qui est achevé à l'automne 1950.. Le Centre d'études supérieures de la Légion du ChristConstruite au 677 Via Aurélia, 00165 Rome, Italie., inauguré le Historique de la fondation sur le site de Regnum Christi., qui est le siège de la direction générale de la Légion du Christ, marquera la proximité de la Légion du Christ avec le Saint-Siège.

À partir de 1954 commence la création, grâce à des dons, du premier collège de la Légion du Christ, qui se concentre sur l'éducation et, plus tard, sur la formation des élites.

À cette époque, un séminariste de Mexico écrit au cardinal Valerio Valeri, préfet de la Congrégation pour les Religieux, lui racontant qu’il a vu Maciel s'injecter de la drogue, et avoir un comportement déplacé avec de jeunes garçons. Ces inquiétudes sont partagées par un prêtre qui dirige alors la grande école de la Légion. Le cardinal Valeri décide, en 1956, de suspendre Degollado de ses fonctions, et demande à des prêtres carmes de s'occuper des maisons dirigées par la congrégation. Une visite apostolique est menée pour vérifier la teneur des soupçons dont Degollado est l'objet. Mais en 1959, les visiteurs du Vatican concluent l'enquête par un non-lieu, bien que le principal enquêteur fasse état, dans le rapport, de ses doutes sur l'innocence de Maciel. L'un des adolescents alors interrogés dira plus tard que lui, et les autres jeunes, avaient tous menti pour protéger Degollado qu'ils admiraient. Celui-ci est rétabli dans ses fonctions de supérieur général par le cardinal Clemente Micara, vicaire général de Rome. Le décret est signé par le cardinal Micara à un moment où il n'était pourtant pas autorisé à le faire, pendant la vacance du siège apostolique, entre la mort de et l'élection de ..

Regnum Christi Marcial Maciel Degollado commence en 1959 à rédiger les premiers statuts de Regnum Christi, mouvement catholique pour les laïcs, les familles ou des laïcs consacrés, afin de leur donner une formation apostolique. Il voit alors dans le concile , qui donne une place importante aux laïcs, notamment dans le décret conciliaire Apostolicam ActuositatemDécret conciliaire Apostolicam Actuositatem sur le site du Vatican. publié en 1965, un appui à ce projet..

Reconnaissance officielle Decretum Laudis