Octopus est le nom donné à une concertation politique entre huit partis en Belgique pour négocier une réforme des services de police rendue inévitable par le délitement de ces services depuis les années 1980 et qui ont atteint un paroxysme de 1996 à 1998. Les négociations débouchent sur l’accord dit signé le .
Contexte
Après les braquages effectués entre 1982-1985 qui, pour avoir engendré et , sont dénommés tueries du Brabant et constituent une affaire encore jamais résolue quarante ans plus tard, après les attentats dus aux Cellules communistes combattantes qui ont causé et entre 1984 et 1988 et dont les membres ont été condamnés, après (en 1991) l'assassinat d'André Cools, ex-vice-premier ministre, président du Parti socialiste et du Parlement wallon qui a débouché sur trois procès d'assises sans jamais avoir réellement été élucidé, après la mort de son successeur au ministère Alain Van der Biest, inculpé, emprisonné, libéré et suicidé, après les rapts, séquestrations, viols, meurtres en 1992 d'un jeune couple et d'un père de famille dans ce qu'on appelle affaire Marc et Corine et qui ne sera définitivement jugée qu'en 1996, après l'affaire Agusta-Dassault qui nait en 1993 et va faire condamner pour corruption l'industriel français Serge Dassault et sept hommes politiques dont trois importants ministres qui devront démissionner, après la découverte de plus de douze sacs poubelle contenant des morceaux de corps d'au moins entre 1996 et 1997, ce qui a constitué l'affaire du Dépeceur de Mons jamais résolue, la population belge, secouée à répétition, éprouve un climat de méfiance quant à l'efficacité de l'appareil répressif.
Cette méfiance augmente encore à partir de 1991 par la disparition de nombreux enfants et adolescents dont les plus médiatisées ont été celles de Julie, Mélissa, Ann, Eefje, Sabine et Laëtitia. Elle vont obliger la création d'une commission d'enquête parlementaire qui mettra en évidence les manquements des services de police et justice.
La cavale du principal criminel, Marc Dutroux, va mettre le feu aux poudres et précipiter une réforme de la police en 1998 (celle de la justice n'interviendra qu'en 2013-2014).
Procédure thumb|upright|alt=Entrée du bâtiment de trois étages, avec fronton triangulaire, comportant au premier un balcon courant sur 3 travées de hautes fenêtres.|Le « 16 », entrée des bureaux du premier ministre, rue de la Loi, en 2013. Le consociationalisme étant une pratique habituelle en Belgique, le gouvernement fait appel aux partis de l'opposition pour dégager un consensus sur la réforme des polices qui va constituer une modification majeure et indispensable dans le pays.
Cette sorte d', en réalité proposée par Louis Michel, le président des libéraux dans l'opposition, n'est pas désintéressée car tous les partis importants ont peur d'un regain de l'extrême-droite, qu'elle offre au premier ministre l'occasion de reprendre l'initiative politique alors que les autorités publiques sont très critiquées par la population et qu'elle pourrait lui permettre de préparer une nouvelle alliance entre sociaux-chrétiens et libéraux, des élections législatives fédérales devant avoir lieu en 1998.
Les réunions se tiennent dans son bureau (ou dans une salle du Palais des nations), en sa présence, avec les ministres de la Justice Tony Van Parys et de l’Intérieur Louis Tobback, leurs conseillers, plusieurs experts en matière de police mais l'administration en est absente. Les réformes revêtant un caractère technique, peu de personnes sont compétentes. .
Composition
thumb|left|upright|alt=Portrait de buste en couleur, vu de face.|Jean-Luc Dehaene, chef de gouvernement. Les huit plus importants blocs politiques composant la 49e législature de la Chambre des représentants de Belgique sont impliqués dans cette concertation. De là vient l'appellation octopus, du grec ancien signifiant huit et signifiant pied .
Quatre partis sont ceux du gouvernement Dehaene II : CVP, social-chrétien flamand ; PS, socialiste francophone ; SP, socialiste flamand ; PSC, social-chrétien francophone.
Les autres viennent de l'opposition : Open VLD, libéraux flamands ; PRL, libéraux francophones ; FDF, centristes francophones ;
Volksunie, nationalistes flamands. Les représentants de ces partis sont accompagnés de deux ou trois négociateurs .
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Vote de la loi
La loi réorganisant les trois différentes forces de police existantes (la police communale, la police judiciaire et la gendarmerie) en une « police intégrée, structurée à deux niveaux » est votée le .
Elle entrera en vigueur le créant ainsi une seule police belge mais différenciée entre deux niveaux : la police fédérale ; la police locale.
Reprises de l'appellation Octopus thumb|alt=Dessin en noir et blanc d'une pieuvre.|Ne pas confondre avec cet heptapus qui est en réalité un octopus.
Après les élections législatives fédérales du , l'ancien Ministre-président du gouvernement flamand Yves Leterme ne parvenant pas à mettre sur pied un nouveau gouvernement, c'est le dernier premier ministre en date, le libéral flamand sortant Guy Verhofstadt, qui, faute de mieux, est chargé par le roi Albert de former un gouvernement transitoire de (du au , le temps qu'Yves Leterme trouve des solutions pour un gouvernement de plein exercice tenu de réformer l'État et qui risque de buter sur le problème de BHV). En , une formule prend forme pour préparer cette réforme. Composée de représentants des CD&V/N-VA, du cdH, du MR, de l'Open Vld, du PS, du Sp.a/Spirit, d'Ecolo et de Groen!, on la surnomme également Octopus puisqu'elle compte huit partis. C'est donc le deuxième Octopus belge.
Mais en , le Sp.a se retirant du jeu, ne restent que sept partis en lice. La coalition, à ce moment, est nommée Octopus bis , ou Heptapus (du grec ancien signifiant à sept pieds)., ou même de l'hybride Septopus (du latin signifiant sept et du grec ancien signifiant pied) qu'on trouve aussi par dérision dans la presse..
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
Police belge
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