La Dépêche du Midi, souvent simplement nommée La Dépêche, est un quotidien régional français diffusé dans neuf départements de la région Occitanie (Ariège, Aude, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne) ainsi que dans le département du Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine. Sa diffusion s'élève à 112 612 exemplaires en 2022 (en baisse par rapport à l'année précédente : 125 356 en 2019), pour 14 éditions quotidiennes différentes (16 auparavant).
La Dépêche est historiquement liée à la laïcité et au radicalisme. Le journal appartient au Groupe La Dépêche du Midi dont le directeur général est Jean-Nicolas Baylet, également directeur de la publication de La Dépêche.
Ligne éditoriale En une, dans le bandeau de tête, après La Dépêche du Midi, figure la mention . Une des anciennes devises du journal est . Il emploie environ . dont 250 journalistes professionnels et quelque correspondants locaux de presse. Suivant l'héritage politique radical de ses origines, La Dépêche fut un journal de sensibilité radicale de gauche.
En 2003, le journal relance l'affaire Allègre ce qui débouchera sur des accusations calomnieuses contre l'ancien maire de Toulouse Dominique Baudis.
Historique
Guerre de 1870 et socialisme thumb|upright|La Dépêche, une du 4 avril 1875.
Le premier numéro de La Dépêche de Toulouse paraît le , sous le simple nom de La Dépêche, à l'initiative d'ouvriers de l'imprimerie Sirven à Toulouse, propriété de Joseph Sirven (maire de Toulouse du au ).
Sa vocation au départ était de publier des dépêches de guerre pour donner des nouvelles du front aux femmes de soldats. Après la guerre de 1870, le titre survit et se développe en élargissant son domaine d'information. Il atteint 9 ans plus tard. En 1879, le journal est cédé au groupe de presse parisien de Le Pelletier. Ainsi est fondée la société anonyme La Dépêche et le Petit Toulousain. En 1881, trois Ariégeois, Rémy Couzinet (qui épousera plus tard Éléonore BonnaireClaire Simon-Boidot, Notice biographique, sur Du temps des cerises au feuilles mortes.), Alcide Gout et Rémy Sans, rachètent La Dépêche et ont l'idée de lancer une édition pour chaque département de la région« Histoire du quotidien. 1870-1914 : les débuts », site du Groupe La Dépêche..
En 1887, Jean Jaurès, déjà engagé politiquement, y fait ses premières armes de journaliste. Le titre de presse accueille également un autre journaliste également homme politique : Georges Clemenceau, avant qu'il ne rejoigne L’Aurore. Un moment antidreyfusard, le journal finit par se rallier à la cause en faveur de la révision du procès.
Du fait de ses origines et de ses plumes, La Dépêche ne cache pas son engagement dans une gauche radicale-socialiste. Aussi au début du , des évêques considèrent comme un « péché grave » la lecture de ce titre.
Maurice Sarraut, sénateur radical de l'Aude (1869-1943), prend les rênes du journal, en devenant son directeur administratif (1909).
Entre-deux-guerres
vignette|Le nouveau siège de La Dépêche, rue Alsace-Lorraine à Toulouse à partir de 1932 (architecte Léon Jaussely).
Après la grande guerre, le directeur est Maurice Sarraut, il deviendra propriétaire du journal en 1932. Dans l'intervalle, à la suite d'une tentative d'acquisition par Maurice de Rothschild, Jean-Baptiste Chaumeil, entrepreneur en travaux publics, et maire radical-socialiste de Valence-d'Agen, entre dans le capital du groupe en 1925. Son neveu Jean Baylet y entre la même année, en est directeur administratif en 1927, puis rédacteur en chef.
La période de l'entre-deux guerres est pour La Dépêche un « âge d'or », tant pour sa diffusion que pour le prestige et la qualité de sa rédaction qui lui confèrent une influence nationale.
À partir de 1932, des Allemands antinazis en exil écrivent dans La Dépêche de Toulouse : ainsi on trouve les signatures des frères Heinrich et Thomas Mann, de Georg Bernhard ou encore de Theodor Wolff, entre autres..
Occupation et collaboration
Ayant salué l'interdiction du PCF qui soutient le Pacte germano-soviétique en 1939, elle entre dans ses heures noires. Pendant l'Occupation le quotidien est dirigé par des collaborationnistes.
Maurice Sarraut, qui a perdu toute influence sur le journal, est assassiné par des membres de la Milice en . Son frère, Albert Sarraut est déporté peu après. Le journal continue à paraître en défendant la politique du Maréchal Pétain.
Le titre est interdit de publication à la Libération, pour collaboration en 1944Archives du Comité Départemental de Libération de Haute-Garonne.
Après-guerre
thumb|Une publicité pour La Dépêche.
Le titre ressort en 1947 sous le nom de La Dépêche du Midi. Il déloge alors après un conflit judiciaire Le Patriote du Sud-Ouest, journal du Front national (communiste) qui avait hérité de ses locauxArchives du PCF 31 (1, allées Marc Saint-Saëns - Toulouse). Reprenant sa lignée radicale et anticommuniste (le PCF vient d'être exclu du gouvernement) il soutient naturellement le cabinet de Pierre Mendès France. Il s'oppose au référendum constitutionnel de 1958, soutient François Mitterrand à la présidentielle de 1965.
Jean Baylet, qui avait été directeur administratif en 1927 puis rédacteur en chef, avait entre-temps créé le quotidien La Démocratie le . Il prend la direction de La Dépêche, du jusqu'à sa mort le .
Entre 1960 et 1971, date à laquelle il demande à ne pas renouveler son mandat, René Bousquet, ancien chef de la police de Vichy et responsable notamment de la rafle du Vel' d'Hiv, fait partie du conseil d'administration du journal. Apprenant le décès de Jean Baylet, il propose son aide à sa veuve Évelyne Baylet, née Évelyne IsaacJean-Claude Malet, directeur des sablières Malet, était également son petit-fils. Cette dernière est alors présidente-directrice générale de La Dépêche du Midi, depuis sa nomination le par le conseil d'administration, un poste qu'elle occupera jusqu'en 1995. Au sein de La Dépêche du Midi, Bousquet « n’occupait aucune fonction directoriale ni éditoriale, son nom n’apparaissant pas dans l’ours ».
Histoire récente
thumb|upright|Jean-Michel Baylet, en 2012.
Jean-Michel Baylet, fils de Jean Baylet, accède au poste de directeur général adjoint de La Dépêche en 1975, et devient directeur général deux ans plus tard.
Le , le journal annonce qu'un second site payant va être lancé.. Après une phase de test dès le auprès des abonnés papier, Dépêche Premium., est ouvert le . Il se compose d'un fil d'information continue avec des articles multimédias exclusifs, d'une version électronique du journal consultable sur le web, les smartphones et tablettes, de suppléments numériques spéciaux et des services du Club abonnés. C'est la première fois en France qu'un journal quotidien régional tente l'aventure du payant sur internet. Le site Dépêche Premium est arrêté quatre ans plus tard en .
En , après l'entrée de Jean-Michel Baylet au gouvernement et les « unes » enthousiastes de La Dépêche du Midi, plusieurs médias s'interrogent sur l'indépendance de la rédaction du journal vis-à-vis de son propriétaire.
En , le journal annonce le décès de son ancien directeur de la rédaction Guy-Michel Empociello.
Diffusion Comme la plupart des journaux édités sur papier, la diffusion baisse de manière importante chaque année depuis 2000. +Diffusion quotidienne moyenne. Source à partir de 2002 : OJD/ACPM.1879––1881––1906––1914––1925––1943––1955––1967––1996––2002–––2003––2004–––2005196 334200 0902006192 299196 6412007193 901197 7512008192 907196 7492009187 172190 8752010182 572186 2132011177 9082012171 5532013164 0192014155 3412015148 218149 9982016142 7302017138 4052018131 286133 074–2019125 356127 466136 3932020120 807122 206130 2902021118 423120 947125 7282022112 612115 925117 4642023108 005109 639110 1462024101 885103 402
Éditions locales
09 Ariège 11 Aude 12 Aveyron 31 Haute-Garonne Est Toulousain-Lauragais 31 Haute-Garonne Ouest Toulousain-Muret 31 Toulouse 31 Comminges 32 Gers 46 Lot 47 Lot-et-Garonne 65 Hautes-Pyrénées 81 Tarn 82 Tarn-et-Garonne
Publicité
L'espace publicitaire de La Dépêche est commercialisé par une filiale du groupe, "evelyne", structure résultant de la fusion de la régie historique O²Pub (occitane de publicité) et de Midi Media (régie du groupe Les journaux du Midi racheté en 2015), précédemment nommée "L'Agence de comm".
Propriété et direction Le quotidien appartient au Groupe La Dépêche du Midi, dont l'ancien PDG est Jean-Michel Baylet, par ailleurs ancien président du Parti radical de gauche (PRG) et ministre du gouvernement Valls entre le et .
En 2016, à la suite de la participation de Jean-Michel Baylet dans le gouvernement Manuel Valls, la nouvelle présidente est Marie-France Marchand-Baylet, ex-épouse de Jean-Michel Baylet. Après son départ du gouvernement Valls en , Jean-Michel Baylet redevient PDG du groupe La Dépêche du Midi.
Notes et références thumb|upright|Almanach de La Dépêche de Toulouse, pour l'année 1894. thumb|upright|Supplément illustré de La Dépêche de Toulouse, , du 13 février 1898.
Bibliographie
Annexes Articles connexes Route d'Occitanie René Mauriès Charles Mouly
Liens externes
La Dépêche 1875 à 1944, sur Gallica (BNF). Numéros de La Dépêche. Supplément illustré dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Site sur l'histoire de l'ancien Hall de La Dépêche, rue d'Alsace-Lorraine à Toulouse. La contemporaine (Nanterre) : Fonds patrimonial de 169 affiches numérisées (datant de 1918) de la Dépêche du midi. Inventaire en ligne
Catégorie:Titre de presse créé en 1870 Catégorie:Presse quotidienne régionale en France Catégorie:Presse subventionnée par l'État français Catégorie:Presse quotidienne en français Catégorie:Presse écrite en région Occitanie Catégorie:Média de rugby à XIII Catégorie:Midi