vignette|A gauche, l'Apôtre Paul écrivant, début du IXe siècle (manuscrit du monastère de Saint-Gall). A droite, Platon, Sénèque et Aristote dans une enluminure médiévale Les lettres de Paul et de Sénèque sont un écrit apocryphe paléochrétien. Quatorze lettres sont parvenues jusqu'à nous, huit de Sénèque à Paul et six de Paul à Sénèque. Leur authenticité est contestée et elles font l'objet d'études par les historiens et les théologiens.

Authenticité

Il s'agit d'une fausse correspondance selon Bart D. EhrmanBart D. Ehrman, Les Christianismes disparus. La bataille pour les Écritures : apocryphes, faux et censures, trad. Jacques Bonnet, Paris, Éditions Bayard, 2007, ., inventée au par des chrétiens visant à montrer que l'apôtre était connu du philosophe Sénèque le Jeune, et que ce dernier appréciait les idées développées par Paul.

L'écrivain Joël Schmidt, auteur d'un ouvrage sur la relation hypothétique entre Sénèque et Paul, pense que les deux hommes ont pu être amis et que la correspondance n'est pas nécessairement fausse. Pour lui, le débat reste ouvert. Schmidt reproduit l'intégralité des lettres dans son livre et les commente.

Jean-Barthélemy Hauréau indique que l'auteur de ces lettres a également composé un autre ouvrage attribué à tort à Sénèque, De copia verborum, qui fut remanié comme De quator virtutibus.

Parmi les Pères de l'Église, Jérôme de StridonLucien Jerphagnon, Histoire de la pensée, Paris, Éditions Tallandier, 1989, t.1, p. 561. et Augustin d'HipponeAugustin d'Hippone, Lettres, 153, 14. notamment les tiennent pour authentiques. Jérôme écrit, en parlant de Sénèque : Jérôme de Stridon, , 12 (lire en ligne )..

Ces lettres n'ont nullement pour objectif de soutenir un point de vue théologique particulier. Tertullien considère également que Sénèque est proche du christianismeTertullien, De l'âme, 20, 1 : (lire en ligne)..

Selon l'historien et philologue Lucien Jerphagnon, la pseudo-correspondance prêtée entre Saint Paul et Sénèque est d'une et incontestablement fausse..

Diffusion

Les théologiens Irena Backus et Rémi Gounelle affirment que la correspondance a vu le jour entre 325 et 392, soit plus de deux siècles après la mort de Sénèque (65) et de Paul (~68). Ils ajoutent que la correspondance a eu une depuis l'édition d'Alcuin, conseiller de Charlemagne, au .

Contexte

Dans les Actes des Apôtres (17:15-34), saint Paul est moqué par les philosophes lorsqu'il prêche à Athènes, y compris les stoïciens, à l'exception de Denys l'Aréopagite et de quelques autresActes des Apôtres, ch. 17.. Il est écrit : . Il y a une incompréhension entre le christianisme et la philosophie grecque d'obédience païenne. Pourtant, Paul maîtrise la culture grecque et se sert des idées philosophiques pour prêcher, soutient l'écrivain Joël Schmidt.

Sénèque appartient à l'école stoïcienne et il est contemporain du premier christianisme au . Il n'y a pas de preuve directe qu'il ait connu personnellement Paul. Cependant, Paul a été acquitté lors d'un procès par le proconsul Gallion, procès intenté par les Juifs qui lui reprochent de semer le trouble par sa prédication, comme le rapportent les Actes des Apôtres (18:12-17)Actes des Apôtres, ch. 18.. Or Gallion est le frère aîné de Sénèque, et ils ont pu échanger à ce propos.

Édition bilingue

Sénèque et saint Paul, Lettres, trad. Paul Aizpurua, Paris, Gallimard, « Le Promeneur », 2000.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

. . . . Epistolario apocrifo di Seneca e San Paolo a cura di Laura Bocciolini Palagi, Florence, Nardini, 1985.

Liens externes La correspondance de Paul et Sénèque (texte latin et traduction française). Textes des correspondances dans la traduction anglaise.

Catégorie:Apocryphe chrétien Catégorie:Correspondance Catégorie:Sénèque