L'abbaye Saint-Léger d'Ébreuil, fondée au , est une abbaye située en France à Ébreuil dans l'Allier. Mais à la suite d'une décision de Louis XV (lettres patentes de ), les bâtiments ont été détruits pour faire place à un hôpital des Charitains.
Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'abbaye, à l'exception de l'église abbatiale de style carolingien, roman et gothique primitif. Elle est la seule église carolingienne d'Auvergne et fait partie des cinq églises carolingiennes de France ayant conservé leur charpente en bois.
Histoire de l'abbaye Fondation À la fin du Louis le Pieux (dit aussi "le Débonnaire"), fils de Charlemagne, roi d’Aquitaine, puis roi des Francs et empereur d'Occident y établit une de ses cinq résidences royales.Ses cinq résidences royales sont Doué-la-Fontaine, Chasseneuil-du-Poitou, Le Palais-sur-Vienne, Angeac et Ébreuil..
Au , entre et . la translation des reliques de saint Maixent et de saint Léger par les moines de Saint-Maixent en Poitou, fuyant les raids Normands, abouti à Ébreuil où le souverain carolingien, soit Charles l'Enfant ou probablement Charles le Simple, les installe dans la chapelle royale. Les reliques de saint Léger restent à Ébreuil, celles de saint Maixent sont captées par le roi Salomon où elles arrivent au monastère Saint Sauveur de Plélan siège du domaine royal, monastère dépendant de abbaye Saint-Sauveur de Redon.Ces reliques seront restituées à Saint Maixent au portées par un groupe de moines de Redon, leur pérégrination perturbée par les raids normands fait halte à Candé puis à Auxerre avant d'aboutir enfin à Saint Maixent.. En , d'après la Chronique de Saint-Maixent, ils construisent un premier monastère qui fait l'objet de nombreuses dotations dont celles de Lothaire qui fait don de la "terre" d'Ébreuil. Dans la deuxième moitié du l'abbatiale est l'objet de grands travaux portant sur la nef et le transept. En 1080, face au rayonnement du monastère, le pape Grégoire VII l'érige en abbaye de l'ordre de Saint-Benoît.
La possession des reliques de saint Léger attire la vénération des pèlerins et contribue à la richesse et à la notoriété de l'abbaye. La châsse de saint Léger qui date du repose actuellement sur une colonne de pierre, derrière le maître-autel.
Évolution du statut Les bâtiments monastiques ont été détruits au ainsi que le bas-côté sud de l'abbatiale. Un hôpital-maison de retraite a été construit à la place des bâtiments conventuels.
L'église abbatiale est devenue église paroissiale d'Ébreuil à la Révolution, en remplacement de l'église Notre-Dame, plus petite et en moins bon état, qui fut désaffectée.
Les abbés d'Ébreuil Les abbés d'Ébreuil ont été au nombre de cinquante, depuis Amblard qui dirigeait la communauté en 961 lorsque Lothaire lui abandonna le château d'Ébreuil jusqu'à Philibert Nicolas Hemey d'Auberive, abbé lorsque l'abbaye fut supprimée par la RévolutionGallia Christiana, II, et suiv. ; Abbé Boudant, Histoire d'Ébreuil ; Charles Bidet, D'Ébreuil à Châteauneuf, chap. « La liste des abbés », ..
Des fouilles faites dans le sol de l'église en 1767, avec un compte rendu qui est conservé, ont permis de retrouver les tombeaux de différents abbés, notamment un certain Gerbert, suivi de son neveu maternel Guillaume, premier abbé avant 1072 et mort en 1090Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, du département de l'Allier : sciences, arts et belles-lettres, tome XXII, 1919..
Le premier abbé commendataire semble avoir été Guillaume IV d'Aubière en 1473Ch. Bidet, op. cit., ..
Parmi les abbés les plus connus, on peut citer : François de Tournon (1489-1562), cardinal, successivement archevêque d'Embrun, de Bourges, d'Auch et de Lyon, diplomate, qui fut abbé commendataire d'Ébreuil de 1509 à 1526. Jacques-François de Sade (1705-1778), ami de Voltaire et d'Émilie du Châtelet, libertin et érudit, historien de Pétrarque et oncle du marquis de Sade, chargé de l'éducation de ce dernier de l'âge de quatre ans à l'âge de dix ans. Il fut abbé commendataire d’Ébreuil de 1744 à 1778. Philibert Nicolas Hemey d'Auberive (1739-1815), dernier abbé d'Ébreuil de 1780 à la Révolution. Il fit construire le logis abbatial. Il consacra la dernière partie de sa vie à la publication d'ouvrages de philosophie et de théologie et à une édition des œuvres complètes de Bossuet.
Architecture de l'abbaye L’église abbatiale
Elle a été bâtie entre le ; la nef et le transept sont de style carolingien, c'est d'ailleurs la seule église carolingienne d'Auvergne, tandis que le chœur est de style gothique primitif. Le clocher-porche à trois niveaux est de style roman du début . À noter les très belles peintures murales de la tribune.
Elle a été bâtie sur l'ancienne église du monastère construite vers 960 par les moines bénédictins de Saint-Maixent pour abriter les reliques de saint Léger. La châsse qui a contenu les reliques est en cuivre argenté et en bois, elle date du .
La nef bâtie au début du XIe siècle possède cinq travées marquées par des piliers rectangulaires sans sculpture et un narthex à l'auvergnate (toute la largeur de l'édifice). Une charpente en bois protège cette nef carolingienne. Devant la façade originelle a été implanté un magnifique clocher-porche rectangulaire construit vers 1125 et probablement inspiré de celui de l'abbaye de Fleury, à Saint-Benoît-sur-Loire.
L'abbatiale Saint-Léger est la seule église d'Auvergne à posséder une nef carolingienne. Georges Jousse écrit " Elle est, par son ancienneté, ses innovations architectoniques et artistiques, la référence en matière d'art roman et gothique en Auvergne".
Les recherches de Georges JousseGeorges Jousse, Ébreuil, son magnifique clocher-porche. Les secrets de sa construction révélés, Imestra Éditions, 2020. démontrent que ce clocher-porche, exceptionnel par son élégance, ses proportions et son harmonie générale, a été construit en utilisant les triangles égyptiens (le triangle isiaque 3-4-5, le triangle de Khéops et le nombre d'or..).
En 1170, le chevet carolingien a été détruit et remplacé par un chevet de style gothique naissant.
Il est intéressant de noter que nef, travée, clocher-porche répondent à l'élégance du nombre d'or.
Les bas-reliefs du tympan du portail ont été retrouvés en 1860 sous une dalle de l'église, cette sculpture peut être datée du ..
Les magnifiques peintures murales romanes de la tribune représentent saint Austremoine, saint Clément et le martyre de saint Pancrace sur la face sud, le martyre de sainte Valérie sur la face ouest, et l'annonciation et le miracle de Tobit sur la face nord. Dans une étude approfondie, Georges Jousse a daté ces peintures de 1085-1090 pour les faces sud et ouest et de 1115-1120 pour la face nord.
Dans la nef, à partir du troisième pilier sud on trouve une magnifique peinture de saint Georges terrassant le dragon et au-dessus une peinture du Christ en croix, ainsi que saint Blaise et saint Léger (Leodegarius en latin). Ces peintures sont du .
Les bâtiments monastiques Il n'existe plus rien des bâtiments monastiques à la suite de leur destruction au (1776). Les bâtiments conventuels ont été remplacés par un hôpital dirigé par les religieux charitains (ordre de Saint-Jean-de-Dieu).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Boudant (Abbé), Histoire de la ville, du château et de l'abbaye d'Ébreuil, Moulins, Desrosiers 1865, grand in-4, 68 p., frontispice lithographié, 5 planches h. t. lithographiées en bistre et 2 pl. h. t. de blasons. Joseph Viple, Ébreuil, l'église abbatiale de Saint-Léger, Moulins, Crépin-Leblond, 1930, 27 p.
Alice M. Laborde, J. F. de Sade, abbé commendataire d'Ébreuil : 1745-1770 (« Correspondances du marquis de Sade et de ses proches enrichies de documents, notes et commentaires », 10), Slatkine, 1994, 290 p. .
(Prix Achille-Allier 2019)
Articles connexes Abbaye Hôpital des Charitains
Liens externes
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