La famille de Barral est une famille de la noblesse française subsistante.
Elle compte parmi ses membres des conseillers et présidents au parlement de Dauphiné, des maîtres de forges, des prélats, des officiers dont des généraux, des hommes politiques et des hauts fonctionnaires, une femme de lettres brésilienne.
Histoire
Origines La famille de Barral est originaire du Dauphiné.
Différentes sources rapportent ceci quant à son origine :
Des nobiliaires établissent la filiation de la famille de Barral depuis Jean de Barral, né vers 1290, qui reçut en inféodation, conjointement avec son frère Guigues de Barral, de Henri, dauphin, régent du Dauphiné et de Guigues, dauphin du Viennois, droits de picot, de vingtain et d'antivage sur les mines dont ces princes leur donnèrent l'albergement perpétuel, le . C'est par suite de cette inféodation que ce lignage se trouva en possession de la seigneurie d'Allevard, qu'il a conservée tout d'abord jusqu'en 1532. Une branche dite " de Saint-Aupre", issue de Gaspard de Barral, époux d'Hélène de Clermont Chaste de Geyssans, nièce d'Anet de Clermont Chaste, Grand-Maître de Malte, s'installe à nouveau au pays d'Allevard vers 1670. Elle donnera plusieurs maîtres de forges. C'est également le cas du Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France. Gustave Chaix d'Est-Ange dans son ouvrage intitulé Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du rapporte que la famille de Barral appartenait à la très haute bourgeoisie de sa région dans la deuxième moitié du avec pour premier auteur connu Louis Barral qui s'était marié en 1565. Il ajoute qu'il n'y a pas de preuve d'un éventuel rattachement avec une autre famille de même nom mentionnée en Graisivaudan qui était noble au Moyen Âge et qui s'est éteinte au . Il rapporte ceci : "Gaspard de Barral, avocat au parlement de Grenoble, (…), fut anobli en octobre 1643 par lettres patentes enregistrées au parlement de Grenoble en juillet 1645, en considération de ses mérites, de ses emplois, des alliances que lui et ses prédécesseurs avaient contractées avec des familles nobles et de la mission dont il avait été chargé auprès du Pape Grégoire XV pour le complimenter de la conversion du connétable de Lesdiguières." L'auteur ajoute que la famille de Barral est l'une des familles les plus distinguées de la noblesse de robe du Dauphiné. Arnaud Clement, reprenant manifestement les écrits de Chaix d'Est-Ange, écrit que cette famille a été anoblie par lettres de 1643 enregistrées en 1645, lettres révoquées en 1664, réanobli en 1671 et taxe de confirmation de noblesse en 1700, il mentionne des titres réguliers aux et Arnaud Clement, La noblesse française, Academia, 2024, page 157..
Maîtres de forges à Allevard Sous François de Barral de Clermont (1625-1699), époux de Louise de Tencin, apparenté par sa mère aux Clermont-Chaste et neveu d'Annet de Clermont-Gessan, grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de grands travaux sont entrepris dans la petite ville fortifiée d'Allevard alors très malsaine. La construction du premier pont de pierre date de 1688, la réfection de l'ancienne église et le réaménagement de l'ancien château sont réalisés entre 1692 et 1693. La première ouverture du rempart au sud de la cité suivra. Il acquiert ensuite les titres de seigneur d’Allevard, la Ferrière, Pinsot, Saint-Pierre, le Bellier (près de Saint-Aupre), la Bâtie d’Arvillard ainsi que les terres minières, les forêts et les fourneaux travaillant sur ces minerais. Grâce à ses liens avec les Tencin dont ses mines alimentent le fourneau de Lancey, François bénéficie, en , d’un arrêt du Conseil du Roy exemptant de péage les mines à destination de Lancey et Saint Gervais. François de Barral de Clermont, oncle des célèbres Tencin, décède, doyen du Parlement de Grenoble, en 1699.
Son fils Joseph met ses pas dans ceux de ses ancêtres et achète en 1708, sur résignation de son oncle Tencin un office de Président au Parlement de Grenoble. Il convole à Paris en 1709 avec une demoiselle Blondel de Sissonne dont le père est sous les ordres du marquis de Torcy, fils du frère du grand Colbert. Enfin, il augmente ses domaines et la capacité de son fourneau aux dépens des derniers tenanciers indépendants. Président au Parlement de Grenoble, Joseph de Barral, seigneur d'Allevard, commandant en chef pour le roi en Dauphiné, ayant, sur les conseils des Tencin, largement profité du « sistème » de John Law… et de sa chute, est l'homme le plus riche de la province. Il aura, outre l'« avare atroce » Jean-Baptiste, treize autres enfants légitimes, dont les évêques de Castres (Jean-Sébastien) et de Troyes (Claude-Mathias) et le conseiller Charles Gabriel Justin de Barral de Rochechinard, lui-même père du général André Horace François de Barral de Rochechinard, époux d'Anne, fille de Fanny de Beauharnais et tante de Stéphanie de Beauharnais, grande-duchesse de Bade. Par cette dernière alliance, les Barral d'Allevard vont cousiner au avec une reine du Portugal, un roi de Roumanie et le roi des Belges et, indirectement, avec les familles régnantes de Russie, de Prusse et de Suède. Le conseiller de Barral de Rochechinard est également le père de Louis-Mathias de Barral, archevêque de Tours, premier aumônier de l'impératrice Joséphine et l'un des plus grands prélats du Premier Empire, et du président Joseph Marie de Barral de Montferrat, dernier marquis de Groslée et maire de Grenoble sous la Révolution. Un enfant naturel de Joseph de Barral, seigneur d'Allevard et marquis de la Bâtie d'Arvillard, sera la tige de la famille savoyarde puis italienne et de nouveau française des Barral de Montauvrard, industriels en marbres de Carrare, bientôt apparentés au Premier ministre italien, le marquis Starraba di Rudini.
En 1739, la terre de la Bâtie d'Arvillard a été élevée en marquisat au bénéfice de Joseph de Barral (1677-1749), fils de François et père de Jean-Baptiste, seigneur d'Allevard, maître de forges, cousin germain du cardinal de Tencin, beau-frère du richissime ministre et diplomate Louis-Augustin Blondel de Gagny. Joseph de Barral se trouvait, en outre, apparenté du fait de son épouse, née Marie Françoise Blondel de Sissonne d'une famille picarde et champenoise, à la famille de Colbert et à celles des ministres Michel Chamillart et Nicolas Desmarets. Marie-Françoise de Barral, par ailleurs, était cousine germaine de Nicole Charlotte Choderlos de Laclos et de Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, dit « Ventremille », très « opulent » duc de Saint-Cloud et archevêque de Paris.
En 1751, le roi érigera la terre d'Allevard et son mandement, sous le nom de comté de Barral, en seigneurie incommutable au profit de Jean-Baptiste de Barral (1709-1785), petit-fils de François et président à mortier au Parlement, époux de Marie Antoinette Charlotte de Chaumont-Quitry.
Sœur cadette de madame de Barral, Anne, épouse de l'amiral Claude Regnard de Fuchsemberg, marquis d'Amblimont, surnommée par la maîtresse du roi « la petite chatte », restera avec madame d'Estrades et jusqu'à sa mort (1764) l'une des plus fidèles confidentes de la marquise. Jean-Baptiste (fils de Joseph), seigneur d'Allevard, cet , était bien connu de Voltaire qui le rencontra et lui offrit l'hospitalité « sans espoir de retour » en 1757 aux Délices à Genève… non sans avoir consacré à l'épouse du grigou - supposée à juste titre très influente auprès de la puissante marquise de Pompadour lors de la guerre de Sept Ans - notre dame d'Allevard si belle et si bonne - par ailleurs proche parente des « chers anges » et amis d'enfance du philosophe, Charles-Augustin de Ferriol d'Argental et Antoine de Fériol de Pont-de-Veyle dont la mère était une TencinAngélique de Tencin, épouse du comte Augustin de Ferriol, receveur général des finances du Dauphiné et président du Parlement de Metz. Cette sœur aînée du cardinal et de madame de Tencin avait été, entre autres, la maîtresse de Vauban. - ce charmant épigramme :Les malins qu'Ignace engendra Ces raisonneurs de Jansénistes, Et leurs cousins les Calvinistes, Se disputent à qui l'aura. Les Grâces dont elle est l'ouvrage, Disent : « elle est notre partage Et c'est à nous qu'elle resteraLettre de Jean-Louis Du Pan à Abraham Freudenreich 1757 - Genève B.P.U ms suppl. 1547 »Pierre-François Paulin de BarralGeorges Salamand : Paulin de Barral, libertin dauphinois - un débauché à la veille de la Révolution française éditions de La Pensée Sauvage 1989, son petit-fils (1745-1822), très « librement » élevé par son précepteur, collaborateur de l'Encyclopédie, l'abbé de Valmont, sera le dernier seigneur d'Allevard et de Jaligny en Bourbonnais. Ce fils de Jean-Baptiste, d'abord destiné à l'Église puis relevé de ses vœux à la mort de son frère aîné, Armand, deviendra mousquetaire du roi à quinze ans, puis colonel des Grenadiers royaux et gouverneur de la ville de Vienne. Marié à Versailles à dix-huit ans avec une riche héritière du Bourbonnais, Marie-Séraphine Guillaud de la Motte, en ayant le roi Louis XV, la reine Marie Leczinska et madame de Pompadour comme témoins, Paulin, comte d'Allevard et comte de Barral, « mauvais garçon caractériséGeorges Poisson : Choderlos de Laclos ou l'obstination, Prix Goncourt de la biographie 1986 », très tôt exilé de la cour à la suite d'un scandale de mœurs, cultivé et plein d'humour, qui écrivait à son père, l'effroyable avare : , s'est avéré comme étant ce libertin fameux dont Stendhal nous affirme qu'il « mettait sa gloire à être l'amant de toutes les filles du paysStendhal : Mémoires d'un touriste 1848 ». Tout Allevard écrivait-il, . Du fait de ses ruineuses débauches et toujours impécunieux, « l'aimable » Paulin, baron d'Empire, président « scandaleux et perdu de réputation » (selon Champollion-Figeac) du collège électoral de l'Isère, protégé car cousin proche de l'impératrice Joséphine de Beauharnais et chambellan de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, vendra à perte son château et ses usines en 1817 à A.B ChampelNotes et réflexions de Marc Nicolas Bouffier sur le pays d'Allevard (1846) Histoire du fer au pays d'Allevard , 2008.
Sous l'Empire au Horace de Barral épouse Anne-Amédée de Beauharnais, cousine par alliance de l'Impératrice Joséphine et ainsi tante de la princesse Stéphanie de Bade et d'Eugène de Beauharnais, duc de Leuchtenberg, prince d'Eichstadt.
L'Empereur confia à Louis-Mathias de Barral, archevêque de Tours et aumônier de l'impératrice Joséphine, toutes ses négociations délicates avec le Pape et c'est ce même Barral qui prononça l'oraison funèbre de l'Impératrice Joséphine. Napoléon qualifiait l'archevêque "d'homme de grande instruction".
Personnalités
des militaires : Des officiers généraux d'ancien régime et d'Empire dont André Horace François de Barral de Rochechinard, maréchal des camps et armées du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, général et préfet du Cher, époux d'Anne Amédée de Beauharnais. des capitaines châtelains de Voiron un capitaine et major de la ville de Metz un gouverneur du château d'Entremont pour le roi Louis XIII un gouverneur du château de Culan pour le roi Louis XIV, tué au siège de Montrond Napoléon Paul de Barral (1806-1850), général, mort pour la France dans le village d'Amsiouène à Beni-Immel en 1850 en Algérie.
des maîtres de forges aux : François de Barral de Clermont, seigneur d'Allevard, conseiller au Parlement de Grenoble, Joseph de Barral de Clermont, marquis de la Bâtie d'Arvillard et seigneur d'Allevard, président au Parlement de Dauphiné, fils du précédent. Jean-Baptiste François de Barral, marquis de la Bâtie d'Arvillard et comte d'Allevard, président au Parlement de Dauphiné, fils du précédent
des hommes politiques et diplomates : trois présidents au parlement de Grenoble, et plusieurs conseillers en la même cour souveraine des sénateurs et députés sous le Second Empire et la République