Mathilde Marie Georgina Élisabeth de Peyrebrune Judicis, dite George (ou Georges) de Peyrebrune, née à Pierrebrune, hameau de Sainte-Orse (Dordogne), le et morte à Paris le , est une femme de lettres française, autrice de romans populaires.

Biographie Mathilde Judicis est déclarée sous le nom de Peyrebrune. Elle est une enfant naturelle, fille de Françoise Thérèse Céline Judicis (Excideuil 1811 - Chancelade 1896) et de Georges Johnston (Bordeaux 1773 - Redon, Granges d'Ans 1844), capitaine de cavalerieBase généalogique RogloNelly Sanchez, Lettres de Camille Delaville à Georges de Peyrebrune 1884–1888, édition préfacée et annotée par Nelly Sanchez Claude Roumagous, Une grande femme de lettres oubliée article du Sud Ouest, publié le 18/02/2011 . Elle signe G. Johnston de Peyrebrune son acte de mariage en 1860 avec Paul Adrien Eimery, avocat et ancien membre du conseil municipal de Périgueux ; elle est alors âgée de 18 ansActe de mariage, état civil de Périgueux .

Venue à Paris après la guerre de 1870, elle contribue à plusieurs revues féminines et publie un grand nombre de romans à succès populaire, notamment Victoire la Rouge, roman social, paru en 1883, traitant le sujet des filles de ferme pauvres qui étaient renvoyées dès qu'elles tombaient enceintes. Ce roman est réédité à plusieurs reprises à partir de 2020, d'abord aux Éditions Talents Hauts. Cette période d'activité littéraire très intense témoigne d'une forte capacité de travail puisque, à peine installée dans la capitale après la Commune, elle rédige et publie, entre 1877 et 1909, l'essentiel de son œuvre romanesque, dont les romans Gatienne (Calmann-Lévy, 1882), Les Frères Colombe (P. Ollendorff, 1885), ou encore Les Ensevelis (P. Ollendorff, 1887) qui, rapportant des faits divers miniers, sont particulièrement remarqués.

Deux de ses romans sont récompensés par l'Académie française : en 1897, Vers l’amour et, en 1900, Au pied du mât. En 1905, elle participe à la création du célèbre prix Fémina et fait partie du premier jury.

Elle meurt dans la pauvreté et l'oubli en 1917. Ses cendres se trouvent au columbarium du Père-Lachaise (case ).

Octave Mirbeau s'est inspiré des thèmes de ses romans pour élaborer l'intrigue de plusieurs de ses œuvres, notamment Le Journal d'une femme de chambreAssociation Octave Mirbeau, Dictionnaire Octave Mirbeau, Peyrebrune, George deNelly Sanchez, « Victoire la Rouge » : source méconnue du Journal d’une femme de chambre, 2006., composé en 1900, qui fut par la suite adapté au cinéma par Luis Buñuel, avec Jeanne Moreau. Ce sujet fait l'objet d'études dans le domaine littéraire.

Engagement politique Georges de Peyrebrune est considérée comme féministe et républicaine.

Elle revendique sa condition d'autrice pour laquelle elle a dû se battre. Elle dénonce par exemple, dans Le Roman d'un bas-bleu, les difficultés que rencontrent les jeunes autrices pour entrer dans le monde de l'édition, en particulier la nécessité de dépendre d'un homme et des risques de tomber dans une forme de prostitution. À ce propos, dans sa correspondance avec l'autrice Rachilde, elle écrit : .

Son œuvre littéraire se caractérise par des personnages féminins complexes. Georges de Peyrebrune aborde le sujet des relations hommes-femmes et de la liberté sexuelle des femmes dans plusieurs de ses œuvres comme Gatienne et Donna Juana. Jean-Paul Socard écrit à cet égard : .

Postérité En 2011, Jean-Paul Socard, maître de conférence à l'Université Paris III Sorbonne-Nouvelle, publie Georges de Peyrebrune : itinéraire d'une femme de lettres, du Périgord à Paris, un ouvrage de référence dans lequel il retrace la carrière littéraire de l'autrice. Dans cet ouvrage, il incite le grand public à relire son œuvre et le milieu du livre à le rééditer. vignette|alt=Mme Georges de Peyrebrune. On annonce la mort de Mme Georges de Peyrebrune, décédée la nuit dernière après une douloureuse maladie. Mme Georges de Peyrebrune est l'auteur de nombreux romans, dont : Victoire la Rouge, Marco, Deux amoureuses et Une séparation, sont les plus connus. |Entrefilet dans le journal du peuple du 18 novembre 1917 annonçant sa mort.

De fait, l’œuvre de Georges de Peyrebrune fait l'objet de plusieurs rééditions au XXIe siècle, en particulier son roman Victoire la Rouge. Quatre éditeurs republient ce roman : les éditions Talents Hauts en 2020, puis, en 2024, les éditions Hatier dans leur collection Classiques & Cie Collège, les éditions Magnard dans leur collection Classiques & Patrimoine, et, toujours en 2024, les éditions du Livre de Poche dans leur collection Classiques. Les éditions du Livre de Poche, dans la collection Classiques, ont également réédité son roman Les Ensevelis en 2025, puis, dans un même volume, deux courts romans, Les Frères Colombe et Laquelle ?, en 2026.

Distinctions Prix de Jouy, , pour Vers l'amour, . Prix Montyon, , pour Au pied du mât, .

Œuvres . . De Fouillis-Les-Oies à Paris, Odyssée burlesque, feuilleton publié dans Le Libéral (du au ) ; rééd. L'Harmattan (2022) . . .vignette|alt=Extrait du journal, Feuilleton du petit nord, Marco ou la revanche d'une morte de Georges de Peyrebrune |publication en feuilleton du roman Marco dans Le Petit Nord du 29 mai au 22 août 1882, après la parution dans la Revue des deux mondes l’année précédente. . . . . . . . . . . . . . . . .

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Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Éditions critiques de ses œuvres

. Victoire la Rouge, éd. de Julie Floury, Les Talents hauts, "Les Plumées", 2020. Victoire la Rouge, éd. de Céline Macquet, Paris, Hatier, "Classiques et cie. Collège", 2024. Victoire la Rouge, Paris, Magnard, "Classiques et patrimoine. Lycée", 2024. Victoire la Rouge, éd. de Sophie Ménard, Paris, Le Livre de Poche, "Classiques", 2024. Les Ensevelis, éd. de Sophie Ménard, Paris, Le Livre de Poche, "Classiques", 2025. Le Roman d'un bas-bleu, éd. de Julie Floury, Les Talents hauts, "Les Plumées", 2025.

Ouvrages

Nelly Sanchez, Les Lettres de Camille Delaville à Georges de Peyrebrune (1884-1888), laboratoire du CNRS (UMRS 6365) Correspondances et Journaux intimes des XIXe et XXe siècles (Brest, France), 279 p. Jean-Paul Socard, Georges de Peyrebrune (1841-1917). Itinéraire d'une femme de lettres du Périgord à Paris, Arka, Périgueux, 2011, 239 p.

Articles Peyrebrune, « Georges de (née Mathilde Georgina Elisabeth Judicis de Peyrebrune) (1841-1917) », in La vie populaire du 23 septembre 1888 . . . . . . . . .

Liens externes

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