209 partis politiques en Tunisie parmi ceux fondés en 2011 sont actifs au sein du système politique en .. 18 d'entre eux comptent des députés à l'Assemblée des représentants du peuple et cinq disposent de plus de huit sièges dont Nidaa Tounes et Ennahdha qui occupent une position dominante.

La quasi-totalité d'entre eux ont été créés après la révolution de 2011 mais plusieurs d'entre eux ont fusionné ou intégré d'autres partis. Certains connaissent des défections, d'autres sont mort-nés et n'ont accompli aucune activité après leur autorisation.

Histoire

Constitution de 1959 À l'indépendance, la Tunisie possède un système politique caractérisé par un parti politique dominant, le Néo-Destour qui devient quelques années plus tard le Parti socialiste destourien, transformé après l'accès du président Zine el-Abidine Ben Ali au pouvoir, en 1987, en Rassemblement constitutionnel démocratique. Certains partis d'opposition sont autorisés mais ne sont pas en mesure de prendre le pouvoir.

À l'indépendance, la Tunisie possède un système politique caractérisé par un parti politique dominant, le Rassemblement constitutionnel démocratique, héritier du mouvement indépendantiste mené par Habib Bourguiba. Certains partis d'opposition sont autorisés mais ne sont pas en mesure de prendre le pouvoir.

Révolution et assemblée constituante Cette situation évolue à la suite de la révolution de 2011 : un premier gouvernement d'union nationale est formé à partir d'indépendants et de certains partis d'opposition légalisés. Le , la légalisation de tous les partis politiques et associations autrefois interdits est proclamée.. En date du , 92 nouveaux partis politiques ont été créés..

En outre, des élections libres sont planifiées à l'origine dans les soixante jours selon la Constitution de 1959. ; ces élections ont finalement lieu le . afin d'élire une assemblée constituante. L'« atomisation » de l'échiquier politique aurait pu être favorable aux islamistes d'Ennahdha, c'est pourquoi la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a adopté le mode de scrutin proportionnel selon la méthode du plus fort reste, laquelle empêche un parti d'être prédominant dans l'assemblée et favorise la représentativité de la plupart des partis en compétition.. En outre, pour empêcher que le Rassemblement constitutionnel démocratique, parti du président déchu désormais dissous, puisse réapparaître sous une autre étiquette politique., la même instance propose de proclamer inéligibles ses anciens membres ayant assumé des postes de responsabilité durant les précédentes. Cette décision est fortement controversée mais l'article 15 de la loi sur l'élection de la constituante n'exclut finalement que les anciens membres du RCD ayant eu une responsabilité lors des dix dernières années ; cette loi prévoit l'établissement d'une liste nominative des personnes concernées.

Sur les 115 partis légalisés avant les élections de 2011, 97 ont présenté des listes spécifiques ou dans le cadre de coalitions, mais seuls 19 partis ont obtenu des sièges..

Constitution de 2014 La Constitution de 2014 établit un régime semi-parlementaire et les élections législatives qui suivent conduisent à la domination de Nidaa Tounes et d'Ennahdha. Leur collaboration puis leur alliance avec l'Union patriotique libre, contribue au blocage des prises de décision. Par ailleurs, Nidaa Tounes est affaibli par des dissensions qui lui font perdre son rang de premier parti au profit d'Ennahdha et conduisent à la création de plusieurs partis comme Machrouu Tounes, Tounes Awalan ou Bani Watani. Toutefois, seul le premier bénéficie d'une représentativité parlementaire.

Partis pré-révolutionnaires Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), fondé le en remplacement du Parti socialiste destourienAkram Ellyas et Benjamin Stora, Les 100 portes du Maghreb : l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, trois voies singulières pour allier islam et modernité, éd. Atelier, Paris, 1999, p. 35., est au pouvoir de 1988 à 2011. Dirigé par le président Zine el-Abidine Ben Ali, il est dissout le , à la suite de la révolution tunisienne.. Le Parti démocrate progressiste, fondé le et reconnu le , fusionne au sein d'Al Joumhouri le ..

Voici une liste des autres partis politiques présents sur la scène politique tunisienne avant la révolution :

+ Partis politiques légalisés avant la révolution Nom Acronyme Nom original Date de légalisation Orientation politique Dirigeant Notes Mouvement des démocrates socialistes MDS Social-démocratie Mohamed Ali Khalfallah Scission du PSD Non reconnu à sa fondation le Parti de l'unité populaire PUP SocialismePanarabisme Hassine Hammami Scission du MUPNon reconnu à sa fondation en Parti social-libéral PSL Social-libéralisme Mondher Thabet Union démocratique unioniste UDU SocialismePanarabisme Ahmed Inoubli Parti des verts pour le progrès PVP Écologisme Mongi Khamassi Scission du PSLLe PVP obtient ainsi un des deux sièges du PSL à sa fondation.

Partis post-révolutionnaires Les partis politiques majeurs dominant la scène politique en Tunisie. sont les suivants :

NomNom originalDate de légalisationPositionnement IdéologieDirigeantNotesEnnahdha mars 2011DroiteIslamismeConservatismeDémocratie islamiqueRached GhannouchiParti conservateur islamiste, non reconnu à sa fondation le , dénommé Mouvement de la tendance islamique jusqu'en 1989 ; branche des Frères musulmans en TunisieNidaa Tounes 6 juillet 2012CentrismeBourguibismeLaïcitéSelma ElloumiFondé par l'ancien président Béji Caïd Essebsi en 2012, ambitionne de faire contre-poids au parti islamiste EnnahdhaAl Joumhouri 9 avril 2012 (fondation)CentrismeDémocratie libéraleIssam ChebbiFondé par des membres de Afek Tounes, le Parti démocrate progressiste (PDP), le Parti républicain, Irada, Bledi, le Parti pour la justice social démocrate (PJSD) et le Parti Al-Karama, ainsi que des groupes et des listes indépendantesParti des travailleurs 18 mars 2011Extrême gauche CommunismeMarxisme-léninismeAnticapitalismeHamma HammamiNon reconnu à sa fondation le , finalement légalisé par décision du gouvernement d'union nationaleParti destourien libre23 septembre 2013Centre droit à Droite NationalismeBourguibismeAbir MoussiHéritier du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)Tahya Tounesتحيا تونس 4 mars 2019Centrisme Libéralisme Youssef ChahedEttakatolالتكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات25 octobre 2002Centre gaucheSocial-démocratieLaïcitéKhalil ZaouiaScission du MDS, non reconnu à sa fondation le ; membre permanent de l'Internationale socialisteAfek Tounes28 mars 2011Centre droitProgressismeLibéralismeYassine BrahimMembre fondateur du Réseau libéral Al Hurriya

Partis légalisés Si 250 partis politiques non reconnus sous le régime du président Ben Ali ou nouvellement constitués sont légalisés à la suite de la révolution, diverses fusions ont lieu par la suite : Le Mouvement de la citoyenneté et de la justice, d'idéologie gauchiste, se dissout au sein du Parti tunisien du travail qu'il quitte ensuite pour rejoindre un parti de centre droit, l'Union patriotique libre (UPL) ; son secrétaire général Nabil Tlili en devient le coordinateur. Le Parti libéral tunisien, d'idéologie libérale et anti-islamiste, s'est également dissous dans l'UPL ; son président Mounir Baatour est désigné comme président du conseil des hommes d'affaires de l'UPL.. Onze partis fusionnent le . pour donner naissance au Parti El Watani EttounsiIssu notamment de la fusion d'Al Watan Al Horr, du Parti de l'avenir () de Sahbi Basly, légalisé le , du Parti réformiste destourien () de Mohamed Ben Saad, de l'Alliance pour la Tunisie () de Karim Missaoui et de l'Union populaire républicaine () de Lotfi Mraihi, légalisés le , du Parti libre destourien tunisien démocratique () d'Abdelmajid Chaker, légalisé le , de la Voix du Tunisien () d'Amor Bejaoui, légalisé le , du Mouvement progressiste tunisien () de Mustapha Touati, légalisé le , du Mouvement de la Tunisie nouvelle () de Mustapha Masmoudi, légalisé le , et du Parti de l'unité et de la réforme () de Ezzedine Bouafia, légalisé le et qui rejoint l'Initiative nationale destourienne le ., avant que sept d'entre eux rejoignent L'Initiative.. Certains d'entre eux, à l'instar de Amor Bejaoui, chef de la Voix du Tunisien annoncent par la suite qu'ils rejoignent Nidaa Tounes de Béji Caïd Essebsi, ce dernier précisant qu'ils sont les bienvenus en adhérant individuellement et non comme représentants de partis. L'Alliance nationale pour la paix et la prospérité, le Parti Tounes El Karama et Al Amana fusionnent au sein d'Al Amen ; ils ont désormais un représentant à l'assemblée constituante après le ralliement de Moez Kammoun, élu de la Pétition populaire pour la liberté, la justice et le développement. Le Parti pour le progrèsLe Parti pour le progrès () de Fethi Touzri est absorbé en décembre 2011 ; le parti avait été légalisé le . est absorbé par Afek Tounes.. Ensuite, sept partis — dont le PDP, le Parti républicain, Afek Tounes, Al Irada, le Mouvement Bledi et le Parti pour la justice social-démocrate — fusionnent sous le nom d'Al Joumhouri. Toutefois, des membres de la constituante et plusieurs fédérations régionales du PDP refusent cette fusion et lancent le Courant réformateur, devenu par la suite l'Alliance démocratique. En 2014, plusieurs figures d'Al Joumhouri quittent le parti pour rejoindre Nidaa Tounes ; Afek Tounes s'en détache pour reformer le parti mené par Yassine Brahim. Le Mouvement des patriotes démocrates (MOUPAD) entre en discussion avec le Parti du travail patriotique et démocratique pour sceller l'union de la famille « patriote démocrate » mais le second parti enregistre une divergence entre son secrétaire général, Abderrazak Hammami, qui s'est retiré des discussions, et son second, Mohamed Jemour, qui tient à la fusion. Dans le même temps, au sein du MOUPAD, le groupe de Jamel Lazhar se rapproche du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT). Finalement, une large alliance des partis de gauche et panarabes se constitue, avec notamment le PCOT devenu le Parti des travailleurs, le MOUPAD, le Parti d'avant-garde arabe démocratique, le Mouvement Baath, le Parti populaire pour la liberté et le progrès, le Mouvement populaire unioniste, ainsi que le Mouvement des démocrates socialistes (groupuscule d'Ahmed Khaskhoussi) et le Mouvement du peuple, qui avait absorbé auparavant le Mouvement du peuple unioniste progressisteLe Mouvement du peuple unioniste progressiste () de Zouhair Maghzaoui est issu de la fusion le 20 mars 2011 du Mouvement unioniste progressiste () de Béchir Essid et du Mouvement du peuple-Echaâb () de Khaled Krichi, légalisés le 8 mars 2011..