La marche est un mode de locomotion naturel chez l'être humain. Elle consiste en un déplacement en appui alternatif sur les pieds, en position debout et en ayant toujours au moins un point d'appui en contact avec le sol, sinon il s'agit de course.

C'est un des principaux modes de déplacement, qui fait partie des modes dits « fatigants », « doux » ou « actifs », comme des moyens de transport tels que la bicyclette, la trottinette ou le patinage à roulettes, par opposition aux modes de transport motorisés parfois dits « passifs ». Elle peut également être pratiquée en tant que sport ou loisir.

Marcher 7000 pas par jour est bénéfique pour la santé.

Histoire

Origines Des travaux récents de neurosciences et de biomécanique comparée laissent penser que bien avant l'apparition d'espèces terrestres capables de marcher (vertébrés tétrapodes) des poissons anciens pouvaient marcher sur le fond marin ou le littoral sur deux nageoires, en utilisant probablement les mêmes circuits neuronaux que nous. Plusieurs espèces de poissons contemporains, présentent certaines dispositions à la marche sur le fond voire hors de l'eauDengle, Roni (2018) This walking fish may reveal how animals first took to land | 08 février 2018.

La bipédie des premiers hominiens ne date « que » d'il y a environ deux millions d'années mais l'homme n'est pas le premier animal à avoir pratiqué la marche

La marche pédestre a ensuite été le mode de déplacement des bipèdes. Elle fut utilisée de façon plus ou moins adroite dès l'apparition des premiers hominiens, il y a environ deux millions d'années. Ce mode de déplacement permit une libération des membres avants préhensiles, ce qui les rend disponibles pour la manipulation d'outils en station debout voire en marchant. Dès lors, la marche n'est plus un simple moyen de déplacement, elle devient le moyen par lequel l'homme projette son action. Elle accompagne ainsi l'évolution de l'espèce humaine en créant les conditions d'un développement de ses facultés intellectuelles.

Du Paléolithique à l'ère industrielle La marche et la course sont longtemps les seuls moyen de déplacement terrestre de l'homme. La marche est restée le principal moyen même après l'invention de la roue, du char et de la batellerie, et la domestication du cheval. Les légions romaines se déplacent à pied, et la marche est encore largement utilisée pour les déplacements d'usage au Moyen Âge alors que la possession d'une monture ou d'un charriot est un attribut de richesse. Ainsi, jusqu'au environ de 1850, l'homme ne peut pas accélérer sa vitesse moyenne de déplacement, qui est de l'ordre d'un mètre par seconde. La portée maximale est d'environ grâce à l'utilisation d'infrastructures et de forces animale ou éolienne performantes. Par exemple, à l'apogée de l'Empire inca, les messages pouvaient être transmis en quelques jours à travers tout le territoire grâce au réseau de routes et de relais longeant la cordillère des Andes. en semble aussi être la limite dans les marches rapides compétitives d'endurancePar exemple Sportportret Bické Theo : en 23 h 57 min 23 s, en moyenne .. Par contre, dans la course à pied des distances jusqu'à par ont été réalisées (Yiánnis Koúros, ).

Cette difficulté de déplacement a conduit à deux modes de vie principaux.

Nomadisme L'humanité a vécu à l'état nomade durant tout le Paléolithique, le Mésolithique durant lequel elle est devenue peu à peu semi-nomade pour commencer à se sédentariser durant le Néolithique. Ce mode de vie implique une connaissance des territoires parcourus, souvent avec une logique de circuit dont l'amplitude peut aller de à . Ce mode de vie a pour but de profiter au maximum de la richesse des ressources locales que ce soit pour la pratique de la cueillette et de la chasse ou la pratique du pastoralisme. .

Sédentarité Apparue durant le Néolithique, la vie sédentaire implique des déplacements en aller-retour depuis un point fixe. Ce mode de vie impose alors généralement un espace de vie d'un rayon de sept kilomètres, jusqu'au début du pour une grande partie de la population, ayant pour seul mode de transport la marche, la vie se déroulait presque entièrement dans cet espace. Les échanges de produits se font de proche en proche, 90 % des produits disponibles ont été produits dans un rayon de sept kilomètres.

Invention de l'automobile Il faudra attendre la popularisation de l'automobile au pour modifier le rapport de l'homme avec la marche. Cette invention fait alors naître le fantasme d'abolition de la contrainte d'espace et de temps, que l'on retrouve dans la recherche permanente de la vitesse. Sur le plan fonctionnel, la marche est ainsi mise en concurrence avec une automobile accessible à tous, mais aussi avec le vélo et les transports en commun. Toutefois, il demeure malgré tout de nombreux adeptes de la marche, de la promenade, de la flânerie, ainsi des amateurs de nature, cueilleurs de champignons, golfeurs et autres randonneurs.

Histoire militaire

Depuis des temps immémoriaux, les soldats se sont déplacés en groupes homogènes, et la marche est le mode de déplacement par excellence des fantassins. La marche est également un moyen d'organiser la discipline et l'esprit de corps dans les troupes, par exemple à travers des styles de déplacement de parade ou pour défiler, en pratique peu fonctionnels, mais obéissant à des règles strictes (« manœuvres à pied »), dont le respect démontre une grande maîtrise. Leurs éléments principaux sont notamment : le style de pas (pas glissé en Grande-Bretagne, pas de l'oie de l'armée allemande sous le Reich) ; le rythme, qui peut être dicté par un sergent-instructeur (« gauche, gauche... ») ou par de la musique (chant entonné par les soldats eux-mêmes ou musique d'accompagnement (voir Marche (musique)) ; le rythme de la légion étrangère est très lent, celui des chasseurs à pied français ou des bersagliers italiens, très rapide ; le maintien des espacements dans les virages (piétinement sur place des soldats à l'intérieur du virage pour que le rang jusqu'à ceux situés à l'extérieur reste droit et balaie le secteur comme un rayon).

Mode de locomotion On l'oppose ici aux modes de locomotion comme la reptation, la nage et la course.

Psychomotricité La station debout et le fait que le déplacement de la masse corporelle se fait alors qu'elle n'est supportée que par un seul membre impliquent l'exploitation du sens de l'Équilibre statique (physiologie). La marche se définit par le fait qu'il y a toujours au moins un appui au sol, par opposition à la course à pied, dans laquelle il peut ne pas y avoir d'appui au sol à un moment donné.

L'ensemble du système musculaire et osseux est mis à contribution (sans excès) lors de la marche, ce qui en fait un sport de maintien en forme apprécié et souvent recommandé (voir ci-dessous).

Différentes allures de la marche

Sur terrain plat, en dessous de on parlera de marche normale de piéton, de 4 à de marche dynamique, entre 5 et de marche rapide et au-dessus de , de marche sportive.

Acquisition de la marche bipède par l'enfant Après une période pendant laquelle l'enfant explore son univers en rampant puis en marchant à quatre pattes, il va progressivement se redresser sur ses jambes, puis tenter quelques pas. Cette étape se déroule généralement entre le et le mois. À partir du mois environ, le bébé se tient en position assise et acquiert une autonomie de mouvement. De 10 à , il se déplace à quatre pattes et parvient à franchir des obstacles. Contrôlant le mouvement de son corps, il peut alors passer de la position couchée à la position assise ou debout, avec ou sans appui. De 10 à , il marche sur la pointe des pieds, les fesses un peu en arrière et le ventre un peu en avant, en écartant les membres inférieurs pour élargir sa base de portance. L’apprentissage de l'équilibre est progressif, l'enfant est victime de chutes dans les deux sens jusqu'au mois à cause notamment de ses inclinaisons en arrière et en avant.

Comparaison à d'autres modes de locomotion

La marche est une activité physique considérée comme excellente pour la santé, et elle ne réclame qu'une paire de chaussures ordinaire (dont on peut même se passer), avantages dont les autres modes de transport sont dépourvus (voir plus bas).

Comme moyen de locomotion, elle est un système suffisamment performant pour avoir été longtemps le principal support de la projection des forces militaires, assurant la cohésion de grands empires, dominée seulement par l'usage des chevaux et des navires beaucoup plus coûteux. Ce n'est qu'avec l'apparition de la force mécanique que la marche est largement supplantée pour les grands mouvements stratégiques ou tactiques, tout en restant toutefois essentielle pour les mouvements de moindre ampleur. Même chose dans le commerce (ou plus généralement toutes les activités industrielle comme de service) : même si on utilise une voiture pour aller au supermarché et que celui-ci est approvisionné par camion, à l'interieur le consommateur comme le commerçant marchent.

Consommation d'énergie La marche est le nom générique d'activités très différentes, de la promenade digestive en terrain plat au déplacement militaire rapide avec une charge significative en terrain et conditions météorologiques difficiles avec forte pente. La consommation d'énergie dépend considérablement des conditions, notamment le poids du marcheur (et de son éventuellement chargement), sa vitesse, et la nature du terrain. Le calcul est typiquement estimé en multipliant une estimation du métabolisme de base par un facteur d'intensité : un nombre d'équivalent métabolique (ou METs, pour l'anglais Metabolic Equivalent of Task). L'équivalent métabolique de la marche peut varier de 2 (marche très lente en flânant, sachant que c'est aussi la valeur de simplement rester debout) à plus de 10 (déplacement d'une lourde charge dans des escaliers). Toutes les activités physiques sont à peu près dans cette gamme, représentative des capacités du corps humain, hormis les plus intenses qui peuvent brièvement dépasser 15.

La différence porte sur la vitesse : un équivalent métabolique de 4 correspond à un déplacement ordinaire pour aller au travail aussi bien en marchant qu'à vélo, mais à dans le premier cas et dans le second. À ce rythme, par exemple, une personne marchant dont le métabolisme de base est de 1800 Calories par jour (soit 75 par heure) en consomme 300 par heure, soit un surplus de 225 Cal pour faire , soit 4500 Cal aux cent kilomètres, énergie qui pourrait être apportée par d'huile alimentaire ou de sucre. Toutefois, une comparaison directe avec l'énergie consommée par un engin motorisé serait trompeuse, parce que cette machine consomme un carburant qui n'est pas de qualité alimentaire, et réciproquement parce que la production, la transformation et la distribution des aliments réclame la consommation d'une quantité de carburant. La même personne à vélo, comme elle se déplace deux fois plus vite et parcourt une distance double avec la même consommation d'énergie, aurait une consommation deux fois moindre par kilomètre.

L'équivalent métabolique de simplement rester debout est de 2, soit un surplus de par heure. Sur une trottinette électrique, il faudra ajouter la consommation électrique de l'engin, d'environ () pour cent kilomètres.L'énergie électrique, selon son mode de production, n'est pas facilement directement comparable à l'essence ou à l'énergie des aliments. Ainsi, vaut quasiment et donc correspondent formellement à ..

Description du mécanisme