Sam Szafran (prononcéDans les milieux francophones, Szafran est prononcé (approximativement comme « sha-frane »). En Pologne, il est prononcé de façon très légèrement différente (approximativement comme « shha-fran-n' »). Le nom de famille dérive du mot polonais szafran (l'épice safran). ), pseudonyme de Samuel Berger, né à Paris le et mort à Malakoff le ., est un artiste peintre français.
Biographie Enfance et jeunesse Fils aîné de parents émigrés juifs polonais, Samuel Berger passe les premières années de son enfance dans le quartier des Halles de Paris. Il habite au 158, rue Saint-Martin dans le Sam Szafran, « Cinquante ans de peinture », Fondation Pierre Gianadda. 7 mars 2013. Sur artistikrezo.com..
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il échappe à la rafle du Vélodrome d'Hiver et se cache dans un premier temps chez des paysans dans le Loiret., puis à Espalion (Aveyron), dans une famille de républicains espagnols.. À dix ans, il est brièvement interné au camp de Drancy d’où il est libéré par les Américains, après la fuite des Allemands le .
Alors que son père et une grande partie de sa famille ont été massacrés dans les camps nazisDans Klarsfeld, 2012, on trouve à l'adresse du 158, rue Saint-Martin, dans le le nom de Doba Szafran, né le 16 janvier 1901, à Varsovie, déporté par le Convoi No. 10, en date du 24 juillet 1942, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Il y a quinze autres Szafran, dans cette même page, mais avec une adresse différente., il est envoyé en 1944 par la Croix-Rouge à Winterthour en Suisse, où il est accueilli par la famille Halberstadt. En 1947, il embarque à Marseille avec sa mère et sa sœur pour Melbourne en Australie, où ils sont accueillis par un oncle maternel.
Formation À son retour en France en 1951, totalement autodidacte, il suit quelques cours du soir de dessin dans les écoles de la Ville de Paris et mène une existence particulièrement rude et précaire.
Entre 1953 et 1958, il fréquente l’académie de la Grande-Chaumière à Paris, où enseigne Henri Goetz. À Saint-Germain-des-Prés et à Montparnasse, il fait la connaissance de Ipoustéguy, Orlando Pelayo, Jacques Delahaye, Nicolas de Staël, Jean Paul Riopelle, Joan Mitchell, Yves Klein, Jean Tinguely, Roseline Granet et bien d’autres. Il découvre les collages de Kurt Schwitters, les matériologies et texturologies de Jean Dubuffet, Hantaï et Bernard Réquichot. Il réalise alors ses premières œuvres abstraites et premiers collages.
Parcours artistique vignette|Boîtes de pastel dans l'atelier de Sam Szafran (2010). Szafran retourne ensuite vers la figuration. Il produit une première série de Choux (1958–1965)..
En 1960, une boîte de pastels offerte lui permet une tournure importante dans son œuvre, le pastel devenant sa pratique de prédilection. Alberto Giacometti, qu’il rencontre en 1964 devient officieusement son maître.
En 1964, l’artiste entre à la galerie Claude Bernard à Paris. Le collectionneur Jacques Kerchache organise sa première exposition personnelle en 1965.. Par la suite, son œuvre va se resserrer autour de quelques thèmes : Ateliers (1969-1970), Imprimeries (1972), Escaliers (à partir de 1974).
Szafran rejoint pour un temps Fernando Arrabal, Roland Topor et le groupe Panique en 1972. À l'occasion de l'exposition « 60-72. Douze ans d'art contemporain en France » au Grand Palais, il se lie d'une profonde amitié fraternelle avec Henri Cartier-Bresson dont il sera un temps le maître en dessin.
En 1977 et 1978, il réalise ses premières grandes aquarelles, variations sur ses thèmes de prédilection : Ateliers, Serres et Escaliers. C’est sur ces mêmes thèmes ainsi que sur celui des Villes, qu’il commence, vers 1987, à combiner le pastel et l’aquarelle, le sec et le mouillé. À partir de 1999, il aborde certains grands Paysages urbains.
En 1999 et 2001, deux rétrospectives sont organisées : la première à la Fondation Gianadda à Martigny en Valais (Suisse)Sam Szafran, éd. par Jean Clair, cat. exp., Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2000.Et présentée ensuite à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence., puis, la première présentée à Paris, « L’Atelier dans l’atelier » au musée de la Vie romantiqueSam Szafran. L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, éd. par Daniel Marchesseau, textes de Michel Le Bris, cat. exp. musée de la Vie romantique, Paris, 2000..
En 2004 et 2005, il travaille avec le céramiste catalan Joan Gardy Artigas pour la réalisation des deux décors monumentaux Escalier et Philodendrons, destinés au Pavillon Szafran à la Fondation Gianadda, qui est inauguré en 2006Daniel Marchesseau, Le Pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005..
Deux autres grandes rétrospectives vont suivre : « Sam Szafran – dessins, pastels et aquarelles » au musée Max Ernst de BrühlSam Szafran – dessins, pastels et aquarelles, éd. par Julia Drost et Werner Spies, cat. exp. Brühl, Max Ernst Museum, Brühl, 2010., près de Cologne en Allemagne (2010-2011) et « Cinquante ans de peinture » à la Fondation Gianadda (2013)Sam Szafran, cinquante ans de peinture, éd. par Daniel Marchesseau, avec des contributions de Jean Clair, Estelle Pietrzyk et Werner Spies, cat. exp., Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2013.. Il y dévoile pour la première fois ses très grands formats.
Après sa disparition, le musée de l'Orangerie présente une large rétrospective Obsessions d'un peintre, du au qui a un succès considérable avec Rapport EPMO Musee d' Orsay et de l' Orangerie 2022.
Le Pavillon Szafran à Martigny, Suisse En 2015 est inaugurée la Salle Sam Szafran au Pavillon Szafran de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny. C'est le seul hommage muséal permanent à l'artiste en Europe, décidé par Léonard Gianadda
La salle est enrichie de manière significative en 2021 et présente désormais en permanence 12 importantes peintures, des œuvres sur papier, une table de pastels Roché ainsi que le fameux banc de Gaudi qui a appartenu a Sam Szafran.
Famille et vie privée Il épouse en 1963 Lilette Keller, née à Moutier (Canton de Berne, Suisse). Elle donne naissance à leur fils Sébastien l’année suivante.
À partir de 1974, la famille réside à MalakoffDaniel Marchesseau, « Le banditisme ou la peinture… », entretien avec Daniel Marchesseau, dans cat. exp. Sam Szafran, L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, musée de la Vie romantique, Paris, 2000, ..
Sam Szafran meurt le à Malakoff à 84 ansVoir sur lefigaro.fr, 14 septembre 2019.. Il est inhumé le suivant au cimetière parisien de Bagneux.
Distinction : Commandeur de l’ordre des Arts et des LettresPar Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.
Prix 1993 : Grand prix des arts de la Ville de Paris. 2011 : Prix Piero CrommelynckSam Szafran, prix Piero Crommelynck, estampes, galerie de l’ancien collège, Châtellerault, 2011.
Expositions et réalisations Expositions individuelles
Expositions collectives (sélection)
Réalisations monumentales Escalier et Philodendrons, deux céramiques murales monumentales réalisées avec Joan Gardy-Artigas, pour le Pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2004
Notes et références
Annexes Bibliographie Sam Szafran, Obsessions d'un peintre - Catalogue de l'exposition à l'Orangerie, 192 p., Coédition Musées d’Orsay et de l’Orangerie / Flammarion, . Jean Clair, Sam Szafran, Skira, Genève, 1998 Daniel Marchesseau, Le Pavillon Szafran, Fondation Gianadda, Martigny, 2005 Daniel Marchesseau et Henri Cartier-Bresson, photographies de La Collection Sam, Lilette et Sébastien Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005 Alain Veinstein, Entretiens avec Sam Szafran, Flammarion, Paris, 2013 Daniel Marchesseau et al., Sam Szafran, Cinquante ans de peinture, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2013.
Beate et Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des Juifs de France, Paris, 1978 ; nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms, éd. Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), 2012
Filmographie Sam Szafran - Escalier, produit et réalisé par Antoine Cretton pour la Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2006 Sam Szafran - Ni dieu, ni maître, produit et réalisé par Antoine Cretton, coproduit par la Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2013 Philippe Hiquily : L’éloge de l’érotisme en sculpture, entretien Sam Szafran, conception Alexandra Marini, France, 2008, couleur, 84 min env., produit par la maison de haute couture Torrente Sam Szafran/Outlaw Painter, réalisé par Bastien Rokk, produit par B&M Films, Allemagne, 2017
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