, né vers 1130 et mort le ou 1191, est comte de Brienne à partir de 1161 jusqu'à sa mort. Il est le fils du comte et de son épouse Humbeline de Baudement.

Il participe avec son père à la deuxième croisade et tous deux restent en Terre sainte pendant quelques années avant de revenir dans le Briennois. Il succède ensuite à son père lorsque ce dernier meurt environ une décennie plus tard, tandis que son frère puîné hérite de la seigneurie de Ramerupt et que son frère benjamin devient abbé de Beaulieu. Il exerce alors le pouvoir pendant près de trente années lors desquelles ses deux frères sont souvent associés dans ses chartes.

En 1188, lui et son frère André décident de prendre la croix à la suite du comte et des rois Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion. Mais lassés d'attendre la fin des préparatifs des deux monarques, ils devancent la troisième croisade et arrivent au siège de Saint-Jean-d'Acre dès . Son frère meurt héroïquement au combat quelques semaines plus tard et lui-même décède, probablement de la famine ou de la maladie, lors du rude hiver qui suit.

Il est notamment le père de qui lui succède comme comte de Brienne et qui deviendra prétendant au trône de Sicile du chef de sa femme et de Jean de Brienne, comte de Brienne pendant la minorité de son neveu, mais surtout roi de Jérusalem puis empereur latin de Constantinople.

Biographie Début de carrière est le fils de , comte de Brienne, et de son épouse Humbeline de Baudement. Il est cité pour la première fois en tant que témoin dans une charte du de son père en faveur de l'abbaye de Basse-Fontaine, en compagnie de son frère cadet André et de sœur Marie. Tous trois figurent également comme témoins dans un autre acte des mêmes estimé après le .

Néanmoins, une charte antérieure de 1133 du comte et de son épouse cite comme enfants de ceux-ci Guy et Eustache, et il serait donc possible que ceux-ci soient morts jeunes, puisque non cités dix ans plus tard. Toutefois, le médiéviste Jean-Noël Mathieu estime qu'ils seraient en fait des fils issus d'une précédente union de l'épouse de ce comte, et donc des demi-frères utérins d'. Toujours d'après lui, ce premier époux serait , vidame de Châlons, avec qui elle aurait eu également une fille prénommée Agnès et qui a épousé ..

En , à Brienne, il donne son consentement, toujours avec son frère André et sa sœur Marie, à deux actes de son père en faveur du prieuré de Ramerupt dans lesquels il confirme les faveurs faites par son aïeul André de Ramerupt à ce prieuré. Ces documents sont réalisés avant le départ du comte pour la Terre sainte à l'occasion de la deuxième croisade, et l'une d'elles laisse entendre qu' a accompagné son père pour ce périple, bien que leurs actions lors de ce pèlerinage n'aient pas été rapportées par les chroniqueurs contemporains.. Tous deux sont de retour en Champagne en 1151.

Comte de Brienne vignette|gauche|alt=Photo en noir et blanc d'une cloitre.|Cloitre de l'abbaye de Basse-Fontaine, fondée par les comtes de Brienne en 1143. apparait encore aux côtés de son père à de multiples reprises dans des chartes non datées jusqu'à la mort de celui-ci qui survient après 1158. Le premier document où il figure avec le titre de est un acte de 1161 dans lequel l'évêque de Troyes Henri de Carinthie confirme toutes les acquisitions de l'abbaye de Basse-Fontaine, y compris la grange de Nuisement, près d'Onjon, que le comte venait de leur donner. Outre le comte et l'abbé de Basse-Fontaine figure comme témoin Jean de Brienne, frère du comte et abbé de Beaulieu, qui est l'abbaye-mère de Basse-Fontaine.

Une autre charte, qui pourrait être datée de 1166, mentionne pour la première fois Agnès, épouse d', qui donne son consentement aux actes de son époux, ce qui laisse à penser qu'ils sont mariés depuis peu.

En , il est à Besançon comme témoin de l'hommage du comte à l'empereur Frédéric Barberousse et à son épouse , impératrice-consort et comtesse de Bourgogne. Parmi les autres témoins figurent notamment l'archevêque Guillaume aux Blanches Mains, le comte de Champagne , le duc ou encore son beau-frère Barthélemy de Vignory.

Une charte de 1184 indique que le comte de Brienne à pris des vivres dans les granges de Molins et d'Auzon, appartenant à l'abbaye Saint-Loup de Troyes, afin d'approvisionner son château, contraint par les nécessités de la guerre, sans qu'il soit toutefois précisé de quel conflit il s'agit. Pour indemniser cette abbaye, il renonce à son droit de gîte au prieuré de Molins qui en dépend.

En 1185, il a des différends avec l'abbaye de Larrivour à qui il dénie le droit d'usage et de pâturage dans ses bois entre l'Aube et la Barse. Face à du comte de Brienne, le pape missionne Michel, doyen de Meaux, pour mener une enquête et celui-ci confirme les droits de l'abbaye.

Plus tard, en 1189, une dernière charte de ce comte indique qu'il réalise un arrangement avec l'abbaye Saint-Loup de Troyes à propos d'un four à Sacey et précise qu'il est sur le point de partir pour Jérusalem.

Troisième croisade vignette|droite|alt=Miniature médiévale montrant un groupe d'hommes en armes attaquant une cité fortifiée.|Minature du siège de Saint-Jean-d'Acre, issue des Grandes chroniques de France (BL Royal 20 C VII, f. 24v). Lors d'une entrevue à Gisors le , les rois Français et Anglais décident de prendre la croix et d'aller en Terre sainte pour la troisième croisade, entrainant avec eux le comte . Ce dernier est rapidement suivi par nombre de ses vassaux, dont le comte de Brienne et son frère André. Mais les deux monarques continuent de se faire la guerre, ralentissant ainsi les préparatifs pour ce pèlerinage et donc le départ de la croisade.. Toutefois, plusieurs chevaliers s'impatientent et décident de partir sans attendre leur suzerain. Outre et André, ce contingent avancé comprend également , connétable de Champagne, et , probable sénéchal de Champagne..

Très probablement partis de Marseille, ils rejoignent en chemin une flotte composée de Danois et de Frisons ainsi que d'Anglais, également lassés d'attendre leur roi, qui revenait du , au Portugal, et arrivent à Saint-Jean-d'Acre vers la mi- où ils se joignent au siège de cette ville mené par le roi de Jérusalem Guy de Lusignan depuis le ..

Le , les Francs attaquent le camp de Saladin à l'improviste et , aux côtés du roi Guy de Lusignan, du Landgrave de Thuringe , des Templiers et des Hospitaliers, parvient jusqu'à la tente de Saladin, mais ils sont violemment repoussés et prennent la fuite. André, chargé du commandement de l'arrière-garde, essaie alors de réorganiser les croisés pour les renvoyer au combat, mais il est submergé et tué par les Musulmans. Toutefois, une source contemporaine indique qu' aurait été témoin de la chute et des appels de son frère mais aurait néanmoins continué de fuir, alors que les autres sources de cette époque, comme l' ou d'Ambroise, n'en font pas mention.

La Gesta Regis Henrici Secundi et Gesta Regis Ricardi du chroniqueur contemporain Roger de Hoveden cite parmi les victimes de l'hiver 1189-1190 qui se montre particulièrement rude pour les croisés chez qui sévit la disette et la maladie. Il meurt probablement le , bien que certains historiens avancent la date .

Famille Mariage et enfants vignette|droite|alt=Miniature médiévale représentant un homme vêtu en roi dictant une lettre à un scribe.|Miniature de Jean de Brienne, roi de Jérusalem et fils du comte . Avant 1166, il épouse une dame prénommée Agnès, probablement issue de la famille de Montfaucon qui possédait le comté de Montbéliard ou de celle de Nevers qui possédait les comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. De ce mariage sont nés au moins sept enfants : (mort en en Italie), qui succède à son père en tant comte de Brienne et prétendant au trône de Sicile du chef de son épouse Elvire de Lecce ; Guillaume de Brienne (mort en 1199), seigneur de Pacy probablement par héritage de sa mère, qui épouse Eustachie de Courtenay, fille de Pierre de France et d'Élisabeth de Courtenay ; André de Brienne (mort en 1181 ou après), cité dans des chartes de 1177 et 1181, probablement mort sans union ni descendance ; Jean de Brienne (mort en à Constantinople), comte de Brienne pendant la minorité de son neveu ainsi que roi de Jérusalem puis empereur latin de Constantinople ; Ide de Brienne qui épouse en premières noces , seigneur de Traînel, d'où postérité, puis, devenue veuve entre entre 1208 et 1212, épouse en secondes noces Arnoul de Reynel, seigneur de Pierrefitte, d'où postérité ; Alix de Brienne, qui épouse , seigneur de Sully, d'où postérité. Marie de Brienne, qui épouse de Cuiseaux, seigneur de Cuiseaux et de Clairvaux, d'où postérité.

Origine de l'épouse d' Les historiens ont longtemps affirmé qu'Agnès, l'épouse d', serait issue de la famille de Montfaucon, se basant sur les écrits du père Anselme, qui dit dans son Histoire généalogique en 1730 que celle-ci est , mais sans citer de source.. Il sera par le suite repris par de La Chesnaye-Desbois et Louis de Mas Latrie à la fin du ...

Pour cette assertion, le père Anselme se base très probablement sur une déclaration des fils d' qui se disaient en 1202 neveux des comtes Richard et Amédée de Montbéliard et en a déduit que cette parenté se faisait par leur mère. Toutefois, l'historien Henri de Faget de Casteljeu constate que cette dame est inconnue dans les différentes généalogies de la famille de Montfaucon et fait le lien avec une phrase du chroniqueur Jean de Joinville qui écrit que . Ce comte est le comte de Jaffa Jean d'Ibelin, mort en 1266 et fils d'une Alix de Montfaucon, fille d' et de sa première épouse Béatrice, dame de Grandson. Cette dernière, étant issue de la maison de Joinville, est donc le lien entre la famille de Montfaucon et celle de Joinville, mais elle aussi avec celle de Brienne par l'intermédiaire de sa parente Félicité de Brienne, expliquant par conséquent le lien précité par les frères en 1202.

Le médiéviste Édouard de Saint-Phalle émet alors l'hypothèse qu'Agnès, épouse d', serait alors issue de la maison de Nevers. Il précise ainsi que les enfants d'Ide de Brienne, fille d' et d'Agnès, font plusieurs transactions avec des membres de la famille de Nevers concernant des terres dans le Nivernais qui leur venaient de Renaud de Nevers et d'Androuin de Brienne. De même, Jean de Brienne vend la seigneurie de La Marche, toujours dans le Nivernais, à , comte de Nevers. Cet héritage et ces possessions pourraient ainsi s'expliquer si Agnès était issue de la famille de Nevers. Il suppose donc qu'elle pourrait être la fille de , comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre. Cela expliquerait également comment Guillaume de Brienne serait devenu seigneur de Pacy, dans le Tonnerrois, qui aurait alors fait partie de la dot de sa mère ainsi que le prénom de la sœur de ce dernier, Ide de Brienne, plutôt rare en Champagne, mais qui est le même que celui de la mère supposée d'Agnès, Ide de Sponheim. Ces éléments ne permettent pas de définir de manière définitive la parenté d'Agnès, épouse d', mais pourraient suffire à rendre cette hypothèse plus crédible qu'une parenté avec la famille de Montfaucon.

Relation avec ses frères Dans sa thèse sur l'histoire des comtes de Brienne, l'historienne Dana Celest Asmoui Ismail estime que les deux frères et André étaient fâchés de longue date avant leur départ pour la troisième croisade. Elle rappelle une citation, sans source, d'Alphonse Roserot qui précise à propos d'André .. De ce postulat, elle déduit qu'André n'est rentré en possession de ses terres qu'environ treize années après le décès de leur père, seulement après avoir juré de tenir ses terres en fief de son frère aîné, faisant par conséquent de lui un vassal ou non un égal.