200px|vignette|droite|Walter Eschweiler, arbitre international de 1970 à 1984. Un arbitre de football est une personne chargée de veiller au bon déroulement des matchs de football et de faire respecter les Lois du jeu. L'arbitre est l'autorité ultime sur le terrain et prend les décisions qui sont finales et doivent être respectées par tous les joueurs. L'arbitre est aidé dans sa tâche par deux arbitres assistants qui l'aident à surveiller la ligne de touche et à signaler les infractions, et parfois un arbitre assistant vidéo. L'arbitre porte un maillot distinctif et utilise un sifflet pour attirer l'attention des joueurs et faire respecter les règles. Le rôle de l'arbitre est crucial pour assurer la sécurité des joueurs et pour garantir un match équitable.
Tenue de l'arbitre Par le passé, les arbitres portaient des tenues uniformément noires et étaient ainsi souvent appelés Hommes en noir dans le jargon imagé des journalistes et commentateurs sportifs. De nos jours, un arbitre doit porter une tenue pour le différencier des joueurs et avoir le matériel nécessaire, notamment pour infliger des sanctions si besoin est. Son équipement se compose des éléments suivants :
un short (en général de couleur noire) ; une paire de chaussettes (en général de couleur noire) ; un maillot (plusieurs coloris possibles : noir, jaune, rouge, bleu, vert, violet...) qui porte l'écusson de la formation dont ils dépendent (fédération, ligue ou district) et mentionne parfois leur catégorie ; un sifflet (en général de la marque Fox 40) ; un carton jaune ; un carton rouge ; du matériel pour écrire (en général une carte d'arbitrage et un stylo) ; une montre ou un chronomètre (voire deux) ; un spray pour placer les murs ou les joueurs à distance (dans certaines compétitions nationales ou internationales).
Les arbitres ont la possibilité de porter des oreillettes pour communiquer avec leurs assistants et d'être équipés d'appareils pour mesurer leurs performances.
Quant aux arbitres assistants, ils sont équipés d’un drapeau de touche qui leur permet de signaler à l’arbitre toute faute ou hors-jeu, ce drapeau pouvant être relié à un brassard que porte l'arbitre central pour qu'il entende quand l'assistant appuie sur le bouton ce qui facilite la communication et le jeu.
Compétences et obligations de l'arbitre Voir Loi 5 du football relative à l'arbitre central. Voir Loi 6 du football relative aux arbitres assistants.
Différents postes vignette|droite|Un arbitre de surface surveillant une éventuelle sortie de but (en noir, derrière la ligne). Un arbitre peut occuper différents postes : Arbitre central : il circule sur le terrain avec les joueurs et exerce seul l'autorité. Arbitre assistant (anciennement juge de touche) : au nombre de deux, ils sont présents le long de chacune des lignes de touche. Ils assistent l'arbitre central, notamment dans la détection du hors-jeu et des sorties de balle, mais aussi pour les fautes et incorrections commises hors du champ de vision de l'arbitre ou pour lesquelles ils ont un meilleur angle de vue. Arbitre assistant supplémentaire (dit arbitre de surface) : depuis 2008, l'IFAB autorise la présence d'un arbitre assistant supplémentaire derrière chacun des buts. On retrouve ces deux arbitres assistants supplémentaires principalement dans les compétitions professionnelles ou internationales. Leur rôle est d'assister l'arbitre central dans la détection des fautes à l'intérieur ou aux abords de la surface de réparation, mais aussi d'aider à la validation des buts. Ces arbitres assistants supplémentaires ne sont pas présents lors des matches pour lesquels des arbitres assistants vidéo sont engagés. Populaire au cours des années 2010, notamment dans les compétitions de l'UEFA, ce dispositif a par la suite été presque entièrement remplacé par l'utilisation de la VAR. Arbitre remplaçant (dit quatrième arbitre) : présent dans certaines compétitions nationales et internationales, il se place entre les bancs de touche et a pour mission d'assurer la discipline parmi les remplaçants et leur encadrement. C'est lui aussi qui affiche les remplacements et le temps additionnel (en général au moyen d'un panneau lumineux prévu à cet effet). Le cas échéant, il remplace l'arbitre ou un assistant défaillant. Arbitre assistant de réserve : présent dans certaines compétitions nationales et internationales, son seul rôle est de remplacer un arbitre assistant ou le quatrième arbitre n'étant pas en mesure de poursuivre la rencontre. Arbitre assistant vidéo (VAR) : à l’aide des images du match, mais uniquement dans le cas d’une « erreur manifeste » ou d’un « incident grave manqué » en lien avec les éléments suivants : but marqué ou non marqué, penalty ou pas de penalty, faute passible d'une exclusion (carton rouge direct) ou identité erronée lorsque l’arbitre n’avertit ou n’exclut pas le bon joueur, les arbitres assistants vidéo se chargent d’analyser les images du matches et si besoin informent l’arbitre central de son erreur ou lui demandent d'aller visionner les images sur un écran placé au bord du terrain. La décision finale revient dans tous les cas à l'arbitre central.
Histoire vignette|gauche|Trio arbitral Lors de la genèse du jeu, on comptait sur le fair-play des joueurs pour la bonne tenue des parties. L'arbitrage était alors le fait des deux capitaines. Les pères du jeu considéraient en effet qu'une faute ne pouvait être intentionnelle… Ce vœu pieux de fair-play et d'autogestion était utopique, et nombre de parties dégénéraient. Aussi, dès 1847 à Eton, peut-être avant, deux « umpires » surveillent les buts, qui n'ont pas encore de filets. À Winchester, en 1847 également, on précise même que l'un des umpires doit posséder une montre et appeler la mi-temps et la fin du match. Harrow va plus loin, toujours en 1847, en rendant les décisions arbitrales définitives, dépossédant ainsi les capitaines de leurs anciens pouvoirs dans ce domaine. En 1849, à Cheltenham, on décide que les capitaines désigneront toujours les umpires, ces derniers devant s'entendre pour nommer un referee. Les umpires, un dans chaque camp, restent sur le terrain, tandis que le referee est installé en tribune. Si les umpires ne peuvent tomber d'accord sur une décision, c'est le referee qui tranche.
Le referee passe des tribunes au centre du terrain au début des années 1890, repoussant les deux umpires sur les lignes de touche. Cette évolution fait suite aux nombreux problèmes que posait le double arbitrage. De plus, les équipes de l'époque, contrairement à une idée répandue, n'étaient pas du tout « fair-play » ; il fallait donc sévir. On inventa ainsi toute une batterie de sanctions, tel le penalty (1891), et l'arbitre unique devint « omnipotent », c'est-à-dire responsable d'un match de A à Z. En août 1891, le trio arbitral tel que nous le connaissons aujourd'hui est formé. 200px|vignette|droite| de football Dès 1996, les juges de touche sont appelés arbitres assistants ; ils assistent en effet l'arbitre central dans ses décisions, notamment quand celui-ci a un doute au sujet d'une action litigieuse (par exemple : franchissement de la ligne de but d'un ballon, responsabilité des protagonistes dans une bagarre, faute dans le dos de l'arbitre, etc.).
200px|gauche|vignette|4 arbitres marocains Le sujet sur la vidéo est emblématique du dynamisme qui anime le débat sur les règles de ce sport. On dénombre ainsi de nombreuses évolutions, plus ou moins heureuses : règle du hors-jeu, but en or lors de la prolongation, visionnage vidéo après la rencontre pour établir une sanction, communication radio entre arbitres assistants et arbitre central, etc.
L'arbitrage au football a longtemps été exclusivement masculin et le reste encore aujourd'hui très majoritairement. Nicole Petignat, arbitre suisse désormais retraitée, a été la première femme à officier en Coupe de l'UEFA (AIK Stockholm - Fylkyr Reykjavik), le .
Usage du sifflet
Les arbitres utilisent un sifflet pour indiquer le début ou la reprise du jeu, pour arrêter le jeu en raison d'une infraction ou d'une blessure, ou pour indiquer que le temps de jeu est écoulé. L'utilisation des sifflets n'est pas mandatée par les Lois du Jeu.
Avant l'introduction du sifflet, les arbitres ont indiqué leurs décisions en agitant un mouchoir blanc. Les premiers sifflets qui ont été adoptés par des arbitres ont été faits par Joseph Hudson, Mills Munitions à Birmingham, en Angleterre. L'ACME Sifflet Company (basée à Mills Munitions Factory) a commencé à produire en masse des sifflets de pois dans les années 1870 pour le Service de la police métropolitaine. Il est souvent indiqué que le sifflet de l'arbitre a d'abord été utilisé dans un match entre Nottingham Forest et Sheffield Norfolk en 1878, mais il se peut que le sifflet ait déjà été utilisé dès 1874. En effet, le livre de comptes de Nottingham Forest de 1872 a enregistré l'achat d'un "sifflet pour arbitre" et, en 1928, un article de RM Ruck, joueur au début des années 1870, fait référence à l'utilisation d'un sifflet par les arbitres pour indiquer une infraction.
Le coup de sifflet n'a pas été mentionné dans les Lois du jeu jusqu'en 1936, quand une décision de l'IFAB (Board) a ajouté une note dans la Loi 2, en déclarant que « le contrôle d'un arbitre sur les joueurs en cas de faute ou de comportement discourtois commence à partir du moment où il pénètre sur le terrain de jeu, mais sa compétence en relation avec les Lois du jeu commence à partir du moment où il siffle pour que le jeu démarre ».
Assistance vidéo thumb|Arbitre visionnant une phase de jeu sur un écran au bord du terrain Contexte Dans l'histoire du football, les arbitres furent souvent la cible des joueurs, des médias ou des spectateurs, notamment depuis que les décisions arbitrales sont soumises à la critique avec l'apparition de la vidéo et a son perfectionnement qui permet aux téléspectateurs et aux spectateurs (par exemple avec la retransmission sur les écrans du stade) de revoir les actions de jeu sous les différents angles proposées par les multiples caméras. La mise en place d'un arbitrage vidéo pour aider l'arbitrage d'un match est devenu un débat récurrent dans le monde du football, surtout dans les médias, avec ses partisans et ses opposants.
Plusieurs faits de jeu célèbres ont alimenté ce débat.
Le , à l'occasion d'un match de poule de la Coupe du monde opposant le Brésil et la Norvège, une tempête médiatique se lève contre l'arbitre de la rencontre, l'américain Esfandiar Baharmast, qui a accordé un penalty aux Norvégiens à la . Le penalty transformé offre la victoire à la Norvège et une qualification inespérée pour celle-ci, au détriment du Maroc, inutile vainqueur 3-0 de l'Écosse. Les 17 caméras de télévision officielles ne montrent en effet aucun contact entre les deux joueurs. Et le débat sur l'arbitrage vidéo est relancé. L'arbitre américain est traîné dans la boue pendant 48 heures, tandis que la FIFA est vivement critiquée car elle refuse toute évolution concernant l'arbitrage vidéo. Deux jours après le match, une télévision suédoise rend publiques les images prises par l'une de ses caméras privées… et elles montrent clairement que le joueur brésilien attrape par le maillot le joueur norvégien : il y avait bien penalty. Les 17 caméras ne l'avaient pas vu, mais l'arbitre si. C'est presque un cas d'école, qui a d'autant plus de retentissement qu'il se déroule à l'occasion de la Coupe du monde. FIFA, UEFA et Board, historiquement clairement défavorables à cette solution technologique, se sont alors trouvés renforcés dans leurs convictions.