Le régiment de Meuron est un régiment militaire suisse, fondé par Charles-Daniel de Meuron en 1781 et dissous en 1816.

Histoire du régiment

Au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales

C'est le , sur la demande du roi de France Louis XVI, qu'un accord est signé entre le représentant de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et Charles-Daniel de Meuron pour la levée d'un régiment d'infanterie de , divisés en dix compagnies de 112 hommes dont Meuron, alors colonel des Gardes suisses, en est propriétaire et commandant.

Le recrutement de ce régiment se fait, avec l'accord des autorités, à Genève, Mulhouse, Neuchâtel et Saint-Gall jusqu'en mars 1782 où les troupes équipées, armées et instruites, sont rassemblées sur l'île d'Oléron pour être transportées, dès septembre jusqu'au cap de Bonne-Espérance où elles débarquent le après une dure traversée marquée par une épidémie de scorbut. Le régiment ne reste que quelques jours en Afrique du Sud avant de repartir pour l'île de Ceylan où il participe à la dernière des batailles de Gondelour .

Le , Charles-Daniel de Meuron laisse le commandement du régiment à son frère Pierre-Frédéric et retourne en Europe pour régler des problèmes financiers, en particulier avec la Chambre de Zélande qui prend son temps pour le payer, malgré les recommandations prussiennes. Incapable de se faire rembourser les arriérés, il cherche alors à se rapprocher de la Grande-Bretagne, en guerre avec la France.

Au service des Britanniques En 1795, à la suite de l'invasion des Provinces-Unies et à la faillite de la Compagnie néerlandaise, de Meuron met son régiment, qui prend alors le nom de « His Majesties Regiment de Meuron » au service de la Grande-Bretagne. La quasi-totalité des 860 hommes du régiment acceptent le protocole de transfert qui inclut le payement des arriérés de solde ainsi que le versement d'une prime de à son commandant qui est promu, tout comme son frère, au rang de général de l'armée anglaise. En 1798, le régiment entre officiellement au service de l'armée, sous la forme de deux bataillons de cinq compagnies d'infanterie chacun.

Sous le commandement d'Arthur Wellesley, le régiment de Meuron est transféré en Inde et participe à la campagne du Mysore en 1799. Il reste stationné en Inde jusqu'en 1806, année de la mort de son fondateur qui était retourné à Neuchâtel quelques années plus tôt, avant de retourner en Angleterre via l'île de Malte où il est stationné pendant quelques mois. Le régiment est alors commandé par François-Henri de Meuron-Bayard, né en 1771 à Saint-Sulpice dans la Principauté de Neuchâtel en Suisse et qui avait obtenu le le grade de major et le celui de lieutenant-colonel par le prince Régent George IV.

Composé alors de selon , il part pour le Canada.

Au service du Bas-Canada Le régiment arrive à Halifax le , puis remonte le fleuve Saint-Laurent en août. Après un arrêt à Québec, les troupes sont répartis dans la région de Montréal Les français au Québec, 1765-1865 : un mouvement migratoire méconnu. Marcel Fournier pour renforcer l’armée britannique qui défend ses possessions du Bas-Canada lors de la guerre de 1812. Pendant une année, le régiment est stationné à Montréal et Chambly et est chargé de la défense de la vallée du Richelieu entre le lac Champlain et l'embouchure avec le fleuve Saint-Laurent .

À l'été 1814, George Prevost, commandant en chef des armées britanniques, décide de passer à l’offensive et avance avec une armée de dans la direction de Plattsburgh, dans l'État de New York. Le régiment de Meuron, toujours commandé par le lieutenant-colonel François-Henri de Meuron-Bayard, participe à la Bataille du lac Champlain du . Après la défaite anglaise, le régiment couvre la retraite de l'armée.

Licenciement, colons et miliciens

Le régiment est licencié le , après avoir passé 15 ans au service des Pays-Bas et 20 à celui de l'Angleterre. Le même jour, les soldats embarquent à destination de l'Angleterre, à l'exception, selon Émile-Henri BovayÉmile-Henri Bovay, Le Canada et les Suisses, 1604-1974, Editions universitaires, Fribourg, Suisse, 1976., de 343 soldats et 10 officiers qui décident de rester au Canada.

Selon de BonnaultDe Bonnault, article « Les Suisses au Canada » publié dans le Bulletin des recherches historiques, Société des études historiques, vol.61 , , Québec, 1955., ce sont 504 hommes, 72 femmes et 30 enfants qui ont été laissés au Canada par le Régiment de Meuron.

De ce nombre, selon Bovay, plus de 90 anciens combattants prendront part en tant que miliciens à une expédition de Lord Selkirk contre la Compagnie du Nord-Ouest et se rendront à la Rivière Rouge au Manitoba. Des contrats à cet effet sont signés chez le notaire Joseph Désautels de Montréal en 1816 et même en 1817.

Une rue des Meurons à Saint-Boniface, quartier de Winnipeg, au Manitoba, célèbre ces miliciens et colons de la rivière Rouge.

En remerciement des services rendus, ils recevront des terres qu'ils devront défricher et entretenir pendant trois ans avant de pouvoir les donner ou les revendre.

À ce jour, le régiment Meuron est le seul régiment suisse à avoir servi sur quatre continents.

Le drapeau d’ordonnance

Le drapeau du régiment est . Pendant le passage d'une revue passée en mai 1814, il a été noté que le drapeau ne suivait pas les règles de l'armée anglaise selon lesquels il devrait avoir un fond bleu ciel en lieu et place de la croix suisse sur le fond des couleurs de la famille de Meuron (vert, noir et jaune). Personnages célèbres ayant servi au Régiment de Meuron

David-Maurice-Joseph Mathieu de La Redorte (1768-1833), cadet dans le régiment suisse de Meuron le . Ludwig Yorck von Wartenburg (1759 - 1830),, capitaine au régiment devenant maréchal prussien. Louis Xavier de Lenzbourg (de Fribourg, suisse) lieutenant au régiment suisse de Meuron, servit en Indes. François Louis Piachaud (1763-1802), de Genève, major au Régiment de Meuron, mort à Srirangapatna (Inde)

Bibliographie

Liens externes Maurice Vallée, Brève histoire de la présence au Bas-Canada du Régiment suisse de Meuron (Dernière Mise à jour le 14 Mars 2016) The Swiss DeMeuron Regiment

Notes et références

Notes

Catégorie:Unité militaire suisse Catégorie:Unité d'infanterie Catégorie:Histoire militaire des Pays-Bas Catégorie:Troupe coloniale néerlandaise Catégorie:Forces armées des Pays-Bas Catégorie:Compagnie des Indes Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1781 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1816