Patrick Gateau, né le à Lyon, est un criminel multirécidiviste français, à l'origine d'une polémique sur la libération conditionnelle, en 2005, lors de l'Affaire Gateau-Mathey.
Délinquant dès 1975, Gateau effectue son premier séjour en détention, à l’age de , et commet son premier crime, en , en violant son ancienne petite-amie. Condamné, en , à de réclusion criminelle, il sera libéré en , mais sera condamné à plusieurs reprises jusqu’en 1987.
Incarcéré en , dans le cadre d’une affaire de harcèlement et de menaces de mort, Gateau est identifié, avec son complice, comme l'auteur d’un assassinat commis le . Ils sont inculpés en et seront condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, en .
Placé en semi-liberté, en , puis libéré, le , Gateau fait la connaissance de Serge Mathey en 2005.
Le , Gateau et Mathey tuent Nelly Crémel, à coups de gourdin et de crosse de fusil dans le but de lui voler sa voiture et de la dépouiller d'une montre-bracelet, d'un Walkman et de . À la découverte du corps, huit jours plus tard, Mathey se dénoncera et désignera Gateau comme l'instigateur du crime. Mis en examen le , Gateau et Mathey sont incarcérés. En , Mathey sera condamné à de réclusion criminelle, tandis que Gateau sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de .
En plus des deux assassinats pour lesquels il a été condamné en 1984 et 2005, il est soupçonné d’un troisième meurtre, commis en , dans des conditions similaires, ce qui ferait de lui un tueur en série.
L'Affaire Gateau-Mathey a fait l'objet d'un débat sur la récidive à la suite des déclarations du ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, en raison de la condamnation de Gateau à la réclusion criminelle à perpétuité pour un premier assassinat commis plus tôt. La Loi relative au traitement de la récidive des infractions pénales sera mise en vigueur, le , ainsi que la rétention de sûreté, le .
Biographie Patrick Gateau naît le dans le arrondissement de LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, tables décennales des naissances 1953-1962, cote 2E2798, vue 230/276. Il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. Sa mère est ménagère et son père, aide-chauffeur, est alcoolique. Le jeune Patrick est décrit comme étant un élève médiocre mais sans histoire durant sa scolarité.
En 1965, les parents de Gateau se séparent alors qu’il est âgé de . Patrick est confié à la garde de sa grand-mère, à Fontaine-Saint-Martin.
En 1971, à l’âge de , Gateau abandonne sa scolarité, ses parents attribuant cela à sa fainéantise.
Il est arrêté pour la première fois, en 1975, à l'âge de , pour vol, coups et blessures volontaires et violation de domicile. Il est inculpé pour ces faits, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
Le , Gateau est condamné par le Tribunal correctionnel de Lyon, à un an de prison, dont quatre mois de sursis avec mise à l'épreuve. Il est placé en détention, avant d'être rapidement libéré.
Gateau entretient, en 1976, une relation avec une jeune fille de . Elle rompt avec lui quelques mois plus tard, lorsque Gateau est arrêté pour des faits de vol et de violences. Il reste cependant en liberté dans l’attente de sa comparution. Furieux que sa petite-amie le quitte, Gateau jure de se venger.
Affaire de viol, incarcération et autres condamnations Le , Gateau, alors âgé de , se rend avec deux complices au domicile de son ancienne petite-amie, et lui propose de faire un tour en voiture. Tous trois l'embarquent et la conduisent dans un endroit isolé et la violent. Après avoir relâché leur victime, Gateau et ses complices quittent les lieux et l’abandonnent sur place. La jeune fille dépose plainte contre ses agresseurs, et livre leurs noms. Gateau et ses complices sont rapidement arrêtés. Tous trois sont inculpés de viol sur mineure et placés en détention provisoire.
Le , Gateau est condamné par le Tribunal correctionnel d'Annecy à un an pour vol, coups et blessures volontaires. Quelques mois plus tard, , Gateau est de nouveau condamné par le Tribunal correctionnel de Lyon à de prison ferme pour vol.
Le , Gateau comparaît devant la Cour d'assises du Rhône, en compagnie de ses complices, pour le viol de son ancienne petite-amie. Les trois auteurs n'encourent qu'une peine relativement faible, le viol n'étant encore qu'un délit aux yeux de la loi au moment des faits. La Cour condamne Gateau à de réclusion criminelle.
Libération, réincarcération et rencontre avec Christian Gay Gateau est libéré en , après plus de de détention. Il est alors âgé de .
Il ne renonce pas à son mode de vie et est arrêté, en 1982, pour cambriolage et vol avec violence. Il est inculpé pour ces faits mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
Le , Gateau est condamné à et demi de prison ferme. Il est placé en détention pour y purger sa peine.
Il est libéré en 1984, à l’âge de . Au cours de cette période, Gateau rencontre Christian Gay, délinquant de avec qui il se lie. Vivant de petits délits, Gay est un jeune homme facilement influençable, engagé dans une relation tumultueuse avec Jeanine Brandlé, une femme de .
Assassinat de Jeanine Brandlé Le , Jeanine Brandlé rentre chez elle accompagnée de son fils après avoir vendu sa maison de campagne, près de Sainte-Foy-lès-Lyon. Elle ressort peu de temps après pour déplacer sa voiture, stationnée en infraction. Parvenue sur les lieux, Gateau et Gay l'abordent et l’embarquent dans la voiture de Gay. Les deux hommes roulent plusieurs kilomètres et l’emmènent dans un bois près de la décharge de Sainte-Foy-lès-Lyon. Gateau et Gay attachent leur victime à un arbre, avant de la tuer de deux balles de pistolet. Gateau et Gay retournent alors sur le lieu de l'enlèvement et dérobent la voiture de leur victime, qu'ils abandonnent par la suite. Inquiet de la disparition soudaine de sa mère, le fils de Jeanine prévient la gendarmerie. Il expose alors les circonstances troublantes au cours desquelles Jeanine, censément ressortie pour un instant seulement, n'a jamais reparu.
Une information judiciaire est ouverte, le , pour enlèvement et séquestration et de premières recherches sont effectuées, sans résultat.
Le corps de Jeanine Brandlé est découvert le , après de recherches, dans le bois de la décharge de Sainte-Foy-lès-Lyon. Une enquête pour assassinat est ouverte, mais débouche sur une ordonnance de non-lieu, les enquêteurs ne disposant d'aucune piste ni indice.
Autres incarcérations Le , Gateau est condamné à de prison ferme par le Tribunal correctionnel de Lyon. La détention préventive effectuée en 1982 couvrant sa peine, il ne retourne pas en prison.
En , Gateau tire une balle de pistolet sur Gay sans l'atteindre. Gay dépose une plainte contre Gateau, qui est brièvement incarcéré pour coups et blessures, avant d’être libéré quelques mois plus tard. Les relations entre Gateau et Gay se distendent alors et ils se perdent de vue.
Au début de 1985, Gateau est de nouveau arrêté pour vol à l'étalage et recel. Il est inculpé mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire. À ce stade, il n'est toujours pas soupçonné de l’assassinat de Jeanine Brandlé.
Le , Gateau est de nouveau jugé par le Tribunal correctionnel de Lyon et condamné à de prison ferme. Il est placé en détention pour y purger sa peine.
Le , Gateau est condamné pour recel à un an de prison ferme (peine qui se confond avec les deux ans ; cette dernière étant inférieure, la peine de deux ans est donc la peine définitive pour ces deux affaires).
Libéré en 1986, Gateau est de nouveau arrêté pour vol avec effraction. Inculpé, il reste à nouveau en liberté sous contrôle judiciaire.
Gateau est arrêté le et placé en détention provisoire, à la suite d'un vol commis en état récidive. Il comparaît devant le tribunal correctionnel de Vienne, le , et écope de de prison, dont un avec sursis.
Évasion, affaire de harcèlement et lien avec l’affaire Brandlé Le , Gateau bénéficie d'une permission de sortie d'une journée. Il est censé ré-intégrer la Maison d'arrêt de Grenoble-Varces le soir même, mais n'y revient pas. En cavale, il reprend contact avec Christian Gay. Les deux hommes repèrent une femme qu'ils entreprennent de harceler, lui racontant notamment avoir , quelques années auparavant et s'en être débarrassés dans une décharge. La victime se rend à la sûreté urbaine de Lyon, rapportant les menaces des deux hommes et révélant leurs noms : Patrick Gateau, , et Christian Gay, .
Gateau et Gay sont arrêtés, le , dans le cadre de cette affaire. Gay est inculpé de harcèlement et de menaces de mort, puis laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Gateau est, lui, poursuivi pour évasion, harcèlement et menaces de mort et placé en détention provisoire au Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure.
Le juge Philippe Courroye rouvre alors le dossier de l'affaire Brandlé, s’appuyant sur le témoignage de la femme victime de harcèlement. Il s'intéresse de très près à Gateau, déjà condamné pour vol et violences sexuelles, et qui, à la suite de son évasion, semble vouloir se ; ce qui, à ses yeux, fait de lui un suspect sérieux dans l'affaire Brandlé, quoiqu'il ne soit pas connu des services de police comme meurtrier. Gay est soupçonné également , du fait de son association avec Gateau à l'époque des faits.
Mise en cause dans l’affaire Brandlé Gateau et Gay sont placés en garde à vue, en , pour l’assassinat de Jeanine Brandlé. Lors de son audition Gateau affirme avoir voulu dérober une voiture mais réfute toute accusation contre lui et affirme être resté dans la voiture de Gay au moment du crime, en déclarant que celui-ci est l’auteur des coups de feu sur Brandlé afin qu’elle ne dénonce aucun des deux auteurs. Gateau reste sur cette version des faits durant toute l’instruction. Gay est inculpé d’assassinat et placé en détention provisoire. Gateau est également inculpé d’assassinat et regagne la prison de Moulins, dans laquelle il est incarcéré depuis .
Le , Gateau comparait devant le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu pour harcèlement, menaces de mort et pour son évasion. Il est condamné à de prison ferme.
Gateau et Gay sont examinés par plusieurs psychiatres, au cours de leur détention. Il en ressort que Gateau possède des tendances manipulatrices quand Gay, lui, est décrit comme aisément influençable, ce qui cadre avec l'hypothèse que Gateau ait influencé Gay et rejette sur lui la responsabilité du crime pour s’en exonérer.
Au bout de trois ans d’instruction, Gateau et Gay sont renvoyés devant la Cour d’assises du Rhône pour enlèvement suivi d’assassinat.
Jugement dans l’affaire Brandlé Le , débute le procès de Gateau et Gay, devant la Cour d’assises du Rhône.
Gateau maintient ne pas avoir tiré les coups de feu sur Brandlé et continue d’accuser Gay d’avoir ligoté et tué la jeune femme pendant qu’il était dans sa voiture à l’attendre. Gay, quant-à-lui, affirme que les coups de feu ont été tirés par Gateau afin que la victime ne les dénonce pas. La cour dit donc statuer entre deux hypothèses différentes : le crime passionnel ou l’assassinat d'un témoin gênant. Gay, quant à lui, reconnaît avoir donné l’un des deux coups de feu, mais affirme avoir agi sous la pression de Gateau.
Lors des réquisitions, Jean-Olivier Viout, l’avocat général, requiert une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour les deux accusés et ne réclame pas de peine de sûreté particulière en raison de la jeunesse des deux hommes. Le verdict est conforme aux réquisitions du parquet.
Le , Gateau et Gay sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de .
Détention à Ensisheim et mariage