Edward Mannock, dit Mick Mannock, né le à Cork et mort le , probablement à Lestrem, est un pilote de chasse britannique. As de l'aviation durant la Première Guerre mondiale, il est, avec ses , considéré comme le meilleur pilote britannique du conflit.
De mère irlandaise et de père anglais, qui sert dans l'armée britannique, Edward Mannock déménage en Inde lors de son enfance. De santé assez fragile, il développe plusieurs maladies pendant sa jeunesse. À son retour en Angleterre, il devient un fervent partisan du nationalisme irlandais, du Home Rule et adhère au Parti travailliste indépendant.
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Edward Mannock travaille comme ingénieur en téléphonie dans l'Empire ottoman. Après l'entrée en guerre de l'Empire ottoman aux côtés des Puissances centrales, il est emprisonné, comme citoyen britannique. Du fait des mauvais traitements qu'il subit, il tombe rapidement malade et les autorités ottomanes finissent par le rapatrier en Grande-Bretagne en , le jugeant inapte au service militaire.
Il se rétablit et rejoint le Royal Army Medical Corps puis le Corps of Royal Engineers. Il change à nouveau de service en 1916, et rejoint la Royal Flying Corps (RFC). Au terme de sa formation, il est affecté au No. 40 Squadron RAF et part au combat sur le front de l'Ouest. Après des débuts modestes, il commence à faire ses preuves comme pilote, remportant sa première victoire au combat aérien le .
En , Edward Mannock compte déjà à son actif et obtient un poste de commandement dans le No. 74 Squadron RFC. Il remporte 36 autres victoires entre le . Après son retour de permission en , il est nommé commandant du No. 85 Squadron RAF et remporte neuf nouvelles victoires ce mois-là. Quelques jours après avoir mis en garde son collègue et as George McElroy contre les dangers du vol à basse altitude en cas de tir depuis le sol, il est tué au combat dans ces conditions exactes le .
Edward « Mick » Mannock est l'un des hommes les plus décorés des forces armées britanniques, il est honoré deux fois de la Croix militaire. Il est l'un des rares à recevoir trois fois l'Ordre du Service distingué et à être décoré à titre posthume de la Croix de Victoria.
Jeunesse Edward Corringham Mannock naît le de Julia (née Sullivan) et d'Edward Mannock., d'origines anglaise, irlandaise et écossaise, et mariés le .. Edward a une sœur, Jessie (née en ) et un frère, Patrick (né en ), ainsi qu'une sœur cadette, Helena (née en ).. Edward senior est issu d'une famille aisée : son propre père est rédacteur en chef d'un journal à Londres et son oncle George Mannock est un ami de la famille royale britannique. Selon la tradition familiale, cet oncle George aurait enseigné le billard à Édouard VIII, alors prince de Galles. Edward senior n'est cependant que caporal dans l'Armée britannique, mais s'est distingué durant la guerre anglo-égyptienne à la bataille de Tel el-Kebir en 1882. vignette|La famille Mannock en Inde (le père, Edward senior, participait à la guerre des Boers en Afrique du Sud). Debout de gauche à droite: Edward, sa sœur aînée Jessie et son frère aîné Patrick. Sa mère est assise, ainsi que sa sœur cadette, Helena.|alt=Photographie noir et blanc de la famille. En , les Mannock s'installent à Cork, en Irlande, après que son père a quitté l'armée, c'est là qu'Edward est peut-être né, bien que cela soit contesté. En , profondément endetté et exaspéré par la vie civile, Edward senior se réengage et la famille déménage à Meerut, en Inde. Edward junior n'a alors que cinq ans. Peu après son arrivée en Asie, il contracte la malaria, évitant de justesse la mort.
Le jeune Mannock est un grand amateur de sport, appréciant particulièrement le cricket et le football. Contrairement à certains de ses contemporains, il méprise la chasse et garde des oiseaux et des lapins. En grandissant, il devient cependant un passionné de pêche à la ligne. Il aime également le tir et utilise un fusil à air comprimé pour le tir sur cible. Il est aussi un joueur de violon passionné bien qu'autodidacte et aussi habile avec une variété d'autres instruments.
Lorsque la guerre des Boers commence, son père est transféré en Afrique du Sud, où il combat dans le 5th Dragoon Guards, tandis que la famille reste en Inde. À la fin de la guerre, son père est affecté à Canterbury, en Angleterre, où il fait venir sa famille. Le père d'Edward est toutefois alcoolique et souffre de dépression. Deux mois après s'être installé en Angleterre, il abandonne femme et enfants, et emporte les maigres économies de la famille.
Edward fréquente alors l'école locale et se met donc à aider sa famille en occupant divers petits emplois chez un marchand de fruits et légumes, puis chez un barbier. Après avoir quitté l'école, il est incité par sa mère à rejoindre son frère à la . Après trois ans, l'atmosphère étouffante des bureaux affecte sa santé et il demande, et obtient, un transfert au département d'ingénierie. Il déménage à Wellingborough, dans le Northamptonshire, en 1911, pour occuper ce poste. Il rejoint à cette occasion la Territorial Army., la réserve de l'armée britannique et sert dans le Royal Army Medical Corps (RAMC) pour rester en contact avec ses amis de Canterbury lors des exercices annuels. Il est promu sergent en 1913. Au printemps de cette même année, il assiste à un match local de cricket puis est présenté à Clara Novello Davies, mère du compositeur Ivor Novello. Edward étant désireux de développer ses talents musicaux, elle lui donne des cours particuliers. Toujours grâce à son club de cricket, il commence également à s'intéresser à la politique. Il devient un militant, exprime des opinions socialistes, et admire James Keir Hardie. Il devient le secrétaire du parti travailliste indépendant de Wellingborough en 1912. Il reste un partisan convaincu de l'Empire britannique, mais sympathise avec le mouvement Irish Home Rule, un projet visant à donner une autonomie interne à l'Irlande, tout en demeurant sous la tutelle de la couronne britannique.
Edward Mannock introduit une demande de passeport pour Noël , et reçoit une réponse le , le décrivant comme un mécanicien de télégraphe et de téléphone. L'original est conservé au musée de la RAF à Hendon. Le , il met brusquement fin à son séjour à Wellingborough et embarque sur un tramp steamer allant de Tilbury à Constantinople en Turquie pour prendre un poste à la Société ottomane des téléphones.
Plus tard dans l'année, alors que la guerre devient imminente, Edward et ses collègues d'origine britannique remarquent un changement dans le climat politique et leurs hôtes turcs deviennent ouvertement hostiles et anti-britanniques. Au début de la guerre en Europe en , le pays reste neutre, mais en , les Ottomans s'allient aux puissances centrales, à savoir l'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie. Comme sujet d'un pays ennemi, Edward Mannock est arrêté et interné dans un camp à Constantinople.
Mal nourri et mal soigné, sa santé décline rapidement en prison, du fait de la dysenterie et de l’exiguïté de sa cellule. Une nuit, cependant, il réussit à s'échapper de sa cellule en se faufilant par une étroite fenêtre. Au cours des nuits suivantes, il creuse un tunnel qu'il utilise pour de fréquentes incursions dans les stocks de nourriture de l'armée ottomane situés à côté. C'est lors d'une de ces sorties nocturnes qu'il est découvert, à la suite de quoi il est enfermé dans une cellule en béton pendant deux semaines. Proche de la mort, il est rapatrié en Grande-Bretagne et quitte le camp de Constantinople le . Au cours du voyage de deux mois, il contracte une nouvelle fois le paludisme, mais survit avant de rejoindre l'Angleterre en passant par la Bulgarie et la Grèce encore neutres.
Affectations durant la guerre
Royal Army Medical Corps et Royal Engineers : de déception en déception ( - ) Le , toujours convalescent, Edward Mannock se rapproche du Royal Army Medical Corps (RAMC) et en juillet, il est suffisamment rétabli pour s'engager avec son grade de sergent d'avant-guerre. Le , il est affecté à la , deuxième bataillon du , une unité d'ambulances. En s'engageant, il constate qu'il va devoir s'occuper des blessés allemands autant que des Britanniques et des Français, ce qui lui déplait. Il remarque immédiatement une certaine apathie dans son unité : à son avis, les hommes manquent d'enthousiasme pour la guerre, et il se plaint amèrement de leur manque de motivation lors des exercices d'entraînement. Pendant son affectation, il tente d'insuffler dans son unité un peu de patriotisme, de fierté et de dévouement, mais il échoue. Il finit par demander un entretien à son commandant, lors duquel il lui explique qu'il refuse de continuer à conduire des ambulances ou à soigner des malades loin du front. Il demande à être transféré dans le Corps of Royal Engineers en tant qu'élève officier. Il attend pendant des mois après cette demande et devient sergent-major entre-temps. Finalement, en , il obtient son transfert après un entretien au bureau de recrutement local de Fenny Stratford.
Edward est conscient que sa faible éducation et sa famille désargentée le désavantagent considérablement dans l'environnement bien éduqué et de classe supérieure du . Il remédie à ce problème en se consacrant entièrement à son travail. La méthode est efficace, mais son comportement solitaire est considéré comme étrange. De plus, Edward méprise ses pairs, qui ne s'intéressent pas à la guerre et semblent uniquement préoccupés par les uniformes, la qualité de leur confection et la façon dont ils peuvent améliorer leurs chances avec les femmes. Fatigué de l'ambiance qui règne dans sa nouvelle unité, il veut donc à nouveau demander sa mutation, mais il s'aperçoit qu'une seconde démission nuirait à ses chances de devenir officier.
Sur la suggestion d'un ami , il décide de rejoindre le Royal Flying Corps. Il est néanmoins d'abord réticent à cette idée, craignant que son âge et sa condition physique ne le gênent. Il craint aussi qu'une seconde mutation en si peu de temps n'entache son dossier. Il se renseigne alors sur son nouveau projet dans tous les journaux qu'il trouve. Ce faisant, il découvre un article sur l'homme qui va avoir une profonde influence sur lui, Albert Ball. Ce dernier est le premier pilote de chasse à bénéficier d'une certaine publicité et ses exploits incitent Edward Mannock à demander sa mutation. En juin, Edward est promu sous-lieutenant et le , il arrive à la No. 1 School of Military Aeronautics à Reading.
Formation dans le Royal Flying Corps ( - ) La formation d'Edward Mannock commence immédiatement. Il reçoit une formation théorique sur le combat aérien, l'aspect technique des avions, la lecture des cartes et le vol. Il est reçu avec les honneurs et est envoyé à la pour une formation élémentaire au pilotage. Le , il reçoit le certificat 3895 du Royal Aero Club. Le , il rejoint Hounslow pour commencer son entraînement avec le Training Squadron. Après avoir terminé son instruction, il est transféré à l'école d'artillerie de Hythe le pour deux semaines, puis au Reserve Squadron à Joyce Green pour un entraînement avancé. L'instructeur de Mannock, le capitaine Chapman, dit de lui : .