thumb|Exemplaire original des éditions Die Schmiede, Berlin, 1925. thumb|Page de grand titre.
Le Procès (titre original en allemand : Également orthographié Prozeß ou Process.) est un roman posthume de l'écrivain pragois de langue allemande Franz Kafka paru en 1925. Il relate les mésaventures de Joseph K. qui se réveille un matin et, pour une raison obscure, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice. Ce livre est considéré comme un chef-d'œuvre de la littérature mondialeLe Procès figure notamment dans les classements des 100 meilleurs livres de tous les temps et des cent livres du siècle..
Tout comme les autres romans de Kafka, Le Procès n'était pas totalement achevé à sa mort, et n'avait pas vocation à être publié. Seul l'extrait de la Parabole de la Loi avait déjà été publié séparément. Le manuscrit est recueilli par son ami et exécuteur testamentaire Max Brod, et est publié pour la première fois en 1925 sous le titre Der Prozess, aux éditions Die Schmiede, à Berlin. Si la division et les titres des chapitres sont tous de Kafka, la distribution et la répartition sont de Brod, qui en outre a écarté de la trame principale quelques chapitres incomplets.
Le procès est représenté d’une manière symbolique comme une étape qui s’interpose dans la vie du héros, mais le roman mélange des descriptions précises et réalistes avec des détails absurdes donnant l'impression d'un cauchemar.
Joseph K. (on ne connaît pas son nom de famille complet) refuse dans un premier temps son accusation puisqu’il est innocent, d'autant plus qu'il ne sait absolument pas de quoi il est accusé. Mais au fil des événements et de ses rencontres successives il en vient à être convaincu de la réalité du procès et va donc tout faire pour se faire acquitter.
Historique Le roman est écrit de l'été 1914 au mois de . Dès 1921 Kafka demande à son meilleur ami et exécuteur testamentaire Max Brod, juriste et auteur comme lui, de brûler tous ses écrits (son journal, ses lettres, ses romans) non parus et inachevés, mais se doute qu'il ne le fera pas, comme l'attestent leurs conversations jusqu'à la mort de l'écrivain en . Brod, confronté au dilemme éthique de respecter les dernières volontés de son ami ou de préserver son héritage pour la postérité littéraire, dédie le reste de sa vie à éditer ces écrits. Il fait publier Le Procès à titre posthume en 1925.
Le , la veille de l'entrée des troupes allemandes à Prague, Brod sauve les manuscrits en les emportant avec lui en Pologne puis à Tel Aviv., où il invente des titres pour les trois romans (Kafka ne faisant pas de plan) et des fins, comme celle du Procès sur l’exécution de Joseph K.. En 1945 il donne ses archives à sa secrétaire et amante qui vend certains de ces manuscrits après la mort du juriste en 1968. Celui du Procès est vendu le lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's à Londres pour un million de livres anglaises, ce qui en fait le manuscrit le plus cher de la littérature allemande. L'acquéreur Heribert Tenscher, un obscur antiquaire chargé d'enchérir par le directeur des Archives littéraires allemandes de Marbach, le revend le lendemain à l'institut allemand, le manuscrit devenant la pièce maîtresse de ses collections, , p.121.
Résumé par chapitre Chapitre I - Arrestation de Joseph K. ; conversation avec Grubach puis avec Bürstner Au matin de son trentième anniversaire, Joseph K., jeune cadre dynamique travaillant dans une banque et vivant dans une pension, est arrêté de façon inattendue par deux mystérieux agents pour un crime non précisé, et qui ne le sera jamais. Les agents refusent de nommer l'autorité qui les envoie. Joseph K. n'est pas emprisonné, il est libre de se rendre à son travail avec l'obligation d'attendre les instructions de la commission d'enquête. Fortement perturbé, K. en oublie son rendez-vous de la soirée avec Elsa, une prostituée qu'il fréquente.
Grubach, sa logeuse, essaie de consoler Joseph à propos du procès, mais elle le blesse sans le vouloir en insinuant que cette procédure est peut-être liée à une relation immorale qu'elle le soupçonne d'entretenir avec Bürstner, sa voisine de palier. Joseph rend visite à cette demoiselle par besoin d'exposer ses soucis, puis il embrasse l'indifférente jeune fille, ce qui confirme a posteriori les soupçons de Grubach, qui semble être jalouse de Bürstner. Il s'agit d'un premier indice laissant supposer que Joseph K. ne maîtrise plus son destin.
Chapitre II - L'amie de Bürstner Quelques jours plus tard, après s'être réconcilié avec sa logeuse, Joseph K. découvre en rentrant de son travail que Montag, la locataire d'une autre chambre, s'installe chez Bürstner. S'imaginant que cette manœuvre n'a d'autre but que de l'éloigner de celle-ci, Joseph K. voit ses soupçons se confirmer lorsque Montag s'entretient avec lui et lui demande, au nom de son amie, de ne plus les importuner. Humilié, Joseph tente malgré tout de rencontrer Bürstner en pénétrant à l'improviste dans sa chambre, sans succès.
Chapitre III - Premier interrogatoire Joseph K. est bientôt sommé de se rendre au tribunal un certain jour, sans qu'on lui précise l'heure ni le lieu exact. Cela le conduit à perdre beaucoup de temps à visiter les divers immeubles de cette banlieue pauvre, avant d'enfin trouver par hasard la bonne porte.
Une assemblée de vieillards surexcités, présidée par un juge assez peu rassurant, lui reproche sévèrement son retard. Malgré un beau plaidoyer portant sur l'absurdité de ce procès et la vacuité de son accusation, Joseph K. suscite l'hostilité d'une salle semblant toute acquise au juge et a le plus grand mal à s'extirper du lieu d'interrogatoire. Le juge l'informe qu'il a commis une erreur en refusant d'être interrogé.
Chapitre IV - Dans la salle d'audience déserte ; l'étudiant ; les bureaux du greffe Joseph K. tente d'obtenir une entrevue avec le juge d'instruction chargé du dossier, mais ne peut trouver que l'épouse d'un assistant de justice. Il apprendra que les autorités louent à ce couple une partie du tribunal pour en faire son foyer mais le forcent à déménager leurs affaires chaque jour de séance.
Profitant de son passage pour jeter un œil à des livres appartenant au magistrat, il comprend que ces derniers ne contiennent que des illustrations pornographiques. La femme tente grossièrement de le séduire, et alors que Joseph se résout à succomber à ses avances pour défier l'appareil judiciaire, un étudiant en droit fait irruption sur la scène, se dispute avec Joseph et emmène dans ses bras celle qu'il dit être sa maîtresse. Cette dernière, bien qu'elle traite l'étudiant de « petite saleté », se laisse faire volontiers avec un fatalisme hypocrite, arguant que cet étudiant est promis à un brillant avenir et qu'elle doit le satisfaire pour assurer la carrière de son mari.
Errant dans les bureaux du tribunal, Joseph rencontre le mari en question, qui ne se plaint que très faiblement de l'attitude de sa femme, semblant l'accepter comme réalité irréductible, mais qui place pourtant en K. l'espoir d'un possible changement. Bien d'autres accusés sont là à attendre désespérément des nouvelles de leur affaire respective. C'est alors que Joseph se rend compte qu'il s'est perdu, peut-être aussi bien intellectuellement que géographiquement. La lourdeur de l'atmosphère des bureaux entraîne chez K. un malaise dont il n'arrive pas à contrôler les effets. Il doit donc malgré lui rester assis avant qu'une fonctionnaire accompagnée du préposé aux renseignements l'aide à sortir de ce lieu dans lequel K. prend conscience des faiblesses de son corps jusque alors infaillible.
Chapitre V - Le bastonneur Un soir, dans la banque où il travaille, il découvre dans un débarras les deux agents Willem et Franz fouettés par un homme qui semble-t-il joue le rôle du bastonneur () judiciaire. Les deux agents qui se font fouetter implorent Joseph K. de les secourir. Ce dernier tente de payer le bourreau, de le soudoyer, mais celui-ci refuse. Finalement, K. part en laissant ces trois individus dans le placard, évitant ainsi toute accusation de complot dans cette punition, un des deux agents ayant attiré l'attention en criant. Il imagine sur le moment que cette scène absurde et fantasmatique a été conçue dans le seul but de l'effrayer. Mais le jour suivant il retourne au débarras, et exactement le même tableau délirant s'offre à lui.
Chapitre VI - L'oncle ; Léni Joseph K. reçoit la visite de son oncle, un campagnard allant en ville de temps en temps. Inquiet des bruits qui courent sur son neveu, il se fait raconter en détail le peu que Joseph sait lui-même à propos du procès. Il lui présente M Huld, un avocat de ses amis, malade et affaibli, et ayant la réputation assez peu rassurante d' « avocat des pauvres ».
Constamment alité, le juriste est aidé au quotidien par Leni, une jeune femme manifestant une attirance immédiate et pathologique pour Joseph. Au beau milieu de l'entretien de ce dernier avec l'oncle et l'avocat, Leni s'arrange afin de l'éloigner un instant et l'entraîne plus loin dans l'appartement pour quelques réjouissances.
C'est au bas de l'immeuble que Joseph retrouve ensuite son oncle, lequel laisse éclater sa colère et la honte qu'il a ressentie après le départ de son neveu, l'avocat et lui ayant parfaitement su à quoi s'en tenir.
Chapitre VII - L'avocat, l'industriel et le peintre Lors des visites ultérieures qu'il rend à son avocat, Joseph se rend compte à quel point M Huld est un personnage capricieux ne pouvant lui être d'un très grand secours. À la banque c'est son rival, le directeur adjoint, qui se plaît à miner son autorité.
Un des clients de la banque lui recommande d'aller rechercher les conseils de Titorelli, peintre officiel du tribunal. Ce dernier n'a pas de réelle influence, mais sa grande expérience de la justice éclaire douloureusement K, auquel il ne laisse entrevoir que des hypothèses complexes et désagréables (acquittement apparent, procédure dilatoire) puisque aucun acquittement définitif, dit-il, n'est jamais possible.
Chapitre VIII - M. Block le négociant ; renvoi de l'avocat K. prend la décision définitive de congédier son avocat afin de s'occuper pleinement de son procès lui-même. Arrivé chez M Huld, il fait la connaissance d'un certain M. Block. Celui-ci, négociant, est victime de son procès depuis plus de cinq années. Ayant également comme avocat le vieil homme, M. Block va, en opposition des règles de celui-ci, utiliser des avocats dits « marrons » afin de faire avancer plus vite son procès. Malgré cela, le négociant fait en sorte de rien laisser paraître et essaye tant bien que mal de se tenir informé au mieux de son procès. Ainsi, pouvant être mandé par l'avocat à toute heure du jour ou de la nuit, M. Block décide de s'installer dans une petite chambre de concierge de l'établissement de l'avocat, le tout sous la surveillance de la belle Leni.
Alors que K., bien décidé à se faire entendre, fait part de sa décision à M Huld, celui-ci le prie de bien vouloir rester un moment à regarder le déroulement d'une entrevue entre le vieil homme et le négociant. K. est très choqué de constater, le négociant ayant été appelé, que celui-ci est traité comme un esclave auprès de l'avocat, trouve son comportement tout à fait normal et se considère même comme supérieur à K. en agissant de la sorte. Convaincu, devant ce spectacle, qu'il avait pris la bonne décision, K. s'en va, décidé à ne plus avoir aucune relation avec toute personne ayant été en contact avec M Huld.
Chapitre IX - Dans la cathédrale