La maison de Limburg Stirum ou de Limbourg Styrum est une des plus anciennes familles d’Europe. Elle naît au et tire son nom du comté souverain de Limbourg-sur-la-Lenne centré sur la ville de Limbourg, situé le long de la Lenne (en Allemagne), à ne pas confondre avec la maison des souverains du duché de Limbourg et sa capitale Limbourg (en Belgique). La maison de Limburg Stirum est la seule branche survivante de la dynastie des comtes de Berg, qui règne du au début du sur une grande partie de la Westphalie.
Les Limburg Stirum sont des monarques souverains dans le Saint-Empire romain germanique. Ils règnent sur différents territoires, majoritairement dans le cercle du Bas-Rhin-Westphalie et ont un siège à la Diète d'Empire, jusqu'à leur médiatisation à la fin de l'Empire en 1806.
Depuis le , cette famille a compté cinq comtes palatins de Lotharingie, des ducs de Bavière, de Westphalie, de Carinthie et Souabe, sept archevêques de Cologne, un prince-évêque de Spire, plus de dix évêques du Saint-Empire romain germanique et au moins deux saints de l’Église catholique (sainte Richezza de Lotharingie, célébrée le , et saint Engelbert de Cologne, célébré le ).
Histoire La dynastie des Ezzonides
Certains historiens prétendent que la maison de Berg descendrait de la dynastie des Ezzonides, dont la filiation remonte au .
Les Ezzonides (Ezzonen) sont les comtes palatins de Lotharingie durant les . Ils sont considérés comme les principaux représentants impériaux de la région du Moyen et Haut Rhin. Malgré leurs accomplissements militaires en faveur des empereurs allemands, les Ezzonides ne parviennent pas à créer une entité territoriale en Lotharingie. Pendant une période leur sont confiés les duchés de Souabe, Bavière et Carinthie, ainsi que l'archevêché de Cologne.
966-996 : Hermann , premier comte Palatin de Lorraine, et comte de Bonngau, Eifelgau, Mieblgau, Zulpichgau, Keldachgau, Alzey et Auelgau, de 945 jusqu'à sa mort. 1020-1034: Ezzon (Erenfried), son fils. Ayant épousé Mathilde, fille de l'Empereur Otto II et Theophanu, Ezzo devient l'un des seigneurs les plus puissants de l'Empire sous le règne de son beau-frère, l'Empereur Otto III. Candidat au trône impérial, il n'y renonce que contre l'attribution de fiefs immenses (Kaiserswerth, Duisburg, and Saalfeld). Il fonde l'abbaye de Brauweiler; 1035-1045 : Otto, son fils, comte Palatin de Lorraine puis duc de Souabe. En 1045, Henry III, Roi de Germanie et duc de Souabe, offre ce dernier titre à Otto en échange d'un retour des territoires de Kaiserswerth et Duisburg à la couronne. Otto transmet le Palatinat à son neveu Henri; 1045-1061: Henri Furiosus, son neveu, fils de Hezzelin . Il épouse en 1048 Mathilde de Verdun (1025-1060) fille du duc Gothelon de Lotharingie, et sœur du Pape Étienne IX. thumb|Le couronnement d'Henri IV, empereur des Romains (gauche) par Clement III (centre-droit). Entre eux se trouve le comte palatin Hermann II de Lotharingie. Chronique de Otto von Freising, Codex Jenensis Bose q.6 (1157). Il reçoit le château de Cochem de sa nièce, la reine Richiza de Pologne, et est élu successeur du royaume de Germanie durant la maladie d'Henri III. Le , il massacre sa femme Mathilde à la hache après avoir appris sa liaison avec un de ses proches, et est ensuite enfermé à l'abbaye d'Echternach, où il meurt en 1061. Sa fonction et ses comtes sont administrés par Anno II, Archeveque de Cologne, jusqu'à la majorité de son fils Hermann II (1064-1085); 1061-1085: Hermann II, son fils, comte en Ruhrgau et Zulpichgau, et comte de Brabant. Il est le dernier comte palatin de Lotharingie de la dynastie des Ezzonides. Il est tué en duel par Albert III de Namur. Sa veuve épouse Henri II de Laach, comte en Mayfeldgau, qui devient le premier comte palatin du Rhin en 1085/1087.
Comtes de Berg vignette|Statue de Adolphe I de Monte, Comte de Berg, au château de Berg.
, petit-fils d'Adolphe de Lotharingie, devient le premier comte de Berg en 1050. La dynastie des comtes de Berg était la plus puissante de la région Rhénane.
Les premiers souverains de Berg furent : 1077-1082 : , comte de Berg de 1077 à 1082, vidame de Werden, Deutz, Berg et Gerresheim. 1082-1093 : Adolphe II de Berg-Hövel (Huvili), comte de Berg de 1082 à 1093, comte en Auelgau et Siegburg, et vidame de Werden. Il épouse Adelheid de Laufen, héritière de Hövel, Unna, Telgte, Warendorf, etc. Adolphe II fonde le monastère d'Altenberg. Il meurt en 1090/1106. 1093-1132 : Adolphe III de Berg, comte de Berg de 1093 à 1132, et comte de Hövel de 1090 à 1106, vidame de Werden. Il épouse Adelheid de Clèves, une fille de Dietrich II, comte de Clèves. 1132-1160 : Adolphe IV de Berg, fils du précédent, est comte de Berg de 1132 à 1160 et d'Altena. Marié à Adelheid d'Arnsberg, puis à une fille d'Engelbert von Schwarzenberg. Il fait construire le château d'Altena puis l'abbaye d'Altenberg en 1133, où il entre comme moine en 1160. Son fils Adolphe V ayant été tué à Damas en 1148, c'est son fils cadet Engelbert qui lui succède. 1160-1189 : dirigea le comté de Berg de 1160 a 1189. Il épouse Marguerite de Gueldre. Il stabilise le comté par sa politique d'apaisement avec l'Empereur et l'archevêque de Cologne, augmentant par là sa prospérité. En , il est tué en Serbie, en chemin pour la Terre sainte avec la croisade de l'empereur Frédéric Barberousse. 1189-1218 : Adolphe VI de Berg, comte de Berg de 1189 a 1218. Marié à Berta de Sayn, il prend part en 1212 à la croisade contre les Cathares. En 1215 il enlève le palais impérial de Kaiserswerth. Il part en 1217 avec la cinquième croisade et meurt le au combat, en commandeur des troupes à Damiette, dans le delta du Nil. 1218-1226 : Engelbert II de Berg, frère du précédent, archevêque de Cologne. Le duc Waléran III de Limbourg se considérait héritier du comté, son fils Henry (futur duc Henri IV de Limburg) ayant épousé Ermengarde de Berg, la seule fille d'Adolphe VI. Néanmoins sous la loi salique, Englebert était l'héritier de son père et de son frère. Une dispute s'ensuivit, résolue en 1220 en faveur de l'archevêque. 1226-1247 : Ermengarde de Berg († 1248), fille d'Adolphe VI et mariée en 1217 à Henri IV de Limbourg, duc de Limbourg, hérita de Berg après le meurtre de l'archevêque Engelbert II. Le comté passe dans la Maison des ducs de Limbourg.
À la suite de l'extinction de cette branche de la maison de Berg, la dynastie reste néanmoins bien implantée dans la région rhénane grâce à leurs possessions de nombreux comtés, tels qu'Isenberg, Altena, etc.
Comtes d’Altena et d’Isenberg
thumb|right|Frederic I d'Altena acquit le Schloss Mark près de Hamm et en fait la résidence principale des nouveaux Comtes de la Marck. Evrard IV de Berg, fils d’Adolphe IV de Berg et d’Altena, hérite des territoires orientaux du comté de Berg. À partir de lui, la plus ancienne branche des comtes de Berg prend, à partir de 1166, le nom et le titre de comte d’Altena (sur la Lenne, en Westphalie). Le territoire d’Evrard est divisé plus tard entre ses deux fils : Arnold d’Altena, l’aîné, hérite de la partie nord-ouest du territoire d’Altena et devint le premier comte d’Isenberg (sur le Rhin, Hattingen) en 1200. Il fonde la lignée des comtes d’Isenberg et plus tard des comtes de Limburg et Limburg Styrum. Frédéric , le plus jeune, hérite de la partie sud-est du territoire d’Altena et il fonde la lignée des comtes de la Marck, de qui descendent les ducs de Clèves, les ducs de Juliers, les ducs de Berg, les ducs de Nevers et de Bouillon, les princes de Sedan et les comtes d'Arenberg.
Le meurtre d'Engelbert II : de Isenberg à Limburg thumb|right|St Engelbert II de Berg, Archevêque de CologneFrédéric II, comte d’Isenberg est une des figures principales de la lutte de la noblesse westphalienne contre le pouvoir agressif de son cousin, l'archevêque de Cologne, Engelbert II de Berg. En 1225, à l’assemblée des nobles de Soest, Frédéric rencontre son cousin afin d’établir un accord pacifique sur le patronat de l’abbaye de Essen, de laquelle on l’accusait d’abuser à son propre profit et au détriment de l’abbaye. Aucun compromis n'est trouvé. Lors de leur retour de Soest vers Cologne, Frédéric organise une embuscade contre son cousin, dans le défilé au pied du Gevelsberg entre Hagen et Schwelm. Le , en fin d’après-midi, l’archevêque est assassiné.
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Frédéric d’Isenberg est excommunié et tous ses biens ainsi que ses mandats lui sont retirés. Pendant l’hiver 1225-1226, le nouvel archevêque de Cologne, Henri de Müllenark, assiége et détruit son château. Frédéric part avec ses frères Thierry et Engelbert, évêques de Münster et d'Osnabrück (eux aussi impliqués dans le meurtre de l’archevêque), ainsi que le notaire d’Isenberg muni des documents nécessaires pour la Curie à Rome, dans le but de lever son excommunication. Lors de son voyage de retour Frédéric est fait prisonnier à Liège et vendu pour 2100 marks d’argent au chapitre de la cathédrale de Cologne. Le il est torturé puis exécuté devant la porte de Severin. Ses jambes et ses bras sont brisés sur la roue, après quoi il est exposé sur un pilier. Il ne meurt que le lendemain en priant.
Son fils, le comte Thierry/Dietrich d’Altena-Isenberg, déshérité de tous ses territoires dans le Premier Empire ou Saint Empire Germanique à la suite de l’exécution de son père, se bat avec l’aide militaire de son oncle, le duc de Limbourg (frère de sa mère Sophie fille de Walram III), afin de récupérer ses biens. Il fonde la maison de Limbourg (Limburg en Allemand) et le comté de Limbourg sur la Lenne. Il construit les châteaux de Limburg (Hohenlimburg) et à Bredeney au sud d'Essen (qu’il perd assez vite à la faveur des comtes de La Marck) et il prend le titre de comte de Limburg.
Division de la famille Herman Othon de Limbourg-Styrum, vu l'étendue énorme de ses territoires, décide de les diviser entre ses trois fils en 1644. Otto, l’aîné, obtient Bronkhorst et Borculo; Adolf, le second, reçoit la seigneurie de Gemen; Moritz, le troisième, hérite de Styrum.
Limburg-Styrum-Bronkhorst-Borculo : la branche aînée et encore existante, qui règne sur les territoires de Bronckhorst et de Borculo. Lors de l'invasion française, la féodalité est supprimée aux Pays-Bas Septentrionaux en 1795 et les territoires annexés à la République batave. Les Limburg-Styrum perdent ainsi la souveraineté sur ces territoires ; Limburg-Styrum-Gemen : la seconde branche, qui règne sur les territoires de Gemen et Illereichen. Lors de l'extinction de cette branche en 1800, la famille ne réussit pas à faire récupérer ces territoires par une autre branche des Limburg-Styrum, tant et si bien qu'ils sont repris par les barons Boyneburg-Bömelberg et sont médiatisés au profit de la principauté de Salm-Kyrburg en 1806. Cette branche possède un temps aussi la forteresse de Simontornya en Hongrie, qui est ensuite reprise par les comtes Esterházy ; Limburg-Styrum-Styrum : la troisième branche, qui règne sur Styrum et Oberstein. Elle est médiatisée en 1806 au profit du grand-duché de Berg. Cette branche s'éteint en 1809 et ses droits dynastiques sont récupérés par la branche aînéeLes Princes du Saint-Empire, à l'époque napoléonienne; Prince Jean-Englebert d'Arenberg; Louvain (Belgique), Publications Universitaires, 1951..
La branche aînée est la seule survivante et s'appelle actuellement Limburg Stirum (à l'origine Styrum).
Médiatisation