Mirapolis est un ancien parc à thèmes français situé à Courdimanche, dans la ville nouvelle de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Inauguré le , il ferme définitivement ses portes le après cinq saisons d'exploitation.

Le développement de Mirapolis est lancé à l'aube de l'arrivée de The Walt Disney Company en Europe avec Euro Disney Resort. Il est promu par ses concepteurs comme le . Entrepris grâce au soutien de l'homme d'affaires Ghaith Pharaon et imaginé par l'architecte Anne Fourcade, le projet est majoritairement financé par des emprunts bancaires, notamment auprès du Crédit national. Ce dernier est le principal actionnaire de la société Cergy-Parc, deuxième propriétaire du parc après le dépôt de bilan de Paris-Parc. Le Club Med remplace l'équipe de gestion de la première saison avant d'être lui-même remplacé par un groupement de forains, initialement opposés au parc et qui le gèrent jusqu'au dépôt de bilan.

Voulu précurseur d'un nouveau produit sur le marché des parcs d'attractions, Mirapolis se caractérise par une certaine démesure, tant dans les moyens et les budgets alloués que par son étendue (). Le parc est confronté à plusieurs problèmes judiciaires et administratifs qui le font passer de main en main de différents propriétaires. Avec plus de de francs investis, Mirapolis affiche néanmoins de francs de pertes cumulées dès 1988, année du deuxième exercice, le premier complet, puis de pertes l'année suivante, donnant un cumul de pertes de l'ordre de , représentant plus de la moitié des de francs de la mise de fonds initiale.

Imaginé sur le thème des contes et légendes français, Mirapolis devient pour partie une fête foraine. Les différents revers dans la gestion du parc témoignent d'une mauvaise appréhension du nouveau secteur des parcs d'attractions de grande envergure et de références peu connues du grand public. Véritable gouffre financier, Mirapolis laisse sa marque sur cette période d'engouement autour des parcs de loisirs français. Après sa fermeture définitive à la fin de l'année 1991, les installations sont démolies et plusieurs attractions sont démontées pour être réutilisées dans d'autres parcs européens.

Le , un projet de trois parcs à thème portés par des investisseurs saoudiens, sur l'emplacement de Mirapolis, dont un dédié à l'univers du manga Dragon Ball Z a été annoncé par l'État.

Étymologie L'architecte Anne Fourcade explique l'origine du nom Mirapolis :

Histoire Genèse Conception Dès 1980, l'architecte Anne Fourcade envisage de créer un parc de loisirs.. Deux ans plus tard, elle se rend à Disneyland, en Californie, et s'inspire du concept de royaume enchanté pour concevoir son projet. Elle souhaite créer un parc à connotation culturelle et estime la fréquentation annuelle à six cent mille clients ..

Grâce aux relations de son père, elle rencontre en 1984 le milliardaire saoudien Ghaith Pharaon.. L’arrivée de ce dernier au sein du projet déclenche le développement de Mirapolis.. Il le chapeautera pendant presque toute son existence. Porté par Sodex Parc, le projet se base sur un montage financier réalisé par la BAII autour du groupe dirigé par l'homme d'affaires.. Par la suite, le FBI et Interpol se mettront à la recherche de Pharaon, fugitif et inculpé dans plusieurs affairesGhaith Pharaon est un investisseur dans la première entreprise commerciale de George W. Bush. Ghaith Pharaon est inculpé et recherché en raison de son rôle présumé dans la faillite de la BCCI et du scandale de la , qui a coûté 1,7 milliard de dollars aux contribuables américains. Il est cité dans un rapport du Parlement français de 2002 comme ayant des liens avec des réseaux financiers informels avec des commerçants et des terroristes, y compris Al-Qaïda. Toujours sous la demande d'extradition vers les États-Unis, il meurt en 2017 à Beyrouth sans s'être confronté à ces accusations.......

Mirapolis est, avec le parc Astérix, Zygofolis et Big Bang Schtroumpf, l'un des grands projets de parcs de loisirs français de la fin des années 1980.. Dans les premiers communiqués de presse, il est prévu que l'étendue de Mirapolis atteigne avec vingt-et-une attractions, dont deux inédites en EuropeLe parcours scénique Ville d'Ys et le spectacle d'animatroniques Tour de Léonard de Vinci sont d'ailleurs présentés comme uniques au monde par le département publicitaire... Deux millions et demi de visiteurs .. sont attendus durant les deux cents jours d'ouverture annuelle. Un millier d'emplois est prévu, dont les trois quarts en emplois saisonniers.

Construction vignette|Carte de Courdimanche. Le site occupé par le parc est la zone urbanisée au nord.|alt=Carte de Courdimanche. Sous forme de projet, Mirapolis est présenté aux autorités du Val-d'Oise en . Présidée par Pharaon, la société anonyme Paris-Parc est créée le avec un capital total de deux millions de francs. Elle est immatriculée la même année sous le numéro Sirene 332292093.. Elle est chargée de construire et gérer le complexe. Il est premièrement prévu que les travaux débutent en juin.. Les engins de chantier arrivent sur le futur site le , lorsque s’achève la dernière moisson sur ce qui n'est jusqu'alors qu'un domaine agricole. Le permis de construire est délivré en .. En , Guy de Boisgrollier (ancien du groupe Hachette.) est désigné directeur général de Paris-Parc. Les premières chaussées apparaissent à Courdimanche au printemps 1986.. La bretelle autoroutière desservant Mirapolis est financée par la région.

En 1988, Georges Cazes dénombre cinquante permanents pour six cents saisonniers, soit un employé sur treize qui bénéficie d'un contrat à durée indéterminée.. La campagne de recrutement organisée avant l'inauguration n'attire pas les Valdoisiens.. Il est estimé dans un communiqué de presse que les années de atteindront d'entrées et celles de .

Mirapolis est présenté improprement à l'ouverture comme . Le (soit un an après l'ouverture), la ligne de Cergy (interconnexion ouest) est mise en service, permettant la desserte de la gare de Cergy-Saint-Christophe par la ligne A du RER. De la gare, il faut prendre une navette pour Mirapolis.. En 1987, Guy de Boisgrollier évoque le projet d'un monorail qui relierait, à terme, Mirapolis et la gare de Cergy-le-Haut.. Cette dernière, toute proche de Mirapolis, ne sera toutefois mise en service que le (près de trois ans après la fermeture du parc. et quelques mois avant l'inauguration symbolique du nouveau quartier.).

Coût Le dossier de presse de 1987 décrit une surface de . pour un parc calibré pour accueillir trente mille clients par jour.. À l'avenir, il est prévu d'étendre Mirapolis à plus de sur des terrains situés à l'arrière de Gargantua. Les sont achetés pour de francs à la commune de Courdimanche. Les parkings ont une capacité de six mille voitures et trois cents autocars. Entre les premiers communiqués et ceux de 1987, le financement grimpe de quatre à cinq cents millions de francs et la fréquentation prévisionnelle baisse de 2,5 à . Le tarif adulte augmente de 85 à , celui des enfants de 55 à . Le parc pourrait équilibrer son exploitation dès la première année bien qu'il ne soit ouvert que cinq mois au lieu de six prévus les années suivantes.

Les actionnaires prennent en charge 40 % du financement. Ces capitaux propres sont à 55 % étrangers, majoritairement saoudiens (Interedec, du groupe de Ghaith Pharaon), mais aussi néerlandais (Amev, à hauteur de 8 %), indiens et marocains. Les 45 % de participation restants sont français, avec la Caisse des dépôts et consignations (10 %), Sodexport (10 %), la Compagnie générale des eaux (8,5 %), le Club Med (5 %) et Jean Lefebvre (4 %). Le reste du financement du projet (60 %) s'appuie sur différents emprunts bancaires, notamment auprès du Crédit national.. Le parc bénéficie par ailleurs de plusieurs contrats de sponsoring avec les Assurances du groupe de Paris, Nesquik, Coca-Cola, les glaces Gervais (groupe Nestlé), Fujifilm et Geteba..

Inauguration, intimidations et pertes vignette|Un train quittant la gare de Mirapolis.|alt=Photographie d'un petit train dans le parc. Censé ouvrir le , Mirapolis est officiellement inauguré le par le Premier ministre de cohabitation Jacques Chirac.... Il est accompagné de Pierre MéhaigneriePierre Méhaignerie est alors ministre de l'Équipement, du Logement, de l'Aménagement du territoire et des Transports. et de Philippe de VilliersPhilippe de Villiers est alors secrétaire d'État à la Culture. ..

Mirapolis ouvre aux visiteurs le .. À cette époque, le taux de TVA sur les jeux et manèges forains s'élève à 18,60 %. Lors des pourparlers pour l'implantation d'Euro Disneyland, l'État français concède un abaissement du taux à 7 % pour les parcs de loisirs... Mécontents de cette différence de traitement, les forains décident de s'attaquer à Mirapolis pour faire entendre leurs revendications..

Le , alors que Mirapolis accueille environ trois mille clients, entre cent cinquante et deux cents forains armés de barres de fer font irruption dans le parc.. À l'initiative de Marcel Campion, ils cassent, détériorent, coupent, lacèrent et saccagent les installations... Ils jettent sable et lessive dans les mécanismes, s'en prennent au groupe électrogène, aux canalisations d'eau, aux câbles électriques Des échauffourées les opposent au personnel de sécurité, puis aux forces de l'ordre appelées en renfort, dont plusieurs membres ressortent blessés de la confrontation.. Des dizaines de véhicules stationnés sur le parking sont dégradés, mais dans un souci d'apaisement, aucune interpellation n'est faite (bien que certaines identités et plaques d'immatriculation aient été relevées).. Le coût de ces incidents est estimé à à ajouter un préjudice commercial d'un million de francs. Les conséquences sont constatées dès le lendemain lorsque Mirapolis dénombre cinq cents désistements sur deux mille visiteurs scolaires et moins de trois cents entrées vendues aux caisses...

En déjà, les forains critiquent l'arrivée future des parcs à thèmes. Parmi les déclarations de leur leader Marcel Campion : . D'autres forains s'expriment en ce sens : . La CGT Val-d'Oise fait savoir sa désapprobation par la distribution de tracts avant l'inauguration par Jacques Chirac..

Le , les forains distribuent de fausses entrées gratuites en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise. Le dimanche 24, ce sont mille cinq cents badauds qui font valoir leur entrée gratuite aux guichets. Le même jour, les forains répandent des clous à la sortie autoroutière vers Mirapolis. Malgré ces événements, le gestionnaire du parc déclare être satisfait de la fréquentation des cinq premiers jours d'exploitation. Le discours change après deux semaines : les objectifs ne sont pas atteints. D'ailleurs, la majorité des visites est due à des groupes, qui bénéficient d'un tarif réduit.. L'été est également une période de difficultés économiques.. Fin juillet, un total de est dénombré depuis l'ouverture..

En septembre, la revendication des forains est finalement acceptée : le gouvernement consent d'étendre le taux de 7 % à leur activité...

La première saison se clôture mi-octobre. Le parc n'a pas atteint ses objectifs car le public n'a pas été au rendez-vous : ont passé les tourniquets, soit moins d'un tiers du public attendu.... Ce nombre est même de selon Georges Cazes.. Il en résulte un déficit de de francs. Face à ces mauvais résultats, l'équipe de gestion est remplacée et le Club Med est désigné pour reprendre l’exploitation.. Les actionnaires procèdent à une augmentation de capital pour financer les nouveautés de la saison à venir.. Après son départ du projet, entre 1988 et 1989, Anne Fourcade prend part à la conception du parc du Puy du Fou.. D’ailleurs, ses plans initiaux engendrent la colère de Philippe de Villiers et sont déchirés, avant qu'elle ne reparte d'une page blanche..

Une émission de Croque-vacances de Claude Pierrard est tournée dans le parc et diffusée le samedi sur TF1..

Le Club Med à la gestion