Le Mouvement démocrate (abrégé en MoDem) est un parti politique français du centre, fondé en 2007 par François Bayrou.

Sa créationIl est reconnu comme tel par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques depuis le ( ). Les statuts provisoires du mouvement avaient été déposés en préfecture, pour pouvoir recevoir les cotisations des adhérents dès fin mai 2007. De nouveaux statuts ont été adoptés lors du congrès fondateur des et . prolonge la volonté de François Bayrou d'affirmer l'indépendance de l'Union pour la démocratie française (UDF), qu'il préside depuis 1998 et historiquement classée au centre droit, alliée au RPR puis à l'UMPLors du vote de confiance au deuxième gouvernement Fillon, les quatre députés revendiqués par le MoDem lors de sa création s'étaient ainsi abstenus (Bayrou, Lassalle, Aly et Benoit, qui siègent comme non-inscrits. Benoit se considère et se présente comme UDF uniquement. Au moment du vote de la motion de confiance, il ne comptait pas rejoindre ( selon ses dires) le MoDem lors du congrès extraordinaire de l'UDF, le 30 novembre 2007.).

Après être arrivé troisième de l'élection présidentielle de 2007 en promettant de dépasser le clivage gauche-droite, François Bayrou annonce la formation d'un nouveau parti centriste autonome, ce qui entraîne le départ d'élus UDF vers le Nouveau Centre.

Dans les années qui suivent, les résultats du MoDem sont modestes. Candidat à l'élection présidentielle de 2012, François Bayrou n'arrive qu'en cinquième position avec 9 % des suffrages. En 2017, il renonce à se représenter et s'allie avec Emmanuel Macron. Cette alliance, notamment au sein de la coalition Ensemble, interroge sur l'indépendance du MoDem.

Après deux élections législatives difficiles, le parti parvient à former un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale en 2017. Le MoDem compte aussi des sénateurs (siégeant au sein du groupe Union centriste), des députés européens et élus locaux.

François Bayrou, nommé ministre de la Justice par Emmanuel Macron en 2017, démissionne rapidement en raison d'une affaire d'emplois présumés fictifs au Parlement européen. Relaxé en première instance tandis que le MoDem était condamné, il revient sur le devant de la scène politique durant la crise de 2024 en devenant Premier ministre d'un gouvernement minoritaire (EPR-LR). Historiquement impopulaire, il démissionne de Matignon après neuf mois en fonction, ayant perdu un vote de confiance.

Histoire

De l'Union pour la démocratie française au Mouvement démocrate (2007)

Autonomie du centre ou alliance à droite

Depuis 1978 et la fondation de l'Union pour la démocratie française (UDF) comme confédération des partis du centre et de la droite non gaulliste, le centre français est associé à la droite. L'UDF est, dès 1978, l'alliée traditionnelle du RPR, malgré des velléités d'indépendance des centristes (groupe parlementaire Union du centre dans la législature 1988-1993, liste du Centre conduite par Simone Veil aux élections européennes de 1989).

Sous l'impulsion de François Bayrou, élu président du parti en 1998, l'UDF opère un recentrage progressif, au prix de déchirements internes, avec notamment le départ de Démocratie libérale en 1998. La rupture se fait après l'élection présidentielle de 2002 : Jacques Chirac et Alain Juppé créent l'UMP en vue d'assembler en un seul parti la droite et le centre ; la majorité des députés UDF sortants rejoignent alors l'UMP. L'UDF parvient cependant à préserver un groupe parlementaire à la suite des élections législatives françaises de 2002. L'UDF n'est pas associée à la constitution du gouvernement Raffarin. Un de ses adhérents, Gilles de Robien, y siège cependant jusqu'en 2007, contre l'avis de François Bayrou.

En 2004, l'UDF quitte le Parti populaire européen et fonde le Parti démocrate européen avec notamment les Italiens du parti de centre gauche La Marguerite ; à l'Assemblée nationale, il affirme de plus en plus franchement ses divergences de vues avec l'UMP. Cap21, parti écologiste classé à droite jusqu'en 2002, se rapproche du centre en présentant des listes communes avec l'UDF aux élections régionales de 2004.

Gilles de Robien appelle fin 2005 l'UDF à revenir à l'alliance à droite. Pour trancher ce choix d'orientation, François Bayrou convoque le congrès extraordinaire de Lyon, en , où est approuvée par des votants sa motion qui définit l'UDF comme un .

François Bayrou, le troisième homme de l'élection présidentielle de 2007 La campagne présidentielle de 2007 voit, pour la première fois depuis Raymond Barre en 1988, une personnalité du centre rassembler un soutien assez important pour être considérée comme éligible. François Bayrou annonce le dans Le Monde qu'en cas d'élection, il créera un .

Avec des voix au premier tour, le , François Bayrou termine en troisième position. Il annonce la création du « Parti démocrate » :

Ni l'UDF, ni François Bayrou lui-même n'appellent à voter pour l'un des deux candidats restant en lice. Cependant, après le débat Sarkozy-Royal du , François Bayrou indique à un journaliste du Monde qu'il ne votera pas pour Nicolas Sarkozy (il annonce trois ans plus tard qu'il a voté blanc« PRÉSIDENTIELLE - Bayrou a voté blanc au second tour en 2007 », Le Point, 2 décembre 2010.). Selon un sondage TNS Sofres, les électeurs de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 sont aussi nombreux à choisir au second tour Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy (40 % chacun). Il est soutenu par Azouz Begag, ministre chargé de la Promotion de l’égalité des chances dans le gouvernement Villepin.

Lancement du Mouvement démocrate pour les élections législatives thumb|Ancien logo. Le , les conseillers nationaux de l'UDF réunis à la Mutualité appellent à la création du Mouvement démocrate par un vote à main levée, à l'unanimité moins quatre voix « contre » et 4 abstentionshttp://www.udf.org/discours/bayrou_cn_100507.html discours prononcé par François Bayrou à l'occasion du Conseil national de l'UDF du 10 mai 2007..

L'intention annoncée de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions aux élections législatives de 2007, se traduit par la présentation de 535 candidats (sur 577 circonscriptions), chiffre jamais atteint par l'ancienne ou la nouvelle UDF. Cependant, 18 des UDF, soutiens de Nicolas Sarkozy, créent, à la demande de ce dernierhttps://www.dailymotion.com/video/x21akk_herve-morin-sexplique-a-epaignes « Le Président de la République (…) m'a demandé (…) de reconstituer une formation politique qui était feu l'UDF hier, mais une formation politique qui soit en mesure d'apporter un complément, dans la loyauté et dans la fidélité, à la majorité. » Discours d'Hervé Morin à Épaignes, 19 mai 2007. Vidéo, à partir de 6 min 14 s., le Nouveau Centre, qui se définit comme de centre droit et dans la majorité présidentielle.

thumb|François Bayrou au premier meeting du Mouvement démocrate au Zénith, le 24 mai 2007.

Le lancement public du Mouvement démocrate se déroule le au Zénith de Paris. Deux partis politiques, l'UDF et Cap21 sont mentionnés dans les statuts du Mouvement démocrate comme membres fondateurs.

L'UDF est le plus important en termes quantitatifs (près de ) et politiques, François Bayrou et la plupart des cadres du Mouvement en étant issus. Cependant, une forte majorité des députés sortants UDF, certains sénateurs et certaines figures politiques traditionnelles de l'UDF, comme le député européen Jean-Louis Bourlanges ou Simone Veil (qui soutient Nicolas Sarkozy dès le premier tour), se démarquent de cette initiative en rejoignant soit l'UMP soit le Nouveau Centre. Toutefois, la grande majorité des autres élus de l'UDF (y compris les députés européens et la majorité des sénateurs) participent à la création du Mouvement démocrate. Didier Bariani explique à l'occasion du Conseil national de l'UDF, réuni le , que « les statuts de l'UDF ne seront ni modifiés, ni amendés, ni complétés demain » : « L'UDF dans sa dénomination, ses statuts et son règlement reste totalement intacte. Elle sera membre fondateur, ou partie constituante, du Mouvement démocrate. » Ainsi, d'autres formations pourraient joindre le MoDem si elles le souhaitent.

Les candidats du parti portent alors l'étiquette « UDF - Mouvement démocrate ». Selon une carte du journal Le Monde basée sur le résultat de François Bayrou à l'élection présidentielle, un très grand nombre de circonscriptions législatives auraient pu faire l'objet d'une triangulaire avec le centrePremier tour : 476 triangulaires et 32 quadrangulaires virtuelles, carte de projection des résultats des présidentielles dans les circonscriptions, paru dans Le Monde, en mai 2007. Pour se maintenir au second tour, un candidat doit en effet avoir rassemblé sur son nom au moins 12,5 % des suffrages des électeurs inscrits sur les listes électorales. Ce pronostic se basait donc sur les circonscriptions dans lesquelles au moins 12,5 % des électeurs inscrits avaient apporté leur voix à M. Bayrou lors du premier tour de l'élection présidentielle.

D'après le ministère de l'Intérieur, les 535 candidats de l'« UDF-Mouvement démocrate » obtiennent , soit 7,61 % des suffrages exprimés, le , au premier tour. Ce score, supérieur à celui de l'ancienne UDF lors du scrutin de 2002, fait du MoDem le troisième parti au niveau national, nettement devant les 2,04 % du Nouveau CentreLe Nouveau Centre ne présentait que 80 candidats, dont seulement 38 ont dépassé 1 % des voix., mais loin derrière l'UMP et le PS. Néanmoins, seulement trois candidats atteignent le seuil des 12,5 % des inscrits et se maintiennent au second tour. Tous les trois sont élus au second tour : François Bayrou ( des Pyrénées-Atlantiques), Abdoulatifou Aly, (circonscription de MayotteMembre de la « Force de l'Alternance » du Mouvement pour le développement de Mayotte, soutenu par le MoDem au second tour, il siège aux côtés des autres élus du MoDem. Comme les autres députés revendiqués par le MoDem, il s'est également abstenu lors du vote de confiance au gouvernement FillonSite officiel du Ministère de l'intérieur, Résultats des élections législatives dimanche 17 juin 2007 Mayotte (976) -- (résultats officiels)).) et Jean Lassalle, ( des Pyrénées-Atlantiques), dans le cadre de la seule triangulaire du pays (MoDem-UMP-PS). François Bayrou bénéficie de la décision de l'UMP de retirer son candidat dans un « geste d'amitié ». Ces trois élus siègent à l'Assemblée nationale parmi les députés non-inscritsN'appartenant à aucun groupe parlementaire — au moins sont nécessaires pour créer un groupe parlementaire à l'Assemblée..

Deux autres députés sont également initialement revendiqués par le MoDem. Thierry Benoit, que François Bayrou évoque dans son discours télévisuel au soir des élections comme un des députés MoDem, car adhérent UDF et bénéficiant de l'investiture du parti, sans adhérer au MoDem. Après avoir annoncé, peu avant le Congrès fondateur de Villepinte les et , qu'il n'adhère pas au parti, il s'apparente le au groupe Nouveau Centre de l'Assemblée nationale.. Jean-Christophe Lagarde, également investi par le MoDem, fait campagne sans étiquette et sans candidat UMP face à lui. Il rejoint le groupe parlementaire du Nouveau Centre à l'Assemblée nationale., et devient même, le , le national du Nouveau Centre.

De l'association de financement au parti Question du nom Annoncé le , le « Parti démocrate » ne fut pas créé pour deux raisons : la connotation fâcheuse du sigle résultat des initiales correspondantes (« PD » évoquant « pédés », désignation injurieuse des homosexuels en français métropolitain) d'une part ; l'existence d'un autre Parti démocrate français d'autre part. François Bayrou proposa donc le le nom de Mouvement démocrate (MoDem). L'existence depuis 1978 du Mouvement démocrate français (formation politique gaulliste et souverainiste) ne semble pas être sujette à polémique.