vignette|Photo d'une plage en Martinique. La Martinique (en créole martiniquais ou ; anciennement appelée Iguanacaera ou Jouanacaera - l'île aux iguanes en langue caribe - ou encore Mantinino en caribe d'Hispaniola) est une collectivité territoriale unique française située en mer des Caraïbes et plus précisément dans l'archipel des Petites Antilles. Son chef-lieu est Fort-de-France. Ses compétences, identiques aux autres régions et départements de France, sont regroupées depuis 2015 dans le cadre d'une collectivité territoriale unique — la collectivité territoriale de Martinique — dont l'organe délibérant est l'assemblée de Martinique. Son code Insee est le 972R.
Elle est membre associé de la CARICOM, de l'Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), de l'Association des États de la Caraïbe (AEC) et de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).. Elle est réserve de biosphère Unesco depuis 2021 pour l'intégralité de son territoire terrestre et marin. En les volcans et forêts de la montagne Pelée ainsi que les pitons du nord de la Martinique, en particulier les pitons du Carbet, sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco..
Les premiers habitants, les Amérindiens Arawaks, fuient à partir du devant de nouveaux arrivants, les Amérindiens Kalinagos. Christophe Colomb est le premier Européen à y poser le pied en 1502 sous régence espagnole. La colonisation française débute en 1635, menée par Pierre Belain d'Esnambuc.
La Martinique est située dans l'arc volcanique des Petites Antilles, dans la mer des Caraïbes, entre la Dominique au nord et Sainte-Lucie au sud, à environ au nord-nord-est des côtes du Venezuela, et environ à l'est-sud-est de la République dominicaine. Le plateau continental exploitable de façon exclusive par la France a été étendu à des côtes en 2015 (soit au-delà de la zone économique exclusive, qui reste fixée à des côtes), après l'avis favorable de l'Organisation des Nations unies..
Selon le dernier recensement de l'Insee, la Martinique compte au .
Toponymie Le nom amérindien de la Martinique est Ioüanacéra ou Wanakaéra ou Joanacaera. (formé du préfixe ioüana, « iguane », et du suffixe caéra, « île »), c'est-à-dire l'île aux iguanes. en langue caribe..
Cependant, les Caraïbes d'Hispaniola appelaient aussi cette île , ou par déformation , ; Mantinino étant le nom d'une île mythique des Indiens taïnos où se trouvent les femmes, que Colomb a traduit par Isla de las mujeres, l'île aux femmes (car on lui avait dit qu'elle n'était peuplée que de femmes). Ce nom a évolué selon les prononciations et il est devenu « Martinique » et, en créole martiniquais, ou ...
La Martinique doit son surnom d'« île aux fleurs ». aux plantes exotiques de toutes les couleurs qui y sont présentes : un mélange de jaune, d'orangé, de rouge et de rose.
Géographie
L'île de la Martinique est située à au nord de Sainte-Lucie et à au sud-sud-est de la Dominique. D'une superficie totale de , ce qui la place au troisième rang après Trinidad et la Guadeloupe dans le chapelet d'îles qui constituent les Petites Antilles ou Îles du Vent, la Martinique s'étire sur environ de longueur, pour de largeur. Le point culminant est le volcan de la montagne Pelée ().. Comme le reste des Petites Antilles, la Martinique est soumise au risque sismique (aléa sismique fort.) : ainsi, le à , heure locale, un séisme de magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter a eu lieu au large de l'île..
La zone située au nord d'un axe Fort-de-France - Le Robert constitue la partie la plus montagneuse de l'île, domaine de la forêt tropicale, tandis que la zone située au sud de cet axe est moins accidentée et plus sèche.
Topographie thumb|Carte topographique de la Martinique. Le relief est accidenté sur cette île d'origine volcanique. Les zones volcaniques anciennes correspondent à l'extrême sud de l'île (savane des pétrifications) et à la presqu'île de la Caravelle à l'est. L'île s'est développée dans les millions d'années par une suite d'éruptions et de déplacements de l'activité volcanique vers le nord. Le dernier volcan en date, toujours actif, est la montagne Pelée, qui occupe tout le nord actuel de l'île et culmine à .
À la suite de phénomènes d'érosion toujours violents en Martinique à cause de la forte pluviosité due à l'évaporation océanique apportée par les alizés, les hauts volcans de formation récente situés au nord de l'île (montagne Pelée et pitons du Carbet ()) font place, dans le sud, à des « mornes » aux sommets arrondis ou plats et aux fortes pentes d'une altitude généralement comprise entre 100 et .
La montagne du Vauclin, point culminant du sud de l'île, atteint d'altitude. Les plaines situées au centre et en bordure côtière, les « fonds », sont séparées par des escarpements et sont généralement de petite dimension.
Risques naturels
La Martinique est soumise à de nombreux risques naturels tels que les séismes, les tsunamis, les éruptions volcaniques ou les cyclones tropicaux. Elle fait l'objet d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) spécifique..
Climat
Le climat de la Martinique est tropical avec deux saisons principales : de juillet à novembre, la saison humide communément appelée hivernage avec un temps généralement pluvieux, et de janvier à mi-avril, la saison sèche communément appelée carême avec un temps généralement ensoleillé et sec.
Faune et flore
La Martinique fait face à une situation préoccupante concernant les espèces menacées de disparition. Le constat a été rapporté par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur le fondement des analyses réalisées par l'Office français de la biodiversité (OFB) et le muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Ces menaces sont causées notamment par la transformation des milieux du fait de l'urbanisation et des aménagements humains ainsi que du fait de l'introduction d'espèces exotiques envahissantes. Du fait des enjeux en termes de vie sauvage et de ressources naturelles, l'île et ses eaux marines ont été érigées en Réserve du Programme sur l'homme et la biosphère. le .
Faune terrestre
left|thumb|upright|Sucrier. right|thumb|Caribena versicolor. vignette|Colibri. La Martinique possède peu d'espèces animales indigènes. Les animaux sauvages les plus courants sont : les manikous (famille des opossums), les matoutous-falaises qui sont des mygales endémiques, l'iguane délicatissima et l'iguane vert, la mangouste, le serpent trigonocéphale ou fer de lance (endémique) et les scolopendres.
Côté ciel, la Martinique est le pays des hérons garde-bœufs, des colibris ( en Martinique: le colibri madère, le colibri huppé, le colibri falle-vert et le colibri à tête bleue) et des sucriers (reconnaissables à leur ventre jaune).
Côté terre, les mangoustes ont été importées à la fin du pour faire diminuer la population de serpents ‘fer de lance’ (ou trigonocéphale). Mais, les conséquences furent graves, puisque les mangoustes détruisirent également de nombreuses espèces endémiques d'oiseaux aujourd'hui complètement disparues. De nos jours, on rencontre plus facilement de nombreux serpents et quelques petits lézards verts inoffensifs, les anolis ainsi que les mabouyas, plutôt marron translucide, ils sont très craintifs et sortent la nuitComposition et endémisme de l'herpétofaune martiniquaise - Michel Breuil, Manioc.org. 2010 ..
Deux espèces de mygales cohabitent : Acanthoscurria antillensis est une mygale terricole qui vit dans le sud de la Martinique, de Rivière-Pilote en passant par Cap-Chevalier jusqu'aux Trois-Îlets ; Caribena versicolor est une mygale arboricole et vit dans le nord de la Martinique, dans la forêt tropicale humide du Précheur à Grand'Rivière. Cette espèce, relativement calme et peu agressive, est protégée localement.
Faune aquatique vignette|Crabe mantou (mangrove de la Caravelle). La côte atlantique est bordée par un récif corallien pratiquement ininterrompu, où circulent les poissons du large et où s'abrite la faune sédentaire.
Le milieu aquatique s'est fortement dégradé au cours des vingt dernières années. La pollution d'origine industrielle, notamment les distilleries, le manque de structures d'assainissement des eaux usées, le remblaiement intensif des zones de mangrove, véritables nurseries pour de nombreuses espèces de poissons, ainsi que la pêche, sont à l'origine d'une régression considérable de la surface des récifs et d'une diminution importante du nombre et de la variété des poissons.
Cependant : depuis l'ouragan Lenny en 1999, aucune houle cyclonique n'a été assez puissante pour endommager sérieusement les récifs. Ces années de calme relatif ont laissé le temps à la faune et à la flore sous-marine de reprendre pied ; la mise en place de dispositifs de concentration de poisson ancrés très au large des côtes., souvent par de fond, a pour conséquence d'inciter les pêcheurs locaux à s'approvisionner au large, du fait d'une meilleure rentabilité, et ainsi à délester les récifs d'une activité de surpêche.
Végétation
Forêt tropicale
La forêt pluviale martiniquaise, de type tropicale humide ou équatoriale, est composée de fougères et d'arbres tels que l'acajou (en anglais : mahogany), le courbaril, qui servent à la fabrication de meubles. Certains peuvent atteindre de haut. De nombreuses fleurs de la famille des Heliconiaceae peuplent les sous-bois et sont très prisées par les fleuristes du fait de leurs formes atypiques et de leurs couleurs flamboyantes. Ces fleurs ont donné son nom à la Martinique (Madinina en amérindien), qui signifie dans la langue des indiens Caraïbes.
Dans la forêt pluviale, seulement 1 % de la lumière du soleil parvient à traverser la canopée et à atteindre les jeunes pousses au sol, qui ne se développent donc pas. Il faut attendre qu'un cyclone tropical abatte les grands arbres pour que les jeunes pousses puissent recevoir l'énergie solaire nécessaire à leur développement. Les cyclones tropicaux sont donc indispensables à la régénération de la forêt humide et font partie intégrante du cycle biologique insulaire.
La forêt tropicale sèche est composée de plantes xérophiles adaptées au climat très sec (acacia, campèche, poirier-pays, gommier rouge) et de plantes grasses (cactus cierge, agave).
En haute-montagne, au-dessus de environ, les vents violents quasi permanents et la température comprise entre et ne permettent pas à la végétation tropicale de prospérer. Celle-ci est donc remplacée par une végétation subtropicale d'altitude, adaptée aux conditions extrêmes : arbres nains, Bromeliaceae et Araucariaceae nains (petits conifères ne dépassant pas de hauteur) constituent l'essentiel de la couverture végétale.
Dans sa forme dégradée ou dans des conditions de sol extrême la végétation peut aussi prendre la forme de savane, où les cactées et les plantes grasses se partagent le sol avec les herbes folles.
vignette|Mangrove près du château Dubuc (presqu'île de la Caravelle).
Mangrove La mangrove est présente dans toute la Martinique : presqu'île de la Caravelle (réserve naturelle) ; baie de Génipa - Ducos ; baie des Anglais - Sainte-Anne. La mangrove représente près de .. Dans sa diversité de mangrove, L'anse Scarto attire les curiosités du fait la couleur rose que prennent ses eaux, à certains moments de l'année. Ce phénomène observé durant les périodes de forte sécheresse serait provoqué par le changement climatique.
Les Strelitziaceae, dont l'arbre du voyageur, ont été importés d'Amérique du Sud et de l'océan Indien. Certains palmiers sont endémiques de l'île, comme les Acrocomia ou les Roystonea, alors que d'autres ont également été importés d'autres continents (notamment d'Asie ou d'Océanie), tels que les Cyrtostachys ou les cocotiers (Cocos nucifera). De nombreux arbres fruitiers sont également présents sur l'île (avocatier, arbre à pain, tamarinier, prune de cythère).
Histoire