Les pièces de monnaie de la Confédération suisse sont des pièces de monnaie en circulation et ayant cours légal en Suisse depuis 1850 et au Liechtenstein depuis 1924.. Elles sont libellées en francs suisses et en centimes.
Du fait de la stabilité politique et monétaire de la Confédération suisse, les motifsTous les revers sauf celui de la pièce de cinq francs sont les originaux, les motifs de celle-ci datent de 1922. des pièces du franc suisse n'ont pas subi de grandes transformations depuis son introduction, hormis des changements d'alliages dus aux pénuries induites par les deux Guerres mondiales, ainsi que l'augmentation du prix des métaux entrant dans leur composition.
Ces pièces ont la particularité d'être neutres du point de vue des quatre langues nationales suisses. Tous les textes sont en latin, l'abréviation Fr. représente « Franc » en français et en romanche, « Franken » en allemand et « Franco » en italien. L'indication des centimes, se disant « Rappen » en allemand, a été abandonnée. Le code ISO 4217 est CHF. CH est le code ISO désignant la Suisse, acronyme de « » en latin. F pour franc est la première lettre de la devise dans toutes les langues.
, toutes les pièces sont exclusivement fabriquées par Swissmint à Berne ; la fabrication des flans est en revanche externalisée depuis 1968.. La quantité de pièces à frapper est décidée par le Département fédéral des finances d'entente avec la Banque nationale suisse..
Il existe aussi des billets de banque libellés en francs suisses.
Historique Avant l'État fédéral
Avant la création de l'État fédéral en 1848, et à part durant la République helvétique (1798-1803), le droit de battre monnaie était aux mains des cantons, demi-cantons et certains évêchés. Les pièces étrangères représentaient plus de 80 % de la masse monétaire en circulation. Le nombre de différents types de monnaies utilisés sur le territoire suisse est estimé à 860, ce qui entraînait une grande complexité dans les échanges intercantonaux et internationaux..
Premières années du franc suisse
La naissance du franc suisse peut être fixée au , date de la loi fédérale établissant les détails de sa frappe.. Pour des raisons pratiques et après maintes discussions, celui-ci fut créé à parité avec le franc français (franc germinal)Albert Niederer, L'union monétaire latine, 1976, .. Le taux de change officiel avec les pièces cantonales du concordat était d'un nouveau franc suisse pour 7 batz anciensNumis Post&HMZ, Mai 2008, Loi fédérale du 26 mars 1851. alt=Pièce de 20 centimes|centré|440x440px|Pièce de 20 centimes de 1850, première année de frappe des monnaies fédérales. Les premières monnaies furent frappées à Paris, Bruxelles et Strasbourg, le temps que l'ancien atelier monétaire cantonal bernois, devenu le seul atelier monétaire suisse, puisse commencer son travail.
Les premières frappes de 1850 et 1851 ne suffirent pas à couvrir les besoins monétaires courants et le Conseil fédéral dut se résoudre en 1852 à autoriser la circulation sur le territoire suisse des pièces de monnaie françaises, belges et des États italiensArrêté du conseil fédéral du 16 janvier 1852. Les premières pièces produites par l'atelier de Berne en sortent en 1857.
Entre 1856 et 1864, la valeur relative de l'argent par rapport à l'or ayant substantiellement augmenté à la suite de la découverte de nouveaux gisements d'or, la Suisse frappa ses pièces d'un et deux francs dans un alliage d'argent qui passa de à , et n'émit pas de pièces de ½ franc.
La parité avec le franc français permettait logiquement à la Suisse de rejoindre l'Union monétaire latine en 1865, ce qui autorisa l'utilisation comme moyen de paiement légal des pièces d'or et d'argent de Suisse, de France, d'Italie, de Belgique et de Grèce dès 1868, indifféremment dans tous ces pays. La frappe de monnaie dans l'union était limitée à six francs par habitant. Le taux d'argent fut harmonisé dans ces pays à , sauf les pièces de cinq francs qui restèrent à . Les pièces en d'autres métaux que l'or et l'argent n'étaient pas concernées.
Aucune pièce suisse en argent ne fut produite entre 1863 et 1873, la quantité des autres pièces en argent, étrangères pour la plupart, suffisaient alors à l'usage courant. Cela changea avec la guerre franco-prussienne de 1870 qui provoqua de graves pénuries de numéraire. La production de pièces suisses selon les normes de l'union ne démarra donc qu'en 1874. Durant cette période de transition, les dollars américains, les souverains anglais et les guldens autrichiens furent acceptés comme moyen de payement durant quelque temps.
Les valeurs intrinsèques des pièces en or étaient très proches de leurs valeurs nominales et revenaient donc cher à frapper. La Suisse profita de cet état de fait en ne mettant sur le marché que des pièces en argent, tout en profitant des pièces étrangères en or. Ce n'est qu'en 1883, sur injonction de la France, que les premières pièces en or furent frappées en Suisse.
Les pièces produites en 1896, à part celles de vingt centimes et vingt francs, ne l'ont été qu'à quelques dizaines d'exemplaires à l'occasion de l'exposition nationale suisse à Genève en 1896 et n'ont jamais été mises en circulation. Ces pièces sont extrêmement rares.
La Première Guerre mondiale provoque la fin graduelle de l'union monétaire latine et dès le , seul le franc suisse est autorisé dans les paiements en Suisse.
Évolution des pièces de monnaie de la Confédération suisse
Les pièces de monnaie suisses se caractérisent d'abord par leur longévité. Préservée des ravages provoqués par les conflits, la Confédération suisse n'a pas connu de bouleversements politiques majeurs depuis l’introduction de la monnaie nationale.
À l'exception de la pièce de cinq francs dont le design actuel date de 1922, tous les revers des pièces actuellement en circulation datent de l'introduction du franc suisse en 1850, et l'avers (côté « face ») a été modifié pour la dernière fois, selon les pièces, entre 1874 et 1881.
Les deux guerres mondiales ont provoqué des pénuries de métaux stratégiques, ce qui a amené l'abandon temporaire de certains alliages. Ainsi, en 1918 et en 1919, l'alliage des pièces de cinq et dix centimes a dû être remplacé par du laiton., et entre 1942 et 1946, les pièces de un et deux centimes ont dû être frappées en zinc..
Les pièces en or furent de facto mises hors cours le , date de la dévaluation du franc suisse. La valeur métal étant plus élevée que la valeur faciale, ces pièces furent rapidement thésaurisées..
L'inflation et l'augmentation du cours des métaux eurent également un effet sur les alliages. Les pièces de un et deux centimes furent démonétisées respectivement en 2007 et 1978, leur utilisation dans les paiements courants étant devenue marginale.. Les pièces en argent commencèrent à disparaître de la circulation dès 1967, du fait de la forte augmentation du prix de ce métal : il devenait plus profitable de fondre ces pièces pour en revendre le métal. Dès 1968, elles furent frappées en cupronickel, mais des pièces de cinq francs en argent ont toutefois été produites en 1969.
Pièces en circulation Au , la monnaie suisse de circulation courante se compose de sept pièces.. La pièce de ½ franc est, pour des raisons historiques, plus petite que la pièce de vingt centimesAvant 1968, les pièces de ½ franc étaient en argent, et la masse d'une pièce de celle-ci devait égaler la moitié de celle de la pièce d'un franc (), ce qui est inférieur à la masse d'une pièce de vingt centimes, qui elle est en métal non-précieux depuis 1881..
Pièces retirées de la circulation Pièces en or
Les pièces en or ont des valeurs faciales de 10, 20 ou .
Les pièces de vingt francs à partir de 1897 sont souvent surnommées « Vreneli ». En principe, le terme « Vreneli » est réservé à la pièce de 20 francs. La pièce de est dénommée « Demi-Vreneli ».. Les pièces de vingt francs, suisses et étrangères, sont également surnommées « Marenghi » (au singulier, « Marengo ») dans les régions italophones, en référence à la légende sur les premières pièces italiennes de ce type, et qui était « L’ITALIE DÉLIVRÉE À MARENGO ».
Pièces en argent
Pièces en billon
Les premières pièces de cinq, dix et vingt centimes étaient faites en billon, un alliage d'argent, de cuivre, de zinc et de nickel. L'alliage et l'avers ont été modifiés en 1879 pour les pièces de cinq et dix centimes et en 1881 pour les pièces de vingt centimes.
Pièces en nickel pur
L'alliage en billon utilisé pour les précédentes pièces étant extrêmement dur, il était ainsi assez facile de créer un moule pour fausses-monnaies en pressant une pièce originale dans une barre d'acier chauffée à rouge.. Pour cette raison, la production de pièces de vingt centimes fut stoppée durant plus de vingt ans. En 1881, une nouvelle pièce de vingt centimes en nickel pur fut introduite. À la suite des expériences positives avec ce métal (dureté, résistance chimique importante, résistance à l'utilisation, facilité de frappe, difficulté à falsifier, facilité du contrôle d'authenticité, le nickel pur étant ferromagnétique), il a été décidé lors de l'introduction de la nouvelle loi monétaire de 1931 d'étendre les frappes en nickel pur aux pièces de cinq et dix centimes dès 1932, bien que quelques pièces en nickel pur furent produites avec le millésime 1931. Cependant, du fait de l'intérêt stratégique de ce métal, les pièces de cinq, dix et vingt centimes sont de nouveau frappées en cupronickel dès 1939 pour les pièces de vingt centimes et dès 1940 pour les pièces de cinq et dix centimes. Des pièces de cinq centimes en nickel pur ont toutefois été produites en 1941.
Ces pièces étant de plus en plus refusées par les automates de dernière génération, elles ont été mises hors cours dès 2004 pour les pièces de dix et vingt centimes.
Les pièces de cinq centimes en nickel pur ont été mises hors cours avec les autres pièces en cupronickel de couleur blanche en 1984, la couleur de l'alliage ayant changé en 1981, devenant jaune au lieu d'être blanche.
Malgré la mise hors cours des pièces en nickel pur, il est encore possible d'en trouver occasionnellement en circulationDu fait des motifs, dimensions et couleurs identiques.. Mais ces pièces sont différentiables des pièces actuelles du fait de leur ferromagnétisme : le nickel pur est facilement attiré par un aimant.
Pièces en laiton
Du fait de la pénurie de nickel due à la Première Guerre mondiale, l'alliage cupronickel normal a dû être temporairement abandonné au profit du laiton. Pour les mêmes raisons, la pièce de dix centimes n'a pas été frappée en 1916 et 1917. Ces pièces ont exactement les mêmes dimensions et motifs que les pièces actuelles, et, dans le cas de la cinq centimes, une couleur similaire.
Pièces en cupronickel
Pièces en bronze Pièces de type Jean-Jacques Barre
Pièces de type Tannheimer
La monnaie fédérale (actuellement Swissmint) a mis au concours en un nouveau motif pour les pièces de un et deux centimes. L'artiste saint-gallois Josef Tannheimer a remporté le prix..
Pièces en zinc
À la suite de la pénurie de cuivre provoquée par la Seconde Guerre mondiale, l'alliage des pièces de un et deux centimes composé à 95 % de ce métal a dû être temporairement abandonné au profit du zinc. Dans le même contexte, les pièces en bronze des années précédentes ont été également recyclées pour le métal, ce qui explique le chiffre important de pièces frappées en zinc, qui devaient remplacer les pièces retirées de la circulation. Ces pièces se corrodent facilement et irrémédiablement.
Pièces frappées, mais jamais mises en circulation