Benoît-Léon de Fornel de La Laurencie, né à Broût-Vernet (Allier) le S.H.D. Dossier d'officier 13 Yd 1300 et mort à Vichy le , est un général de corps d'armée de l’armée française.
Biographie
Benoît-Léon de Fornel de La Laurencie est le fils de Philippe Marie Léopold Sosthène de Fornel de la Laurencie (il appartenait à une famille de petite noblesse de l'Angoumois), polytechnicien, colonel d'artillerie qui s'était illustré en au siège de BelfortPhilippe Carré, Le capitaine Sosthène de Fornel de La Laurencie, commandant de l’artillerie du château de Belfort, préface du colonel Axel Egnell, Broût-Vernet, Azy la Garance, 2003., et de Marie Marguerite Chassaing, d'une famille d'origine auvergnate qui possédait le château du Verger à Broût-Vernet, château qu'elle apporta à la famille de Fornel de La Laurencie.
Élève de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion « In Salah », La Laurencie est sous-lieutenant de cavalerie dès 1901. Capitaine de dragons au début de la Grande Guerre, il demande à servir dans l'infanterie où il exerce le commandement d'un bataillon. Il est ensuite chef d'état-major d'une division d'infanterie. Envoyé en Pologne en 1919, il exerce les fonctions de chef d'état-major d'une division polonaise. Breveté d'état-major après la guerre, il professe pendant quatre ans le cours de cavalerie de l'école de guerre, avant de commander un régiment de dragons.
Commandant de l’École d'application de la Cavalerie et du Train entre 1931 et 1935, La Laurencie est nommé à la tête de la première division de cavalerie () puis officier commandant de la troisième région militaire juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
À la déclaration de la guerre, La Laurencie dirige le troisième corps d’armée. Le , il installe son poste de commandement à Bouchain dans la « zone des armées ». Il est chargé de la défense du secteur fortifié de l'Escaut, soit de frontière entre Maulde et Wargnies-le-Grand, découpant une zone axée sur le cours de l'Escaut entre le secteur défensif de Lille (confié aux troupes britanniques) et le secteur fortifié de MaubeugeGén. de la Laurencie, Les opérations du C.A. en 1939-40, Lavauzelle, 1948. Extrait de : Combats sur l'Escaut - Bouchain, Rœulx, Mastaing, mai 1940, E. Obled, Imprimerie de la Vieille Alsace, 1955..
En 1940, La Laurencie participe aux opérations de Dunkerque à la tête du d'armée. Après l’armistice du , il est commandant de la militaire.
Le , il est membre du tribunal de justice militaire de Clermont-Ferrand qui condamne Charles de Gaulle à la peine de mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens. Les sept membres du tribunal sont les généraux Aubert Frère (président), Onésime Noël, Benoît de La Laurencie, Joseph de la Porte du Theil, Jean Langlois, Louis Bérard, Jean-Marie Etcheberrigaray. Selon de Gaulle, s'il était tombé entre les mains de Vichy, Pétain l'aurait fait fusiller dans les , sinon les Allemands l'auraient exigé.
vignette|gauche|Invitation du général Fornel_de la Laurencie à la messe célébrée aux_Invalides, le dimanche 15 décembre 1940. Il est ensuite nommé par Pétain délégué général du gouvernement français auprès des autorités d'occupation à Paris le en remplacement de Léon Noël. À ce titre, il ordonne à la police parisienne de mettre en place le très perfectionné fichier des Juifs, qui a notamment permis les rafles de et de 1942Marrus & Paxton, Vichy et les Juifs.. Le , c'est lui qui est chargé d'arrêter Marcel Déat, ce qui lui vaudra d'être expulsé par les Allemands vers la zone libre et remplacé dans ses fonctions par Fernand de Brinon le .
Mis en retraite du service actif, il est en contact avec l’OSS de Berne. Ayant rencontré, en , Claude Bourdet et Henri Frenay, il fait remettre des fonds américains au Mouvement de libération nationale (plus tard renommé Combat). Le , il est nommé par le gouvernement membre de la commission du Conseil national chargée de l'étude de la réorganisation administrative de la France. Le , il affiche ses sentiments favorables à la victoire du « bloc anglo-américain »Lettre à François Darlan, vice-président du conseil . Il rencontre les trois chefs de mouvements résistants, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Henri Frenay et François de Menthon, le pour discuter des conditions d'un travail commun. La rencontre se conclut sur un désaccord de fond concernant l'allégeance au général de Gaulle, que les résistants considèrent comme non négociable. La rupture est brutale et Frenay publie dans le journal de son mouvement, Combat, l'alerte suivante : « Nous mettons en garde [nos militants] qu'il n'existe aucun accord entre le Comité Directeur du Mouvement de Libération Française et le général de La Laurencie. Le Comité directeur sait que bien au contraire il existe entre les buts que l’un et l’autre se proposent des oppositions fondamentales qui ne laissent la place à aucune entente et à aucun compromis ».
Le général est interné par le régime de Vichy de 1942 à 1944 dans un hôtel de Vals-les-Bains (Ardèche). Il est ensuite transféré au camp d'Évaux-les-Bains (Creuse) où il rencontre Roger Stéphane et le docteur Henri Martin. Le , avec quatre autres internés, ils braquent le bureau du directeur, tandis que plusieurs FTP font irruption dans le camp. Avec leurs gardiens, les 37 internés sont conduits à Chambon-sur-Voueize, siège du maquis. Tout le monde est relâchéDenis Peschanski, La France des camps, Paris, Gallimard, 2002.. Pour la région Auvergne (R6), Laurencie devait prendre le commandement avec "Gaspard" comme adjoint. Finalement, un message parvient tard dans la soirée du de l'état-major FFI de Londres, relayant un ordre du général de Gaulle de ne pas nommer La Laurencie, qui avait été membre du tribunal militaire du .
Le général de Fornel de La Laurencie meurt le et est inhumé dans la tombe de sa famille maternelle au cimetière de Broût-Vernet.
Publications L'École de Saumur, Angers, Éditions de l'Ouest, 1935, 170 p. (en ligne). Les Opérations du III corps d'armée en 1939-1940, Paris, Charles-Lavauzelle, 1948, 187 p., cartes.
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur (1939) Croix de guerre 1914-1918 : deux palmes, une étoile d'argent Croix de guerre TOE Médaille interalliée de la Victoire Croix de guerre 1939-1945 : une palme
Notes et références
Annexes
Bibliographie Robert Belot : La Résistance sans de Gaulle, Fayard 2006, chap. VI, p. 175-195.
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Liens externes
Allocution filmée de Benoît-Léon Fornel de La Laurencie en novembre 1940 sur le site de l’institut national français de l’audiovisuel Site data.bnf.fr.
Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Militaire français de l'armée de Vichy Catégorie:Naissance en août 1879 Catégorie:Décès en juin 1958 Catégorie:Naissance à Broût-Vernet Catégorie:Décès à Vichy Catégorie:Membre du Conseil national (régime de Vichy) Catégorie:Personnalité inhumée à Broût-Vernet Catégorie:Commandant de l'École de cavalerie de Saumur Catégorie:Titulaire de la médaille commémorative interalliée (1914-1918) Catégorie:Décès à 78 ans Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr