, né le à Tokyo, est un homme d'État japonais, membre du Parti libéral-démocrate (PLD). Il est Premier ministre du au .
Il est élu à la Chambre des représentants pour le électoral de Hiroshima depuis . Il est ministre d'État dans le premier gouvernement de Shinzō Abe puis de son successeur Yasuo Fukuda entre et , étant à le benjamin de l'équipe exécutive. Il assume initialement la délégation à Okinawa et aux Territoires du Nord, à la Politique scientifique et technologique, à la Politique de qualité de la vie et à la Réforme réglementaire. Il y ajoute les Consommateurs en , puis la Politique spatiale en suivant.
Il fait son retour au gouvernement lorsque Shinzō Abe revient au pouvoir en et le nomme ministre des Affaires étrangères. Il est reconduit sous le troisième mandat du Premier ministre, en , avant d'être relevé de ses fonctions en .
Il est élu le président du PLD en remplacement de Yoshihide Suga, qui ne se représentait pas, et lui succède donc peu après comme Premier ministre du Japon. Ayant lui-même décidé de ne pas se représenter à l'issue de son mandat de trois ans, il est remplacé par Shigeru Ishiba à la présidence du PLD et à la direction du gouvernement japonais.
Jeunesse et études Fumio Kishida est issu d'une famille engagée en politique depuis plusieurs générations. Son grand-père (Masaki Kishida) puis son père (Fumitake Kishida) ont ainsi tous deux été membres de la Chambre des représentants pour l'ancien électoral d'Hiroshima (soit l'ouest de la préfecture, autour de la ville éponyme) à partir de 1928 à 1946 puis de 1953 à 1955 et de 1958 à 1960 pour le premier et de 1979 à 1992 pour le second, respectivement sous les couleurs du Parti libéral et du Parti libéral-démocrate. Son grand-père a été conseiller parlementaire (équivalent de sous-secrétaire d'État) à la Marine de 1937 à 1939 puis vice-ministre parlementaire à la Marine de 1944 à 1945.
Il est également le neveu, par alliance, de l'ancien gouverneur d'Hiroshima (de 1973 à 1981) et ministre de la Justice (de 1995 à 1996) Hiroshi Miyazawa, lui-même le frère de l'ancien Premier ministre (1991-1993) Kiichi Miyazawa.
Fumio Kishida étudie à l'université Waseda, où il obtient une licence de droit. Il s'engage dans une courte carrière de 5 ans, entre 1982 et 1987, au sein de la Long-Term Credit Bank of Japan ou .
Fumio Kishida reprend très tôt le flambeau familial, en se retirant tout d'abord du secteur privé dès 1987 pour devenir alors secrétaire parlementaire de son père puis, après la mort de ce dernier en 1992, pour lui succéder dans sa circonscription électorale à partir de 1993, à l'âge de seulement 36 ans.
Parcours politique Un héritier à l'ascension rapide Aux élections législatives du , Fumio Kishida arrive en tête du vote unique non transférable dans l'ancien de la préfecture d'Hiroshima, où quatre sièges sont à pourvoir. Dans un contexte électoral difficile pour le Parti libéral-démocrate (PLD), il obtient ainsi un réel succès et montre la bonne implantation de sa famille, gagnant voix et 21 % des suffrages exprimés. À partir de 1996, et la mise en place du nouveau système électoral mixte décidé en 1994, Fumio Kishida a été réélu six fois au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le nouveau de la même préfecture, soit les arrondissements de Naka, Higashi et Minami, le cœur de la ville de Hiroshima. Il a obtenu une majorité relative en 1996 ( votes, 44,1 % face à six autres candidats) et 2009 (alors que le Parti démocrate du Japon (PDJ) perd les élections, il totalise pour sa part suffrages et 47,3 % contre cinq adversaires), et une majorité absolue les autres fois ( voix et 55,1 % en 2000 et votes pour 55,5 % en 2003, ces deux fois avec uniquement face à lui un candidat du Parti démocrate du Japon et un autre du Parti communiste japonais, puis suffrages soit 57,3 % en 2005 et voix soit 63,5 % en 2012, contre trois adversaires).
Comme tous les autres membres de sa famille, Fumio Kishida a rejoint au sein du PLD le ou faction Miyazawa (car dirigée, à l'époque de son arrivée à la Diète, par Kiichi Miyazawa, le Premier ministre sortant en 1993), la plus ancienne et l'une des plus importantes factions internes au parti. Elle est l'une des héritières directes de l'ancien Parti libéral, et plus particulièrement de Hayato Ikeda, avec une position traditionnellement conservatrice modérée, surtout favorable à l'unité du parti, s'efforçant en permanence de rechercher un consensus avec les autres factions, à une forte coopération avec les hauts-fonctionnaires d'État et au maintien de bonnes relations avec les voisins asiatiques du Japon, tout particulièrement avec la Chine. S'il a participé à la « rébellion » organisée en par le nouveau chef de la faction, Kōichi Katō (alors l'une des figures du camp réformateur du parti, avec Jun'ichirō Koizumi et Taku Yamasaki) contre le Premier ministre de l'époque Yoshirō Mori (Katō menace à l'époque de voter une motion de censure déposée par l'opposition, avant de marquer sa désapprobation de l'action gouvernementale en s'abstenant ostensiblement, avec plusieurs des membres de sa faction dont Kishida, le jour du vote de cette motion), il ne suit pas ce dernier lors de la scission du Kōchikai qui s'ensuit. Il reste favorable à la tendance plus traditionnelle et modérée du groupe, regroupant ceux ayant choisi de voter contre la censure et donc de soutenir Yoshirō Mori, dirigée par Mitsuo Horiuchi puis Makoto Koga à partir de 2006. Quoi qu'il en soit, vu par beaucoup comme le jeune espoir de ce groupe, Fumio Kishida a connu une ascension politique plutôt rapide.
Il est ainsi à la tête de la direction de la Jeunesse du parti dès 1997, puis est une première fois vice-ministre parlementaire auprès du ministre de la Construction, Masaaki Nakayama, des Cabinets Obuchi et Mori I du au et premier vice-ministre auprès d'Atsuko Tōyama, ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie du premier Cabinet de Jun'ichirō Koizumi de à .
Maîtrise de questions diverses Le combat politique de Fumio Kishida s'oriente essentiellement sur les questions d'éthiques scientifiques, et de la promotion des sciences comme moyen d'améliorer la qualité de la vie des citoyens tout en se présentant comme un défenseur des droits des consommateurs. Dans un premier temps, il a été, de 1997 à 1998, président de la commission mineure de la Chambre des représentants chargée de s'assurer de la mention de la présence d'ingrédients génétiquement modifiés dans l'étiquetage des produits en contenant. Il a été par la suite l'un des principaux artisans de la réforme de la loi fondamentale de protection des consommateurs en 2004, qui transforme alors la définition du consommateur japonais (vu jusque-là par l'administration comme une « entité à protéger », et donc à encadrer, contre les entreprises) pour en faire, dans une optique plus libérale, une « entité autonome », avec son libre-arbitre et acteur plein et entier des mécanismes du marché. Il défend toujours les mêmes positions lorsqu'il est président de la Commission de la Santé, du Travail et des Affaires sociales de la Chambre des représentants de 2005 à 2006 puis directeur-général de l'alliance interparlementaire de promotion des Sciences de la Vie de 2006 à 2007, qui s'intéresse tout particulièrement aux questions de bioéthiques.
Premières fonctions ministérielles C'est en raison de ses affinités pour ces questions que Fumio Kishida est nommé, lors du remaniement du Cabinet de Shinzō Abe le , ministre d'État chargé d'Okinawa et des Territoires du Nord (ce qui lui permet d'avoir ses premières responsabilités diplomatiques, ce portefeuille touchant à deux dossiers clés de la politique étrangère japonaise : la présence militaire américaine sur l'île d'Okinawa et le conflit territorial avec la Russie concernant les îles Kouriles), de la politique de qualité de la vie, de la politique scientifique et technologique, de l'initiative « Challenge Again » (un programme gouvernemental lancé en 2006 afin d'aider les jeunes freeters, les personnes âgées, les femmes et les chômeurs à se réinsérer durablement dans le marché du travail et ainsi réduire les inégalités existantes en fonction de l'âge ou du sexe) et de la réforme réglementaire. Il garde toutes ses prérogatives, à l'exception de la mention concernant le programme Challenge Again, dans le Cabinet de Yasuo Fukuda à partir du .
Après la création du Conseil pour la promotion de la politique de consommation en , chargé de conseiller le gouvernement et de servir de lien entre ce dernier et les associations de défense des consommateurs, Kishida, considéré comme un expert en la matière, est donc chargé, en plus de ses anciennes prérogatives, de cette question.
Enfin, à la suite de l'adoption en de la « loi fondamentale sur l'espace » connue essentiellement pour avoir permis que l'espace soit désormais considéré comme un « moyen de garantir la paix et la sécurité internationales, d'assurer la sécurité du pays » et de permettre la défense de l'humanité (à quelques mois des déclarations du ministre de la Défense reconnaissant la nécessité de préparer les Forces japonaises d'autodéfense à une éventuelle attaque extraterrestre), Fumio Kishida a ajouté à ses prérogatives, depuis , celle de la politique spatiale.
Mais, le , il n'est pas repris dans le gouvernement remanié de Yasuo Fukuda. Après la démission de ce dernier, il soutient Nobuteru Ishihara, connu pour sa défense de réformes administratives, lors de l'élection organisée pour lui trouver un successeur le . Celui-ci obtient l'avant-dernier score parmi cinq candidats, avec seulement 37 voix de parlementaires, arrivant derrière le keynésien populiste Tarō Asō (élu dès le premier tour avec 351 votes), le conservateur fiscal Kaoru Yosano (66 voix) et la libérale Yuriko Koike (46 suffrages), partisane de la continuation des réformes de Jun'ichirō Koizumi, mais devant le « faucon » et spécialiste des questions de défense Shigeru Ishiba (25 votes). Il est resté proche par la suite de Nobuteru Ishihara.
Cadre de l'opposition vignette|Fumio Kishida lors du Sommet du G20 de 2017. Après le passage du PLD dans l'opposition, Fumio Kishida devient l'une des figures du mouvement, sous la présidence de Sadakazu Tanigaki (qui, ayant hérité de la direction de la tendance « Katō » du Kōchikai, l'a faite rejoindre celle de Makoto Koga pour reformer une faction unique à partir de 2008). Celui-ci le nomme ainsi le à l'un des postes exécutifs du mouvement, à savoir la présidence du Conseil des Affaires de la Diète, ce qui en fait le numéro cinq de l'exécutif du parti.
Pour l'élection à la présidence du PLD le , à laquelle Sadakazu Tanigaki ne se représente pas (faute de soutien, y compris celle de la faction Koga), Fumio Kishida fait, comme en 2008, partie des principaux partisans de Nobuteru Ishihara, qui était jusqu'à présent le secrétaire général et numéro deux du parti. Il contribue notamment à constituer un groupe trans-faction pour défendre sa candidature, le Keiso no kai, avec d'autres figures de la direction sortante : le président du conseil général (numéro trois) Ryū Shionoya ou le secrétaire général délégué Ryōtarō Tanose. Mais Nobuteru Ishihara est une nouvelle fois battu, arrivant troisième parmi cinq candidats avec 96 voix, derrière Shigeru Ishiba (199 votes) et Shinzō Abe (141 suffrages), mais devant Nobutaka Machimura (34 bulletins) et Yoshimasa Hayashi (27 voix). Shinzō Abe est finalement élu au deuxième tour.
Par la suite, s'il n'est pas reconduit à la tête du Conseil des Affaires de la Diète par le nouveau président, il succède le à Makoto Koga (qui, à 72 ans, a décidé de se retirer de la vie politique) à la tête du Kōchikai. Toutefois, ce groupe apparaît à nouveau divisé, puisque Sadakazu Tanigaki crée de nouveau une faction dissidente avec un peu moins de la moitié de ses membres.
Ministre des Affaires étrangères vignette|Fumio Kishida avec Aung San Suu Kyi, en novembre 2016.