Les Indo-Américains sont des Américains dont les ancêtres sont originaires d'Inde ou du sous-continent indien. Bien qu'ils ne représentent que 1 % de la population totale du pays, les Indo-Américains font partie des groupes d'immigrants parmi les plus influents et les plus instruits des États-Unis, citant USA Today..
Histoire
Premiers immigrés sur la côte ouest (-1899) Au début du , la Compagnie britannique des Indes orientales recourt à l'engagisme de serviteurs indiens dans les colonies britanniques en Amériques. En 1680, du fait des lois prohibant les unions interraciales, une fille née d'un père indien et d’une mère irlandaise est classifiée comme et vendue comme esclave.
Le rend les Asiatiques inéligibles à la naturalisation, et limite celle-ci aux Blancs.
La première vague migratoire significative d'Indiens a lieu au . En 1900, plus de (surtout des Sikhs) vivent aux États-Unis, principalement en Californie. Toutefois, certains auteurs établissent des estimations plus basses, autour de indiens entre 1820 et 1900.
L'émigration indienne est alimentée par les difficultés auxquelles les fermiers doivent faire face, comme les règles sur la propriété imposées par les colons britanniques, les sécheresses et les famines qui s'aggravent dans les années 1890. Au même moment, les entreprises canadiennes de transport en bateau à vapeur recrutent des fermiers « sikhs farmers ». Mais les attaques racistes, dont ils sont la cible en Colombie-Britannique conduisent nombre d'entre eux à s'installer dans l’État de Washington et en Oregon, où ils travaillent dans des scieries et dans l'industrie du chemin de fer. Beaucoup de Sikhs pendjabis installés en Californie dans les alentours de Yuba City, nouent de forts liens avec les Mexicano-Américains.
La présence d'Indo-Américains contribue à l'émergence de l'intérêt pour les religions orientales aux États-Unis, et à leur influence sur des mouvements philosophiques américains comme le transcendantalisme. Vivekananda se rend à Chicago à l'occasion de l'exposition universelle de 1893, puis fonde à New York, l'année suivante, la première société védanta du pays.
Restrictions légales à l'accès à la propriété et la nationalité (1900-1945) Entre 1907 et 1908, des Sikhs s'installent plus au Sud en Californie, où ils sont employés par plusieurs entreprises de chemin de fer, ce qui déclenche de violentes réactions de la part d’ Américains blancs. Des émeutes éclatent en 1907 à Bellingham dans l’État de Washington, contre les travailleurs indiens locaux, appelés , bien qu'en grande majorité de confession sikhe. Au début du , un ensemble de lois locales et fédérales restreignent l'immigration indienne et les droits des immigrés indiens. Dans les années 1910, les organisations nativistes américaines font campagne pour mettre fin à l'immigration depuis l'Inde, ce qui conduit au passage du en 1917. En 1913, le interdit la propriété foncière aux Sikhs, ainsi qu'aux immigrés japonais et chinois. Toutefois, les immigrés asiatiques détournent le système grâce à des amis blancs ou à leurs propres enfants nés aux États-Unis, qui achètent la terre, cultivée par les immigrés. Dans certains États, les lois contre les mariages interraciaux proscrivent les unions entre hommes indiens et femmes blanches. Cependant, les mariages entre hommes indiens et femmes mexicaines sont acceptables et deviennent une norme dans l'Ouest.
est la première personne née indienne à obtenir la nationalité américaine. En tant que parsi, il est considéré comme et donc une personne blanche libre. Le juge , du district sud de New York, lui accorde la nationalité dans le seul espoir que le Procureur des États-Unis ferait appel de sa décision. Ce dernier fait ainsi appel en 1910. La cour d'appel établit alors que les Parsis appartiennent à la et se distinguent des Hindous. De ce fait, entre 1913 et 1923, environ sont naturalisés. Leur naturalisation prend toutefois fin en 1923, lorsque la cour suprême décide dans le jugement que les Indiens ne sont pas éligibles à la citoyenneté américaine car ils ne sont pas des , car bien qu'étant , ils ne sont pour autant pas blancs. La cour argumente également que la différence raciale entre les Indiens et les Blancs est si grande qu' refuserait d'être assimilée aux Indiens. Environ 50 Indiens voient leurs nationalités révoquées, ce qui conduit au départ de des États-Unis.
Après le passage du , l'immigration indienne légale diminue. Aussi, le nombre d'entrées clandestines via la frontière mexicaine augmente. La vallée impériale en Californie possède alors une large population pendjabie, qui vient en aide à ces immigrés. Ces derniers se fondent alors facilement dans la population locale. Le , un groupe indien opposée à la colonisation britannique et actif en Californie, finance les entrées illégales. Il est estimé qu'entre 1920 et 1935, de indiens entrent illégalement sur le territoire américain.
Malgré les difficultés légales qui leur sont imposées, les Indo-Américains commencent leur ascension sociale grâce à l’éducation. En 1910, Dhan Gopal Mukerji entre à l'université de Californie à Berkeley à l'âge de . Il est l’auteur de nombreux livres pour enfants et remporte la médaille Newbery en 1928 pour son livre Joli-Cou, histoire d'un pigeon (). Cependant, il se suicide à , atteint de dépression. Yellapragada Subbarao arrive quant à lui aux États-Unis en 1922. Il devient biochimiste à l'université Harvard et découvre le rôle de l'adénosine triphosphate en tant que source d'énergie dans la cellule. Mais étant étranger, il se voit refuser un poste d'enseignement à Harvard. , qui vient étudier à l'université de Californie à Berkeley en 1912, devient éditeur scientifique de The San Francisco Examiner, ainsi que le premier Indo-américain à gagner le prix Pulitzer du journalisme.
Ouvertures des frontières et croissance de la population (depuis 1946) Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ouvrent de nouveau leurs portes à l'immigration indienne. Le instaure un quota d'immigration 100 Indiens par année, et permet aux immigrés indiens d'accéder à la nationalité américaine en renversant la décision de la Cour suprême de 1923.. En 1952, le , abroge le de 1917, tout en limitant l'immigration à chaque année.
Alors qu'en 1910, 95 % des Indo-Américains vivent sur la côte ouest des États-Unis, ce nombre passe à 75 % en 1920, puis 65 % en 1940, à mesure que de plus en plus d'entre s'installent sur la côte est des États-Unis. En 1940, des Indo-Américains sont recensés dans . Sur la cote ouest, ils vivent majoritairement en zone rurale, alors que sur la côte est, ils vivent en ville.
Dans les années 1940, le prix du foncier augmente, et le programme Bracero fait venir des milliers de Mexicains pour travailler dans les fermes. Cela contribue à faire passer les Indo-Américains de seconde génération vers des . À Stockton et Sacramento, un nouveau groupe d'immigrés indiens de l’état du Gujarat ouvre plusieurs petits hôtels. En 1955, 14 des 21 chaînes d'hôtels de San Francisco sont dirigées par des Indiens du Gujarat. ..
LImmigration and Nationality Act of 1965 change radicalement le visage de l’immigration aux États-Unis, en ouvrant largement le pays à une immigration autre que d'Europe du Nord. Tous les Indiens n'immigrent pas depuis l'Inde, certains venant du Royaume-Uni, du Canada, d'Afrique du Sud et des anciennes colonies britanniques en Afrique de l'Est (comme le Kenya, la Tanzania, l'Ouganda et l'Île Maurice), en Asie-Pacifique (Malaisie, Singapour, Australie, Fidji), et dans les Caraïbes (Guyana, Trinité-et-Tobago, Suriname, et Jamaïque).
De 1965 jusqu'au milieu des années 1990, en provenance d'Inde viennent s'installer durablement chaque aux États-Unis. À partir de 1995, ce nombre augmente fortement atteignant jusqu'à en 2000.
Le système de castes existant en Inde s'est reproduit aux États-Unis au sein de la communauté indienne. En 2018, une enquête d’Equality Labs, une organisation de défense des droits civiques montre l’ampleur de la discrimination dont sont victimes les dalits dans l’éducation, dans l’emploi, particulièrement dans la Silicon Valley, où la plupart des ingénieurs sont issus des hautes castes. Plus des deux tiers des dalits interrogés déclarent se sentir traités injustement sur leur lieu de travail.
Démographie
Lors du recensement de 2010, il y a plus de d'Indo-Américains aux États-Unis (plus de en y incluant les métis).
+Localités comptant plus de 10 % d'Indo-Américains en 2010.RangVilleÉtatNombre%1Plainsboro TownshipNew Jersey96035,42EdisonNew Jersey28,33PiscatawayNew Jersey19,06FremontCalifornie18,14Parsippany-Troy HillsNew Jersey17,48SunnyvaleCalifornie15,55LivingstonCalifornie15,07Yuba CityCalifornie13,1 Selon le pour la période 2011-2015, environ sont nés américains, tandis que sont nés étrangers. De plus, d'entre eux sont naturalisés, alors que ne sont pas citoyens américains..
Langues Selon l', pour la période 2012-2016, âgées de plus déclarent parler l'hindi à la maison (0,25 % de la population totale des États-Unis), déclarent parler l'ourdou (0,15 %), le gujarati (0,13 %), le télougou (0,11 %), le bengali (0,10 %), le pendjabi (0,10 %), le tamoul (0,08 %) et une autre langue langue dravidienne..
Religions Selon le , en 2012, 51 % des Indo-Américains sont hindous, 10 % sont musulmans, 10 % sont sans religion, 8 % sont protestants évangélistes, 5 % sont sikhs, 4 % sont catholiques, 3 % sont protestants conventionnels, 2 % sont jaïnistes, 1 % sont bouddhistes et 4 % appartiennent à une autre religion.
Politique
Sociologie électorale +Vote indo-américain aux élections présidentielles selon le ..Candidat20122016Démocrate84 %77 %Républicain16 %16 %Autres0 %7 %
Membres du Congrès
Gouverneurs
Deuxième dame des États-Unis
Vice-présidente des États-Unis
Références
Voir aussi Indiens (Inde) Diaspora indienne Démographie des États-Unis
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