Oujhorod (en ruthène et , en ; en , en ) est une ville d'Ukraine et la capitale administrative de l'oblast de Transcarpatie. Sa population s'élevait à habitants en 2022.
Géographie Oujhorod se trouve dans l'ouest de l'Ukraine, dans la région historique de Ruthénie subcarpathique et à au sud-ouest de Kiev. Le territoire de la commune est bordé au nord-ouest par la frontière entre la Slovaquie et l'Ukraine ; un poste-frontière y est aménagé à l'extrémité de la contournant la ville, sur un axe qui se prolonge à partir de l'autre côté de la frontière, où se trouve la localité de Vyšné Nemecké, par la ; en empruntant ces routes locales, les itinéraires des routes européennes 50 et 58 franchissent la frontière par ce poste, qui aussi est un point de contact entre l'espace Schengen et l'Ukraine. Oujhorod tient son nom de la rivière Ouj qui l'arrose (et dont le nom signifie « serpent ») et de gorod (slave : gorod, grod, grad ; slovaque : hrad qui signifie « ville »).
Histoire
Oujhorod et la Transcarpathie ont fait au cours du partie de divers États, et leurs habitants exposés à de nombreux déplacements de frontières et changements de citoyenneté.
Des recherches archéologiques ont montré que le château d'Oujhorod, bâti au tournant des , est ensuite devenu une importante forteresse de la Grande-Moravie sous le règne de Svatoplouk . Des chroniques témoignent pour la première fois de l'existence du château en l'an 903 (une autre date plus controversée est l'année 872). Du , Oujhorod était l'avant-poste du sud-ouest de la Rus' de Kiev et de son héritière la principauté de Galicie.
Au milieu du , Oujhorod est conquise par la Hongrie. L'est de la Transcarpathie fait alors partie du voïvodat vassal de Marmatie, qui devient un comitat hongrois au , tandis qu'Oujhorod (Ungvár en hongrois) est le chef-lieu du comitat d'Ung et le reste jusqu'en 1918-1919. À partir de 1526, le pays appartient à la monarchie autrichienne, puis à partir de 1867 à l'Autriche-Hongrie.
La présence d'une communauté juive à Oujhorod, (Ungvar lors de l’appartenance à la Hongrie), date probablement du , sous l’empire autrichien, où un centre d’études juives est reconnu de par la présence de nombreux référents rabbiniques.
En 1646, 63 prêtres orthodoxes de Ruthénie subcarpatique, en signant l'Union d'Oujhorod, décident de se placer dans la juridiction de l'Église de Rome, mais en gardant leur rite grec et l'ordination de prêtres mariés.
La république houtsoule proclamée en 1918 à la dislocation de l'Autriche-Hongrie, ayant été conquise par la Hongrie communiste en 1919, puis libérée par les troupes tchécoslovaques, le traité de Trianon attribue la ville à la Tchécoslovaquie PRECLÍK, Vratislav: "Profesor Masaryk a Podkarpatská Rus právě před sto lety" (Professor Masaryk and Subcarpatian Russia just hundred years ago), in Čas: časopis Masarykova demokratického hnutí, leden - březen 2019, roč.XXVII. čís. 125. ISSN 1210-1648, str.18 – 23 . Au sein de celle-ci, en 1938-1939, Oujhorod est la capitale de la région autonome de Ruthénie subcarpathique. Mais, le , la première sentence arbitrale de Vienne attribue à la Hongrie une bande de territoire peuplée de Hongrois, le long de sa frontière, y compris la ville d'Oujhorod.Dès l'annexion par la Hongrie, les autorités mettent en place une législation anti-juive contre la population juiveDécret du 12 juillet 1941 : Dictionnaire de la Shoah, p. 312, qui représente le tiers des habitants de la ville. Un ghetto est créé dans la ville en , préalable à la déportation de membres de la communauté juive d'Oujhorod et de ses environs vers Kamianets-Podilskyï (Kamenetz-Podolsk) où ils sont exterminés par les Einsatzgruppen.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le , la ville tombe aux mains de l'Armée rouge au cours de l'opération « Carpates orientales ». Le , la ville est cédée par la Tchécoslovaquie à l'Union soviétique et devient le centre administratif du nouvel oblast de Transcarpathie de la république socialiste soviétique d'Ukraine. Seuls quelques centaines de Juifs retournent dans la ville après-guerre.
Depuis , Oujhorod fait partie de l'Ukraine indépendante et l'église grecque-catholique ruthène, interdite pendant la période soviétique, retrouve la liberté de culte. En 2002, Oujhorod devient le siège de l'éparchie grecque-catholique ruthène de Transcarpathie, avec le titre épiscopal d'« évêque de Mukačeve des Ruthènes ». L'église orthodoxe ukrainienne y a également une éparchie avec le titre épiscopal d'« évêque de Khoust et de Zakarpathie ».
Population
Recensements (*) ou estimations de la population — — :
Le taux de natalité s'élevait à 12,3 pour mille ( naissances) en 2012, contre 12 pour mille ( naissances) en 2011. Le taux de mortalité s'élevait à 10,4 pour mille ( décès) en 2012, contre 10,3 pour mille ( décès) en 2011. Le solde naturel était donc positif et s'élevait à 1,7 pour mille en 2011 et 1,9 pour mille en 2012.
Structure par âge 0-14 ans : 17,2 % ( hommes et femmes) 15-64 ans : 71,0 % ( hommes et femmes) 65 ans et plus : 11,8 % ( hommes et femmes) (2016, officiel)
Structure ethnique Selon le recensement ukrainien de 2001, la population d'Oujhorod comprenait :
Ukrainiens (77,8 %) Russes (9,6%) Hongrois (6,9%) Slovaques (2,2 %) Roms (1,5 %)
Langues Selon le recensement ukrainien de 2001, les langues parlées étaient : Langue Nombre Pourcentage Ukrainien 89 624 77.55% Russe 14 335 12.40% Hongrois 8 123 7.03% Romani 1 494 1.29% Autre 1 992 1.73% Total 115 568 100.00 %
Selon une enquête menée par l’International Republican Institute en avril-, 85 % de la population de la ville parlait ukrainien à la maison, 9 % parlait russe et 1 % parlait hongrois.
Transports La gare de Oujhorod se trouve à de Kiev par le chemin de fer, l'aéroport d'Oujhorod au nord-ouest de la ville.
Par la route, Oujhorod se trouve à de Moukatchevo, à de Košice (Slovaquie), à de Lviv et à de KievSelon viamichelin.fr. Distances suivant l'itinéraire le plus court..
Climat
Culture Parmi les attractions culturelles, on compte l'rchestre symphonique, la « colline mémorial », le musée dans le château, le musée d'architecture et de folklore, le musée d'art régional de Transcarpatie.
Galerie de photographies
Personnalités
vignette|Satue du président Volochyn en la ville. Shlomon Ganzfried (1804-1886), rabbin auteur de l'ouvrage de référence Kitsour Shoulkhan Arokh. Jenő Janovics (1872-1945), cinéaste hongrois. Juraj Demeč (1945–), athlète tchèque. Lisa Fittko (1909-2005), résistante, écrivain, militante socialiste. Vladimir Koman (1989–), footballeur hongrois. Salomon Lipschütz (1863-1905), joueur d'échecs américain. Kira Roudyk (1985-), femme politique ukrainienne. József Szabó (1940–), footballeur soviétique, puis entraîneur ukrainien. Yolka (1982-), chanteuse ukrainienne. Antonio Lukich (1992-), réalisateur ukrainien. Rymma Zioubina, actrice ukrainienne.
Notes et références
Voir aussi Article connexe Gazoduc Ourengoï–Pomary–Oujhorod
Liens externes
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