François-Félix Nogaret, né le à Versailles et mort le à Paris, est un écrivain français.

Biographie

Fils d’un premier commis du ministère de la maison du Roi, Nogaret entre en 1761 dans les mêmes bureaux, et y reste jusqu’au Consulat, cumulant plus tard son emploi avec celui de bibliothécaire de la comtesse d’Artois. Au bout de trente années de services, il obtient, à l’époque de la Révolution, en 1791, une pension de .

Après avoir dirigé en province des ateliers du salpêtre, il est attaché par le ministre Bénézech au département de l’IntérieurSa fiche dans les archives du personnel de l’Intérieur mentionne : « Chargé de la correspondance avec toutes les administrations sur les fêtes nationales ; l’un des plus féconds chansonniers de la République ; il est chaud comme un jeune homme dès qu’il s’agit de la République ». en 1795, et nommé par Lucien Bonaparte seul et unique censeur dramatique. Fouché le destitue en 1807, et sa pension, réduite à 1 200 francs, devient son unique ressource. Il se console d’être pauvre, infirme et oublié, en cultivant les lettres jusqu’à sa mort, il conserve la mémoire, l’esprit et la gaieté, et dans ses dernières années le seul titre dont il semble être jaloux est celui de « doyen de la littérature ».

Né en quelque sorte à la cour, Nogaret a puisé cette légèreté de principes, ce libertinage d’esprit qui caractérisent les hommes de son temps. Il a des connaissances variées, comme le prouvent ses relations avec Buffon, Adanson et Montucla. Il écrit avec aisance sur des sujets frivoles ; son style est assez naturel et quelquefois piquant. Palissot le loue dans ses Mémoires, mais le marquis de Langle l’accuse de ne travailler « que pour ses amis, peu difficiles en fait de goût et de correction ».

Un conte qu'il publie en 1790, Le Miroir des événemens actuels ou la Belle au plus offrant., préfigure, tant par son intrigue (une fable d'invention scientifique) que par l'un de ses protagonistes, un inventeur nommé Frankésteïn qui crée un « homme artificiel » (un automate), le chef-d'œuvre de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), où apparaissent pour la première fois Victor Frankenstein et son monstre...

Franc-maçon, il est vénérable maître de la loge Patriotisme. Il a écrit en 1784 le poème Le déluge, mis en musique par le compositeur François Giroust, pour une cérémonie solennelle de la loge, à la mémoire d'un frère défunt dont l'identité ne nous est pas connueMusiques rituelles maçonniques au , direction musicale Roger Cotte, Éditions Arion, Paris 1970/1990, ARN 68134..

La sépulture de François-Félix Nogaret est au cimetière du Père-Lachaise, division ..

Œuvres (liste partielle) Apologie de mon goût, épître en vers sur l’histoire naturelle, Paris, 1771, -45 p. Le Fond du sac, ou Restant des babioles de M. X., membre éveillé de l'Académie des Dormans, Venise, Paris, 1780, 199 p. L’Arétin français, par un membre de l’Académie des dames, suivi des Épices de Vénus, Londres, 1787 (recueil de dix-neuf poèmes servant de légendes à une suite de gravures illustrant les différentes positions amoureuses dues à Elluin d’après les dessins d’Antoine Borel). Le Miroir des événemens actuels, ou La Belle au plus offrant, histoire à deux visages, Paris, 1790, -75 p. Cange, ou Le commissionnaire , trait historique en vers,, Paris, an , 20 p. La terre est un animal, opuscule philosophique. Versailles, imprimerie de Cosson, an III . Réédité : Paris, veuve Lepetit & Pigoreau, an XIII - 1805 ; Bruxelles, Gay et Doucé, 1880. Hercule triomphant, ou Le despotisme terrassé, Versailles, 1794, 15 p. Contes et historiettes en prose, Versailles, 1795, 6 parties en 3 volumes. L’Âme de Timoléon, ou Principes républicains, philosophiques et moraux, auxquels on a joint quelques motifs de chants analogues aux fêtes nationales et décadaires, Paris, an , 171 p. Contes en vers. Paris, veuve Galletti, Lepetit et Desenne, an VI . Le Danger des extrêmes, essai critique, à l'ordre du jour..., Paris, an , 136 p. Aristénète au Vaudeville, 1806, Paris, s.d., 40 p. L’aristénète français, ou Recueil de folies amoureuses, Paris, 1807, 3 tomes en 2 volumes. Apologues et nouveaux contes en vers, Orléans, 1814, -312 p. Dernier soupir d’un rimeur de 89 ans, ou Versiculet de Nogaret (Félix), sur la métaphysico-néologo-romanticologie, Paris, 1829, 28 p. Étincelle d’un feu qui s’éteint. L’œuf frais ou Erato gallina puerpera, fiction nouvelle de Nogaret, contre le coryphée des Ostrogoths, ennemis de la langue et du bon sens (contre Victor Hugo) Paris, 1830, 36 p. La Femme créée avant l’homme, le Dîner de l’Ours, etc., Paris, 1830, 56 p.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Notice nécrologique : « Funérailles de l'Aristénète français », dans Le Protestant, Paris, 1 année, n° 14 du 10 décembre 1831, p. 110-112 (Lire sur Gallica) . . Julia V. Douthwaite, « Pour une histoire de la lecture romanesque sous la Révolution » dans Huguette Krief et Jean-Noël Pascal (dir.), Débat et écritures sous la Révolution, Louvain-la-Neuve, 2011, 103-118. . Traduction française : .

Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie universelle générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. 37, Paris, Firmin-Didot frères, 1863, 194 Catherine Kawa, « Dictionnaire biographique des employés du ministère de l’intérieur de la première république », dans : Les ronds-de-cuir en Révolution : les employés du Ministère de l’Intérieur pendant la Première République (1792- 1800), Éditions du C.T.H.S.

Liens externes

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