Anne de Kiev (, Anna Iaroslavna), née vers 1024, 1032 ou en 1036 à Kiev en Rus' et morte entre 1075 et 1089, est une princesse kievienne, fille de Iaroslav le Sage, grand-prince de Kiev, prince de Novgorod et prince de Rostov, et de sa seconde épouse, Ingigerd de Suède. Elle est l'épouse d' et reine des Francs de 1051 à 1060. Elle est également la mère du roi .

On sait très peu de choses sur la vie de cette princesse et les archives manquent. La reine est appelée de différentes manières, Anne de Russie, Agnès ou Anne de RuthénieTraduction française habituelle de "Rus", l'appellation originale de la principauté de Kiev. ou Anne d'Esclavénie ou, plus récemment, Anne d'UkraineSelon le professeur d'histoire Christian Bouyer, , ().. La Rus' de Kiev., premier État constitué des Slaves de l'Est, dès le s'est développée sous l'impulsion des Varègues scandinaves et dans le sillage culturel de Byzance, notamment avec la conversion au christianisme byzantin par en .

Biographie

Famille L’ascendance d’Anne de Kiev est mentionnée par quelques généalogies qui nomment son arrière-grand-père paternel , empereur byzantin, lequel affirmait descendre des rois de Macédoine... Cependant, la fille de , Anne de Byzance, est la deuxième épouse de Le père de , lui-même père de Anne.. L'ascendance maternelle de Iaroslav le Sage (fils de Vladimir et père d'Anne de Kiev) est elle-même sujette à un débat historique, entre plusieurs hypothèses le présentant comme fils de la païenne Rogneda de Polotsk, d'Anne de Byzance, ou même un bâtard d'une mère dont on n'aurait pas retenu le nom. Anne de Byzance n'est ainsi peut-être pas la grand-mère d'Anne de Kiev, et pourrait donc ne pas être son bisaïeul.

Mariage vignette|gauche|Échange de consentements entre Anne et le roi . Enluminure ornant les Chroniques de France ou de Saint-Denis (1332-1350), British Library, ms. 16 G . Une ambassade de grande importance est envoyée à Kiev pour y obtenir la main de la fille de Iaroslav le Sage, prince de Kiev. Cette ambassade est conduite par Henri Fleury & Louis Paris (dir.), La chronique de Champagne, Reims, 1837, , ., évêque de Châlons. Anne a reçu une éducation soignée et connaît le grec et le latin. Le consentement des parents obtenu, elle voyage par Cracovie, Prague et Ratisbonne. Appartenant, par sa confession, à l'Église des sept conciles, elle épouse à Reims en premières noces, le . Christian Bouyer nuance : le mariage ., le roi qui relève, quant à lui, de l'Église catholique romaine. Ces deux Églises forment encore l'Église indivise, puisque cet événement a lieu avant le schisme de 1054. Ce mariage à Reims est l'occasion de grandes festivités.

Unions et descendance De leur union naissent quatre enfants : (1052-1108) ; Robert (1054-1063) ; EmmaSelon F. Guérard (), Emma serait morte à quelques mois. (1055-1109), aussi connue sous le nom de ., reconnue bienheureuse par l'Église catholique en 1600. mais dont l'existence est sujette à caution ; Hugues le Grand (1057-1101).

Réputée descendante de Cette filiation est controversée ., elle introduit le prénom « Philippe » à la cour de France en le donnant au fils aîné de son premier mariage. Il règne sous le nom de , premier roi des Francs à ne pas porter un prénom germanique..

Devenue veuve d', elle est co-régente de son fils Philippe jusqu'en 1063, date de son remariageOu 1062 selon . avec le comte de Valois, Raoul de Crépy, après que celui-ci a répudié son épouse légitime. Cette union suscite la colère des évêques, ainsi qu'une brouille passagère avec son fils et le couple est excommunié en 1064.

Anne fait reconstruire à Senlis une église ou chapelle ruinée qui est consacrée en 1065 et y fonde en même temps l'abbaye Saint-Vincent. Elle meurt entre 1075 et 1089.

Généalogie

Prétendue tombe de Villiers-aux-Nonnains Anne aurait été inhumée à l'abbaye de Villiers-aux-NonnainsToutefois, selon Françoise Guérard (), elle serait retournée mourir à Kiev. Christian Bouyer () évoque également la même hypothèse, une à Cerny près de La Ferté-Alais dans l'Essonne. Étant donné que l'abbaye de Villiers n'a été fondée que vers 1220, soit près de après cette inhumation, et qu'aucun texte ne parle d'un transfert des restes d'Anne dans l'abbaye, il est difficile d'admettre qu'elle y est inhumée dès sa mort. Cette abbaye est détruite à la Révolution française consécutivement au vote par l'Assemblée nationale législative du décret du , Le décret du 14 août 1792 indiquait notamment, dans son paragraphe 3, que . Texte complet en page 359 de .. Les pierres de l'abbaye sont ensuite utilisées pour la construction de certaines maisons de La Ferté-Alais.

En 1682, le Journal des savants rend compte brièvement d'une série de historiques faites par le père Menestrier, savant jésuite qui est alors une autorité en matière d'histoire nobiliaire. En tête de celles-ci, figure la description d'une pierre tombale trouvée dans l'église abbatiale de Villiers-aux-Nonnains, près de la Ferté-Alais : le père Menestrier s'est persuadé qu'elle appartenait à la reine malencontreusement appelée Agnès plutôt qu'Anne, épouse de .

Postérité Lycée Anne-de-Kiev : nom du lycée français de Kyiv

Dans la fiction Régine Deforges, Sous le ciel de Novgorod (roman). Antoine Ladinsky Anne de Kiev, reine de France, adapté au cinéma par Igor Maslennikov sous le titre Yaroslavna, Reine de France (Ярославна, королева Франции), 1978. Marie-Claude Monchaux, La petite princesse des neiges, Anne de Kiev (roman historique). La pièce Nous vivrons éternellement (Yaroslavna — reine de France) de Valentyn Sokolovsky tirée de son roman Anna. La Dilogie. Andreï Makine évoque plusieurs fois Anne de Kiev dans son roman Le Testament français.

Brigade Anne de Kyiv Le , dans le contexte du soutien à l'Ukraine lors de l'invasion russe, le président français Emmanuel Macron annonce que la France entraîne et équipe ukrainiens sur le sol français. Ils sont regroupés dans une brigade en voie d'intégration aux forces armées ukrainiennes, qui porte le nom de « brigade Anne de Kyiv ». Ce nom vise à souligner la qui unit les deux pays... La brigade a connu de nombreux cas de désertion de soldats ukrainiens, tant durant la période d'entraînement en France que sur le front, notamment dans la zone de combat de Pokrovsk...

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Sources primaires . . . Gallia Christiana… Opera et studio Monachorum Congregationis S. Mauri… [Tome 12]. Paris, Imprimerie royale, 1750.

Études historiques vignette|150px|Vue d'artiste d'Anne de Kiev, d'après une effigie de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis fondée par la reine. Gravure extraite de l’Histoire de France de François Eudes de Mézeray, Paris, 1643. vignette|150px|Statue d'Anne de Kiev érigée en 2005 à Senlis.Vue d'artiste par les sculpteurs ukrainiens Myhkolay et Valentyn Znoba.

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Articles connexes Abbaye Saint-Vincent de Senlis Lycée Anne-de-Kiev, établissement français à l'étranger de Kiev qui a pris le nom d'Anne de Kiev en 2005. Piotr Doubrovski

Liens externes

Anna of Kyiv, Queen of France. Anna Yaroslavna. Article biographique de Nicolas van Outryve d'Ydewalle.

Catégorie:Reine de France du XIe siècle Anne de Kiev Catégorie:Régent du XIe siècle Catégorie:Comtesse de Valois Catégorie:Riourikides Catégorie:Date de naissance incertaine (XIe siècle) Catégorie:Naissance à Kiev Catégorie:Date de décès incertaine (XIe siècle) Anne