Avry est une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Sarine.
Géographie thumb|left|Chapelle de la Sainte Trinité. Selon l'Office fédéral de la statistique, Avry mesure . % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, % à des surfaces agricoles, % à des surfaces boisées et % à des surfaces improductives.
La commune d'Avry est plutôt éclatée, constituée de plusieurs villages et quartiers. Le centre historique est serré le long de l'impasse des Agges et de la route des Murailles, avec ses anciennes fermes et le château de Buman, grande maison praticienne déjà mentionnée en 1704. Plus au nord s'est développé le nouveau centre de la commune, autour de la chapelle de la Sainte Trinité construite en 1897 et les trois écoles ainsi que la maison communale. De nouveaux quartiers se sont construits plus récemment.
Sur la colline de l'Otierdo, ainsi que sur les pentes de la Riviala et de Champ-du-Mont, des quartiers de villas se sont construits. Le quartier de Rosé datant du début du compte la gare CFF ainsi que l'auberge communale et des immeubles d'habitations. Un nouveau quartier a aussi vu le jour à Corjolens. Les quartiers de l'impasse de la Source et de la rue Marie-Favre sont construits en 2007.
Avry compte peu de forêts. Seules deux forêts de superficie réduite se situent sur le territoire communal. La plus importante des deux couvre le versant ouest de la colline de l'Otierdo. Le ruisseau du Ruz la traverse du sud au nord. La partie de la forêt sise sur l'ancienne commune d'Avry-sur-Matran porte le nom de bois du Ruz alors que la partie occidentale, sur la commune de Corjolens, figure sur les plans du sous l'appellation "le petit bois". La seconde forêt se situe au nord du centre-village de Corjolens et porte le nom de forêt de la Lecca, du nom du ruisseau qui la traverse.
Avry est limitrophe de Corminboeuf, La Brillaz, Matran, Neyruz et Prez. Elle fait partie du périmètre de l'Agglo Fribourg.
Démographie Selon le service de la statistique du canton de Fribourg, Avry compte 1925 habitants en 2019 . Sa densité de population atteint .
Le graphique suivant résume l'évolution de la population d'Avry entre 1850 et 2007 (incluant les communes fusionnées pendant cette période) :
Toponymie Avry. La forme primitive d'Avry semble être ApriacusAvryzoom 24 (juillet 2007). Ce nom serait formé par le gentilice Aprius et le suffixe -acum, d'origine gauloise. Le gentilice romain Aprius est peut-être attesté dans le nom des villages gruyériens d'Avry-devant-Pont et de Villars-d'Avry.
Rosé. Le quartier de Rosé tire son nom de la gare CFF construite à cet endroit. Pour dénommer cet endroit ainsi que la gare, il fut choisi le mot de Rosé. Il s'agit d'un type gallo-roman ou roman *ROSETU qui pourrait être une combinaison précoce du terme d'origine germanique *rauz qui a donné le français « rosel, roseau », suivi du suffixe gallo-roman collectif -ETU, au sens global de « lieu planté de roseaux ». À l'origine, Rosé était le lieu-dit d'un groupe de ferme plus au Nord, en direction de l'actuel village de Neyruz.
Corjolens. Le nom de la localité de Corjolens est la contraction des deux noms cor et jolensAvryzoom 23 (avril 2007). Le premier est issu de l'ancien-français cort « cour » (jadis court > cour par fausse étymologie) qui désigne la ferme, l'exploitation agricole ou simplement une cour fermée. Jolens se forme sur le nom propre Jolinus, patronyme courant en Suisse romande au Moyen Âge.
Histoire Des traces d'occupation ont été découvertes aux abords du lac de Seedorf, faisant remonter les premières installations dans la région à la période du mésolithique. Sous la domination romaine, la région d'Avry voit la création de plusieurs praedia (ferme ou domaine). La famille des Aprii semble être propriétaire d'un de ces grands domaines. Des ruines de villa romaine ont été retrouvées dans le hameau de la Maison Rouge.
La commune d'Avry proprement dite est née le à la suite de la fusion des deux anciennes communes de Corjolens et d'Avry-sur-Matran. Le nom officiel depuis lors est Avry, mais les anciens villages gardent leur nom.
Avry-sur-Matran
La première mention d'Avry-sur-Matran (Avri chu Matran en patois fribourgeois) semble dater de 1162. Il porte le nom de De Avriei. Au Moyen Âge, le territoire d'Avry fait d'abord partie de la seigneurie de Glâne. Le premier seigneur de Glâne, Ulrich est attesté dès 1078. Avec la fondation en 1138 de l'abbaye d'HauteriveSite de l'Abbaye d'Hauterive, une partie des terres d'Avry passe sous le contrôle des cisterciens. En 1157, Berthold IV de Zaehringen fonde Fribourg.
Le , la ville de Fribourg rachète le territoire d'Avry ainsi que toute la région environnante aux seigneurs de Thierstein. C'est ce territoire, ville de Fribourg et ses campagnes, qui entre dans la Confédération suisse en 1481. La Confédération étant uniquement germanophone, les noms des localités sont germanisés. Avry devient Affry.
Plus tard, le village est mentionné sous le nom Avry ob Matran. Jusqu'au milieu du Avry-sur-Matran reste un bourg agricole. Dans les années 1960, la construction d'immeubles puis l'implantation de grands centres commerciaux accroissent rapidement la population de la Commune. Le village s'étend, des nouveaux quartiers se créent. Le dynamisme de l'économie locale conjugué à la proximité de Fribourg et de l'autoroute change peu à peu le visage d'Avry-sur-Matransite de la Commune d'Avry.
Corjolens thumb|Centre du village de Corjolens. Corjolens (Kordzolin en patois fribourgeois) est aussi ancienne que sa voisine Avry. La première attestation"Corjolens", Dictionnaire historique de la Suisse connue date de 1173 et mentionne Coriolens sur la grand route Fribourg - Payerne. Le village dépend de la paroisse Saint-André d'Onnens et n'a pas de lieu de culte sur son territoire. En 1811, 63 habitants sont recensés à Corjolens, puis 64 en 1850, 81 en 1900, 90 en 1950 et finalement 84 en 2000. Pour répondre à l'installation très importante de familles réformées, principalement bernoises, tout au long du dans la région, une école réformée est fondée à Corjolens en 1865. L'enseignement y est donné en allemand. Le bâtiment de l'école de Corjolens est construit en 1909. L'école sera fermée en 1974. Au tout début des années 1930, plusieurs familles bernoises s'installent à Corjolens après les faillites des propriétaires précédents.
+ Syndics de Corjolens de 1857 à 2001 Début Fin syndic vice-syndic 18-- 1857 Jean Dorand 1857 1862 André Dorand 1862 1900 Pierre Dorand 1900 1910 Joseph Dorand 1910 1911 François Dorand 1911 1917 Nepomucène Dorand Henri Progin 1917 1918 Henri Progin inconnu 1918 1923 Pierre Roulin Pierre Hermann 1923 1926 Christophe Roulin inconnu 1926 1930 Christophe Roulin Ernest Hoffmann 1930 1938 Christophe Roulin Raymond Dorand 1938 1942 Raymond Dorand Ernest Scheidegger 1942 1946 Raymond Dorand Robert Roulin 1946 1950 Raymond Dorand Pierre Chenaux 1950 1958 Raymond Dorand Hans Nyffeler 1958 1961 Raymond Dorand Georges Messer 1961 1963 Pierre Chenaux Georges Messer 1963 1970 Pierre Chenaux Arthur Haefely 1970 1982 Pierre Chenaux Georges Messer 1982 1990 Georges Messer Gérard Maillard 1990 2001 Georges Messer Francis Chenaux
Avry
Dès l'an 2000, les deux communes voisines de Corjolens et d'Avry-sur-Matran commencent un rapprochement. Le , l'Assemblée communale de Corjolens à l'unanimité de ses 26 membres et l'Assemblée communale d'Avry-sur-Matran à la majorité de 77 voix pour et 2 contre, décident de fusionnerLa Liberté, 15 septembre 2000, page 17.. Le Conseil communal de la nouvelle commune comptera 9 sièges, dont deux sont réservés d'office à des élus de Corjolens.
Les premières années de la Commune fusionnée (depuis 2001) ont été particulièrement agitées. Le Conseil communal sorti des urnes en 2001 et devant siéger jusqu'en 2006, se déchire violemment. La mésentente récurrente entre les membres de l'autorité collégiale se répercute sur la vie politique d'Avry. Une majorité du Conseil communal, menée par Madame la Syndique défie trois conseillers minoritaires. La Conseillère Schaer démissionne et après une élection tacite, Madame de Chambrier est élue à sa place sur une liste socialiste. Après plusieurs mois d'instabilité politique, le Préfet de la Sarine, M. Nicolas Deiss suspend temporairement de leurs fonctions tous les conseillers communaux d'Avry le Chroniques fribourgeoises 2003, 05.05.03. La suspension durera plus d'un an. Un Conseil de gestion est mis en place. Une enquête administrative est ouverte contre les conseillers communaux. Moins d'un mois après la suspension de l'exécutif, les 6 conseillers de l'Entente, dont la syndique Mory, recourent contre leur suspensionLa Liberté, 05.06.03.
Le préfet de la Sarine rend son rapport sur les agissements du Conseil communal d'Avry, mais le Conseil d'État ordonne une deuxième enquêteLa Liberté, 31.10.03. L'enquête ne se termine qu'au début de l'année 2004. Le Conseil d'État conclut qu'il ne peut révoquer les conseillers communaux. La suspension prend fin et l'ensemble du Conseil communal est remis en placeLa Liberté, 16.01.04. La population d'Avry organise des manifestations pacifiques contre le Conseil communalLa Liberté, 22.01.04. Après plusieurs semaines de doutes, les conseillers communaux démissionnent les uns après les autresFreiburgen Nachirchten 20.01.04. Après une année d'agitation politique, une élection complémentaire est donc organisée pour occuper l'ensemble des fauteuils du Conseil communal. Le , la gauche remporte une majorité des neuf siègesChronique fribourgeoise 2004 et conduit la commune d'Avry jusqu'à la fin de la législature. L'Entente perd sa mainmise sur la gestion communale et n'occupe plus que 3 mandats.
En mars 2006 ont lieu les élections de la nouvelle législature. Trois listes regroupant 19 candidats se lancent pour conquérir les sièges du Conseil communal. Ces élections confirment la mainmise de la gauche sur le Conseil communal d'Avry et le maintien de son syndic, M. Piller. La liste de l'Alliance Socialistes et Sympathisants décroche 4 mandats, outre M. Piller, de Chambrier, M. Terradillos et M. Messer sont réélus. L'ancienne Entente, parti de l'ex-syndique Mory, ne remporte que 2 mandats (MM Berset et Mosimann). La troisième liste place la nouvelle conseillère Perla. Le nombre de sièges au Conseil communal est abaissé de 9 à 7 et les sièges réservés à Corjolens sont supprimés.
Au printemps 2011 ont eu à nouveau lieu les élections générales. Pour la première fois de l'histoire d'Avry, ce sont 4 listes électorales et 20 candidats qui ont brigué les 7 fauteuils de l'exécutif. Quatre sortants se représentaient, MM. Piller, Messer et Terradillos ainsi que de Chambrier, alors que les deux élus de l'ancienne "Entente" et Perla se retiraient. À la suite des élections du , seuls trois des quatre sortants ont retrouvé leur fauteuil. Carlos Terradillos qui visait une réélection sur la liste "Alliance Socialistes et Sympathisants" est éjecté. La liste Alliance Socialistes et Sympathisants remporte malgré tout 3 sièges (-1), l'Alliance du Centre-Droit 2 sièges (=) et la Liste citoyenne 2 sièges (+2). Il est à noter que la liste "Mouvement indépendant Avry-Rosé-Corjolens" qui comptait une élue en la personne de Perla perd son siège.
Densité, transports et communication thumb|Entrée du C.O. de Sarine-Ouest. La population d'Avry a augmenté peu à peu. En prenant en compte son territoire actuel (depuis 2001), la future Commune d'Avry comptait 252 habitants en 1811 (189 à Avry-s-M. et 63 à Corjolens). En 1900, le chiffre cumulé était de 490 habitants (409 et 81). Pour les années 1950, la population stagnait à 438 habitants (348 et 90). Enfin en 1990, la population arrivait à 1124 habitants (1040 et 84). Fin 2007, la population d'Avry se fixait à environ habitants. Par son développement soutenu dès les années 1960 et 1970 et sa proximité avec la ville de Fribourg, Avry est typiquement une commune périurbaine.